PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 octobre 2018

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 octobre 2018

Octobre noir …

Un des plus mauvais mois boursiers de ces dernières années, voilà ce que l’on retiendra du mois d’octobre 2018. L’indice CAC 40, en recul de -7,3%, n’avait pas connu une telle baisse depuis 2011, et plus marquant encore, les indices américains ont également décroché, de -6,9% pour l’indice S&P 500 et de -9,2% pour l’indice Nasdaq, sa plus mauvaise performance depuis l’automne 2008. L’année 2018 s’enfonce ainsi dans le rouge en bourse en Europe, et la performance de l’indice S&P demeure de peu positive.  

Le climat boursier, qui s’était alourdi depuis le printemps, s’est nettement dégradé ce mois-ci, en contre-coup principalement des nouvelles en provenance des sociétés, qui sont venues transformer ce qui n’était encore que des inquiétudes en risque avéré, celui d’un ralentissement de la croissance économique. Octobre, mois de publication de résultats trimestriels, a vu ainsi se multiplier les avertissements sur les bénéfices ou sur les perspectives de croissance des sociétés, chacun d’entre eux entraînant de violentes réactions à la baisse des cours des titres concernés (y compris dans les « stars » de la cote américaine, comme Amazon, en recul de -18,2% en euro). Autre signe des questionnements sur la croissance, le recul marqué du prix du Brent ce mois-ci (-11%, à 73,9 $ le baril).

Se sont ajoutés en octobre une montée des inquiétudes sur un resserrement monétaire qui s’accélèrerait aux Etats-Unis, et en Europe, la situation de l’Italie, dont le budget a été rejeté par la Commission Européenne, et dont les taux souverains ont encore grimpé ce mois-ci (les taux italiens à 10 ans, à 3,43% en fin de mois, ont doublé en six mois) … Sans oublier de mentionner les incertitudes liées aux élections américaines de mi-mandat.

Le mois écoulé a ainsi été marqué par une forte hausse de la volatilité sur les indices actions, qu’il s’agisse des volatilités constatées ou des volatilités implicites via les marchés d’options : l’indice VIX, « l’indice de la peur », est ainsi passé aux Etats-Unis d’un niveau de 12,1 à fin septembre à 21,2 à fin octobre, et son homologue européen, de 14,8 à 20,3 sur la même période.

Une baisse quasi généralisée

Ce très mauvais climat boursier a affecté une large majorité de sociétés, et il y a pléthore de baisses au-delà de -10%. On peut citer en particulier les reculs marqués de l’ensemble des Produits de Base (Chimie, Minerais/Métaux/Acier), le secteur bancaire (avec en première ligne les banques italiennes), les sociétés de services informatiques, particulièrement attaquées, le secteur automobile (au sein duquel les profit warnings se multiplient depuis juin dernier), ou encore les secteurs du luxe ou du tourisme. La liste est longue …

A l’inverse, rares sont les secteurs dont la baisse a été relativement modérée : les assurances, le secteur agro-alimentaire (Bonduelle +15,7%, Suedzucker +19,3%), le secteur immobilier, et les télécoms, ce dernier secteur se distinguant même par une légère hausse (Orange Belgium +17,1%, mais aussi Proximus +9,6%, Deutsche Telekom +4,4%, Telefonica +6,2%). Les investisseurs ont ainsi clairement arbitré en faveur des valeurs défensives et à fort rendement. Faut-il alors parler d’un retour en grâce des actions « Value » ? C’est en tout cas un comportement classique dans les phases de crise boursière.

En conséquence, la rémunération du risque au sein des actions (pente de risque) a continué de s’accroître, mouvement notable depuis le début de l’année, tandis que la faible différenciation des rentabilités selon la liquidité des titres a laissé quasiment inchangée la prime d’illiquidité.

Correction ou cycle baissier ?

L’année 2018 a été marquée par plusieurs coups de semonce sur les marchés, mais entre avril et fin septembre, les cours étaient demeurés globalement supérieurs à leur niveau de fin d’année 2017, en tenant compte des dividendes. Le mois d’octobre 2018 reflète-t-il alors une simple correction ou la fin du cycle haussier sur les actions ?

La volatilité constatée sur les marchés en octobre, et l’amplitude des baisses de certaines sociétés en réaction à des nouvelles décevantes, semblent le reflet de phénomènes de surréaction. D’autres éléments doivent aussi être considérés : en premier lieu, le retard accumulé par les actions non américaines par rapport à leurs consœurs outre-Atlantique. Celui-ci s’explique certes par une dynamique de croissance sous-jacente plus faible hors Etats-Unis, mais aussi par un poids plus important des valeurs défensives sur le Vieux Continent, ce qui pourrait aujourd’hui jouer en faveur des sociétés européennes. D’autant que, d’un strict point de vue de valorisation, les résultats du modèle Trival, qui, rappelons-le, reposent sur des hypothèses prévisionnelles plutôt prudentes, font ressortir une prime de marché actions qui atteint à fin octobre près de 7% (6,95%), un niveau en absolu confortable, et légèrement supérieur à sa moyenne de long terme. Pour autant, il semble probable que le ralentissement de la croissance économique hors Etats-Unis se confirme, dans un contexte où la guerre commerciale, si elle doit s’étendre, ne pourra que peser négativement sur cette croissance, même si son impact est sujet à controverse. De ce point de vue, le momentum des nouvelles risque de demeurer négatif dans les prochaines semaines et la volatilité perdurer. Et les marchés financiers sont exposés à un écosystème de plus en plus fragile au sens de Nassim Taleb où peuvent surgir à tout moment les fameux « unknown unknowns ».

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