PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2018

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2018

Un mois d’août agité

Août 2018 n’aura pas été un été meurtrier comme certains mois d’août (2015 ou 2011), mais a quand même été marqué par la reprise des inquiétudes sur la guerre commerciale, qui s’étaient apaisées en juillet, et par des mouvements de forte amplitude sur certaines zones et certains actifs.

Ces mouvements ont porté principalement sur les devises de pays émergents, qui viennent confirmer la situation difficile de certains de ces pays. La dégradation des relations entre Ankara et Washington a précipité le décrochage de la livre turque, qui a reculé en un mois de -25% face à la devise américaine, ce qui porte sa baisse à -42% depuis le début de l’année. Cette dégringolade a fait craindre une contagion à la monnaie d’autres pays émergents, ces inquiétudes se propageant en particulier en fin de mois à l’Argentine, qui a, elle-aussi, subi une forte dépréciation de sa monnaie, de -25% face au dollar en un mois.

Ces tensions ont logiquement pesé sur les marchés financiers de ces pays, et plus généralement sur les indices boursiers des pays émergents, l’indice MSCI Emerging Markets terminant le mois d’août en recul de -2,9% (et de -8,8% depuis le début de l’année 2018).

Enfin, si ces mouvements se sont répercutés sur les actions en Europe, ils ont été aussi l’occasion de constater une dichotomie toujours plus forte entre actions en Europe et actions aux Etats-Unis : l’indice Euro Stoxx est ainsi en baisse de -2,7% sur le mois, tandis que les indices américains continuent d’évoluer en territoire positif. Depuis le début de l’année, l’écart de performance entre les deux zones atteint ainsi plus de 13% (avec un indice S&P en hausse de +8,5% à comparer à un indice Euro Stoxx en recul de -4,6% en dollar depuis janvier).

Un mouvement de baisse assez généralisé

Peu de secteurs ont échappé au mouvement de recul des cours, hormis les quelques segments les plus défensifs (Biens de consommation, Santé), expliquant la bonne tenue des titres les moins risqués (classe de risque 1, cf. tableau 1). Les investisseurs ont en particulier délaissé le secteur Automobile qui souffre depuis trois mois des risques induits par la politique commerciale américaine et de perspectives qui se dégradent (la plus forte baisse étant enregistrée par Continental, en recul de -19,8% sur le mois, à la suite d’une nouvelle révision à la baisse de ses perspectives). Le secteur Minerais / Métaux / Acier (cf. par exemple Eramet -13,2%) a également repris le chemin de la baisse, sur fond de retour de la thématique de la guerre commerciale. Enfin, le secteur bancaire a le plus souffert de la remontée de l’aversion au risque liée à la crise turque, toutes les valeurs bancaires européennes étant en recul, notamment les banques d’Europe du Sud (Banco BPM -28,7%, Intesa -19,2%, Unicredit -18%, BBVA -14,6%).

Dans ce contexte, rares sont les sociétés de la zone euro dont le cours progresse significativement, et il s’agit pour la plupart de phénomènes de rebond après des reculs marqués dans les semaines qui avaient précédé (comme Lisi +19,4%, Stora +13,4%, Bourbon +14%, Pierre et Vacances +13,2%, Altran +16,3% après -34% en juillet).

Une prime de marché qui se renforce

Cette situation de marché perturbé, outre son impact à la baisse sur les actions de la zone euro, aura vu aussi un repli des investisseurs sur les marchés obligataires, et un recul du taux du Bund à dix ans (-12 points de base). Corrélativement, la prime de marché s’est renforcée, à 6,51% (+26 points de base en un mois). Cette prime de marché qui s’éloigne peu de sa moyenne de long terme (6,6%) depuis de nombreux mois (cf. graphique ci-dessous), ressort aujourd’hui à un niveau équivalent à cette moyenne.

Dans ces conditions, même si le contexte de marché s’est dégradé depuis le printemps, la valorisation actuelle des actions de la zone euro ne révèle pas de déséquilibre de valorisation.

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