PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 octobre 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 octobre 2020

Figure 1 : Évolution des marchés

La chute des marchés boursiers européens et américains s’amplifie en octobre

Avec une dégradation nette de la situation sanitaire, les marchés actions européens présentent des performances mensuelles négatives à fin octobre : -7,4% pour l’Euro Stoxx 50, -5,8% pour l’Euro Stoxx, -4,4% pour le CAC 40 et -9,4% pour le DAX. Du côté des États‑Unis, le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq ont également chuté, baissant de respectivement -2,8% et -2,3%. Sur le marché des changes, l’euro est en baisse face au dollar à 1,17 USD.

Dans un climat tendu et alimenté par la résurgence du virus, la reprise des mesures de confinement et les incertitudes liées aux élections américaines, la volatilité repart à la hausse sur les marchés boursiers. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 27,8% et 29,3%, soit près de 23% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 35,4% et 38,0%).

La seconde vague du Coronavirus met les marchés boursiers européens en difficulté

Dès mi-octobre, la multiplication des cas de Covid-19 en Europe témoigne du début d’une seconde vague pandémique. Pour entraver cette résurgence du virus, les différents gouvernements ont successivement intensifié leurs mesures de restrictions sanitaires. Les marchés financiers ont donc réagi négativement, craignant que le durcissement de ces mesures ne vienne enrayer une reprise économique fragile.

Même si plus de la moitié des 47 entreprises suivies par Morgan Stanley a mieux performé que prévu, les publications de résultats de ces sociétés n’ont pas suffi à rassurer les marchés financiers. Ces derniers ont été fortement impactés par la dégradation de la situation sanitaire qui a entraîné une chute des différents indices boursiers mondiaux. Ainsi, la dernière semaine d’octobre a démarré avec un recul de ‑1,90% du CAC 40, de -3,71% du DAX allemand, de -2,29% pour le Dow Jones et de -1,86% pour le S&P 500. Cette tendance s’est poursuivie sur l’ensemble de la semaine, avec un véritable décrochage des performances. Mercredi 28 octobre, date à laquelle le président Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement français, la Bourse de Paris a enregistré sa pire performance du mois avec ‑3,37%. Sur la semaine, elle présentait le deuxième repli hebdomadaire le plus important depuis mars avec une baisse de ‑6,33%.

Malgré le soutien de la Banque Centrale Européenne qui prévoit de nouvelles mesures monétaires en décembre, cette dégradation sanitaire pèse sur le marché boursier français. Contrairement aux indices américains, l’indice parisien n’avait pas encore entièrement récupéré du premier « corona krach » notamment à cause du poids important des valeurs financières et énergétiques dans sa composition. Total, 5ème capitalisation de l’indice, a perdu 48% depuis le début de l’année. Il en est de même pour les banques et assurances françaises, dont la Société Générale (‑62%) et Axa (-45%).

Cette seconde vague européenne est apparue dans un contexte où l’espoir des investisseurs était déjà fragilisé par de nombreux facteurs tels que l’arrêt des essais cliniques de l’américain Johnson & Johnson pour un vaccin ou encore la stagnation des négociations post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. L’incertitude des marchés a également été alimentée par les discussions animées entre les Démocrates et les Républicains qui peinent à trouver un accord sur les mesures supplémentaires de soutien à l’économie américaine.

Les négociations du plan de relance américain s’éternisent

Tout au long du mois, les investisseurs ont suivi de près les négociations du Congrès américain portant sur un plan de relance économique très attendu par les marchés. Tandis que près de 25 millions d’Américains ont vu leurs revenus chuter, il n’y a toujours pas d’accord entre les Démocrates et les Républicains sur les mesures supplémentaires de soutien à mettre en place. Ces négociations ont d’ailleurs été retardées en début de mois par la contamination de Donald Trump et de plusieurs sénateurs, touchés par le virus.

Les premières semaines d’octobre ont ainsi été marquées par Donald Trump qui, une fois rétabli, a décidé de brusquement mettre un terme à ces négociations jusqu’à la fin des élections présidentielles pour ensuite changer d’avis quelques jours après. Dans le cadre de sa campagne électorale, il a demandé au Congrès l’adoption rapide de mesures de soutien au secteur du transport aérien. Le Président américain a d’ailleurs précisé ses ambitions dans une série de tweets : 25 milliards de dollars pour le secteur aérien, 135 milliards de dollars d’aides aux petites entreprises et 1 200 dollars d’aides pour chaque foyer américain. Ce changement de position de la Maison Blanche en faveur d’une adoption rapide de ce plan de soutien a bénéficié aux marchés boursiers : le S&P 500 a enchaîné les séances de clôture à la hausse, avec une performance de +5,16% du 6 au 12 octobre.

Ainsi, les deux partis politiques sont d’accord sur certains sujets tels que la nécessité de verser des aides aux ménages, de mettre en place des prêts pour les petites entreprises, et de soutenir les compagnies aériennes. Cependant, les Républicains s’opposent toujours au soutien des collectivités locales les plus sévèrement touchées dont une majorité est gouvernée par des Démocrates. En estimant le montant nécessaire à 2 200 Mds$, les Démocrates du Congrès ont rejeté une enveloppe de 1 800 Mds$ avancée par la Maison Blanche, continuant de juger insuffisantes les mesures proposées par le pouvoir exécutif.

Ces divergences de position ont amenuisé de jour en jour la probabilité d’un accord avant le 3 novembre, début des élections américaines. Par ailleurs, l’incertitude portant sur la date exacte de fin de ces négociations et la mise en œuvre de ces mesures de soutien pèsent de plus en plus sur l’aversion au risque des investisseurs.

Une baisse généralisée des performances dans les différents secteurs d’activité

Figure 2 : Les performances sectorielles sur le mois d’octobre
                 

Source : Associés en Finance

Les performances négatives du marché se reflètent sur l’ensemble des secteurs de l’économie. Les Editeurs Logiciels et Jeux et les Services Informatiques font partie des segments les plus touchés, avec une baisse respective de -27,2% et -11,4%. La quasi-totalité des sociétés de ces secteurs ont vu leur performance chuter, dont SAP (-31,09%), Sopra Group (-24,78%), Capgemini (-9,67%) et Dassault Systèmes (-8,26%). Le secteur de la Chimie présente également une rentabilité négative marquée en diminuant de -9,2% : Bayer chute de -24,29%, tandis que la performance de BASF est de -9,45%.

Seuls les secteurs des Minerais / Métaux / Acier (+1,4%), de l’Aéronautique / Défense (+1,7%) et des Banques d’investissement (+3,4%) affichent des rentabilités positives. Ils sont portés par quelques valeurs phares telles que Voestalpine (+6,00%), Safran (+7,20%) ou encore Deutsche Bank (+9,89%).

L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année

  Figure 3 : Secteur Produits de Base   Figure 4 : Secteur Industrie
 
  Figure 5 : Secteur Biens de Consommation   Figure 6 : Secteur Services
 
  Figure 7 : Secteur Infrastructures   Figure 8 : Secteur Finance
 

Source : Associés en Finance

Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 31/10/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérées de chaque secteur d’activité depuis fin octobre 2019.

La prime de marché passe au-dessus des 10%

  Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin octobre avant certains ajustements de flux

Face à la dégradation de la situation sanitaire en Europe, la prime de marché augmente ce mois-ci, passant de 9,52% en septembre à 10,11% en octobre (avec une baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

  Figure 10 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin octobre avant certains ajustements de flux

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