PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mars 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mars 2020

Figure 1 : Évolution des marchés

Source : Associés en Finance

Les marchés actions européens et américains ont connu une chute historique au cours du mois de mars 2020

Les marchés actions continuent de chuter en raison de la crise sanitaire du Covid-19 et des répercussions économiques engendrées par la pandémie. Les principaux indices européens affichent des performances négatives historiques : -16,3% pour l’EuroStoxx 50, -17,0% pour l’EuroStoxx, -17,2% pour le CAC 40 et -16,4% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq connaissent, eux aussi, des reculs historiques avec respectivement -12,5% et -10,1%. Sur le marché des changes, l’euro se maintient face au dollar à 1,10 USD.

L’agitation financière et le séisme économique provoqués par la pandémie ont conduit à une très forte hausse de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 57,0% et 57,1%, soit environ 40% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 53,5% et 48,6%).

La pandémie de coronavirus fait rentrer l’économie mondiale dans une crise majeure

La propagation du coronavirus s’est largement amplifiée au cours du mois de mars, entraînant les pays les plus touchés dans une crise sanitaire et économique majeure. Au début du mois de mars, l’opinion des investisseurs a balancé entre espoir et inquiétude dans l’attente d’une réaction conjointe des grandes banques centrales. Le 3 mars, la FED a surpris les investisseurs en annonçant une baisse de 50 points de base de ses taux directeurs pour contrer les effets négatifs de la pandémie sur l’économie américaine. C’est en effet la première fois depuis la crise financière de 2008 que la banque centrale américaine décide d’une baisse de ses taux entre deux réunions de politique monétaire.

Le 9 mars dans le sillage de la propagation du coronavirus et de l’écroulement des cours du pétrole, la panique s’empare des marchés financiers et les cours ont plongé, forçant la bourse de New-York à suspendre la cotation pendant 15 minutes peu après son ouverture. La situation a continué de se dégrader jusqu’au 12 mars, date d’un krach historique pour la Bourse de Paris, le CAC 40 ayant enregistré la plus forte chute de toute son histoire (-12,3% sur une seule séance). Les investisseurs ont vendu massivement des actions après l’annonce par Donald Trump de l’interdiction pour les Européens d’entrer sur le sol américain. La chute s’est accélérée en séance, à la suite des annonces jugées décevantes de la BCE, qui a laissé ses taux directeurs inchangés et a préféré annoncer une nouvelle vague de prêts aux banques et une enveloppe supplémentaire de 120 Mds€ dans le cadre de son programme de rachats d’actifs.

En France, le même jour, le Président, Emmanuel Macron, lors d’une première allocution télévisée, parle de « la plus grave crise sanitaire depuis un siècle » et décrète la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. Par ailleurs, toutes les entreprises pourront reporter « sans justification, sans formalités, sans pénalités » le paiement des cotisations et impôts dus en mars. Un mécanisme
« exceptionnel et massif » de chômage partiel est également envisagé. Dans les jours suivants, l’Allemagne annonce un plan de soutien aux entreprises de 550 Mds€ tandis qu’aux États-Unis les discussions s’ouvrent entre la Maison Blanche et le Congrès sur les mesures budgétaires de soutien à l’économie, sans parvenir à un accord immédiat.

Le 16 mars, le Président de la République Française prononce une deuxième allocution nationale, insistant à plusieurs reprises sur le fait que la « France est en guerre » contre le virus Covid-19. Il annonce la mise en place de nouvelles dispositions telles que : la restriction de tous les déplacements, la fermeture des frontières de l’espace Schengen, la suspension des voyages entre pays, la suspension des loyers des factures d’eau, gaz et électricité pour les « plus petites » entreprises « livrées au risque de faillite », c’est le début du confinement. La nouvelle baisse surprise des taux de la Fed annoncée la veille n’aura cependant pas permis d’enrayer la chute du CAC 40.

Le lendemain, les annonces de la Fed et l’interdiction de la vente à découvert de certains titres ont soutenu les marchés et ont permis de légèrement atténuer la débâcle. Parmi elles, des facilités de crédit aux entreprises et aux ménages, alors que les craintes d’une crise de liquidité grandissaient, et une nouvelle offre de 500 Mds$ pour assurer la liquidité du marché monétaire. Le 24 mars, les investisseurs ont été rassurés par les injections massives de liquidités annoncées par la Réserve Fédérale et par l’espoir d’une relance budgétaire sans précédent aux États-Unis, qui pourrait avoisiner les 2.000 Mds$. Ce rebond modéré a été entrecoupé de baisses significatives face à la progression grandissante de la pandémie.

La fin du mois de mars est marquée par une explosion des demandes de chômage aux États-Unis, malgré l’accord trouvé le 24 mars entre la Maison Blanche et le Congrès sur un plan de relance de plus de 1 800 Mds$. Parallèlement, la BCE demande aux banques européennes de suspendre le versement des dividendes en 2020, tandis que la Banque Populaire de Chine annonce la baisse de ses principaux taux directeurs et l’injection de 50 Mds¥ sur le marché monétaire.

Une crise pétrolière vient s’ajouter à la crise du Coronavirus

Le 6 mars, l’échec inattendu des négociations entre les membres de l’Opep, les pays exportateurs de pétrole, et la Russie a fait plonger lourdement les prix du baril entraînant la chute du cours des valeurs pétrolières. L’Arabie Saoudite, en chef de file, a vivement réagi au refus de Moscou de réduire davantage la production de brut pour enrayer la chute des cours liée à l’épidémie de coronavirus, entamant une guerre des prix. De plus, les mesures de confinement qui se multiplient à travers le monde provoquent un choc de demande important accentuant la baisse des cours du pétrole.

Les négociations autour du Brexit sont suspendues

Le vendredi 20 mars, a eu lieu par visioconférence le rendez-vous entre les journalistes et les communicants de l’exécutif européen. En raison de la situation sanitaire actuelle, au sein même des institutions, personne ne souhaite donner un avis sur la suite des négociations entre Londres et Bruxelles : « des deux côtés, les esprits ne sont pas là », commente un diplomate.

Après une première bataille à Bruxelles au cours de laquelle les Européens et les Britanniques ne s’étaient pas accordés sur les contours du Brexit, les négociations auraient dû reprendre à Londres le 18 mars, ce qui n’est pas envisageable en ces temps de confinement et de pandémie.

Des performances baissières pour le marché, les secteurs fortement impactés par le Coronavirus

Le mois de mars est marqué par une chute significative de tous les secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base a subi un recul important : la Chimie, l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -11,9%, -14,8% et -29,8% marqués par les mauvaises performances de Bayer (-18,95%), ENI (-17,37%), Royal Dutch Shell (-16,03%), ou encore Arcelor Mittal (-32,53%).

L’Industrie poursuit sa chute, plombée par les performances désastreuses de l’Aéronautique/Défense (-38,7%) et des Matériaux de Construction (-29,1%) entrainées par Airbus (-45,11%), Safran (-35,42%), HeidelbergCement (-27,40%), ou encore de Saint Gobain (-29,86%). Les Biens d’Equipement, et l’Electronique subissent eux aussi le ralentissement de l’activité avec des baisses respectives de -15,9% et -10,9%, notamment suite au recul des performances de Schneider (-13,17%), Tenaris (-31,68%), Infineon (-28,54%) et Siemens (-16,88%).

Le secteur des Biens de Consommation connait une baisse généralisée à l’amplitude hétérogène selon l’activité. L’Automobile et le Loisirs et Tourisme dévissent respectivement de -24,5% et -29,3%, suite aux mauvaises performances de Daimler (-26.69%), Peugeot (-30,51%) et Accor (-23,48%). L’Agro-alimentaire perd -11,6%, impacté par les reculs de Danone (-7,97%) et Heineken (-15,58%). Les Biens de Consommation (-8,7%) et le Luxe (-7,4%) chutent également, mais s’en sortent relativement mieux. Les baisses de Inditex (-15,89%) et LVMH (-8,74%) sont partiellement compensées par les performances relativement meilleures de L’Oréal (-0,87%) et Hermès (-0,19%).

Le secteur Financier subit en première ligne la baisse généralisée du mois de mars : le secteur des Assurances encaisse une baisse de -22,5%, notamment à cause de Allianz (-19,47%) et AXA (-24,66%). Les Banques s’effondrent et perdent -36,7% en un mois suite aux reculs significatifs de Société Générale (-40,02%) et Grupo Santander (-33,33%). L’Immobilier n’est pas non plus épargné (-38,6%) avec les mauvaises performances de Covivio (-46,51%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-52,70%).

Le secteur des Infrastructures est également affecté par la dynamique baissière. Les performances décevantes des Utilities (-17,9%) ne permettent plus de compenser l’enlisement général du secteur BTP et Concessions (-23,7%). Alors que EDF et Engie perdent respectivement -42,92% et -37,38%, Atlantia (-41,04%) et ADP (-34,64%) ne redressent toujours pas la pente. Notons que concernant ADP, le Conseil Constitutionnel a constaté jeudi 26 mars l’échec du projet de référendum sur la privatisation du groupe. Les Télécommunications dévissent dans de mêmes proportions (-15,6%) suite aux performances en retrait de Deutsche Telekom (-19,94%) et Telefonica (-22,14%).

Le secteur des Services termine également dans le rouge au mois de mars : les Médias, les Services et les Transports tirent le secteur vers le bas en terminant respectivement à -13,5%, -26,7%, et -14,7%, avec les performances négatives de Publicis (-25,33%), Vivendi (-15,18%), Amadeus IT (-31,97%), Bureau Veritas (-21,50%), Air France – KLM (-26,20%), et Ryanair (-24,86%). La Distribution s’en sort relativement mieux (-5,3%), soutenue par la stabilité de Ahold Delhaize (+0,50%).

Hausse importante de la prime de marché L’épidémie du coronavirus qui ne touchait encore qu’une partie restreinte de la population mondiale en janvier et en février est devenue une pandémie mondiale au cours du mois de mars (reclassification en « pandémie » le 11 mars par l’OMS). Tous les pays et secteurs sont désormais touchés et en forte baisse, entraînant une envolée de la prime de marché qui passe de 9,07% à 10,96% (avec une légère hausse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin mars avant certains ajustements de flux

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