PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 mai 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 mai 2020

Figure 1 : Évolution des marchés

Source : Associés en Finance

Les marchés actions européens et américains confirment leur rebond au mois de mai liée à l’essoufflement de l’épidémie et aux promesses de reprise de l’activité

Les marchés actions continuent sur leur lancée après le redressement opéré au mois d’avril. Les principaux indices européens poursuivent leur remontée et affichent des performances positives pour le mois de mai : +4,2% pour l’EuroStoxx 50, +4,7% pour l’EuroStoxx, +2,7% pour le CAC 40, et +6,7% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq progressent, eux aussi, respectivement de +4,5% et de +6,8%. Sur le marché des changes, l’euro est en légère hausse face au dollar à 1,11 USD.

La multiplication des annonces de plans de soutien et la reprise graduelle de l’activité économique ont favorisé une accalmie progressive de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 31,6% et 30,8%, soit environ 15% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 27,5% et 31,1%).

Les marchés actions poursuivent la reprise amorcée au mois d’avril

Le 4 mai, la Bourse de Paris est repartie à la baisse, rattrapée par le regain des tensions commerciales entre Washington et Pékin. L’exécutif américain a réitéré ses menaces douanières à l’égard de la Chine qu’elle accuse d’être à l’origine de la propagation du Covid-19.

Cependant, cette baisse modérée a été compensée dès le lendemain. Le CAC 40 a terminé en nette hausse de +2,4% porté par les valeurs pétrolières suite au rebond des cours du pétrole autour des 30 dollars. Même si aucun signe de reprise n’est visible, le redémarrage solide de la demande et l’accumulation des stocks observée en Chine sont venus rassurer les investisseurs.

Alors que l’économie mondiale est sortie progressivement du déconfinement, les valeurs françaises ont été en hausse à l’issue des séances du 7 et 8 mai, également portées par la reprise du dialogue sino-américain.

La semaine du 11 mai a été marquée par plusieurs annonces qui ont provoqué un décrochage des marchés. Pour sa première séance depuis le début du déconfinement, le CAC 40 repasse sous la barre des 4.500 points (en baisse de plus de 1,3%), extériorisant un recul de près de 25% depuis janvier 2020. La Banque de France a dévoilé le lourd tribut payé par l’économie française lors du confinement (près de 6 pts de PIB). Le 13 mai, Jérôme Powell s’est montré très inquiet sur les conséquences durables que pourrait laisser la pandémie sur l’économie mondiale. Le Président de la Fed croit cependant en la capacité de l’économie américaine à retrouver son niveau d’avant crise, mais a exclu le recours à des taux négatifs pour y parvenir, prônant davantage un soutien budgétaire renforcé. Suite à son intervention et à la publication par l’Institut Pasteur de nouvelles projections moins optimistes que prévues sur la propagation épidémiologique du coronavirus (l’institut a évoqué près de 4 000 nouveaux cas de contamination par jour en France), l’indice français a cédé près de 2,9% à l’issue de la séance du 13 mai. Au total entre le 11 et le 14 mai 2020, le CAC 40 a perdu près de 6,2%.

Après une semaine de doutes sur l’intensité de la reprise économique, plusieurs annonces successives ont rassuré les marchés boursiers. Le CAC 40 a redémarré en forte hausse le 18 mai (près de 5,2%), dopé par, (i) la hausse des cours du pétrole, (ii) les espoirs d’un vaccin contre le Covid-19 et (iii) une nouvelle intervention de Jérôme Powell qui s’est montré confiant au sujet de l’arsenal dont dispose la Fed pour affronter la crise.

Durant la fin de semaine du 18 mai, le CAC s’est remis à osciller. D’un côté, les investisseurs se sont réjouis des conséquences de la levée progressive du confinement sur l’économie, comme en témoigne la remontée de l’IFO baromètre (climat des affaires en Allemagne), qui est passé à 79,5 contre 74,2 le mois précédent. D’un autre côté, les investisseurs ont limité les prises de risques après la décision de Pékin d’imposer à Hong Kong une loi sur « la sécurité nationale » qui est venue raviver les tensions entre la Chine et les Etats-Unis.

Fin mai, un vent d’optimisme a soufflé sur les places financières européennes qui a notamment profité aux valeurs les plus cycliques (tourisme, aéronautique, banque…) qui, jusqu’à présent, n’avaient guère profité des embellies ponctuelles du marché. Cette tendance haussière a principalement été alimentée par la proposition de Bruxelles d’un plan de relance pour l’avenir des finances de l’UE qui reposerait sur un principe d’union des transferts. Le projet présenté par la Présidente de la Commission Européenne s’articule autour (i) d’un mécanisme de subventions à hauteur de 500 milliards d’euros et (ii) d’un mécanisme de prêts qui ne dépasserait pas les 250 milliards d’euros. L’annonce, selon une étude EY, du maintien d’au moins 65% des projets d’investissements étrangers en France, annoncés en 2019, est venue par ailleurs consolider ce mouvement haussier.

Des performances en amélioration pour le marché, les secteurs poursuivent leur redressement

Le mois de mai est marqué, dans la plupart des secteurs d’activités, par une poursuite de la tendance haussière initiée en avril. Le secteur des Produits de Base a connu, pour sa part, des performances hétérogènes : la Chimie gagne +4,7% portée par Air Liquide (+5,17%) et Linde (+7,27%) alors que l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -4,0% et -6,4% après les mauvaises performances de ENI (-6,78%), Royal Dutch Shell (-8,37%) ou Arcelor Mittal (-13,97%).

L’Industrie confirme la tendance de reprise amorcée en avril portée par les performances de l’Electronique (+8,6%) et des Matériaux de Construction (+11,8%) notamment grâce à ASML (+8,24%), Siemens (+16,36%), ou encore Saint-Gobain (+20,07%). Le secteur des Biens d’Equipement poursuit également sur sa lancée (+5,4%) soutenue notamment par Kone Elevators (+8,97%) ou Schneider (+6,93%). Enfin l’Aéronautique/Défense reste dans le vert (+0,9%) malgré la baisse de Airbus (-2,04%) grâce aux performances encourageantes de Dassault Aviation (+2,95%) et de Safran (+1,95%).

Le secteur des Biens de Consommation finit également dans le vert malgré des performances à trois vitesses selon l’activité. Les secteurs Agro-alimentaire (+0,7%) et Santé (+1,7%) sont en faible croissance, affectés par les performances contrastées de Danone (-2,69%), Heineken (+6,26%), Essilor Luxottica (+2,75%) ou encore Merck (-2,78%). L’Automobile et les Biens de Consommation poursuivent leur dynamique positive et prennent respectivement +3,7%, +3,8%, notamment grâce à Ferrari (+5,93%), Volkswagen (+3,34%), Adidas (+13,38%), ou Inditex (+7,74%). Le secteur Loisirs et Tourisme connaît la croissance la plus importante (+9,9%) soutenu principalement par TUI (+32,62%).

Le secteur Financier connaît pour sa part des performances en demi-teinte : les secteurs des Assurances et de l’Immobilier perdent respectivement -1,2%% et -6,3%, après les baisses d’Allianz (-3, 59%), Generali (-4,07%), Gecina (-2,85%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-11,21%). Les Banques (+4,0%) et les Banques d’Investissement (+9,3%) connaissent, pour leur part, une croissance de leur rentabilité grâce aux performances de BNP Paribas (+12,48%), ING (+15,93%), Amundi (+10,48%) et Deutsche Bank (+11,11%).

Le secteur des Infrastructures progresse, tiré par le BTP et Concessions (+8,0%) et les Utilities (+6,6%). Ces deux secteurs ont été portés par les bonnes performances de Ferrovial (+7,11%), Vinci (+11,16%), Enel (+10,66%), et Iberdrola (+6,00%). Quant au secteur des Télécommunications, il connaît une croissance moins soutenue (+2,8%) : alors que Orange et Telecom Italia perdent respectivement -2,60% et -8,19%, Deutsche Telekom (+6,38%) et Iliad (+16,47%) rééquilibrent les performances du secteur.

Le secteur des Services continue de progresser et connaît des performances relativement homogènes : la Distribution, les Médias, et les Transports ont terminé respectivement à +5,9%, +3,0%, et +3,5%, avec les croissances de Zalando (+36,75%), Vivendi (+3,68%), Wolters Kluwer (+6,79%), Lufthansa (+12,06%), et Ryanair (+7,36%). Les Services (+1,9%) sont les seuls à connaitre une croissance inférieure à 3%, tout de même portés par Amadeus IT (+6,88%) et Teleperformance (+4,21%).
La prime de marché repasse sous les 10%

Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin mai avant certains ajustements de flux

Le redressement des marchés s’est poursuivi au mois de mai, alimenté par la multiplication des plans de relance sectoriels et le maintien d’une politique monétaire accommodante. Cette embellie des marchés a permis à la prime de marché de repasser sous la barre des 10%, à un niveau de 9,74%, contre 10,14% en avril (avec une légère baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

Figure 3 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002

Source : Associés en Finance

Note : Niveau de prime instantané à fin mai avant certains ajustements de flux

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