PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 juin 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 juin 2020

Figure 1 : Évolution des marchés

Source : Associés en Finance

Les marchés actions européens et américains poursuivent leur rebond suite à la reprise progressive de l’activité et aux soutiens répétés des banques centrales et des gouvernements.

Les marchés actions maintiennent la dynamique haussière initiée en avril et poursuivie au mois de mai. Les principaux indices européens continuent leur remontée et affichent des performances positives pour le mois de juin : +6,0% pour l’EuroStoxx 50, +4,6% pour l’EuroStoxx, +5,1% pour le CAC 40, et +6,2% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq progressent, eux aussi, respectivement de +1,8% et de +6,0%. Sur le marché des changes, l’euro est en légère hausse face au dollar à 1,13 USD.

La reprise graduelle de l’activité économique et le soutien apporté par les banques centrales est à mettre au regard de la multiplication des nouveaux cas de contamination aux Etats-Unis et de la guerre commerciale sino-américaine qui ont provoqué une légère hausse de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 33,0% et 31,1%, soit environ 20% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 30,4% et 31,7%).

Les marchés actions conservent la dynamique croissante du mois de mai

Le mouvement haussier initié à la fin du mois de mai s’est poursuivi et amplifié dès le début du mois de juin. Dans un contexte de levée progressive du confinement en Europe, le CAC 40 a pris 1,4% à la clôture du 1er juin, dopé par le regain de confiance des investisseurs.

Les séances qui ont suivi durant le reste de la semaine ont été toutes aussi dynamiques. Elles ont permis à l’indice parisien de signer sa meilleure performance hebdomadaire depuis décembre 2011 (+10,7%), franchissant de nouveau le seuil des 5 000 points le 3 juin. Cette tendance à la hausse sur fond d’un espoir de reprise économique rapide a été alimentée par plusieurs nouvelles encourageantes : (i) l’amélioration de l’indice des directeurs d’achat pour le secteur manufacturier en Chine, (ii) la poursuite des plans de relance sectoriels nationaux (environ 40 Mds€) ou encore (iii) l’annonce de la BCE d’augmenter l’enveloppe de son programme d’achat d’urgence en cas de pandémie (PEPP) de 600 Mds€.

Cependant, après l’euphorie de cette première semaine, le CAC 40 a enchainé dès la semaine suivante avec quatre séances de baisses successives. L’escalade des manifestations aux Etats-Unis est venue cristalliser l’optimisme des investisseurs déjà fragilisé par les annonces de baisse de la production industrielle en Allemagne et la nouvelle dégradation des prévisions de croissance de la Banque Mondiale. Celle-ci prévoit désormais un repli de 5,2% de l’économie mondiale en 2020.

La séance du 11 juin est celle qui a connu le recul le plus marqué (-4,7%) et s’inscrit pour les bourses européennes comme la pire séance depuis deux mois et demi (Londres a perdu -3,7% et Francfort -4,5%). Suite à une réunion de la Fed, Jérôme Powell s’est montré inquiet et a estimé que l’économie américaine devrait subir cette année une contraction de -6,5% de son activité, accompagnée d’un taux de chômage durablement élevé. Signe de nervosité des investisseurs, la VIX a franchi le seuil des 30 points en séance.

Après une semaine de doute sur l’intensité de la reprise économique, un vent d’optimisme a soufflé sur le CAC 40 lors de la séance du 16 juin (+2,8%), suite à la publication d’indicateurs américains meilleurs que prévus et grâce au soutien sans faille des banques centrales. L’annonce de la décision de Pékin de relever le niveau d’urgence épidémique de 3 à 2 n’est pas venu altérer l’optimisme des investisseurs ce jour-là.

A la clôture du vendredi 19 juin, l’indice parisien avait pris +2,9% sur la semaine écoulée. Les nouvelles injections de liquidité des banques centrales ont permis de soutenir cette tendance haussière, notamment la Banque d’Angleterre qui a pris la décision d’accroitre de 100 Mds€ son enveloppe destinée au rachat d’actifs (soit 745 milliards au total). Cette annonce intervient alors que le Bureau National des Statistiques du Royaume-Uni a estimé à 600 000 le nombre de Britanniques ayant perdu leur emploi salarié depuis le début de la crise sanitaire. Une information Bloomberg qui évoque l’intention de la Chine d’accélérer ses achats de produits agricoles américains est venue rassurer encore davantage les marchés malgré les menaces persistantes d’une reprise de l’épidémie aux Etats-Unis.

Durant la semaine du 22 juin, le CAC 40 a continué d’osciller sous les effets d’annonces qui se sont succédées. D’un côté, des nouvelles peu rassurantes sont venues refroidir les marchés actions : (i) le taux de contamination a bondi en Allemagne, (ii) le Président américain a annoncé vouloir taxer les importations européennes sur l’équivalent de 3,1 Mds$ de produits et (iii) le FMI s’est de nouveau montré pessimiste quant à l’ampleur des répercussions économiques de la crise et table sur un repli de -4,9% de l’économie mondiale en 2020. D’un autre côté, différents indicateurs économiques européens ont joué le rôle de catalyseur des soubresauts haussiers, à l’image de l’indice sur le climat des affaires en France qui a été dopé par la poursuite du plan de déconfinement.

Bien que les deux dernières séances du mois de juin soient assez stables, le cap des 10 millions de personnes contaminées et des 500 000 morts a été franchi et la propagation du virus continue de menacer la reprise de l’activité. A la clôture du 30 juin, la Bourse de Paris extériorise un repli de -17,4% depuis le début de l’année.

Le marché continue de se redresser, les secteurs poursuivent leur dynamique

Le mois de juin est marqué par une croissance dans la plupart des secteurs d’activités, en continuité avec la tendance haussière initiée depuis avril. Le secteur des Produits de Base a connu des performances positives mais des niveaux de croissance hétérogènes : la Chimie et les Minerais/Métaux/Acier gagnent respectivement +5,1% et +5,0% portés par Air Liquide (+5,16%), Bayer (+8,35%) Arcelor Mittal (+8,89%) et ThyssenKrupp (+4,19%), alors que l’Energie a pris uniquement +1,1% suite aux hausses mesurées de Total (+1,04%) et Royal Dutch Shell (+1,52%).

L’Industrie poursuit sur sa lancée et connait une croissance généralisée de sa rentabilité. En tête de file, l’Electronique et les Matériaux de Construction mènent la cadence avec des hausses de +9,2% et +8,2%, grâce à ASML (+11,59%), Ingenico (+14,33%), ou encore Saint-Gobain (+10,25%). Les secteurs de l’Aéronautique/Défense (7,6%) et des Biens d’Equipement (+7,4%) suivent le pas, soutenus en particulier par Airbus (+12,03%), Thales (+4,51%), Legrand (+10,31%), ou encore Schneider (+10,80%).

Le secteur des Biens de Consommation clôture également dans le vert malgré des performances hétérogènes selon l’activité. L’Agro-alimentaire (+0,3%) et la Santé (+1,0%) sont en faible croissance, affectés par des performances intra-sectorielles contrastées : d’une part Heineken est en baisse de -0,51% tandis que Rémy Cointreau augmente de +13,48%. D’autre part bioMérieux est en repli (-5,27%) alors que Fresenius poursuit sa remontée (+2,13%). L’Automobile et le Luxe signent les meilleures performances et prennent respectivement +4,7% et +3,1%, notamment grâce à Daimler (+8,28%), Peugeot (+13,08%), LVMH (+4,13%), ou Kering (+3,12%). Le secteur Loisirs et Tourisme connaît cependant pour sa part une nette contraction (-6,1%) principalement plombée par Accor (-4,50%) et TUI (-13,48%).

Le secteur Financier affiche pour sa part une croissance particulièrement marquée. Les Assurances (+10,3%), les Banques (+8,7%) et les Banques d’Investissement (+10,8%) ont été les secteurs les plus performants, dopés par les croissances de Allianz (+11,63%), BNP Paribas (+9,66%), Intesa San Paolo (+9,74%) ou encore Deutsche Bank (+12,39%). L’Immobilier progresse également (+3,3%) grâce aux performances dynamiques de Covivio (+22,51%) et Unibail-Rodamco-Westfield (+5,16%).

Le secteur des Infrastructures connait des performances contrastées. Le BTP et Concessions recule de -1,9% tandis que les Télécommunications (+2,3%) et les Utilities (+5,3%) marquent le pas. Les performances fébriles du premier secteur sont tirées vers le bas notamment à cause de Ferrovial (-2,95%), Groupe ADP (-2,40%) ou Vinci (-1,25%). Les performances encourageantes des deux autres secteurs sont portées par Deutsche Telekom (+5,43%), Telia Sonera (+7,92%), Enel (+11,26%) et Iberdrola (+6,52%).

Le secteur des Services progresse mais à deux vitesses. D’une part les Services Informatiques (+10,1%), les Editeurs Logiciels et Jeux (+8,1%) et les Transports (+8,1%) connaissent une cadence soutenue, portés notamment pat les croissances de Capgemini (+10,69%), SAP (+9,53%) ou Deutsche Post AG (+16,33%). D’autre part les Médias et les Services ne gagnent que +2,3% et +1,5%, tout de même tirés par Vivendi (+11,80%), Edenred (+3,59%) et Teleperformance (+6,01%).
La prime de marché en légère baisse

Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin juin avant certains ajustements de flux

La reprise de l’activité économique a permis une embellie des marchés, cependant la résurgence des cas de contamination au Covid-19 aux Etats-Unis est venue altérer le regain de confiance des investisseurs. La baisse de la prime de marché a donc été limitée au mois de juin et ressort à un niveau de 9,56%, contre 9,74% en mai (avec une légère baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

Figure 3 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin juin avant certains ajustements de flux

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