PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mai 2019

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mai 2019

Les marchés secoués au rythme des tensions commerciales

La tendance haussière initiée depuis le début de l’année 2019 s’est trouvée mise à mal au mois de mai. Les performances des principaux indices mondiaux ont chuté (-7,2% et -6,6% respectivement pour l’Eurostoxx et le S&P 500 en dollar, contre +4,7% et +3,9% au mois d’avril).

Les tensions commerciales ont joué un rôle de catalyseur dans l’évolution des marchés tout au long du mois de mai. Le 5 mai, Trump a annoncé que les taxes sur 200 Mds$ de produits chinois seraient relevées de 10% à 25% et a menacé sur Twitter de taxer 325 Mds$ d’importations chinoises supplémentaires. Alors que les négociations entre les États-Unis et la Chine semblaient sur la bonne voie depuis janvier, cette nouvelle menace du président américain a de nouveau ébranlé les principales places boursières.

Le 19 mai, Trump a officialisé sa position contre le géant chinois des télécoms Huawei en signant un décret interdisant aux groupes télécoms américains de faire affaire avec ce dernier. Quelques jours plus tard, Google, suivi de Panasonic, annoncent l’arrêt de leurs relations commerciales avec le groupe chinois, entrainant de fortes corrections sur le cours des valeurs technologiques. Le secteur des semi-conducteurs a également été sévèrement touché par la nouvelle.

Par ailleurs, Trump est prêt à étendre sa guerre commerciale à d’autres pays que la Chine. Le Mexique, qui constitue le 2ème partenaire commercial des États-Unis, devrait faire l’objet d’une augmentation des droits de douanes de +5% sur tous les biens importés. Une mesure qui devrait être effective à compter du 10 juin et qui devrait augmenter à 10% au 1er juillet, puis de +5% chaque mois jusqu’à 25% si aucun accord concernant l’immigration clandestine mexicaine n’est trouvé avec les autorités d’ici là.

Du côté de l’Europe, l’environnement politique demeure instable. L’annonce de la démission de Theresa May pour le 7 juin et la probabilité croissante de voir Boris Johnson accéder au 10 Downing Street augmente les chances d’un No Deal à l’automne prochain, tandis que les élections européennes, qui se sont déroulées entre le 23 et 26 mai, ont d’avantage bénéficié aux partis populistes et eurosceptiques. Cependant, le vrai enjeu de cette élection pour les marchés financiers demeure la nomination du remplaçant de Mario Draghi à la tête de la BCE, qui pourrait influer fortement sur la situation économique européenne à l’heure où les deux grandes puissances économiques mondiales (les États-Unis et la Chine) s’enlisent dans une guerre commerciale. Quoi qu’il en soit, face à la vulnérabilité de la zone euro dans ce contexte de tensions commerciales, la BCE devrait poursuivre son positionnement dovish sur les prochains mois. De son côté, la Fed, qui avait déjà abandonné l’idée de relever ses taux le mois dernier, devrait commencer à les baisser dans la 2ème partie de l’année.

La première nouvelle réconfortante est à chercher du côté du secteur automobile européen, à la suite du report de 6 mois des éventuelles tarifications douanière américaines et de l’annonce stimulante d’un projet de rapprochement entre Renault et Fiat-Chrysler.

Enfin, le prix du baril a plongé de -13,5% au cours du mois de mai en réponse au regain de tensions commerciales sino-américaine et notamment de la menace de Pékin de répliquer aux pressions américaines par l’arrêt des exportations de terres rares, minéraux indispensables à la production des équipements technologiques. Le brent a perdu -9,5% sur les 4 dernières séances de cotation du mois (passant de 61,45$ à 55,61$ le baril).

Une baisse généralisée

La quasi-totalité des secteurs ont souffert des tensions commerciales mondiales, à l’exception des Opérateurs de Marché qui signent une performance de +4,1%.

Les secteurs industriels sont les plus sévèrement touchés : les Minerais & Métaux et la Chimie perdent respectivement -17,5% et -12,2%.

Le secteur Automobile toujours sous le joug des menaces protectionnistes dévisse en bourse et affiche une rentabilité pondérée de -14,8% sur le mois de mai.

Le secteur financier affiche des performances négatives, plombé par un climat économique mondiale morose. Les banques et les banques d’investissement perdent -13,9% au cours du mois.

Une prime de marché en hausse La baisse des taux d’intérêt en Europe (évolution du taux du Bund de -213 point de base) et la baisse des marchés actions ont conduit à une hausse de la prime de marché qui s’établit désormais à 8,08% contre 7,31% à fin avril.

Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché

Source : Associés en Finance

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