PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2020

Figure 1 : Évolution des marchés

Source : Associés en Finance

En août, les marchés européens se sont redressés et accompagnent les indices américains dans leur dynamique de croissance

Après un mois de juillet assombri par la publication de nombreux résultats d’entreprise, les marchés actions européens se redressent à nouveau et présentent en août des performances positives : +3,1% pour l’EuroStoxx 50, +3,4% pour l’EuroStoxx, +3,4% pour le CAC 40 et +5,1% pour le DAX. Du côté des marchés américains, le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq continuent leur bonne dynamique, renforçant la dynamique de croissance entamée en avril dernier. Ils présentent une hausse respective de +7,0% et +9,6%. Wall Street est notamment porté par Apple, dont la capitalisation boursière dépasse les 2 000 Mds$. Sur le marché des changes, l’euro est en légère hausse face au dollar à 1,20 USD.

Malgré le retour des restrictions de circulation en Europe et les négociations difficiles au sujet du plan de relance américain, la volatilité sur les marchés actions poursuit son retour progressif à la normale. Les investisseurs ont été rassurés par quelques indicateurs économiques encourageants, l’espoir d’un vaccin contre le coronavirus et le soutien des banques centrales. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 23,9% et 22,9%, soit 10% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 26,7% et 26,4%).

La crise sanitaire et ses conséquences économiques continuent à peser sur la bourse parisienne

Dès la mi-août, les craintes liées au coronavirus ressurgissent, alimentées par une mesure britannique imposant la quarantaine aux voyageurs arrivant de France et des Pays-Bas. Les restrictions de circulation se multiplient en Europe et les mesures sanitaires se renforcent.

Par ailleurs, l’économie continue de faire face aux conséquences de la crise systémique mondiale causée par le coronavirus. En France, le PIB chute de -13,8% au deuxième trimestre et l’inflation ralentit à +0,2% sur un an en août (contre +0,8% en juillet). Le 14 août, la publication d’indicateurs économiques chinois déçoit les investisseurs en présentant un affaissement du commerce de détail en juillet et une production industrielle en‑deçà des attentes. Cela se traduit par une baisse des marchés européens sur la seconde quinzaine d’août, avec un CAC 40 qui clôture le mois en dessous de la barre symbolique des 5 000 points.

Cependant, l’activité redémarre progressivement dans un contexte de reprise perçu positivement

Après de nombreux mois de difficultés, les différentes puissances économiques mondiales commencent à présenter des signes encourageants de redressement. Au début du mois, les indices manufacturiers de la zone-euro, de la Chine et des Etats-Unis ont été favorablement accueillis par les investisseurs. L’ISM manufacturier américain qui s’élève à 54,2 n’a pas été aussi haut depuis près d’un an et demi. Ces indices reflètent une meilleure reprise que prévu de l’activité économique. Le 12 août, l’office européen des statistiques, Eurostat, confirme cette reprise en précisant une hausse mensuelle de la production industrielle dans l’Union Européenne de +9,1% entre mai et juin 2020. Porté par un regain d’optimisme sur les marchés, l’indice du CAC 40 progresse de +2,2% sur la première semaine d’août.

Par ailleurs, en début de mois, les cours du pétrole récupèrent les dommages créés par la guerre des prix déclenchée en mars entre l’Arabie Saoudite et la Russie et atteignent à nouveau les niveaux d’avant cette crise. Toutefois, le coronavirus et la tempête tropicale subie fin août par la côte atlantique américaine (entraînant de nombreuses coupures de courant) continuent à affecter le prix de l’or noir.  

Les tensions sino-américaines se renforcent, sur fond d’application musicale

Tandis que l’application TikTok, à la recherche d’un acquéreur, est sous le feu des projecteurs médiatiques, Donald Trump menace d’interdire son utilisation sur le territoire américain. ByteDance, sa maison-mère basée à Pékin, est accusée par le président de « capturer automatiquement de larges pans d’information sur ses utilisateurs ». L’application est alors considérée comme un outil d’espionnage pour les services de renseignement chinois par Washington.

Le 7 août, Donald Trump met ses menaces à exécution en interdisant le téléchargement aux Etats-Unis de TikTok, ainsi que de WeChat, une application chinoise de messagerie instantanée. De son côté, la Chine souhaite entraver toute vente de TikTok à une entreprise américaine, alors que l’application intéresse beaucoup de candidats dont les géants Microsoft et Walmart.

Ces mesures s’inscrivent dans un conflit structurel à multiples facettes qui oppose les Etats-Unis à la Chine et qui revêt de plus en plus des allures de guerre froide. Jusqu’à présent, les deux puissances mondiales s’attaquent à travers des politiques commerciales et douanières offensives, ainsi que des décisions diplomatiques controversées. Ces tensions sont ainsi utilisées comme arme politique par les dirigeants respectifs des deux pays.

Un plan de relance économique qui se fait attendre aux Etats-Unis

Dès le début du mois d’août, les investisseurs sont attentifs aux négociations du Congrès sur le plan de relance américain. Un accord offrant du soutien aux entreprises en difficulté, aux collectivités territoriales et aux individus en situation de chômage est attendu. Cependant, les républicains et les démocrates peinent à se mettre d’accord.

Le 10 août, Donald Trump prend les devants avec une série de mesures introduites par décret, dont des allocations pour le chômage et des reports de remboursements de prêts. Même si la majorité des décisions budgétaires doivent être validées par le Congrès, cette initiative a été bien accueillie par les marchés. Ce regain d’optimisme chez les investisseurs a été démontré par l’enquête mensuelle de l’institut ZEW. Le lendemain de cette annonce, le CAC 40 enregistre une hausse de +2,4%.

Le soutien de la Banque Centrale Américaine se poursuit

Suite à la réunion du FOMC (Comité Fédéral d’Open Market) du 19 août, la Réserve Fédérale évoque l’incertitude pesant sur l’évolution de la pandémie et l’adoption d’un plan de relance économique aux Etats‑Unis. Dans ce contexte instable, la Banque Centrale affirme la continuité de son soutien à l’économie américaine afin de lui permettre de faire front aux conséquences de la crise sanitaire. En mars, la Fed avait réduit ses taux à zéro, tout en inondant le marché de liquidités.

Les marchés ont particulièrement attendu la rencontre des banquiers centraux du 27 août à Jackson Hole, qui a donné suite à une prise de parole de Jerome Powell. Ainsi, tout en confirmant le maintien de sa politique monétaire conciliante, la Réserve Fédérale annonce une plus grande flexibilité en termes d’inflation en fixant ses objectifs à une moyenne sur une période plutôt qu’à un chiffre-cible. Cela permettra de compenser, pendant la reprise de croissance, les niveaux actuels d’inflation qui sont très bas. Ainsi, la Banque Centrale Américaine place le curseur du côté de l’emploi plutôt que de l’inflation, avec des taux d’intérêt qui pourraient rester faibles à plus long terme.

Un redressement généralisé des performances pour l’ensemble des secteurs d’activité

Le mois d’août est marqué par des performances positives pour la quasi-totalité des secteurs d’activité, en contraste avec un mois de juillet plus sinistre. Le secteur des Produits de Base est globalement en croissance, notamment les Minerais/Métaux/Acier (+5,8%) qui sont portés par Arcelor Mittal (+13,51%) et Voestalpine (+11,02%). La Chimie (+2,6%) et l’Energie (+1,9%) affichent, quant à eux, des hausses plus modérées. Leur croissance a été freinée par quelques performances négatives telles qu’Air Liquide (‑0,39%), Exxon Mobil (-6,07%) et Royal Dutch Shell (-1,64%).

Dans le secteur de l’Industrie, les valeurs Aéronautique/Défense (+9,1%) et Matériaux de Construction (+10,3%) ont particulièrement bénéficié de la reprise d’activité et présentent tous des rentabilités mensuelles positives. Airbus Group et Saint Gobain, avec une hausse respective de +11,01% et +9,02%, en font partie. Du côté des Biens d’équipement (+6,1%) et de l’Electronique (+3,5%), les performances intra-sectorielles sont plus hétérogènes : la diminution d’Alstom (-1,25%) contrebalance la hausse de Kone Elevators (+6,84%), tandis que la forte baisse de Philips (-9,69%) s’oppose à la croissance soutenue d’Infineon (+9,61%).

En ce qui concerne le secteur des Biens de Consommation, les niveaux de rentabilité diffèrent d’un segment d’activité à l’autre. L’Agro‑alimentaire et la Santé ne suivent pas la dynamique de croissance des marchés européens et décroissent de respectivement -2,1% et -2,3%, entraînés par plusieurs mauvaises performances dont Danone (-2,55%), Heineken (‑5,69%), bioMérieux (-7,64%) et Fresenius SE (‑8,21%). L’Automobile et les Loisirs et Tourisme affichent une importante croissance de respectivement +10,6% et +17,4%, portée par Renault (+18,87%) et Daimler (+14,02%) d’un côté, Accor (+21,19%) et TUI (+15,09%) de l’autre. Quant au Luxe, il croît à +6,3%, entraîné par les performances encourageantes de Kering (+6,82%) et LVMH (+7,10%).

A l’exception de l’Immobilier (-2,8%) où la hausse de Gecina (+5,21%) ne compense pas la chute d’Unibail-Rodamco-Westfield (-12,04%), le reste du secteur Financier affiche également des performances positives. La rentabilité d’ING (+15,40%) et de Natixis (+12,17%) expliquent en partie la croissance connue par les segments Banques (+5.5%) et Banques d’Investissement (+5,8%). Les valeurs CNP Assurances (+10,11%) et Sampo (+9,98%) bénéficient, quant à elles, au segment des Assurances qui exprime une hausse de +3,9%.

Les performances du secteur des Infrastructures sont plus mitigées : (i) le BTP et Concessions (+6,5%) profite d’une conjoncture économique en redressement avec, comme exemple, la hausse de +7,94% pour Vinci et de +7,91% pour Ferrovial ; (ii) un segment Télécommunications plus stable présentant une légère hausse de +0,4% avec Deutsche Telekom qui augmente de +4,13% et Orange qui baisse de -5,87% ; (iii) une légère diminution des Utilities (-0,4%) où la hausse d’Engie (+3,23%) est plombée par la performance d’Iberdrola (-3,39%).

Enfin, l’ensemble du secteur des Services s’inscrit dans la tendance haussière du mois, et notamment avec le redressement des Transports qui croît de +11,8%. Deutsche Post et Ryanair affichent une hausse respective de +11,27% et +14,71%. Seuls les Editeurs de Logiciels et Jeux (+2,9%) présentent une croissance plus modérée, obscurcie principalement par Ubisoft Entertainment (-2,57%). Le reste du secteur gagne respectivement +4,9% pour la Distribution, +5,2% pour les Médias, +6,1% pour les Services et +4,6% pour les Services informatiques. Les valeurs de ces segments aux performances les plus marquantes sont : Zalando avec une hausse de +19,43%, Lagardère avec une croissance de +29,34%, Amadeus IT avec une rentabilité de +10,74%, ainsi qu’Alten augmentant de +9,74%.

L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année

  Figure 2 : Secteur Produits de Base   Figure 3 : Secteur Industrie
 
  Figure 4 : Secteur Biens de Consommation   Figure 5 : Secteur Services
 
  Figure 6 : Secteur Infrastructures   Figure 7 : Secteur Finance
 

Source : Associés en Finance

Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 31/08/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérés de chaque secteur d’activité depuis fin août 2019.

Légère baisse de la prime de marché

  Figure 8 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin juillet avant certains ajustements de flux

Les conséquences de la crise sanitaire se poursuivent et se ressentent sur les marchés, qui se laissent toutefois porter par quelques bonnes nouvelles économiques et un retour du cours du pétrole à son niveau précédant la guerre des prix entre l’Arabie Saoudite et la Russie. La prime de marché poursuit sa tendance baissière pour atteindre un niveau de 9,23% en août, contre 9,81% en juillet (avec une hausse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

  Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin juillet avant certains ajustements de flux

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