PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 septembre 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 septembre 2020

Figure 1 : Évolution des marchés

Les marchés européens et américains sont témoins d’une nouvelle chute de leur performance en septembre

Ce mois-ci, la dynamique de redressement des marchés amorcée en avril prend fin. Dans un contexte économique difficile, marqué par la résurgence du virus, l’ensemble des marchés actions européens présentent des performances négatives : -2,4% pour l’Euro Stoxx 50, -1,9% pour l’Euro Stoxx, -2,9% pour le CAC 40 et -1,4% pour le DAX. Les marchés américains sont entraînés par le décrochage des actions technologiques en début de mois et subissent, eux aussi, un revirement de tendance : -3,9% pour le S&P 500 et -5,2% pour l’indice technologique du Nasdaq. Sur le marché des changes, l’euro est en baisse face au dollar à 1,17 USD.

Les craintes des investisseurs sont alimentées par une résurgence de la pandémie en Europe (seconde vague), un durcissement des mesures sanitaires et des doutes sur la solidité de la reprise économique. Ce climat entraîne une forte volatilité des marchés. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 26,3% et 27,8%, soit 12% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 26,1% et 26,4%).

Les craintes autour de la crise sanitaire se poursuivent

L’économie mondiale continue de subir les effets de la crise sanitaire alimentée par la propagation du coronavirus. Dès mi-septembre, les risques liés à une résurgence du virus pèsent sur les marchés financiers. L’espoir porté par les recherches de vaccins est assombri par l’avertissement de l’Organisation Mondiale de la Santé sur une seconde vague européenne, ainsi que la mise en place de nouvelles mesures restrictives qui interviennent lors de la deuxième quinzaine du mois. Le 22 septembre, Boris Johnson annonce un couvre-feu pour les pubs et recommande le télétravail. Quelques jours après, le gouvernement français présente de nouvelles restrictions pour les bars, salles de sport, etc. dans les métropoles jugées à risque tandis que l’Espagne décide à son tour d’interdire les rassemblements de plus de six personnes dans la région madrilène.

L’arrivée de ces mesures fait craindre un reconfinement général, alors que les conséquences du précédent confinement pèsent sur l’économie. Dans une telle conjoncture, le CAC 40 connaît sa pire semaine en trois mois en présentant une baisse de -5% de sa performance entre le 21 et 25 septembre.

Un bilan économique mitigé

L’activité économique mondiale continue de pâtir des conséquences de la crise sanitaire dans un contexte de reprise qui ralentit. Tout au long du mois, les marchés ont subi une batterie d’indicateurs économiques tantôt encourageants tantôt décevants.

Avec une accélération de la production industrielle en Chine (+5,6% sur un an en août) et un indice Empire State d’activité manufacturière au-dessus des attentes, les indicateurs d’une reprise économique sont bien présents. De telles publications sont favorablement accueillies par les investisseurs. Toutefois, les marchés interprètent la hausse surprise en fin de mois des inscriptions au chômage aux États-Unis comme un signe du ralentissement de cette reprise.

Par ailleurs, les bonnes nouvelles sont contrebalancées par une tendance déflationniste en zone euro, avec des prix qui affichent une baisse de -0,2% en août. Durant sa réunion du 10 septembre, la Banque Centrale Européenne confirme cette tendance en prévoyant une inflation négative jusqu’en début 2021. Christine Lagarde affirme également le point d’attention porté sur l’appréciation de l’euro sur le marché des changes. En effet, le premier jour du mois est marqué par la faiblesse du dollar, qui voit l’euro passer pour la première fois depuis un an au-dessus de la barre des 1,20 dollar. Cette tendance s’inverse le lendemain avec un relâchement de la monnaie unique qui bénéficie à la performance des bourses européennes : +1,9% pour le CAC 40 et +2,1% pour le DAX allemand. Cependant, ce relâchement est de courte durée et l’euro atteint un nouveau pic à 1,19 dollar en mi-septembre.

Ces signaux mitigés favorisent un climat d’incertitude économique qui vient peser sur les performances des valeurs boursières et des marchés financiers.

Des frictions politiques ajoutent de l’ombre au tableau

Tandis que les tensions sino-américaines se poursuivent, le mois est marqué par les négociations britanniques avec l’Union Européenne au sujet de leur relation commerciale post‑Brexit qui reprennent. Le Royaume-Uni n’étant plus membre de l’UE, ces discussions portent sur un accord de libre-échange entre l’Angleterre et les 27 autres pays européens. Cet accord devrait prendre effet en 2021 dès lors que les Britanniques ne répondront plus de la réglementation européenne.

Le Royaume-Uni et l’Union Européenne n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des sujets tels que la pêche ou encore les conditions de concurrence. Ces points de blocage pourraient entraîner un non‑accord entre les pays, qui verront alors leur relation régie par les règles de l’OMC. Le premier ministre britannique, dans un discours qui a attisé l’inquiétude des marchés, agite de nouveau cette possibilité de non-accord.

De plus, un projet de loi sur le marché intérieur du Royaume-Uni est proposé le 9 septembre 2020, réservant au gouvernement britannique la possibilité de prendre des décisions unilatérales sur des sujets de commerce avec l’Irlande du Nord. Un tel projet remet en cause les engagements pris au moment du Brexit, en portant atteinte à l’accord de retrait signé avec l’UE. Cette dernière a annoncé laisser au Royaume-Uni jusqu’à la fin du mois pour retirer ce projet de loi.

Ce regain de tensions fait renaître l’incertitude sur les relations futures entre les pays de l’Union Européenne et l’Angleterre et inquiète de nouveau les investisseurs.

Des performances sectorielles hétérogènes

Sur le mois de septembre, les performances varient d’un secteur à l’autre. Les Produits de Base sont pénalisés par le segment de l’Énergie (-12,9%), entraîné par la chute de Total (-11,78%) et de Royal Dutch Shell (-13,64%). La performance de la Chimie (-1,7%) est plus modérée où une hausse de +4,57% de DSM rattrape la baisse de -4,22% de Linde. Pour les Minerais/MétauxAcier (+0,3%), la chute d’Eramet (-24,26%) et de Thyssen-Krupp (‑28,42%) est compensée par la performance positive des autres sociétés du segment.

Dans le secteur de l’Industrie, toutes les valeurs de l’Aéronautique/Défense (-10,3%) ont chuté durant le mois (-9,83% pour Airbus Group, -12,97% pour Safran …). Les Biens d’Equipement (+1,2%) et l’Électronique (-2,5%) ont connu des performances plus hétérogènes : Alstom (-8,83%) face à Kone Elevators (+4,48%), ainsi que Nokia (-17,74%) vs. Soitec (+10,11%). Du côté des Matériaux de Construction (+2,3%), seule la performance de Saint-Gobain, avec une hausse de +5,97%, est positive.

L’Agro-Alimentaire et les Loisirs et Tourisme s’inscrivent dans la tendance baissière des marchés et voient leur rentabilité diminuer de respectivement -1,6% et -4,4% Ces segments sont toutefois marqués par les performances positives de Gruppo Campari (+8,46%) et Trigano (+23,76%). Le reste du secteur des Biens de Consommation est en augmentation : la Santé s’accroît de +2,0%, l’Automobile est en hausse de +2,4% et le Luxe affiche une performance de +3,8%. Ils sont portés par Merck (+9,59%), Daimler AG (+7,95%) et Kering (+10,30%).

L’ensemble du secteur Financier est en chute : -7,9% pour l’Immobilier, -8,0% pour les Assurances, ‑10,0% pour les Banques d’Investissement et -12,5% pour les Banques. Ces baisses de rentabilité sont le reflet de mauvaises performances pour une très grande majorité des sociétés du secteur, dont notamment Klépierre (-13,09%), Allianz (-9,86%), Deutsche Bank (-10,40%) et BNP Paribas (-15,29%).

Cette tendance à la baisse s’étend au secteur des Infrastructures, qui connaît également une diminution généralisée de ses performances : -1,5% pour les Utilities, -4,8% pour les Télécommunications et ‑7,6% pour les BTP et Concessions. A titre d’exemple, Vinci a connu une chute de -8,98%, tandis que Telefonica et Veolia Environnement ont respectivement baissé de -11,30% et -8,81%.

Enfin, la Distribution (+1,8%) et les Médias (+1,3%) tirent leur épingle du jeu au sein du secteur des Services. Ils sont portés par des valeurs phares telles que Zalando (+9,24%), RTL Groupe (+20,85%) ou encore Lagardère (+27,08%). Tandis que les Services (-0,8%) et les Transports (-0,9%) stagnent, les Editeurs Logiciels et Jeux, ainsi que les Services Informatiques enregistrent une baisse respective de ‑2,7% et -4,6%. La hausse de +11,75% d’Ubisoft Entertainment ne suffit pas à compenser la performance de SAP (-3,82%). Il en est de même pour Alten (+11,49%) et Wordline (‑8,96%).

L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année

Figure 2 : Secteur Produits de Base   Figure 3 : Secteur Industrie
 
  Figure 4 : Secteur Biens de Consommation   Figure 5 : Secteur Services
 
  Figure 6 : Secteur Infrastructures   Figure 7 : Secteur Finance
 

Source : Associés en Finance

Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 30/09/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérées de chaque secteur d’activité depuis fin septembre 2019.

Hausse de la prime de marché

  Figure 8 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin septembre avant certains ajustements de flux

Alors que l’économie se remet à peine des répercussions de la première vague de la pandémie mondiale, les marchés craignent une résurgence du virus et un retour à des mesures plus drastiques de confinement. La prime de marché est de nouveau en hausse, passant de 9,23% en août à 9,52% en septembre (avec une baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

  Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002

Source : Associés en FinanceNote : Niveau de prime instantané à fin septembre avant certains ajustements de flux

Accés réservé
AUX ABONNÉS TRIVAL®
Accés réservé
AUX ABONNÉS DU CLUB
Vous souhaitez des informations complémentaires ?
Contactez-nous