PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2020

PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2020

Figure 1 : Evolution des marchés

Source : Associés en Finance

Les marchés actions européens et américains en forte baisse sur le mois de février

Les marchés actions connaissent une importante baisse liée aux craintes de propagation du Coronavirus Covid-19. Les principaux indices européens affichent des performances très négatives : -8,6% pour l’EuroStoxx 50, -7,9% pour l’EuroStoxx, -8,5% pour le CAC 40 et -8,4% pour le DAX. Le S&P 500 est, lui aussi, en fort recul avec -8,4%, ainsi que l’indice technologique du Nasdaq, en baisse de -6,4%. Sur le marché des changes, l’euro se maintient face au dollar à 1,10 USD.

La volatilité des marchés actions a connu une hausse très importante liée à cette baisse soudaine des marchés, la moyenne annuelle des indices VIX et VStoxx est en hausse de 18%, à environ 40% entre le 1er et le 28 février, clôturant à respectivement 40,1% et 42,2%.

Les négociations autour des modalités du Brexit restent tendues

Le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, compte bien faire durer le bras de fer avec les Européens concernant la négociation sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Le gouvernement britannique a menacé, jeudi 27 février, de sortir des négociations dès le mois de juin si Bruxelles ne cède pas sur l’accord de libre-échange. Les Britanniques et les Européens ont encore dix mois pour s’entendre sur leur nouvelle relation, mais le dossier est complexe. Bruxelles exige que le Royaume-Uni continue de respecter certaines règles de l’UE sur le long terme (notamment en matière d’aides d’État, d’environnement, de droit du travail, de fiscalité ou de partage des eaux territoriales concernant la pêche) avec pour contrepartie une ouverture très large du marché européen (notamment sans droit de douane pour les marchandises) ce que combat fermement Boris Johnson.

La guerre commerciale s’apaise entre les Etats-Unis et la Chine

Les tensions semblent s’apaiser entre les États-Unis et la Chine avec une baisse importante des droits de douane punitifs chinois sur 75 Mds$ de produits américains. Cette mesure est entrée en vigueur le 14 février et concernera les surtaxes douanières en application depuis le 1er septembre 2019.

L’épidémie de coronavirus affole les marchés

Le coronavirus s’est répandu au cours du mois de février et inquiète maintenant tous les pays. Le président chinois Xi Jinping a tenté de rassurer, le vendredi 7 février, Donald Trump sur la capacité de son pays à rétablir la situation. La Chine « est entièrement confiante et capable d’éradiquer l’épidémie », a déclaré M. Xi lors de cet entretien téléphonique avec le président américain. A cette date, le virus avait causé la mort de 717 personnes en Chine (ce chiffre est supérieur au nombre de personnes mortes du SRAS).

Cependant, durant la semaine du 21 février, la propagation du virus a pris une nouvelle tournure. Un Italien de 78 ans est mort après avoir été infecté par le coronavirus en Italie, où une partie du Nord du pays s’était barricadée après plusieurs cas de contamination (une quarantaine de cas, dont au moins 32 en Lombardie, autour d’un foyer identifié à Codogno). Les cas de contamination se sont multipliés, avec une forte inquiétude de l’OMS sur la capacité des pays à endiguer l’épidémie (602 cas de contamination en Corée du Sud à cette date).

Le 24 février, alors que l’Italie comptait 149 contaminés (pour 3 décès), entrevoyant un risque de récession et que la vitesse de propagation de l’épidémie s’était fortement accélérée dans le monde (notamment en Corée du Sud où le nombre de cas a été multiplié par 20 en 5 jours), la tension sur les bourses européennes est montée d’un cran. Le CAC 40 a, en effet, subi un premier plongeon de -3,94% pour finir sous la barre symbolique des 6 000 points.

Le 28 février a été marqué en France par le dépassement du seuil des 100 cas confirmés et l’annonce du basculement en stade 2 de l’épidémie, ce qui correspond à l’entrée du virus en plusieurs points du territoire national (impliquant des mesures d’ampleur telles que l’annulation d’événements de plus de 5000 personnes). En Italie, la criticité de la situation a poussé le gouvernement italien à débloquer 25 Mds€ pour faire face au coronavirus. La propagation du coronavirus a été ressentie comme un très important facteur de risque et d’incertitude par les bourses en Europe, qui ont enregistré la pire semaine depuis la crise de 2008 (-12% pour le CAC 40).

La FED surveille de près la situation de l’épidémie et se tient prête à ajuster les taux

Aux États-Unis, le Président de la FED, Jerome Powell, a déclaré le 11 février que la Banque Centrale
« surveillait de près » les potentielles perturbations économiques mondiales causées par l’émergence du coronavirus. Globalement, la Fed estime que sa politique monétaire actuelle reste adaptée, mais que des risques demeurent pour l’économie mondiale.

De son côté, le PBOC chinois (Banque Populaire de Chine) a décidé de baisser le taux des prêts à moyen terme de 10 bps (à 3,15% contre 3,25% auparavant) pour soutenir l’économie, tandis que les politiques tentent de réduire la propagation du virus.

Des performances baissières pour le marché, les secteurs fortement impactés par le Coronavirus

Le mois de février est marqué par une baisse globale de tous les secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base a connu une chute importante : la Chimie, l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -9,1%, -15,7% et -9,1% tirés par les mauvaises performances de BASF (-13,08%), Royal Dutch Shell (-18,27%), Total (-13,06%), ou encore Thyssen-Krupp (-22,06%).

L’Industrie clôture dans le rouge, particulièrement affectée par les mauvaises performances de l’Aéronautique/Défense (-16,9%) entrainées par Airbus (-18,87%) et Safran (-14,97%). Les Biens d’Equipement, l’Electronique et les Matériaux de Construction subissent également des baisses respectives de -4,5%, -6,7% et -9,1%, notamment suite au recul des performances de Tenaris (-12,44%), Siemens (-16,52%), HeidelbergCement (-12,14%), ou encore de Saint Gobain (-7,70%).

Le secteur des Biens de Consommation n’est pas épargné par la chute généralisée des marchés. L’Agro-alimentaire perd -16,7%, impacté par les nets reculs de Anheuser-Bush InBev (-25,86%) et Danone (-11,99%). LAutomobile ne redresse toujours pas la pente (-8,6%) plombé par les baisses significatives de Daimler (10.20%), Renault (-24,83%) et Volkswagen (-8,50%) et la Santé (-4,5%) est affectée par les mauvaises performances de EssilorLuxottica (-8,31%) et Fresenius SE (-8,04%).

Le secteur Financier termine également dans le rouge au mois de février : les Assurances connaissent une chute de -11,2% à cause de Allianz (-9,75%) et AXA (-12,98%), le Secteur Bancaire perd -7,4%, à cause de Société Générale (-12,44%) et ING (-12,38%), l’Immobilier perd également -9,1% avec notamment les mauvaises performances de Covivio (-10,45%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-11,09%).

Contrairement à janvier, où il avait été seul à clôturer dans le vert, le secteur des Infrastructures n’est pas épargné en février par la dynamique baissière. Les Utilities sont relativement épargnés (-2,5%) grâce à EDF (+12,86%) et Iberdrola (+4,56%), et ont permis de compenser la performance décevante du BTP et Concessions (-9,9%) avec des baisses importantes de Atlantia (-12,56 %) et d’ADP (-21,75%).

Le secteur des Services a également connu une chute marquée : les Médias, les Services Informatiques et les Transports tirent le secteur vers le bas en terminant respectivement à -7,5%, -8,9%, et -15,3%, avec les performances négatives de Relx (-9,48%), Vivendi (-7,03%), Capgemini (-11,69%), Wirecard (-13,70%), Deutsche Post (-14,11%), et Ryanair (-17,75%).

Hausse importante de la prime de marché Au mois de février, la crainte de l’expansion d’épidémie du coronavirus a fortement impacté les marchés. Tous les secteurs sont désormais touchés et en forte baisse, entrainant une hausse de la prime de marché qui passe de 8,18% à 9,07% (malgré la baisse encore significative du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).

Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché

Source : Associés en Finance

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