PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 juin 2018

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 juin 2018

Des marchés actions encore inquiets

Depuis la fin du mois de mai, les marchés actions évoluent en territoire négatif, entraînés par une série d’inquiétudes, la principale d’entre elles portant sur les conséquences de la guerre commerciale initiée par le gouvernement américain, cette thématique ayant été exacerbée par l’échec de la réunion du G7.

S’y ajoutent, comme en mai, les questionnements politiques (en Italie ou en Allemagne) et la perception d’une conjoncture économique un peu décevante.

Ainsi, l’indice Euro Stoxx a encore reculé au mois de juin de -1%, après -2,5% en mai, hors dividendes. Par pays, l’Europe du Sud a résisté, après la correction du mois de mai (notamment en Italie) : les valeurs italiennes ne sont qu’en légère baisse (-0,7% pour l’indice FTSE MIB), tandis que les indices ibériques progressent de plus de 1%. En revanche, l’indice Dax recule de plus de 2%, les tensions commerciales pénalisant particulièrement les grandes sociétés exportatrices allemandes.

Les indices actions américains continuent pour leur part de progresser légèrement, et accroissent leur avance par rapport aux valeurs européennes : sur le premier semestre, la différence de rentabilité des actions américaines par rapport aux actions européennes est de plus de 6% (S&P 500 vs. EuroStoxx).

Un marché segmenté

Le facteur Risque est demeuré discriminant ce dernier mois, en faveur des titres les moins risqués (cf. Tableau 1 : la classe de risque 1 affiche une rentabilité de +0,4% en moyenne non pondérée contre -3,1% pour la classe de risque 5 des valeurs les plus risquées). Ce mouvement se traduit par un nouveau renforcement de la pente de risque au sein du marché actions.

Les mouvements du mois de juin font ressortir une nette défiance vis-à-vis des grands secteurs qui pourraient être pénalisés par les tensions commerciales (mesures commerciales américaines et mesures de rétorsion annoncées en Europe ou en Chine). Les secteurs Minerais / Métaux / Acier, Biens d’équipement, ou le secteur Automobile (Fiat Chrysler -15,8%, Faurecia -14,2%, VW -11,6%, Valeo -11,5%, Daimler -10,6%) ont été en particulier affectés. De premiers éléments tangibles viennent renforcer ces inquiétudes, comme un abaissement par Daimler de ses prévisions de résultats 2018, justifié notamment par les droits de douane chinois sur l’importation de voitures fabriquées aux Etats-Unis. 

Au-delà de ces effets négatifs sur les grands secteurs exportateurs, plusieurs sociétés ont nettement reculé, après les avertissements sur bénéfices qu’elles ont émis ou des communications décevantes, comme Osram Licht
(-30,7%), Nexans (-22,6%), Prysmian (-10,4%), Technicolor (-28,6%), Pierre et Vacances (-18,5%), Trigano (-10,5%). Ces différentes annonces, parfois justifiées par des reports de commandes ou des croissances organiques faibles, alimentent les craintes sur la conjoncture économique.

Dans ce contexte, peu de valeurs se distinguent à la hausse, sur fond de mouvements spéculatifs (EDP Renovaveis, Ingenico, ADP), ou de rebond par rapport à de fortes baisses précédentes (Criteo, Banco BPM).

Une prime de marché qui se renforce

L’indice EuroStoxx termine stable à fin juin par rapport à fin décembre, en tenant compte de l’effet des dividendes. A l’issue d’un semestre marqué par un regain de volatilité sur les actions en Europe, la prime de marché s’est sensiblement renforcée, pour atteindre 6,52% à fin juin (contre 5,98% à fin décembre 2017), à comparer à un niveau moyen de 6,6% depuis 2002 (cf. graphique ci-dessous). Comme commenté lors du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière au mois de juin, la valorisation des actions de la zone euro demeure ainsi raisonnable. Il convient d’ajouter que cette valorisation repose sur des prévisions qui demeurent prudentes sur les sociétés. De ce point de vue, les actions pourraient absorber des anticipations de croissance un peu révisées à la baisse.

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