PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 mars 2018

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 mars 2018

Montée des incertitudes

Le premier trimestre s’achève sous le signe d’un retour de la volatilité. Aux craintes de surchauffe de l’économie américaine en février qui avaient enrayé la hausse des indices américains et européens, s’est ajouté en mars un regain de tensions commerciales entre l’administration Trump et le gouvernement chinois (la Chine étant accusée de concurrence déloyale).

Ce rapport de force sur le terrain commercial a entraîné de vives réactions en bourse sur les titres d’un certain nombre de secteurs, en particulier les industries liées aux Minerais-Métaux-Acier (producteurs et consommateurs) et à l’Electronique, et a entrainé un report des investisseurs sur les valeurs défensives ainsi que sur les obligations (se traduisant par une baisse des rendements).

Le mois de mars s’est également caractérisé par une dernière salve de publications de résultats annuels et une hausse sensible du prix du pétrole frôlant le seuil des 70 dollars le baril.

Dans ce contexte, l’indice Euro Stoxx 50 a cédé -2,3% en mars dans le sillage des indices américains (S&P500 -2,7% et Nasdaq -2,9%).

Au total, le trimestre boursier est négatif pour les indices de la zone euro (l’indice EuroStoxx 50 est en recul de -4,1%), et plus particulièrement pour l’indice allemand (-6,4%). Malgré les prises de bénéfices des investisseurs, notamment sur les titres fortement valorisés comme les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), l’indice Nasdaq reste pour sa part en territoire positif (+2,3%) sur le trimestre.

Aversion au risque

De manière générale, les investisseurs ont arbitré les titres les plus risqués (classe de risque 5) en faveur des titres les moins risqués (cf. Tableau 1).

Les secteurs tels que Minerais-Métaux-Acier, Electronique et Médias ont subi de nettes corrections :

  • Minerais-Métaux-Acier : Beckaert (-14,4%), Eramet (-13,6%), Arcelor-Mittal (-9,0%) ;
  • Electronique : notamment les petites valeurs comme Technicolor dont la dette a été dégradée(-26,2%) et Soitec (-8,6%) ;
  • Médias : le titre Criteo (-14,9%) très volatil et dépendant des GAFA et Gedi Gruppo Editoriale (-24,2%), qui a publié des pertes sur 2017, ont été les lanternes rouges du secteur en mars.

La baisse des rendements obligataires a pénalisé le secteur financier. On note un recul particulièrement marqué des titres bancaires allemands (Commerzbank -17,2% et Deutsche Bank -14,2%).

Les distributeurs ont été particulièrement chahutés après la publication de leurs résultats : Jeronimo Martins (-13,2% en mars), Dia (-12,2%), Carrefour (-11,1%) et Casino (-10,8%).

A l’inverse, les Utilities se sont distinguées en bourse, réagissant notamment à l’effet favorable d’une baisse des rendements obligataires et à une recomposition du secteur en Allemagne (RWE +22,2%, E.ON +7,9%).

Hausse de la prime de marché à 6,25%

Le recul des indices actions a entraîné une hausse de 24 points de base de l’espérance de rentabilité des actions à 6,75%. La prime de marché (écart de rentabilité entre actions et le Bund) ressort à 6,25% à fin mars. Ce niveau demeure proche de sa moyenne historique de 6,57%. A l’occasion du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière du 21 mars 2018, Associés en Finance indiquait que la « prime de marché […] continue de traduire l’absence d’investissement rémunérateur alternatif ». Malgré des « risques de guerre commerciale et du risque dollar sur l’activité des sociétés européennes », il convient de rappeler que la valorisation actuelle des actions de la zone euro intègre des hypothèses de croissance dans le modèle Trival considérées comme prudentes au vu des perspectives de croissance mondiale et que les indicateurs de valorisation des marchés actions de la zone euro restent proches de l’équilibre.

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