PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2018

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2018

Un calme relatif après la tempête

A la suite du mois d’octobre qui a représenté l’un des pires mois boursiers de ces dernières années (-6,9% pour le S&P 500 et -6,7% pour l’Eurostoxx), le mois de novembre a vu les indices boursiers retrouver des niveaux de performance mensuelle plus en lien avec ce qui était observé depuis le début de l’année 2018 (-0,8% pour l’Eurostoxx 50, et +1,8% pour le S&P 500). Par ailleurs, si le mois d’octobre a vu plonger parallèlement les indices européens et américains, le mois de novembre a vu l’écart de tendance des performances se manifester à nouveau, avec des indices américains en hausse et des indices européens en baisse. L’année 2018 poursuit ainsi sa baisse en bourse en Europe, tandis que la performance de l’indice S&P 500 demeure positive. 

De nombreux évènements, concernant particulièrement les Etats-Unis (discussions sur les accords commerciaux sino-américains, élections de mi-mandat, thanksgivng, blackfriday et les discours de politique monétaire de la Fed) sont venus animer les marchés au cours du mois de novembre. Les marchés ont réagi positivement aux résultats des Midterms à la suite desquels la Chambre est contrôlée par le parti Démocrate et le Sénat par les Républicains ainsi qu’aux déclarations de Jerome Powell (Président du Conseil des gouverneurs de la Fed) sur les niveaux de taux directeurs qu’il juge « juste en dessous d’un niveau neutre pour l’économie ». Les marchés ont perçu cela comme le signe d’une remontée des taux plus modérée qu’anticipée. Les annonces en provenance d’Europe n’ont en revanche pas été de nature à modifier le rapport de force de court-terme entre les performances boursières américaines et européennes. La décision de la Commission Européenne de revoir à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019 à +1,9%, tout comme la démission de plusieurs ministres en Grande-Bretagne (dont le ministre chargé du Brexit) suite au projet d’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur le Brexit ont été particulièrement mal accueillis par les marchés.

Après une forte hausse de la volatilité en octobre (augmentation de 12,1 à 21,2 de l’indice VIX, « l’indice de la peur ») la volatilité sur les indices actions, qu’il s’agisse des volatilités constatées ou des volatilités implicites via les marchés d’options a diminué, mais reste à des niveaux élevés, signe que les marchés sont sous tension. L’indice VIX, est ainsi passé aux Etats-Unis d’un niveau de 21,2 à fin octobre à 18,1 à fin novembre, et son homologue européen, de 20,3 à 18,5 sur la même période.

Par ailleurs, si la montée des inquiétudes sur la croissance, manifeste au mois d’octobre à travers les publications des résultats trimestriels des sociétés et les nombreux « profit warning », se reflète moins dans les performances des actions ce mois-ci, la poursuite de la chute du prix du baril (-21% pour le Brent) en est bien le signe.

Un recul qui reste quasi généralisé

Bien que meilleures que le mois passé dans l’ensemble, les performances boursières s’inscrivent en baisse dans la quasi-totalité des secteurs. Tout comme au mois d’octobre, l’analyse des reculs les plus marqués extériorise une certaine hétérogénéité sectorielle. Les secteurs Produits de base, Luxe, Tourisme, Automobile, Services Informatiques et le secteur du Papier et de l’emballage sont autant de secteurs qui affichent des baisses comprises entre -10% et -25% au mois de novembre.

A l’inverse, rares sont les secteurs dont la baisse a été relativement modérée voir légèrement positive : les Assurances, le secteur Agro-Alimentaire, les Biens de Consommation et les Utilities dont les performances s’établissent entre -4% et +1%. Le secteur des télécoms se distingue quant à lui par une hausse sensible (+8%) tiré par Orange Belgium +26,7%, Proximus +23,2% mais aussi British Telecom +21,6 %. Les investisseurs continuent clairement leur arbitrage en faveur des valeurs défensives et à fort rendement.

Contrairement au mois précédent, la différenciation des rentabilités selon le risque mais également selon la liquidité des titres est cette fois plus marquée au sein des marchés actions.

Une prime de marché en hausse

Dans ce contexte où les taux d’intérêt ont peu évolué (légère baisse du taux du Bund, de -7 bp) et où les marchés ont baissé, la prime de marché actions a augmenté par rapport à fin octobre, à 7,36%. Même si celle-ci s’établit à un niveau supérieur à sa moyenne de long terme (cf. graphique ci-dessous), elle est encore loin de s’en écarter de manière suffisamment nette comme cela a été plusieurs fois le cas depuis dix ans. Aussi, dans l’environnement économique, financier et boursier actuel plus incertain voire quelque peu dépressif, il ne semble pas opportun à ce stade de revenir sur les marchés d’actions.

Figure 1 : Evolution de la Prime de Marché

Source : Associés en Finance

Accés réservé
AUX ABONNÉS TRIVAL®
Accés réservé
AUX ABONNÉS DU CLUB
Vous souhaitez des informations complémentaires ?
Contactez-nous