PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 décembre 2018

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 décembre 2018

Le calme n’a été que de courte durée

Le calme apparent sur les marchés au mois de novembre n’aura été que de courte durée. Au mois de décembre, les marchés ont fortement reculé, notamment aux Etats-Unis où la baisse des indices S&P 500 et Nasdaq a été proche de -10% (-9,2% et -9,5% respectivement). L’année 2018 se conclut donc avec des baisses de l’ordre de -15% pour l’Eurostoxx et de -6% pour le S&P 500, performances les plus faibles depuis 10 ans. L’écart de performance entre marchés américains et européens, manifeste depuis le printemps, subsiste toujours même s’il s’est en partie réduit en cette fin d’année.

Les marchés ont de nouveau pâti d’inquiétudes sur l’évolution de la croissance économique, sur laquelle les prévisions ont été revues en baisse en décembre tant par la Réserve Fédérale – pour ce qui concerne les Etats-Unis – que par la BCE – pour la zone euro. Si la trêve entre les Etats-Unis et la Chine sur la « guerre commerciale » en marge du sommet du G20 a été un facteur rassurant pour les marchés, la complexité politique sur le Brexit en Grande-Bretagne (report du vote au Parlement) et la mise en place du « Shutdown » aux Etats-Unis ont été les sources de profonds troubles pour les marchés.

Au mois de décembre, les tensions accrues ont provoqué une envolée de la volatilité, matérialisée par une hausse de l’indice VIX (« l’indice de la peur ») à 25,4 à fin décembre avec notamment un pic à 36,1 le jour de Noël. L’indice européen de volatilité implicite est quant à lui passé de 18,5 à 23,9.

Enfin, soulignons que le prix du baril a continué de reculer en décembre, portant sa baisse à plus de 20% sur l’ensemble de l’année.

Un recul presque généralisé

Le mois de décembre a vu l’ensemble des secteurs reculer en bourse, à l’exception du secteur des Utilities, sur lequel les anticipations de résultats restent solides (plusieurs sociétés affichent même des hausses de cours supérieures à +5%, notamment Enel, Endesa, Iberdrola ou Italgas).

Au-delà des Utilities, les secteurs les plus résilients restent les Télécoms et le secteur Agroalimentaire, dont la baisse moyenne est contenue entre 0% et -5%. A noter aussi la relative bonne tenue du secteur du Luxe, sur fond d’un certain apaisement de la guerre commerciale sino-américaine. A l’inverse, les plus forts reculs ont été enregistrés par le secteur de l’Energie, sur fond de recul du prix du pétrole, le secteur bancaire (notamment Commerzbank -24%, Erste Bank -16,6%, Natixis -15,6%, pénalisé par son avertissement sur ses résultats en Asie), les Biens d’équipement ou encore les services informatiques.

Comme en octobre dernier, lorsque les actions européennes avaient reculé de plus de 6%, les investisseurs ont aussi arbitré en faveur des valeurs défensives et pénalisé les valeurs les plus risquées. En conséquence, la rémunération du risque au sein des actions de la zone euro (pente de risque), s’est nettement accrue, mouvement qui confirme la tendance notée sur l’ensemble de l’année 2018.

Enfin, au-delà de la zone euro, notons que la nette baisse du marché américain en décembre a elle-aussi touché de nombreux segments de marché : outre les GAFAM (en particulier Amazon -11,1% en USD, et -25% sur trois mois, et Apple, -11,7% en décembre et -29,9% sur le trimestre), la baisse a également fortement affecté le secteur bancaire (Citi -19,7% en USD, Wells Fargo -15,1%, Bank of America -13%, JP Morgan -12%), mais aussi des sociétés hors secteur technologique comme Johnson & Johnson (-12,2%) AT&T (-8,6%) ou DowDupont (-7,6%), reflet des inquiétudes sur une possible dégradation de la croissance américaine.

Une prime de marché en hausse

Dans le contexte du mois de décembre où les taux d’intérêt ont peu évolué en Europe (légère baisse du taux du Bund, de -7 bp) et où les marchés ont nettement reculé, la prime de marché actions a sensiblement augmenté par rapport à fin novembre, à 8,02% (contre 7,36%). Celle-ci s’établit désormais à un niveau supérieur d’un écart-type à sa moyenne de long terme (cf. graphique ci-dessous). Cependant, elle est encore loin de s’en écarter de manière très significative comme cela a été plusieurs fois le cas depuis dix ans.

L’année 2018 aura été le pire millésime boursier de la dernière décennie durant lequel la prime de marché actions a augmenté de plus de 200 points de base (5,98 à fin décembre 2017). Aussi, dans l’environnement économique, financier et boursier actuel incertain, il ne semble toujours pas opportun dans l’immédiat de revenir sur les marchés d’actions.

Figure 1 : Evolution de la Prime de Marché

Source : Associés en Finance

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