• PLAN DE MARCHE EUROLAND - 26 février 2021 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 26 février 2021

    Figure 1 | Évolution des marchésSource : Associés en Finance Un rebond des marchés actions au mois de février Les marchés actions européens ont connu un rebond au mois de février après un début d’année 2021 en berne. Les performances réalisées au cours du mois de février sont positives : +4,4% pour le CAC 40, +1,2% pour le DAX, +3,0% pour l’Euro Stoxx 50 et +2,0% pour l’Euro Stoxx. Les indices américains ont un peu moins performé (ils avaient mieux résisté au mois de janvier) : le S&P 500 gagne +1,0% tandis que le Nasdaq perd -1,6%. La confiance des investisseurs sur la sortie de crise qui pourrait intervenir dans les prochains mois entraine un retour aux bonnes performances qu’avait connu le marché actions en fin d’année 2020. En février, l’euro a été stable face au dollar à 1,21 USD. Covid : La campagne de vaccination s’accélère dans le monde La campagne de vaccination reste le sujet primordial de ce début d’année 2021. Afin de lutter contre la propagation des variants tous les pays ont lancé une campagne de vaccination massive et rapide pour retrouver une situation économique et sanitaire correcte. L’Union Européenne dispose toujours des trois principaux vaccins sur le marché, développés par : l’américano-allemand Pfizer-BioNTech, l’américain Moderna et l’anglo-suédois AstraZeneca-Oxford. Cependant l’OMS au début du mois de février a appelé l’UE à « accélérer la vaccination » en demandant aux entreprises pharmaceutiques d’« unir leurs efforts pour augmenter drastiquement les capacités de production » qui sont à l’heure actuelle, jugées trop faibles. Au 5 février 2021, dans l’Union européenne, le taux de la population ayant reçu une première dose atteint à peine les 2,5 % (loin derrière Israël, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni). La campagne de vaccination massive en Israël rassure sur l’efficacité des vaccins utilisés. A la faveur d'un accord pour fournir au groupe Pfizer des données médicales sur l'efficacité du produit, le pays a reçu en échange des millions de doses. La première étude de grande ampleur a été publiée dans le New England Journal of Medecine, mercredi 24 février, et livre des conclusions encourageantes sur le bénéfice de la vaccination. L'efficacité mesurée dans la population israélienne vaccinée correspond aux résultats des essais cliniques de phase 3 menés par Pfizer et BioNTech, envoyant des signaux positifs sur la lutte contre l’épidémie. Par ailleurs, parmi les autres vaccins candidats à une homologation le vaccin de Johnson & Johnson (administré en une seule dose et stocké à des températures de réfrigérateur), a reçu vendredi 26 février l'avis favorable d'un comité d'experts américains, dernière étape avant le feu vert de l'Agence américaine des médicaments. Ce dernier pourrait donc très prochainement s’ajouter à la liste des vaccins utilisés sur les continents américain et européen. Ces bonnes nouvelles doivent toujours être manipulées précautionneusement compte tenu de la dynamique épidémique alimentée par les variants (britanniques, sud-africain, brésilien) qui continuent de se propager très rapidement dans de nombreux pays. Les états européens ayant durci leurs mesures afin d’endiguer l’épidémie au cours du mois de janvier ont, pour la plupart, maintenus ces mesures. Cependant un assouplissement est entrevu (notamment au Royaume-Uni) compte tenu de l’amélioration de la situation. En France, où seul le couvre-feu est encore en vigueur au niveau national (avec quelques confinement locaux), les mesures plus restrictives envisagées à la fin du mois janvier n’ont pour l’instant pas été mise en place et seront activées en cas de dernier recours. Les Etats-Unis et l’Europe maintiennent un soutien massif de l’économie Aux États-Unis, la Chambre des représentants a approuvé samedi 27 février le vaste plan de relance de 1 900 Mds$ (1 573 Mds€) voulu par Joe Biden grâce aux seules voix des démocrates. Le nouveau président voulait que ce plan de sauvetage soit adopté dès le début du mois de février mais face au retard accumulé, il a pressé en cette fin de mois le Congrès d’avancer plus rapidement. Dans le détail, le plan prévoit : plusieurs dizaines de milliards de dollars pour l’accélération du rythme des vaccinations et le déploiement des tests, le versement des allocations-chômage prolongé jusqu’au 30 septembre 2021, 130 Mds$ pour aider les écoles et lycées face à la pandémie et des chèques d’aide de 1 400 $ pour chaque Américains (selon le niveau de revenus). Le 24 février, dans son discours, Jerome Powell a écarté l’éventualité d’une modification rapide de la politique monétaire américaine. La FED se projette au-delà de toute flambée des prix à court terme et entend maintenir ses taux proches de zéro. Selon l’institution, l'inflation restera égale ou inférieure à l'objectif de 2% de la banque centrale jusqu'en 2023. Jerome Powell a par ailleurs déclaré que la Fed n'augmenterait pas ses taux tant que l'inflation n'aurait pas dépassé son objectif. De son coté, Christine Lagarde présidente de la BCE, a annoncé "surveiller de près" les rendements nominaux des emprunts d'Etat et a réaffirmé l'engagement de la BCE à préserver un financement favorable pendant la pandémie. Performances sectorielles mensuelles Figure 2 | Performances sectorielles du mois de janvierSource : Associés en Finance Une majorité de secteurs a connu une performance positive au cours du mois de février. Le Loisir et tourisme a connu la plus forte hausse (+22,0%) tout comme le secteur de la Finance : les Assurances et les Banques gagnent respectivement +19,3% et +19,2%. L’Immobilier, en revanche,est en léger recul et perd -2,3%. L’Industrie a aussi connu un mois de février encourageant avec des performances positives pour l’Aéronautique (+11,0%), les Services informatiques (+6,7%) et les Services (+7,5%), tout comme le BTP et Concessions (+10,2%). Seuls quelques secteurs sont en léger recul pour le mois de février tels que : la Distribution (-3,6%), la Santé (-2,1%) ou les Biens de consommation (-1,8%). Évolution de la rentabilité sectorielle Figure 3 | Produit de base Figure 4 | Industrie Source : Associés en Finance Source : Associés en Finance Figure 5 | Biens de consommation Figure 6 | Services Source : Associés en Finance Source : Associés en Finance Figure 7 | Infrastructures Figure 8 | Finance Source : Associés en Finance Source : Associés en Finance Évolution de la prime de Marché Trival® Figure 9 | Évolution de la Prime de marché sur les 12 derniers moisSource : Associés en Finance La Prime de Marché Trival® reprend la baisse observée sur le second semestre 2021 de 8,61% à fin janvier 2021 vers 8,13% à fin février 2021 qui reflète l’optimisme retrouvé quant à l’efficacité des vaccins et la possible sortie de crise sanitaire qui se rapproche. Figure 10 | Évolution de la Prime de marché sur longue périodeSource : Associés en Finance
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2021 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2021

    Figure 1 | Évolution des marchésSource : Associés en Finance Début d’année morose pour les marchés actions Les marchés actions européens ont débuté cette nouvelle année 2021 en berne avec des performances négatives réalisées au cours du mois de janvier : -2,7% pour le CAC 40, -2,1% pour le DAX, -2,0% pour l’Euro Stoxx 50 et -1,4% pour l’Euro Stoxx. Les indices américains ont mieux résisté : le S&P 500 perd -1,1% tandis que le Nasdaq gagne +1,4%. Ces mauvaises performances de début d’année viennent tempérer le rally boursier qui a animé les marchés actions depuis le début novembre 2020 suite aux annonces encourageantes des vaccins contre la Covid-19. Covid : vaccins contre les nouveaux variants Depuis la fin de l’année dernière la course au vaccin est enclenchée. A l’heure actuelle, l’Union Européenne a autorisé la mise sur le marché de trois vaccins développés par : l’américano-allemand Pfizer-BioNTech, l’américain Moderna et l’anglo-suédois AstraZeneca-Oxford. Les deux premiers vaccins qui utilisent la technologie d’ARN messager ont d’ores et déjà été utilisés. Concernant le troisième vaccin développé par AstraZeneca et approuvé par l’Agence européenne des médicaments le 29 janvier les premières livraisons sont attendues courant février. En outre plusieurs autres vaccins sont candidats à leur homologation pour le marché européen parmi lesquels : Janssen Johnson&Johnson, CureVac, Novavax et Sanofi/Pasteur-GSK. En dépit de ces relatives bonnes nouvelles, la dynamique épidémique s’est emballée en ce début d’année alimentée par l’émergence de plusieurs variants caractérisés par une virulence plus forte que la souche initiale. Les différents laboratoires producteurs de vaccin anti-Covid se montrent prudent quant à l’efficacité de leur vaccin face à ces nouveaux variants. Face à l’aggravation de la situation sanitaire, les états européens ont en grande majorité durci leurs mesures au cours du mois de janvier afin d’endiguer l’épidémie. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont fait le choix d’un reconfinement strict, tandis que l’Italie et l’Espagne ont opté pour un confinement partiel. En France, où seul le couvre-feu est encore en vigueur, des mesures plus restrictives sont à attendre en cas de progression de l’épidémie. Soutien des politiques monétaires et budgétaires Aux États-Unis, le mercredi 6 janvier, alors que le Congrès américain devait certifier le résultat des élections présidentielles, des manifestants pro-Trump ont envahis le Capitol interrompant la cérémonie. Néanmoins, l’élection de Joe Biden en tant que 46ème président des États-Unis a bel et bien été certifiée dès le lendemain. Avant même son investiture, actée le 20 janvier, Joe Biden a dévoilé un plan de relance ambitieux de 1900 Mds$ qui sera soumis à l’approbation du Congrès. En Europe, les décisions de politique monétaire restent très accommodantes. Le programme d’achat d’actifs d’urgence face à la pandémie devrait se poursuivre jusqu’en mars 2022 pour un montant total prévu de 1 850 Mds€. Dans son dernier communiqué de décisions de politique monétaire, la BCE indique également que ce programme pourra être recalibré si nécessaire. Par ailleurs, un plan de relance de 750 Mds€ adopté fin 2020 est destiné à réparer les dommages économiques et sociaux causés par la pandémie. Brexit : les effets de l’accord Le 24 décembre dernier, le Royaume-Uni et l’Union Européenne ont finalement conclu in-extremis un accord avec pour principaux effets : la sortie du marché unique, la sortie de l’union douanière, l’exemption de l’application des réglementations européennes et la signature d’un accord commercial sur les biens mais pas sur les services renvoyés à des protocoles ultérieurs. Cependant des tensions sporadiques sont encore à prévoir entre le Royaume-Unis et l’Union Européenne dans les années à venir sur des sujets de contentieux concurrentiels, de négociations commerciales sur les services, notamment financiers. Une première illustration de ces tensions est intervenue fin janvier à la suite de l’annonce de retard de livraison du vaccin AstraZeneca. L’Union Européenne soupçonne le laboratoire anglo-suédois d’avoir livré en priorité au Royaume-Uni des doses produites en Europe et menace le laboratoire de poursuites judiciaires. Performances sectorielles mensuelles Figure 2 | Performances sectorielles du mois de janvierSource : Associés en Finance Une majorité de secteurs a connu une performance négative au cours du mois de janvier. Les Biens de consommation sont les plus durement touchés par les effets de la crise sanitaire : le Loisirs et tourisme et les Biens de consommation perdent respectivement -8,5% et -5,6%. La Santé résiste et perd seulement -0,4%. La Finance est également fortement touchée avec des performances négatives pour l’Assurance (-6,0%), les Banques (-4,8%) et les Banques d’investissement (-4,4%). L’Immobilier résiste et affiche une performance très légèrement positive (+0,3%). Le secteur de l’Électronique (+9,7%) bénéficie, entre autres, du lancement de la 5G en Europe : Nokia progresse de +25,8% au cours du mois de janvier. Évolution de la rentabilité sectorielle Figure 3 | Produit de base Figure 4 | Industrie Source : Associés en Finance Source : Associés en Finance Figure 5 | Biens de consommation Figure 6 | Services Source : Associés en Finance Source : Associés en Finance Figure 7 | Infrastructures Figure 8 | Finance Source : Associés en Finance Source : Associés en Finance Évolution de la prime de Marché Trival® Figure 9 | Évolution de la Prime de marché sur les 12 derniers moisSource : Associés en Finance La Prime de Marché Trival® marque une légère hausse entre fin décembre 2020 (8,57%) et fin janvier 2021 (8,61%) qui reflète notamment l’incertitude quant à l’efficacité des vaccins face au nouveaux variant et une dégradation de la situation sanitaire en Europe. Figure 10 | Évolution de la Prime de marché sur longue périodeSource : Associés en Finance
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 décembre 2020

      Figure 1 : Évolution des marchés    Source : Associés en Finance Les marchés boursiers clôturent une année 2020 difficile avec des performances mensuelles positives en décembre Les marchés actions en Europe continuent à croître sur le mois de décembre : +0,6% pour le CAC 40, +1,7% pour l’EuroStoxx 50, +2,0% pour l’EuroStoxx, +3,2% pour le DAX. Il en est de même pour les marchés boursiers américains, avec une hausse du S&P 500 et de l’indice technologique du Nasdaq de respectivement +3,7% et 5,7%. Sur le bilan de l’année 2020, les performances positives des deux derniers mois ont limité l’effondrement historique des valeurs boursières européennes en 2020 : le CAC 40 a enregistré une perte annuelle de ‑7,1% et l’EuroStoxx 50 a perdu -5,1% de sa valeur. Les valeurs américaines ont davantage progressé que les européennes (exprimées en dollar) avec une hausse de +16,3 % pour le S&P 500 et +43,6 % pour le Nasdaq tandis que l’EuroStoxx affiche une croissance de +7,3 % en dollar. Par ailleurs, sur l’année, l’euro a connu une forte hausse face au dollar à 1,22 USD (contre 1,12 USD au 31 décembre 2019 soit +9,0%). Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 22,3% et 22,2%, soit près de 8% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 22,8% et 23,4%). La bonne nouvelle des premières vaccinations contrebalancée par la découverte d’une nouvelle souche du coronavirus Covid-19 au Royaume-Uni Le mercredi 2 décembre, les autorités sanitaires britanniques ont pris tout le monde de court en annonçant que le vaccin des laboratoires Pfizer et BioNTech contre la Covid-19 serait disponible dans tout le pays dès la semaine suivante. De son côté, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA – Food and Drug Administration) au travers d’un comité d’experts a commencé le jeudi 10 décembre à examiner les données du vaccin et a choisi, 48 heures après, de recommander son autorisation de mise sur le marché. Le 21 décembre, c’est au tour de l’Union Européenne d’autoriser la mise sur le marché du vaccin de Pfizer et BioNTech. Cependant cette bonne nouvelle a été accueillie froidement avec l’annonce de la découverte d’une nouvelle variante du coronavirus au Royaume-Uni qui est potentiellement impliquée dans la transmission effrénée qui a été observée dans le sud-est de l'Angleterre. Pour freiner la transmission de ce nouveau coronavirus, Boris Johnson, le Premier Ministre britannique, a annoncé un reconfinement sur les secteurs géographiques concernés. La propagation de cette nouvelle souche inquiète fortement les différents gouvernements européens et mondiaux, car ce SARS-CoV-2 semble être beaucoup plus rapide dans la chaîne de transmission que le virus initial (un professeur de virologie moléculaire de l'université de Nottingham souligne une transmission accrue de 70%). Par ailleurs, les experts de l'UE ont estimé que pour l’instant, compte tenu des informations à leur disposition, les vaccins actuels contre la Covid-19 restaient efficaces face à la nouvelle variante. Le Brexit : Londres et Bruxelles parviennent à trouver un accord Les négociateurs britanniques et européens ont eu les plus grandes difficultés à trouver un consensus pour l’accord commercial post-Brexit. Au début du mois de décembre, la livre sterling a été fortement impactée par la perspective d'un « no deal » qui se rapprochait à grands pas. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, s’étaient donnés jusqu'au dimanche 13 décembre pour décider de l'avenir des pourparlers. Malgré leur rapprochement en cette fin d’année, leurs différends restaient profonds et aucun chemin pour les surmonter ne semblait apparaître. Cependant, les deux dirigeants ont estimé, dans un communiqué commun, qu’il était « responsable » d’éviter un échec aux conséquences importantes. A seulement dix-huit jours de la rupture définitive entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne (le 31 décembre), ils ont donc choisi de poursuivre les discussions. Contre toute attente, le 24 décembre, Ursula von der Leyen et Boris Johnson ont annoncé avoir trouvé un accord sur leur future relation commerciale, après 10 mois de très intenses tractations. Le soulagement des marchés financiers a pu être palpable avec une forte hausse des différentes places tant un « no deal » aurait affaibli des économies déjà ébranlées par la crise sanitaire. Avec cet accord, l’UE offre au Royaume‑Uni un accès inédit, sans quotas ni droits de douane, à son marché de consommateurs, mais avec de strictes conditions (les entreprises d’outre-Manche devront respecter un certain nombre de règles évolutives au fil du temps en matière d’environnement, de droit du travail et de fiscalité pour éviter tout dumping). Cet accord est à prendre avec prudence des deux côtés car des perturbations sont à attendre à compter du 1er janvier 2021, lorsque le Royaume-Uni quittera, après de nombreuses années, le marché unique et l’union douanière. Les investisseurs restent attentifs aux indicateurs et aux annonces des banques centrales Le 16 décembre, les investisseurs ont été rassurés par le baromètre PMI sur l'activité du secteur privé en zone euro qui s'est redressé. Par ailleurs, le marché parisien a bien accueilli la semaine suivante l'annonce d'un plan de relance aux Etats-Unis de 900 Mds$, à l'issue de plusieurs mois d'âpres tractations au Congrès américain. Concernant les banques centrales, les attentes des marchés vis-à-vis de la BCE (inflation négative en zone euro, incitations à baisser les taux de la part du Fonds Monétaire International) qui se réunissaient jeudi 10 décembre étaient très fortes. D'autant que Christine Lagarde, lors de la réunion d'octobre, avait promis un recalibrage de son action. La BCE a pris les mesures qui étaient attendues en soutenant massivement l’économie (augmentation du plan pandémie d’achat de dettes de 500 Mds€, extension de la durée de son intervention de neuf mois, prolongation d’un an de l’accès aux banques des prêts à -1%). Cependant, c’est justement ce manque de surprise qui a déçu les marchés qui ont aussi été sévères compte tenu du rythme très prudent de reprise en Europe annoncé par l’institut. Par ailleurs, la FED a de son côté assuré le 16 décembre qu'elle maintiendrait une politique monétaire accommodante pour assurer le rebond de l'économie américaine. La Banque Centrale va notamment poursuivre ses achats d'actifs « au moins » au niveau actuel et les lie désormais aux progrès en matière d'emploi et d'inflation. Des performances sectorielles globalement positives Figure 2 : Les performances sectorielles sur le mois de décembre                  Source : Associés en Finance Une majorité des secteurs d’activité a connu une hausse de ses valeurs boursières en décembre, avec notamment une performance remarquable de +18,8% pour le secteur des Minerais / Métaux / Acier. Ce secteur a été porté par l’ensemble de ses sociétés dont Derichebourg (+77,64%) et Arcelor Mittal (+23,00%) font partie. Certains segments d’activité tels que les Télécommunications (-3,6%) ou encore le BTP et Concessions (-2,6%) ont, quant à eux, enregistré une baisse de leur performance consolidée sur le mois. Des sociétés comme Telefonica (-11,27%), Orange (‑8,08%), Vinci (-4,84%) ou encore Eiffage (-3,77%) ont vu leur valeur boursière fortement diminuer, pesant sur la performance globale de leur secteur. L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année   Figure 3 : Secteur Produits de Base   Figure 4 : Secteur Industrie   Figure 5 : Secteur Biens de Consommation   Figure 6 : Secteur Services   Figure 7 : Secteur Infrastructures   Figure 8 : Secteur Finance  Source : Associés en Finance Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 31/12/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérées de chaque secteur d’activité depuis fin décembre 2019. La prime de risque de marché continue à baisser   Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin décembre avant certains ajustements de flux Avec un redressement des valeurs boursières européennes qui se poursuit, la prime de marché continue à baisser en passant de 8,70% en novembre à 8,57% à fin décembre (avec une baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 10 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin décembre avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2020

      Figure 1 : Évolution des marchés    Source : Associés en Finance Les marchés boursiers se redressent et enregistrent des niveaux historiques de performance grâce aux avancées sur le vaccin contre le coronavirus Le mois de novembre est marqué par une très vive remontée des marchés actions. Le CAC 40 présente sa meilleure performance mensuelle depuis février 1988, avec une hausse de +20,1%. Les autres indices européens affichent également des performances positives : +18,1% pour l’Euro Stoxx 50, +16,9% pour l’Euro Stoxx et +15,0% pour le DAX. Il en est de même pour les indices américains avec une hausse du S&P 500 de +10,8% et du Nasdaq de +11,8%. Sur le marché des changes, l’euro est en hausse face au dollar à 1,20 USD. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 25,4% et 24,5%, soit près de 11% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 20,6% et 22,9%). L’arrivée du vaccin contre le virus a contrebalancé les effets de la seconde vague A la suite de la chute des marchés boursiers fin octobre en réaction à la seconde vague européenne du virus, le CAC 40 affiche une performance mensuelle historique en novembre. En prenant près de 1 000 points en un mois, l’indice parisien enregistre sa plus forte hausse depuis plus de 30 ans. Les marchés ont été portés par les diverses annonces concernant l’avancée prometteuse des recherches sur le vaccin contre le coronavirus. Dès le 9 novembre, Pfizer et BioNTech ont communiqué sur des résultats partiels de leur vaccin expérimental efficace à 90%, permettant aux investisseurs d’entrevoir à moyen terme la fin de la crise sanitaire mondiale. Cet espoir a été entretenu par l’annonce de Moderna qui, le 16 novembre, a estimé l’efficacité de son vaccin à 94,5%. Ces bonnes nouvelles étaient attendues depuis longtemps par les investisseurs et ont permis de dissiper certaines de leurs craintes et inquiétudes. Cette dynamique s’inscrit également dans un contexte de reprise économique et d’adaptation des différents secteurs d’activité aux conséquences sanitaires de la pandémie. Au début du mois, les marchés ont réagi favorablement à la publication d’indicateurs économiques positifs : l’activité du secteur industriel chinois a atteint son plus haut point depuis 11 ans tandis que l’activité manufacturière américaine s’est rapprochée de son plus haut niveau en deux ans. Dans cette conjoncture de reprise, la production et la commercialisation d’un vaccin à l’échelle mondiale présente un moyen efficace d’enrayer l’avancée de la pandémie et de permettre une réhabilitation durable de l’économie. Cependant, certains points d’inquiétude continuent à peser sur les marchés. Tandis que la politique américaine se précise avec la fin des élections présidentielles … Les premiers jours de novembre ont été rythmés par un duel serré entre Donald Trump et Joe Biden pour la présidence des États-Unis. Tandis que les marchés prévoyaient une large victoire du candidat démocrate, le dépouillement des votes plus long que prévu et la possible contestation du scrutin final ont engendré quelques tensions chez les investisseurs. Ces incertitudes ont contribué à la volatilité du marché américain en début de mois. La victoire de Joe Biden, s’est précisée par la suite avec 306 grands électeurs en sa faveur, contre 232 pour Donald Trump. Plusieurs recomptages dans certains états-clés ont confirmé cette victoire. Alors que la fin de ces élections a été favorablement accueillie par les marchés financiers, l’issue du contrôle au Sénat est toujours attendue. Le scénario souhaité par les investisseurs serait une administration républicaine. Une telle cohabitation entraînerait une politique américaine plus modérée et limiterait l’adoption de lois qui seraient défavorables aux marchés financiers. … plusieurs autres points demeurent en suspens Les négociations entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni concernant leurs accords post-Brexit s’éternisent. La date butoir, prévue initialement pour mi-novembre, a été repoussée à plusieurs reprises. Dès le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni n’appliquera plus les normes européennes. Tandis que la fin de l’année se rapproche, les négociations continuent à bloquer sur les mêmes points : la pêche, les règles de concurrence et le règlement en cas de non-respect de l’accord. Les investisseurs attendent aussi les réunions de la Réserve Fédérale et de la Banque Centrale Européenne prévues courant décembre. La BCE est particulièrement attendue sur l’euro qui, entraîné par la reprise économique de la zone euro, est repassé au-dessus du niveau de 1,20 dollar. Avec une hausse de près de +8% depuis le début de l’année, l’appréciation de la monnaie unique dégrade la compétitivité des exportateurs européens sur les marchés étrangers et augmente la pression déflationniste sur les prix. Par ailleurs, un accord entre les membres de l’OPEP+ sur la stratégie à adopter se fait également attendre. Tandis que certains pays souhaitent maintenir les importants quotas mis en place afin d’éviter une nouvelle chute des prix, d’autres préféreraient augmenter leur production en ouvrant à nouveau les vannes. La réunion a été reportée au mardi 1er décembre. Ces points en suspens sont particulièrement suivis par les marchés financiers et contribuent à leur volatilité. Les investisseurs craignent un « no-deal » entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ou encore une nouvelle chute du prix du pétrole qui, accompagnée d’un euro fort, contribueraient à la déflation en Europe. Une hausse généralisée des performances sectorielles Figure 2 : Les performances sectorielles sur le mois de novembre                  Source : Associés en Finance Le redressement historique des marchés européens se reflètent sur l’ensemble des secteurs de l’économie et a pu profiter à de nombreuses valeurs cycliques. Les Banques et les entreprises en Immobilier ont vu leur performance sectorielle s’apprécier en novembre, avec une hausse respective de +41,8% et +39,5%. Toutes les valeurs boursières de ces secteurs ont augmenté, avec notamment une hausse de +43,91% pour BNP Paribas et de +70,11% pour Klépierre. Il en est de même pour les sociétés du secteur Loisirs et Tourisme (+38,6%), porté par la performance de TUI (+67,12%) et d’Accor (+31,52%). Seuls les secteurs de la Santé (+8,0%), des Biens de consommation (+7,9%) et de la Distribution (+4,0%) présentent une hausse plus modérée. La sous-performance de ces segments d’activité s’explique par la dépréciation de certaines valeurs boursières : bioMérieux (-5,48%) et Sartorius Stedim Biotech (‑6,94%) en Santé, Symrise (-0,80%) en Biens de consommation ou encore Metro (-9,03%) et Colruyt (‑1,57%) en Distribution. L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année   Figure 3 : Secteur Produits de Base   Figure 4 : Secteur Industrie   Figure 5 : Secteur Biens de Consommation   Figure 6 : Secteur Services   Figure 7 : Secteur Infrastructures   Figure 8 : Secteur Finance  Source : Associés en Finance Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 29/11/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérées de chaque secteur d’activité depuis fin novembre 2019. Forte diminution de la prime de risque de marché   Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin novembre avant certains ajustements de flux Avec un redressement généralisé des actions européennes, la prime de marché diminue significativement, passant de 10,11% en octobre à 8,70% à fin novembre (avec une hausse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 10 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin novembre avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 octobre 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 octobre 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés La chute des marchés boursiers européens et américains s’amplifie en octobre Avec une dégradation nette de la situation sanitaire, les marchés actions européens présentent des performances mensuelles négatives à fin octobre : -7,4% pour l’Euro Stoxx 50, -5,8% pour l’Euro Stoxx, -4,4% pour le CAC 40 et -9,4% pour le DAX. Du côté des États‑Unis, le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq ont également chuté, baissant de respectivement -2,8% et -2,3%. Sur le marché des changes, l’euro est en baisse face au dollar à 1,17 USD. Dans un climat tendu et alimenté par la résurgence du virus, la reprise des mesures de confinement et les incertitudes liées aux élections américaines, la volatilité repart à la hausse sur les marchés boursiers. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 27,8% et 29,3%, soit près de 23% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 35,4% et 38,0%). La seconde vague du Coronavirus met les marchés boursiers européens en difficulté Dès mi-octobre, la multiplication des cas de Covid-19 en Europe témoigne du début d’une seconde vague pandémique. Pour entraver cette résurgence du virus, les différents gouvernements ont successivement intensifié leurs mesures de restrictions sanitaires. Les marchés financiers ont donc réagi négativement, craignant que le durcissement de ces mesures ne vienne enrayer une reprise économique fragile. Même si plus de la moitié des 47 entreprises suivies par Morgan Stanley a mieux performé que prévu, les publications de résultats de ces sociétés n’ont pas suffi à rassurer les marchés financiers. Ces derniers ont été fortement impactés par la dégradation de la situation sanitaire qui a entraîné une chute des différents indices boursiers mondiaux. Ainsi, la dernière semaine d’octobre a démarré avec un recul de ‑1,90% du CAC 40, de -3,71% du DAX allemand, de -2,29% pour le Dow Jones et de -1,86% pour le S&P 500. Cette tendance s’est poursuivie sur l’ensemble de la semaine, avec un véritable décrochage des performances. Mercredi 28 octobre, date à laquelle le président Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement français, la Bourse de Paris a enregistré sa pire performance du mois avec ‑3,37%. Sur la semaine, elle présentait le deuxième repli hebdomadaire le plus important depuis mars avec une baisse de ‑6,33%. Malgré le soutien de la Banque Centrale Européenne qui prévoit de nouvelles mesures monétaires en décembre, cette dégradation sanitaire pèse sur le marché boursier français. Contrairement aux indices américains, l’indice parisien n’avait pas encore entièrement récupéré du premier « corona krach » notamment à cause du poids important des valeurs financières et énergétiques dans sa composition. Total, 5ème capitalisation de l’indice, a perdu 48% depuis le début de l’année. Il en est de même pour les banques et assurances françaises, dont la Société Générale (‑62%) et Axa (-45%). Cette seconde vague européenne est apparue dans un contexte où l’espoir des investisseurs était déjà fragilisé par de nombreux facteurs tels que l’arrêt des essais cliniques de l’américain Johnson & Johnson pour un vaccin ou encore la stagnation des négociations post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. L’incertitude des marchés a également été alimentée par les discussions animées entre les Démocrates et les Républicains qui peinent à trouver un accord sur les mesures supplémentaires de soutien à l’économie américaine. Les négociations du plan de relance américain s’éternisent Tout au long du mois, les investisseurs ont suivi de près les négociations du Congrès américain portant sur un plan de relance économique très attendu par les marchés. Tandis que près de 25 millions d’Américains ont vu leurs revenus chuter, il n’y a toujours pas d’accord entre les Démocrates et les Républicains sur les mesures supplémentaires de soutien à mettre en place. Ces négociations ont d’ailleurs été retardées en début de mois par la contamination de Donald Trump et de plusieurs sénateurs, touchés par le virus. Les premières semaines d’octobre ont ainsi été marquées par Donald Trump qui, une fois rétabli, a décidé de brusquement mettre un terme à ces négociations jusqu’à la fin des élections présidentielles pour ensuite changer d’avis quelques jours après. Dans le cadre de sa campagne électorale, il a demandé au Congrès l’adoption rapide de mesures de soutien au secteur du transport aérien. Le Président américain a d’ailleurs précisé ses ambitions dans une série de tweets : 25 milliards de dollars pour le secteur aérien, 135 milliards de dollars d’aides aux petites entreprises et 1 200 dollars d’aides pour chaque foyer américain. Ce changement de position de la Maison Blanche en faveur d’une adoption rapide de ce plan de soutien a bénéficié aux marchés boursiers : le S&P 500 a enchaîné les séances de clôture à la hausse, avec une performance de +5,16% du 6 au 12 octobre. Ainsi, les deux partis politiques sont d’accord sur certains sujets tels que la nécessité de verser des aides aux ménages, de mettre en place des prêts pour les petites entreprises, et de soutenir les compagnies aériennes. Cependant, les Républicains s’opposent toujours au soutien des collectivités locales les plus sévèrement touchées dont une majorité est gouvernée par des Démocrates. En estimant le montant nécessaire à 2 200 Mds$, les Démocrates du Congrès ont rejeté une enveloppe de 1 800 Mds$ avancée par la Maison Blanche, continuant de juger insuffisantes les mesures proposées par le pouvoir exécutif. Ces divergences de position ont amenuisé de jour en jour la probabilité d’un accord avant le 3 novembre, début des élections américaines. Par ailleurs, l’incertitude portant sur la date exacte de fin de ces négociations et la mise en œuvre de ces mesures de soutien pèsent de plus en plus sur l’aversion au risque des investisseurs. Une baisse généralisée des performances dans les différents secteurs d’activité Figure 2 : Les performances sectorielles sur le mois d’octobre                  Source : Associés en Finance Les performances négatives du marché se reflètent sur l’ensemble des secteurs de l’économie. Les Editeurs Logiciels et Jeux et les Services Informatiques font partie des segments les plus touchés, avec une baisse respective de -27,2% et -11,4%. La quasi-totalité des sociétés de ces secteurs ont vu leur performance chuter, dont SAP (-31,09%), Sopra Group (-24,78%), Capgemini (-9,67%) et Dassault Systèmes (-8,26%). Le secteur de la Chimie présente également une rentabilité négative marquée en diminuant de -9,2% : Bayer chute de -24,29%, tandis que la performance de BASF est de -9,45%. Seuls les secteurs des Minerais / Métaux / Acier (+1,4%), de l’Aéronautique / Défense (+1,7%) et des Banques d’investissement (+3,4%) affichent des rentabilités positives. Ils sont portés par quelques valeurs phares telles que Voestalpine (+6,00%), Safran (+7,20%) ou encore Deutsche Bank (+9,89%). L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année   Figure 3 : Secteur Produits de Base   Figure 4 : Secteur Industrie   Figure 5 : Secteur Biens de Consommation   Figure 6 : Secteur Services   Figure 7 : Secteur Infrastructures   Figure 8 : Secteur Finance  Source : Associés en Finance Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 31/10/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérées de chaque secteur d’activité depuis fin octobre 2019. La prime de marché passe au-dessus des 10%   Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin octobre avant certains ajustements de flux Face à la dégradation de la situation sanitaire en Europe, la prime de marché augmente ce mois-ci, passant de 9,52% en septembre à 10,11% en octobre (avec une baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).   Figure 10 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin octobre avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 septembre 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 septembre 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Les marchés européens et américains sont témoins d’une nouvelle chute de leur performance en septembre Ce mois-ci, la dynamique de redressement des marchés amorcée en avril prend fin. Dans un contexte économique difficile, marqué par la résurgence du virus, l’ensemble des marchés actions européens présentent des performances négatives : -2,4% pour l’Euro Stoxx 50, -1,9% pour l’Euro Stoxx, -2,9% pour le CAC 40 et -1,4% pour le DAX. Les marchés américains sont entraînés par le décrochage des actions technologiques en début de mois et subissent, eux aussi, un revirement de tendance : -3,9% pour le S&P 500 et -5,2% pour l’indice technologique du Nasdaq. Sur le marché des changes, l’euro est en baisse face au dollar à 1,17 USD. Les craintes des investisseurs sont alimentées par une résurgence de la pandémie en Europe (seconde vague), un durcissement des mesures sanitaires et des doutes sur la solidité de la reprise économique. Ce climat entraîne une forte volatilité des marchés. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 26,3% et 27,8%, soit 12% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 26,1% et 26,4%). Les craintes autour de la crise sanitaire se poursuivent L’économie mondiale continue de subir les effets de la crise sanitaire alimentée par la propagation du coronavirus. Dès mi-septembre, les risques liés à une résurgence du virus pèsent sur les marchés financiers. L’espoir porté par les recherches de vaccins est assombri par l’avertissement de l’Organisation Mondiale de la Santé sur une seconde vague européenne, ainsi que la mise en place de nouvelles mesures restrictives qui interviennent lors de la deuxième quinzaine du mois. Le 22 septembre, Boris Johnson annonce un couvre-feu pour les pubs et recommande le télétravail. Quelques jours après, le gouvernement français présente de nouvelles restrictions pour les bars, salles de sport, etc. dans les métropoles jugées à risque tandis que l’Espagne décide à son tour d’interdire les rassemblements de plus de six personnes dans la région madrilène. L’arrivée de ces mesures fait craindre un reconfinement général, alors que les conséquences du précédent confinement pèsent sur l’économie. Dans une telle conjoncture, le CAC 40 connaît sa pire semaine en trois mois en présentant une baisse de -5% de sa performance entre le 21 et 25 septembre. Un bilan économique mitigé L’activité économique mondiale continue de pâtir des conséquences de la crise sanitaire dans un contexte de reprise qui ralentit. Tout au long du mois, les marchés ont subi une batterie d’indicateurs économiques tantôt encourageants tantôt décevants. Avec une accélération de la production industrielle en Chine (+5,6% sur un an en août) et un indice Empire State d’activité manufacturière au-dessus des attentes, les indicateurs d’une reprise économique sont bien présents. De telles publications sont favorablement accueillies par les investisseurs. Toutefois, les marchés interprètent la hausse surprise en fin de mois des inscriptions au chômage aux États-Unis comme un signe du ralentissement de cette reprise. Par ailleurs, les bonnes nouvelles sont contrebalancées par une tendance déflationniste en zone euro, avec des prix qui affichent une baisse de -0,2% en août. Durant sa réunion du 10 septembre, la Banque Centrale Européenne confirme cette tendance en prévoyant une inflation négative jusqu’en début 2021. Christine Lagarde affirme également le point d’attention porté sur l’appréciation de l’euro sur le marché des changes. En effet, le premier jour du mois est marqué par la faiblesse du dollar, qui voit l’euro passer pour la première fois depuis un an au-dessus de la barre des 1,20 dollar. Cette tendance s’inverse le lendemain avec un relâchement de la monnaie unique qui bénéficie à la performance des bourses européennes : +1,9% pour le CAC 40 et +2,1% pour le DAX allemand. Cependant, ce relâchement est de courte durée et l’euro atteint un nouveau pic à 1,19 dollar en mi-septembre. Ces signaux mitigés favorisent un climat d’incertitude économique qui vient peser sur les performances des valeurs boursières et des marchés financiers. Des frictions politiques ajoutent de l’ombre au tableau Tandis que les tensions sino-américaines se poursuivent, le mois est marqué par les négociations britanniques avec l’Union Européenne au sujet de leur relation commerciale post‑Brexit qui reprennent. Le Royaume-Uni n’étant plus membre de l’UE, ces discussions portent sur un accord de libre-échange entre l’Angleterre et les 27 autres pays européens. Cet accord devrait prendre effet en 2021 dès lors que les Britanniques ne répondront plus de la réglementation européenne. Le Royaume-Uni et l’Union Européenne n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des sujets tels que la pêche ou encore les conditions de concurrence. Ces points de blocage pourraient entraîner un non‑accord entre les pays, qui verront alors leur relation régie par les règles de l’OMC. Le premier ministre britannique, dans un discours qui a attisé l’inquiétude des marchés, agite de nouveau cette possibilité de non-accord. De plus, un projet de loi sur le marché intérieur du Royaume-Uni est proposé le 9 septembre 2020, réservant au gouvernement britannique la possibilité de prendre des décisions unilatérales sur des sujets de commerce avec l’Irlande du Nord. Un tel projet remet en cause les engagements pris au moment du Brexit, en portant atteinte à l’accord de retrait signé avec l’UE. Cette dernière a annoncé laisser au Royaume-Uni jusqu’à la fin du mois pour retirer ce projet de loi. Ce regain de tensions fait renaître l’incertitude sur les relations futures entre les pays de l’Union Européenne et l’Angleterre et inquiète de nouveau les investisseurs. Des performances sectorielles hétérogènes Sur le mois de septembre, les performances varient d’un secteur à l’autre. Les Produits de Base sont pénalisés par le segment de l’Énergie (-12,9%), entraîné par la chute de Total (-11,78%) et de Royal Dutch Shell (-13,64%). La performance de la Chimie (-1,7%) est plus modérée où une hausse de +4,57% de DSM rattrape la baisse de -4,22% de Linde. Pour les Minerais/MétauxAcier (+0,3%), la chute d’Eramet (-24,26%) et de Thyssen-Krupp (‑28,42%) est compensée par la performance positive des autres sociétés du segment. Dans le secteur de l’Industrie, toutes les valeurs de l’Aéronautique/Défense (-10,3%) ont chuté durant le mois (-9,83% pour Airbus Group, -12,97% pour Safran …). Les Biens d’Equipement (+1,2%) et l’Électronique (-2,5%) ont connu des performances plus hétérogènes : Alstom (-8,83%) face à Kone Elevators (+4,48%), ainsi que Nokia (-17,74%) vs. Soitec (+10,11%). Du côté des Matériaux de Construction (+2,3%), seule la performance de Saint-Gobain, avec une hausse de +5,97%, est positive. L’Agro-Alimentaire et les Loisirs et Tourisme s’inscrivent dans la tendance baissière des marchés et voient leur rentabilité diminuer de respectivement -1,6% et -4,4% Ces segments sont toutefois marqués par les performances positives de Gruppo Campari (+8,46%) et Trigano (+23,76%). Le reste du secteur des Biens de Consommation est en augmentation : la Santé s’accroît de +2,0%, l’Automobile est en hausse de +2,4% et le Luxe affiche une performance de +3,8%. Ils sont portés par Merck (+9,59%), Daimler AG (+7,95%) et Kering (+10,30%). L’ensemble du secteur Financier est en chute : -7,9% pour l’Immobilier, -8,0% pour les Assurances, ‑10,0% pour les Banques d’Investissement et -12,5% pour les Banques. Ces baisses de rentabilité sont le reflet de mauvaises performances pour une très grande majorité des sociétés du secteur, dont notamment Klépierre (-13,09%), Allianz (-9,86%), Deutsche Bank (-10,40%) et BNP Paribas (-15,29%). Cette tendance à la baisse s’étend au secteur des Infrastructures, qui connaît également une diminution généralisée de ses performances : -1,5% pour les Utilities, -4,8% pour les Télécommunications et ‑7,6% pour les BTP et Concessions. A titre d’exemple, Vinci a connu une chute de -8,98%, tandis que Telefonica et Veolia Environnement ont respectivement baissé de -11,30% et -8,81%. Enfin, la Distribution (+1,8%) et les Médias (+1,3%) tirent leur épingle du jeu au sein du secteur des Services. Ils sont portés par des valeurs phares telles que Zalando (+9,24%), RTL Groupe (+20,85%) ou encore Lagardère (+27,08%). Tandis que les Services (-0,8%) et les Transports (-0,9%) stagnent, les Editeurs Logiciels et Jeux, ainsi que les Services Informatiques enregistrent une baisse respective de ‑2,7% et -4,6%. La hausse de +11,75% d’Ubisoft Entertainment ne suffit pas à compenser la performance de SAP (-3,82%). Il en est de même pour Alten (+11,49%) et Wordline (‑8,96%). L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année Figure 2 : Secteur Produits de Base   Figure 3 : Secteur Industrie   Figure 4 : Secteur Biens de Consommation   Figure 5 : Secteur Services   Figure 6 : Secteur Infrastructures   Figure 7 : Secteur Finance  Source : Associés en Finance Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 30/09/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérées de chaque secteur d’activité depuis fin septembre 2019. Hausse de la prime de marché   Figure 8 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin septembre avant certains ajustements de flux Alors que l’économie se remet à peine des répercussions de la première vague de la pandémie mondiale, les marchés craignent une résurgence du virus et un retour à des mesures plus drastiques de confinement. La prime de marché est de nouveau en hausse, passant de 9,23% en août à 9,52% en septembre (avec une baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).   Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en FinanceNote : Niveau de prime instantané à fin septembre avant certains ajustements de flux
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    Club de Gestion Financière

    Patrick ARTUS, Chief Economist, Natixis « Politique monétaire, fondamentaux et marché d’actions :sommes-nous dans le monde d’après ? » Ce jeudi 10 septembre 2020, Patrick Artus, Chef économiste, membre du comité exécutif de Natixis et co-auteur du livre L'économie post-Covid : Les huit ruptures qui nous feront sortir de la crise, a animé une visio-conférence autour des problématiques économiques et financières provoquées par la crise sanitaire qui traverse le monde depuis le premier semestre 2020. Patrick Artus a débuté son intervention en s’arrêtant sur le profil de croissance à venir des pays depuis la chute brutale de leur PIB. Ce profil est assimilé au symbole de la « racine carré », traduisant une forte reprise à court terme, sous forme de « V », suivie d’une croissance plus modérée à moyen terme. La dégradation de facteurs structurels, tels que l’investissement des entreprises ou encore l’attribution de crédits, compromet la croissance potentielle des pays les plus sévèrement touchés. Puis, M. Artus a analysé la réaction des différents acteurs économiques face à une telle rupture de l’activité. Il a notamment évoqué la réactivité pertinente des états qui n’ont pas hésité à creuser leur déficit public pour venir en aide aux ménages et aux entreprises en difficulté. Celles-ci ont d’ailleurs subi de plein fouet cette crise sanitaire avec une baisse généralisée des volumes d’activité et des niveaux de profitabilité. Néanmoins, cette situation ne devrait être que temporaire et les firmes devraient retrouver, selon M. Artus, leur profitabilité d’avant crise dès 2021. En effet, ces dernières possèdent la capacité de répercuter les chocs subis autant sur le partage de la valeur ajoutée en freinant l’augmentation des salaires que sur les prix pour restaurer leurs marges. Patrick Artus a commenté le rôle primordial des banques centrales et des effets désinhibiteurs de cette crise sur les dogmes de la politique monétaire. Ce sont ces mêmes politiques expansionnistes qui ont rendu possible de tels déficits des états en permettant une monétisation de la dette publique. Ainsi, les banques centrales appliquent, et selon toute vraisemblance appliqueront pendant plusieurs années encore, des taux d’intérêt très faibles et des mesures de Quantitative Easing en masse. Par ailleurs, M. Artus est revenu sur l’annonce de la Réserve Fédérale qui, sous le motif que le plein-emploi n’entraîne plus nécessairement d’inflation, modifie ses objectifs en se concentrant sur une moyenne dans le temps long plutôt que sur un chiffre-cible d’inflation. En d’autres termes, pour rattraper la période actuelle de quasi-déflation, la FED pourrait laisser filer ce taux au‑delà des 2% sans correction immédiate. Cependant, une telle quantité de liquidité injectée par les banques centrales ne reste pas sans conséquences sur les marchés financiers, a alerté Patrick Artus, qui prévoit une hausse du prix des actifs dès lors que la généralisation d’un vaccin mettra un terme à l’incertitude des investisseurs. Cela engendrera alors une décorrélation entre l’économie réelle dont la croissance sera modérée et les prix des actifs qui, eux, risquent de s’envoler. Avec moins d’aversion au risque et beaucoup de liquidités, des bulles pourraient se former. Ainsi, de tels mesures de politique monétaire se paient au prix d’une instabilité financière. M. Artus a également évoqué la rupture de l’équilibre international sur le maché des changes. Le dollar américain est victime d’une défiance naissante au vu d’un climat d’incertitude politique et d’un déficit public qui a plus que doublé en ces temps de crise. Cette défiance s’est faite au profit d’un euro qui bénéficie, en termes de perception auprès des marchés financiers, du plan de relance européen. Il y a également eu une appréciation de certaines monnaies de pays émergents qui, malgré la baisse du prix des matières premières et l’arrêt du tourisme, voient de nouveau affluer des flux de capitaux. Enfin, en réponse à une question posée en début de conférence : « Sommes-nous déjà dans le monde de demain ? », Patrick Artus a dépeint sa vision du monde post-Covid : C’est, selon lui, un monde qui subira de profondes mutations sectorielles, dues aux changements des habitudes des consommateurs et du mode de fonctionnement des entreprises. C’est un monde où la grande quantité de liquidités dérèglera l’effet des fondamentaux économiques sur les actifs, avec des décorrélations d’ores et déjà observables (entre le spread de crédit et le taux de faillite des entreprises par exemple). C’est un monde où des tensions sociales pourraient naître de la déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires et au profit des capitaux, notamment financiers. Enfin, c’est un monde où les modèles économiques classiques ne fonctionneront plus.
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Source : Associés en Finance En août, les marchés européens se sont redressés et accompagnent les indices américains dans leur dynamique de croissance Après un mois de juillet assombri par la publication de nombreux résultats d’entreprise, les marchés actions européens se redressent à nouveau et présentent en août des performances positives : +3,1% pour l’EuroStoxx 50, +3,4% pour l’EuroStoxx, +3,4% pour le CAC 40 et +5,1% pour le DAX. Du côté des marchés américains, le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq continuent leur bonne dynamique, renforçant la dynamique de croissance entamée en avril dernier. Ils présentent une hausse respective de +7,0% et +9,6%. Wall Street est notamment porté par Apple, dont la capitalisation boursière dépasse les 2 000 Mds$. Sur le marché des changes, l’euro est en légère hausse face au dollar à 1,20 USD. Malgré le retour des restrictions de circulation en Europe et les négociations difficiles au sujet du plan de relance américain, la volatilité sur les marchés actions poursuit son retour progressif à la normale. Les investisseurs ont été rassurés par quelques indicateurs économiques encourageants, l’espoir d’un vaccin contre le coronavirus et le soutien des banques centrales. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 23,9% et 22,9%, soit 10% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 26,7% et 26,4%). La crise sanitaire et ses conséquences économiques continuent à peser sur la bourse parisienne Dès la mi-août, les craintes liées au coronavirus ressurgissent, alimentées par une mesure britannique imposant la quarantaine aux voyageurs arrivant de France et des Pays-Bas. Les restrictions de circulation se multiplient en Europe et les mesures sanitaires se renforcent. Par ailleurs, l’économie continue de faire face aux conséquences de la crise systémique mondiale causée par le coronavirus. En France, le PIB chute de -13,8% au deuxième trimestre et l’inflation ralentit à +0,2% sur un an en août (contre +0,8% en juillet). Le 14 août, la publication d’indicateurs économiques chinois déçoit les investisseurs en présentant un affaissement du commerce de détail en juillet et une production industrielle en‑deçà des attentes. Cela se traduit par une baisse des marchés européens sur la seconde quinzaine d’août, avec un CAC 40 qui clôture le mois en dessous de la barre symbolique des 5 000 points. Cependant, l’activité redémarre progressivement dans un contexte de reprise perçu positivement Après de nombreux mois de difficultés, les différentes puissances économiques mondiales commencent à présenter des signes encourageants de redressement. Au début du mois, les indices manufacturiers de la zone-euro, de la Chine et des Etats-Unis ont été favorablement accueillis par les investisseurs. L’ISM manufacturier américain qui s’élève à 54,2 n’a pas été aussi haut depuis près d’un an et demi. Ces indices reflètent une meilleure reprise que prévu de l’activité économique. Le 12 août, l’office européen des statistiques, Eurostat, confirme cette reprise en précisant une hausse mensuelle de la production industrielle dans l’Union Européenne de +9,1% entre mai et juin 2020. Porté par un regain d’optimisme sur les marchés, l’indice du CAC 40 progresse de +2,2% sur la première semaine d’août. Par ailleurs, en début de mois, les cours du pétrole récupèrent les dommages créés par la guerre des prix déclenchée en mars entre l’Arabie Saoudite et la Russie et atteignent à nouveau les niveaux d’avant cette crise. Toutefois, le coronavirus et la tempête tropicale subie fin août par la côte atlantique américaine (entraînant de nombreuses coupures de courant) continuent à affecter le prix de l’or noir.   Les tensions sino-américaines se renforcent, sur fond d’application musicale Tandis que l’application TikTok, à la recherche d’un acquéreur, est sous le feu des projecteurs médiatiques, Donald Trump menace d’interdire son utilisation sur le territoire américain. ByteDance, sa maison-mère basée à Pékin, est accusée par le président de « capturer automatiquement de larges pans d’information sur ses utilisateurs ». L’application est alors considérée comme un outil d’espionnage pour les services de renseignement chinois par Washington. Le 7 août, Donald Trump met ses menaces à exécution en interdisant le téléchargement aux Etats-Unis de TikTok, ainsi que de WeChat, une application chinoise de messagerie instantanée. De son côté, la Chine souhaite entraver toute vente de TikTok à une entreprise américaine, alors que l’application intéresse beaucoup de candidats dont les géants Microsoft et Walmart. Ces mesures s’inscrivent dans un conflit structurel à multiples facettes qui oppose les Etats-Unis à la Chine et qui revêt de plus en plus des allures de guerre froide. Jusqu’à présent, les deux puissances mondiales s’attaquent à travers des politiques commerciales et douanières offensives, ainsi que des décisions diplomatiques controversées. Ces tensions sont ainsi utilisées comme arme politique par les dirigeants respectifs des deux pays. Un plan de relance économique qui se fait attendre aux Etats-Unis Dès le début du mois d’août, les investisseurs sont attentifs aux négociations du Congrès sur le plan de relance américain. Un accord offrant du soutien aux entreprises en difficulté, aux collectivités territoriales et aux individus en situation de chômage est attendu. Cependant, les républicains et les démocrates peinent à se mettre d’accord. Le 10 août, Donald Trump prend les devants avec une série de mesures introduites par décret, dont des allocations pour le chômage et des reports de remboursements de prêts. Même si la majorité des décisions budgétaires doivent être validées par le Congrès, cette initiative a été bien accueillie par les marchés. Ce regain d’optimisme chez les investisseurs a été démontré par l’enquête mensuelle de l’institut ZEW. Le lendemain de cette annonce, le CAC 40 enregistre une hausse de +2,4%. Le soutien de la Banque Centrale Américaine se poursuit Suite à la réunion du FOMC (Comité Fédéral d’Open Market) du 19 août, la Réserve Fédérale évoque l’incertitude pesant sur l’évolution de la pandémie et l’adoption d’un plan de relance économique aux Etats‑Unis. Dans ce contexte instable, la Banque Centrale affirme la continuité de son soutien à l’économie américaine afin de lui permettre de faire front aux conséquences de la crise sanitaire. En mars, la Fed avait réduit ses taux à zéro, tout en inondant le marché de liquidités. Les marchés ont particulièrement attendu la rencontre des banquiers centraux du 27 août à Jackson Hole, qui a donné suite à une prise de parole de Jerome Powell. Ainsi, tout en confirmant le maintien de sa politique monétaire conciliante, la Réserve Fédérale annonce une plus grande flexibilité en termes d’inflation en fixant ses objectifs à une moyenne sur une période plutôt qu’à un chiffre-cible. Cela permettra de compenser, pendant la reprise de croissance, les niveaux actuels d’inflation qui sont très bas. Ainsi, la Banque Centrale Américaine place le curseur du côté de l’emploi plutôt que de l’inflation, avec des taux d’intérêt qui pourraient rester faibles à plus long terme. Un redressement généralisé des performances pour l’ensemble des secteurs d’activité Le mois d’août est marqué par des performances positives pour la quasi-totalité des secteurs d’activité, en contraste avec un mois de juillet plus sinistre. Le secteur des Produits de Base est globalement en croissance, notamment les Minerais/Métaux/Acier (+5,8%) qui sont portés par Arcelor Mittal (+13,51%) et Voestalpine (+11,02%). La Chimie (+2,6%) et l’Energie (+1,9%) affichent, quant à eux, des hausses plus modérées. Leur croissance a été freinée par quelques performances négatives telles qu’Air Liquide (‑0,39%), Exxon Mobil (-6,07%) et Royal Dutch Shell (-1,64%). Dans le secteur de l’Industrie, les valeurs Aéronautique/Défense (+9,1%) et Matériaux de Construction (+10,3%) ont particulièrement bénéficié de la reprise d’activité et présentent tous des rentabilités mensuelles positives. Airbus Group et Saint Gobain, avec une hausse respective de +11,01% et +9,02%, en font partie. Du côté des Biens d’équipement (+6,1%) et de l’Electronique (+3,5%), les performances intra-sectorielles sont plus hétérogènes : la diminution d’Alstom (-1,25%) contrebalance la hausse de Kone Elevators (+6,84%), tandis que la forte baisse de Philips (-9,69%) s’oppose à la croissance soutenue d’Infineon (+9,61%). En ce qui concerne le secteur des Biens de Consommation, les niveaux de rentabilité diffèrent d’un segment d’activité à l’autre. L’Agro‑alimentaire et la Santé ne suivent pas la dynamique de croissance des marchés européens et décroissent de respectivement -2,1% et -2,3%, entraînés par plusieurs mauvaises performances dont Danone (-2,55%), Heineken (‑5,69%), bioMérieux (-7,64%) et Fresenius SE (‑8,21%). L’Automobile et les Loisirs et Tourisme affichent une importante croissance de respectivement +10,6% et +17,4%, portée par Renault (+18,87%) et Daimler (+14,02%) d’un côté, Accor (+21,19%) et TUI (+15,09%) de l’autre. Quant au Luxe, il croît à +6,3%, entraîné par les performances encourageantes de Kering (+6,82%) et LVMH (+7,10%). A l’exception de l’Immobilier (-2,8%) où la hausse de Gecina (+5,21%) ne compense pas la chute d’Unibail-Rodamco-Westfield (-12,04%), le reste du secteur Financier affiche également des performances positives. La rentabilité d’ING (+15,40%) et de Natixis (+12,17%) expliquent en partie la croissance connue par les segments Banques (+5.5%) et Banques d’Investissement (+5,8%). Les valeurs CNP Assurances (+10,11%) et Sampo (+9,98%) bénéficient, quant à elles, au segment des Assurances qui exprime une hausse de +3,9%. Les performances du secteur des Infrastructures sont plus mitigées : (i) le BTP et Concessions (+6,5%) profite d’une conjoncture économique en redressement avec, comme exemple, la hausse de +7,94% pour Vinci et de +7,91% pour Ferrovial ; (ii) un segment Télécommunications plus stable présentant une légère hausse de +0,4% avec Deutsche Telekom qui augmente de +4,13% et Orange qui baisse de -5,87% ; (iii) une légère diminution des Utilities (-0,4%) où la hausse d’Engie (+3,23%) est plombée par la performance d’Iberdrola (-3,39%). Enfin, l’ensemble du secteur des Services s’inscrit dans la tendance haussière du mois, et notamment avec le redressement des Transports qui croît de +11,8%. Deutsche Post et Ryanair affichent une hausse respective de +11,27% et +14,71%. Seuls les Editeurs de Logiciels et Jeux (+2,9%) présentent une croissance plus modérée, obscurcie principalement par Ubisoft Entertainment (-2,57%). Le reste du secteur gagne respectivement +4,9% pour la Distribution, +5,2% pour les Médias, +6,1% pour les Services et +4,6% pour les Services informatiques. Les valeurs de ces segments aux performances les plus marquantes sont : Zalando avec une hausse de +19,43%, Lagardère avec une croissance de +29,34%, Amadeus IT avec une rentabilité de +10,74%, ainsi qu’Alten augmentant de +9,74%. L’évolution de la rentabilité des secteurs d’activité sur une année   Figure 2 : Secteur Produits de Base   Figure 3 : Secteur Industrie   Figure 4 : Secteur Biens de Consommation   Figure 5 : Secteur Services   Figure 6 : Secteur Infrastructures   Figure 7 : Secteur Finance  Source : Associés en Finance Note : Ces niveaux de performance sont rebasés au 31/08/2019 et présentent l’évolution des rentabilités pondérés de chaque secteur d’activité depuis fin août 2019. Légère baisse de la prime de marché   Figure 8 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin juillet avant certains ajustements de flux Les conséquences de la crise sanitaire se poursuivent et se ressentent sur les marchés, qui se laissent toutefois porter par quelques bonnes nouvelles économiques et un retour du cours du pétrole à son niveau précédant la guerre des prix entre l’Arabie Saoudite et la Russie. La prime de marché poursuit sa tendance baissière pour atteindre un niveau de 9,23% en août, contre 9,81% en juillet (avec une hausse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen).   Figure 9 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin juillet avant certains ajustements de flux
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 juillet 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens sont à nouveau en baisse après le rebond du second trimestre 2020, tandis que les marchés américains poursuivent leur dynamique de croissance Après un second trimestre ayant connu un rebond prometteur, les marchés actions européens ont subi une nouvelle baisse liée aux craintes d’une seconde vague du virus Covid-19 et aux effets de la crise sanitaire. Les principaux indices européens affichent des performances négatives, à l’exception de la bourse de Francfort : -1,8% pour l’EuroStoxx 50, -1,1% pour l’EuroStoxx, -3,1% pour le CAC 40, et +0,0% pour le DAX. Les marchés actions américains, quant à eux, affichent une meilleure résilience et poursuivent leur progression du mois de juin. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq sont respectivement en hausse de +5,5% et +6,8%. Sur le marché des changes, l’euro est en hausse face au dollar à 1,18 USD. L’incertitude sur la résurgence du Covid-19 et la hausse des cas de contamination aux Etats-Unis sont contrebalancées par des avancées encourageantes dans la recherche du vaccin et l’optimisme lié au plan de relance européen. La baisse de volatilité sur les marchés actions depuis l’apogée de la crise sanitaire se poursuit. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 26,8% et 26,9%, soit environ 13% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 26,7% et 24,5%). La Bourse de Paris change de tendance et réagit aux conséquences de la crise sanitaire Le CAC 40 commence le mois de juillet par une légère baisse. En effet, le mouvement haussier des mois précédents est assombri par l’inquiétude d’une seconde vague européenne de contaminations et une hausse du nombre de cas atteints du Covid-19 aux Etats-Unis (2,6 millions personnes et plus de 127 000 morts). La bourse de Paris clôture la fin de la première semaine sur une note plus positive, réagissant favorablement aux chiffres de l’emploi américain et une baisse encourageante du chômage. L’indice parisien affiche une hausse de +1,99%. Cette dynamique se poursuit sur la séance du lundi 6 juillet, malgré l’augmentation du nombre de cas atteints du coronavirus. Le mardi 7 juillet, la Commission européenne a choisi de revoir ses prévisions initiales à la baisse en annonçant une récession plus violente que prévue (chute de -8,7% du PIB de la zone euro). La journée est ainsi marquée par un repli de l’ensemble des indices européens (avec un recul de ‑0,74% pour le CAC 40). Ce mouvement baissier se poursuit sur les deux séances suivantes, entretenu par une remontée du taux de contamination dans le monde, notamment aux Etats-Unis avec 60 000 nouveaux cas en 24 heures. Sur la seconde semaine du mois de juillet, le CAC 40 présente une baisse de -0,73%. Néanmoins, la hausse amorcée en fin de semaine se poursuit le lundi 13 juillet, porté par les avancées prometteuses du vaccin contre le virus Covid-19, l’indice parisien clôture à +1,73%. Durant la semaine, les variations des marchés financiers et notamment du CAC 40 sont assez hétérogènes. D’un côté, les avancées médicales portant sur le vaccin contre le coronavirus et la visibilité sur le début des essais cliniques en conditions réelles influencent fortement à la hausse les séances. De l’autre côté, la sortie des premiers résultats d’entreprises américaines, les tensions entre la Chine et les Etats-Unis et la reprise des mesures de confinement dans certains pays européens inquiètent les marchés. A partir du 20 juillet, toute l’attention des marchés financiers est portée sur la conclusion de l’accord du plan de relance européen pour un soutien massif à l’économie. Cette annonce a été très bien accueillie à Francfort avec une appréciation du DAX de +0,96% lui permettant de dépasser son niveau d’avant crise. Cependant, dès le mercredi 22 juillet, les marchés actions européens se sont retournés et ont souffert de la montée en intensité des tensions sino-américaines avec la fermeture controversée d’un consulat chinois par Donald Trump entrainant des représailles de Pékin. L’inquiétude de la propagation du coronavirus et son impact sur l’économie ont de nouveau gagné la bourse de Paris en fin de mois. Le CAC 40 perd -0,34%, poursuivant la tendance baissière des dernières semaines. Aux conséquences de la crise sanitaire, notamment sur le secteur des transports et des loisirs, s’ajoutent un euro qui s’envole face à un dollar en chute. La Bourse de Paris clôture le mois sous les 4.800 points. Les mauvaises nouvelles se sont accumulées avec la publication des PIB nationaux faisant ressortir des niveaux historiques de récession, ainsi que l’annonce des résultats d’entreprises décevants. La baisse des marchés actions est globalisée sur la majorité des secteurs d’activités Le mois de juillet est en rupture avec la tendance haussière initiée en avril sur la plupart des secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base connaît des performances hétérogènes (i) l’Energie chute de -10,2% suite aux mauvaises performances de Royal Dutch Shell (-11,88%) et Total (-7,87%) ; (ii) les Minerais/Métaux/Acier présentent une baisse plus modérée de -1,1% portés par quelques valeurs haussières telles que ThyssenKrupp (+4,05%) ; et (iii) la Chimie gagne +1,3%, marquée par Air Liquide (+8,72%), Linde (+9,83%) qui compensent la chute de Bayer (-14,52%). A l’exception des Biens d’équipement (+2,3%) portés la forte croissance des rentabilités de Kone Elevators (+9,83%) et d’Alstom (+14,05%), le secteur Industrie affiche des performances négatives. L’Aéronautique/Défense connaît une baisse de -3,1%, notamment due à Thales (-14,64%) et Airbus Group (-2,38%), et ce malgré une valeur de Safran stable à +0,25%. Les performances intra-sectorielles de l’Electronique (-2,0%) et des Matériaux de construction (-1,5%) sont variées : la baisse d’ASML (‑8,32%) et de Saint-Gobain est contrastée par la croissance de Siemens (+3,40%). Le secteur Biens de Consommation est tiré vers le bas par les segments Loisirs et tourisme et Luxe qui chutent respectivement de ‑13,3% et -5,1%. Ils sont marqués par les performances négatives de TUI (-23,38%), de NH Hotel Group (-23,01%) et de d’Accor (-12,27%), ainsi que de LVMH (-6,08%) et Hermès (-7,74%). Malgré la baisse globale de l’Automobile (-3,2%), la hausse de +3,47% de Daimler compense légèrement la diminution des autres valeurs, dont VW (-7,37%) et BMW (-3,73%). L’Agro-alimentaire et la Santé diminuent respectivement de -1,0% et -0,3%, résultant de performances très contrastées entre les sociétés : Danone (-8,15%) vs. Pernod Ricard (+4,25%) et Sanofi (-2,32%) vs. Merck (+4,60%). L’ensemble des segments du secteur Financier s’inscrit dans la tendance baissière connue par les marchés actions européens. Les Banques d’Investissement (-7,5%), les Banques (-6,7%) et l’Immobilier (‑7,2%) ont été les plus touchés, plombés par les performances de Grupo Santander (‑16,83%), Deutsche Bank (-10,31%), Natixis (-11,61%) et Klépierre (-17,73%). Les Assurances suivent de près avec une baisse de -4,4%, qui s’explique par les mauvaises performances d’AXA (-9,39%) et d’Allianz (-3,05%). Dans le secteur Infrastructures, les Utilities gagnent +2,4%, tandis que le BTP et Concessions (-10,0%) et les Télécommunications (-6,3%) reculent. De nombreuses valeurs tirent les performances du secteur vers le bas, dont Vinci (-11,22%), Ferrovial (-12,49%) et Deutsche Telekom (-5,22%), tandis que la hausse du premier segment est portée en partie par Engie (+2,64%) et Iberdrola (+5,81%). Les performances du secteur Services sont plus contrastées : les Editeurs Logiciels et Jeux surpassent le marché avec une hausse de +6,3% portée par SAP (+7,61%). Ce segment est accompagné par la croissance plus modérée des Services informatiques (+1,5%) et des Transports (+1,6%), qui résulte de valeurs hétérogènes : Capgemini (+7,41%) compense la baisse de Worldline (-5,66%) et Deutsche Post (+5,25%) contraste avec la baisse de Ryanair (-1,13%). Par ailleurs, les Médias chutent de -6,0%, avec notamment Relx (-12,82%) et Vivendi (-1,93%). La Distribution (-1,9%) et les Services (-0,5%) clôturent également à la baisse, s’expliquant par la baisse de certaines valeurs, dont Amadeus IT (-8,57%) et Zalando (-2,45%). Teleperformance (+9,47%) et Edenred (+8,22%) font partie des rares valeurs du secteur à présenter une très bonne performance. La prime de marché en légère hausse Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance - Note : Niveau de prime instantané à fin juillet avant certains ajustements de flux En juillet, les avancées médicales et la reprise de l’activité sont contrastées par la reprise des mesures de confinement dans certains pays, l’incertitude face à une seconde vague et la publication de résultats décevants des entreprises. Face aux conséquences de la crise sanitaire, la prime de marché repart à la hausse pour atteindre un niveau de 9,81% en juillet, contre 9,56% en juin (avec une légère baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 3 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance - Note : Niveau de prime instantané à fin juillet avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 juin 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 juin 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains poursuivent leur rebond suite à la reprise progressive de l’activité et aux soutiens répétés des banques centrales et des gouvernements. Les marchés actions maintiennent la dynamique haussière initiée en avril et poursuivie au mois de mai. Les principaux indices européens continuent leur remontée et affichent des performances positives pour le mois de juin : +6,0% pour l’EuroStoxx 50, +4,6% pour l’EuroStoxx, +5,1% pour le CAC 40, et +6,2% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq progressent, eux aussi, respectivement de +1,8% et de +6,0%. Sur le marché des changes, l’euro est en légère hausse face au dollar à 1,13 USD. La reprise graduelle de l’activité économique et le soutien apporté par les banques centrales est à mettre au regard de la multiplication des nouveaux cas de contamination aux Etats-Unis et de la guerre commerciale sino-américaine qui ont provoqué une légère hausse de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 33,0% et 31,1%, soit environ 20% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 30,4% et 31,7%). Les marchés actions conservent la dynamique croissante du mois de mai Le mouvement haussier initié à la fin du mois de mai s’est poursuivi et amplifié dès le début du mois de juin. Dans un contexte de levée progressive du confinement en Europe, le CAC 40 a pris 1,4% à la clôture du 1er juin, dopé par le regain de confiance des investisseurs. Les séances qui ont suivi durant le reste de la semaine ont été toutes aussi dynamiques. Elles ont permis à l’indice parisien de signer sa meilleure performance hebdomadaire depuis décembre 2011 (+10,7%), franchissant de nouveau le seuil des 5 000 points le 3 juin. Cette tendance à la hausse sur fond d’un espoir de reprise économique rapide a été alimentée par plusieurs nouvelles encourageantes : (i) l’amélioration de l’indice des directeurs d’achat pour le secteur manufacturier en Chine, (ii) la poursuite des plans de relance sectoriels nationaux (environ 40 Mds€) ou encore (iii) l’annonce de la BCE d’augmenter l’enveloppe de son programme d’achat d’urgence en cas de pandémie (PEPP) de 600 Mds€. Cependant, après l’euphorie de cette première semaine, le CAC 40 a enchainé dès la semaine suivante avec quatre séances de baisses successives. L’escalade des manifestations aux Etats-Unis est venue cristalliser l’optimisme des investisseurs déjà fragilisé par les annonces de baisse de la production industrielle en Allemagne et la nouvelle dégradation des prévisions de croissance de la Banque Mondiale. Celle-ci prévoit désormais un repli de 5,2% de l’économie mondiale en 2020. La séance du 11 juin est celle qui a connu le recul le plus marqué (-4,7%) et s’inscrit pour les bourses européennes comme la pire séance depuis deux mois et demi (Londres a perdu -3,7% et Francfort -4,5%). Suite à une réunion de la Fed, Jérôme Powell s’est montré inquiet et a estimé que l’économie américaine devrait subir cette année une contraction de -6,5% de son activité, accompagnée d’un taux de chômage durablement élevé. Signe de nervosité des investisseurs, la VIX a franchi le seuil des 30 points en séance. Après une semaine de doute sur l’intensité de la reprise économique, un vent d’optimisme a soufflé sur le CAC 40 lors de la séance du 16 juin (+2,8%), suite à la publication d’indicateurs américains meilleurs que prévus et grâce au soutien sans faille des banques centrales. L’annonce de la décision de Pékin de relever le niveau d’urgence épidémique de 3 à 2 n’est pas venu altérer l’optimisme des investisseurs ce jour-là. A la clôture du vendredi 19 juin, l’indice parisien avait pris +2,9% sur la semaine écoulée. Les nouvelles injections de liquidité des banques centrales ont permis de soutenir cette tendance haussière, notamment la Banque d’Angleterre qui a pris la décision d’accroitre de 100 Mds€ son enveloppe destinée au rachat d’actifs (soit 745 milliards au total). Cette annonce intervient alors que le Bureau National des Statistiques du Royaume-Uni a estimé à 600 000 le nombre de Britanniques ayant perdu leur emploi salarié depuis le début de la crise sanitaire. Une information Bloomberg qui évoque l’intention de la Chine d’accélérer ses achats de produits agricoles américains est venue rassurer encore davantage les marchés malgré les menaces persistantes d’une reprise de l’épidémie aux Etats-Unis. Durant la semaine du 22 juin, le CAC 40 a continué d’osciller sous les effets d’annonces qui se sont succédées. D’un côté, des nouvelles peu rassurantes sont venues refroidir les marchés actions : (i) le taux de contamination a bondi en Allemagne, (ii) le Président américain a annoncé vouloir taxer les importations européennes sur l’équivalent de 3,1 Mds$ de produits et (iii) le FMI s’est de nouveau montré pessimiste quant à l’ampleur des répercussions économiques de la crise et table sur un repli de -4,9% de l’économie mondiale en 2020. D’un autre côté, différents indicateurs économiques européens ont joué le rôle de catalyseur des soubresauts haussiers, à l’image de l’indice sur le climat des affaires en France qui a été dopé par la poursuite du plan de déconfinement. Bien que les deux dernières séances du mois de juin soient assez stables, le cap des 10 millions de personnes contaminées et des 500 000 morts a été franchi et la propagation du virus continue de menacer la reprise de l’activité. A la clôture du 30 juin, la Bourse de Paris extériorise un repli de -17,4% depuis le début de l’année. Le marché continue de se redresser, les secteurs poursuivent leur dynamique Le mois de juin est marqué par une croissance dans la plupart des secteurs d’activités, en continuité avec la tendance haussière initiée depuis avril. Le secteur des Produits de Base a connu des performances positives mais des niveaux de croissance hétérogènes : la Chimie et les Minerais/Métaux/Acier gagnent respectivement +5,1% et +5,0% portés par Air Liquide (+5,16%), Bayer (+8,35%) Arcelor Mittal (+8,89%) et ThyssenKrupp (+4,19%), alors que l’Energie a pris uniquement +1,1% suite aux hausses mesurées de Total (+1,04%) et Royal Dutch Shell (+1,52%). L’Industrie poursuit sur sa lancée et connait une croissance généralisée de sa rentabilité. En tête de file, l’Electronique et les Matériaux de Construction mènent la cadence avec des hausses de +9,2% et +8,2%, grâce à ASML (+11,59%), Ingenico (+14,33%), ou encore Saint-Gobain (+10,25%). Les secteurs de l’Aéronautique/Défense (7,6%) et des Biens d’Equipement (+7,4%) suivent le pas, soutenus en particulier par Airbus (+12,03%), Thales (+4,51%), Legrand (+10,31%), ou encore Schneider (+10,80%). Le secteur des Biens de Consommation clôture également dans le vert malgré des performances hétérogènes selon l’activité. L’Agro-alimentaire (+0,3%) et la Santé (+1,0%) sont en faible croissance, affectés par des performances intra-sectorielles contrastées : d’une part Heineken est en baisse de -0,51% tandis que Rémy Cointreau augmente de +13,48%. D’autre part bioMérieux est en repli (-5,27%) alors que Fresenius poursuit sa remontée (+2,13%). L’Automobile et le Luxe signent les meilleures performances et prennent respectivement +4,7% et +3,1%, notamment grâce à Daimler (+8,28%), Peugeot (+13,08%), LVMH (+4,13%), ou Kering (+3,12%). Le secteur Loisirs et Tourisme connaît cependant pour sa part une nette contraction (-6,1%) principalement plombée par Accor (-4,50%) et TUI (-13,48%). Le secteur Financier affiche pour sa part une croissance particulièrement marquée. Les Assurances (+10,3%), les Banques (+8,7%) et les Banques d’Investissement (+10,8%) ont été les secteurs les plus performants, dopés par les croissances de Allianz (+11,63%), BNP Paribas (+9,66%), Intesa San Paolo (+9,74%) ou encore Deutsche Bank (+12,39%). L’Immobilier progresse également (+3,3%) grâce aux performances dynamiques de Covivio (+22,51%) et Unibail-Rodamco-Westfield (+5,16%). Le secteur des Infrastructures connait des performances contrastées. Le BTP et Concessions recule de -1,9% tandis que les Télécommunications (+2,3%) et les Utilities (+5,3%) marquent le pas. Les performances fébriles du premier secteur sont tirées vers le bas notamment à cause de Ferrovial (-2,95%), Groupe ADP (-2,40%) ou Vinci (-1,25%). Les performances encourageantes des deux autres secteurs sont portées par Deutsche Telekom (+5,43%), Telia Sonera (+7,92%), Enel (+11,26%) et Iberdrola (+6,52%). Le secteur des Services progresse mais à deux vitesses. D’une part les Services Informatiques (+10,1%), les Editeurs Logiciels et Jeux (+8,1%) et les Transports (+8,1%) connaissent une cadence soutenue, portés notamment pat les croissances de Capgemini (+10,69%), SAP (+9,53%) ou Deutsche Post AG (+16,33%). D’autre part les Médias et les Services ne gagnent que +2,3% et +1,5%, tout de même tirés par Vivendi (+11,80%), Edenred (+3,59%) et Teleperformance (+6,01%).La prime de marché en légère baisse Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin juin avant certains ajustements de flux La reprise de l’activité économique a permis une embellie des marchés, cependant la résurgence des cas de contamination au Covid-19 aux Etats-Unis est venue altérer le regain de confiance des investisseurs. La baisse de la prime de marché a donc été limitée au mois de juin et ressort à un niveau de 9,56%, contre 9,74% en mai (avec une légère baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 3 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin juin avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 mai 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 mai 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains confirment leur rebond au mois de mai liée à l’essoufflement de l’épidémie et aux promesses de reprise de l’activité Les marchés actions continuent sur leur lancée après le redressement opéré au mois d’avril. Les principaux indices européens poursuivent leur remontée et affichent des performances positives pour le mois de mai : +4,2% pour l’EuroStoxx 50, +4,7% pour l’EuroStoxx, +2,7% pour le CAC 40, et +6,7% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq progressent, eux aussi, respectivement de +4,5% et de +6,8%. Sur le marché des changes, l’euro est en légère hausse face au dollar à 1,11 USD. La multiplication des annonces de plans de soutien et la reprise graduelle de l’activité économique ont favorisé une accalmie progressive de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 31,6% et 30,8%, soit environ 15% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 27,5% et 31,1%). Les marchés actions poursuivent la reprise amorcée au mois d’avril Le 4 mai, la Bourse de Paris est repartie à la baisse, rattrapée par le regain des tensions commerciales entre Washington et Pékin. L’exécutif américain a réitéré ses menaces douanières à l’égard de la Chine qu’elle accuse d’être à l’origine de la propagation du Covid-19. Cependant, cette baisse modérée a été compensée dès le lendemain. Le CAC 40 a terminé en nette hausse de +2,4% porté par les valeurs pétrolières suite au rebond des cours du pétrole autour des 30 dollars. Même si aucun signe de reprise n’est visible, le redémarrage solide de la demande et l’accumulation des stocks observée en Chine sont venus rassurer les investisseurs. Alors que l’économie mondiale est sortie progressivement du déconfinement, les valeurs françaises ont été en hausse à l’issue des séances du 7 et 8 mai, également portées par la reprise du dialogue sino-américain. La semaine du 11 mai a été marquée par plusieurs annonces qui ont provoqué un décrochage des marchés. Pour sa première séance depuis le début du déconfinement, le CAC 40 repasse sous la barre des 4.500 points (en baisse de plus de 1,3%), extériorisant un recul de près de 25% depuis janvier 2020. La Banque de France a dévoilé le lourd tribut payé par l’économie française lors du confinement (près de 6 pts de PIB). Le 13 mai, Jérôme Powell s’est montré très inquiet sur les conséquences durables que pourrait laisser la pandémie sur l’économie mondiale. Le Président de la Fed croit cependant en la capacité de l’économie américaine à retrouver son niveau d’avant crise, mais a exclu le recours à des taux négatifs pour y parvenir, prônant davantage un soutien budgétaire renforcé. Suite à son intervention et à la publication par l’Institut Pasteur de nouvelles projections moins optimistes que prévues sur la propagation épidémiologique du coronavirus (l’institut a évoqué près de 4 000 nouveaux cas de contamination par jour en France), l’indice français a cédé près de 2,9% à l’issue de la séance du 13 mai. Au total entre le 11 et le 14 mai 2020, le CAC 40 a perdu près de 6,2%. Après une semaine de doutes sur l’intensité de la reprise économique, plusieurs annonces successives ont rassuré les marchés boursiers. Le CAC 40 a redémarré en forte hausse le 18 mai (près de 5,2%), dopé par, (i) la hausse des cours du pétrole, (ii) les espoirs d’un vaccin contre le Covid-19 et (iii) une nouvelle intervention de Jérôme Powell qui s’est montré confiant au sujet de l’arsenal dont dispose la Fed pour affronter la crise. Durant la fin de semaine du 18 mai, le CAC s’est remis à osciller. D’un côté, les investisseurs se sont réjouis des conséquences de la levée progressive du confinement sur l’économie, comme en témoigne la remontée de l’IFO baromètre (climat des affaires en Allemagne), qui est passé à 79,5 contre 74,2 le mois précédent. D’un autre côté, les investisseurs ont limité les prises de risques après la décision de Pékin d’imposer à Hong Kong une loi sur « la sécurité nationale » qui est venue raviver les tensions entre la Chine et les Etats-Unis. Fin mai, un vent d’optimisme a soufflé sur les places financières européennes qui a notamment profité aux valeurs les plus cycliques (tourisme, aéronautique, banque…) qui, jusqu’à présent, n’avaient guère profité des embellies ponctuelles du marché. Cette tendance haussière a principalement été alimentée par la proposition de Bruxelles d’un plan de relance pour l’avenir des finances de l’UE qui reposerait sur un principe d’union des transferts. Le projet présenté par la Présidente de la Commission Européenne s’articule autour (i) d’un mécanisme de subventions à hauteur de 500 milliards d’euros et (ii) d’un mécanisme de prêts qui ne dépasserait pas les 250 milliards d’euros. L’annonce, selon une étude EY, du maintien d’au moins 65% des projets d’investissements étrangers en France, annoncés en 2019, est venue par ailleurs consolider ce mouvement haussier. Des performances en amélioration pour le marché, les secteurs poursuivent leur redressement Le mois de mai est marqué, dans la plupart des secteurs d’activités, par une poursuite de la tendance haussière initiée en avril. Le secteur des Produits de Base a connu, pour sa part, des performances hétérogènes : la Chimie gagne +4,7% portée par Air Liquide (+5,17%) et Linde (+7,27%) alors que l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -4,0% et -6,4% après les mauvaises performances de ENI (-6,78%), Royal Dutch Shell (-8,37%) ou Arcelor Mittal (-13,97%). L’Industrie confirme la tendance de reprise amorcée en avril portée par les performances de l’Electronique (+8,6%) et des Matériaux de Construction (+11,8%) notamment grâce à ASML (+8,24%), Siemens (+16,36%), ou encore Saint-Gobain (+20,07%). Le secteur des Biens d’Equipement poursuit également sur sa lancée (+5,4%) soutenue notamment par Kone Elevators (+8,97%) ou Schneider (+6,93%). Enfin l’Aéronautique/Défense reste dans le vert (+0,9%) malgré la baisse de Airbus (-2,04%) grâce aux performances encourageantes de Dassault Aviation (+2,95%) et de Safran (+1,95%). Le secteur des Biens de Consommation finit également dans le vert malgré des performances à trois vitesses selon l’activité. Les secteurs Agro-alimentaire (+0,7%) et Santé (+1,7%) sont en faible croissance, affectés par les performances contrastées de Danone (-2,69%), Heineken (+6,26%), Essilor Luxottica (+2,75%) ou encore Merck (-2,78%). L’Automobile et les Biens de Consommation poursuivent leur dynamique positive et prennent respectivement +3,7%, +3,8%, notamment grâce à Ferrari (+5,93%), Volkswagen (+3,34%), Adidas (+13,38%), ou Inditex (+7,74%). Le secteur Loisirs et Tourisme connaît la croissance la plus importante (+9,9%) soutenu principalement par TUI (+32,62%). Le secteur Financier connaît pour sa part des performances en demi-teinte : les secteurs des Assurances et de l’Immobilier perdent respectivement -1,2%% et -6,3%, après les baisses d’Allianz (-3, 59%), Generali (-4,07%), Gecina (-2,85%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-11,21%). Les Banques (+4,0%) et les Banques d’Investissement (+9,3%) connaissent, pour leur part, une croissance de leur rentabilité grâce aux performances de BNP Paribas (+12,48%), ING (+15,93%), Amundi (+10,48%) et Deutsche Bank (+11,11%). Le secteur des Infrastructures progresse, tiré par le BTP et Concessions (+8,0%) et les Utilities (+6,6%). Ces deux secteurs ont été portés par les bonnes performances de Ferrovial (+7,11%), Vinci (+11,16%), Enel (+10,66%), et Iberdrola (+6,00%). Quant au secteur des Télécommunications, il connaît une croissance moins soutenue (+2,8%) : alors que Orange et Telecom Italia perdent respectivement -2,60% et -8,19%, Deutsche Telekom (+6,38%) et Iliad (+16,47%) rééquilibrent les performances du secteur. Le secteur des Services continue de progresser et connaît des performances relativement homogènes : la Distribution, les Médias, et les Transports ont terminé respectivement à +5,9%, +3,0%, et +3,5%, avec les croissances de Zalando (+36,75%), Vivendi (+3,68%), Wolters Kluwer (+6,79%), Lufthansa (+12,06%), et Ryanair (+7,36%). Les Services (+1,9%) sont les seuls à connaitre une croissance inférieure à 3%, tout de même portés par Amadeus IT (+6,88%) et Teleperformance (+4,21%).La prime de marché repasse sous les 10% Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché sur les 12 derniers mois Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin mai avant certains ajustements de flux Le redressement des marchés s’est poursuivi au mois de mai, alimenté par la multiplication des plans de relance sectoriels et le maintien d’une politique monétaire accommodante. Cette embellie des marchés a permis à la prime de marché de repasser sous la barre des 10%, à un niveau de 9,74%, contre 10,14% en avril (avec une légère baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 3 : Evolution de la Prime de Marché depuis 2002 Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin mai avant certains ajustements de flux
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 avril 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains se redressent au mois d’avril après la chute historique liée au Coronavirus Les marchés actions se sont redressés après la chute liée à la crise sanitaire du Covid-19. Les principaux indices européens affichent des performances positives pour le mois d’avril : +5,1% pour l’EuroStoxx 50, +6,3% pour l’EuroStoxx, +4,0% pour le CAC 40 et +9,3% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq connaissent, eux aussi, une embellie avec respectivement +12,7% et +15,4%. Sur le marché des changes, l’euro est en légère baisse face au dollar à 1,09 USD. L’agitation financière du mois de mars provoquée par la pandémie a conduit à une très forte hausse de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 42,0% et 42,4%, soit environ 25% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 34,1% et 33,9%). Les marchés actions repartent à la hausse après la chute historique enregistrée au mois de mars Le 2 avril, la Bourse de Paris est repartie à la hausse grâce à un tweet de Donald Trump, moins d’une heure avant la clôture. Le Président américain a évoqué un possible accord entre l’Arabie Saoudite et la Russie qui se sont engagées dans une guerre sur les prix du pétrole. Cependant, cette hausse modérée a rapidement été mise à mal dès le lendemain par l’annonce de l’explosion des nouvelles inscriptions au chômage aux Etats-Unis. En effet, le taux de chômage outre-Atlantique a bondi de plus de 4,0 %, alors que les Etats-Unis étaient dans une situation de plein-emploi avant l’épidémie de Coronavirus. Le 6 avril, le CAC 40 a franchi la barre des 4.300 points (en hausse de plus de 4,6%), en net rebond après une chute continue depuis la mi-mars. Les investisseurs ont commencé à envisager un début de sortie de crise sanitaire. En effet, les chiffres du week-end précédent pour l’Italie, l’Espagne et la France ont montré un ralentissement de l'épidémie de Coronavirus. Le suivi des bilans quotidiens de la pandémie dans les pays européens les plus touchés a été le principal indicateur de tendance pour les investisseurs du marché actions. En revanche, après les bonnes nouvelles du Président américain en début de mois, le prix des cours du pétrole a connu une nouvelle chute suite au report de la réunion entre l’Opep et la Russie pour trouver une issue à la guerre des prix. Le CAC 40 a poursuivi sa hausse et atteint les 4.500 points le 9 avril, encouragée par la promesse de la Fed de 2.300 Mds$ de nouveaux prêts aux entreprises et aux collectivités locales frappées par la pandémie de Covid 19 et par la perspective d’un pic de l’épidémie bientôt atteint en Europe et outre-Atlantique. Les marchés actions se sont remis à osciller la semaine du 13 avril. D’un côté, les investisseurs ont été rassurés par la baisse moins brutale qu’attendue des exportations chinoises au mois de mars mais de l’autre côté (i) les cours du pétrole sont passés sous la barre des 20 dollars en raison de l’effondrement de la demande et (ii) la publication des résultats des banques américaines a été décevante. Fin avril, plusieurs annonces successives ont rassuré les marchés boursiers. La présentation par Donald Trump d’un plan de redémarrage progressif de l’économie américaine a entrainé Wall Street vers un nouveau rebond, et la montée du prix du baril de pétrole brut américain à partir du 22 avril a apporté un soulagement aux inquiétudes des investisseurs. Le secteur bancaire a bénéficié des annonces de la Banque Centrale Européenne se disant prête à accepter les obligations dégradées en catégorie« spéculative » comme garanties pour des crédits accordés aux banques. La perspective d’un début de levée du confinement et les annonces de Gilead sur un possible traitement contre le Coronavirus ont permis aux différentes places financières de confirmer le rebond entamé en début de mois. Des performances baissières pour le marché, les secteurs fortement impactés par le Coronavirus Le mois d’avril est marqué par une reprise progressive de la plupart des secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base est caractérisé par des performances hétérogènes : la Chimie et les Minerais/Métaux/Acier gagnent respectivement +7,8% et +14,1% portés par Bayer (+13,79%), Linde (+4,95%) ou encore Arcelor Mittal (+15,48%), alors que l’Energie perd -4,9% suite aux mauvaises performances de Royal Dutch Shell (-5,03%) ou Total (-7,18%). L’Industrie renoue avec la croissance de sa rentabilité, malgré les mauvaises performances de l’Aéronautique/Défense (-0,7%) entrainées par Airbus (-2,46%) et Thales (-9,48%). Les secteurs des Biens d’Equipement (+7,1%), de l’Electronique (+12,2%) et des Matériaux de Construction (+10,8%) ont été soutenus par les performances encourageantes de Kone Elevators (+7,17%), Schneider (+6,21%), ASML (+11,63%), Siemens (+9,31%), ou encore Saint-Gobain (+9,23%). Le secteur des Biens de Consommation finit également dans le vert malgré des performances à trois vitesses selon l’activité. Le secteur Loisirs et Tourisme est en léger repli (-0,4%), affecté par la mauvaise performance de NH Hotel Group (-20,85%). L’Agro-alimentaire, les Biens de Consommation et Le Luxe retrouvent une dynamique positive et prennent respectivement +6,6%, +4,2% et +2,7%, notamment grâce à Danone (+7,88%), Pernod Ricard (+7,45%), L’Oréal (+11,05%), Henkel (+10,71%). LVMH (+4,14%) et Hermès (+6,20%). L’Automobile (+13,8%) et la Santé (+11,9%) connaissent la croissance la plus importante, portés par Daimler (+14,59%), Volkswagen (+20,01%) bioMérieux (+10,43%), Sartorius Stedim Biotech (+19,67%) ou encore Sanofi (+11,29%). Le secteur Financier profite également de la tendance haussière du mois d’avril : les secteurs des Assurances et des Banques d’Investissement progressent le plus fortement avec des croissances respectives de +7,4% et +6,9%, notamment grâce aux performances de Allianz (+7,65%), Munich Ré (+9,07%) et Deutsche Bank (+13,55%). L’Immobilier finit également dans le vert (+3,7%) grâce à Covivio (+11,30%) et Unibail-Rodamco-Westfield (+4,19%). Enfin, les Banques restent stables (+0.5%) suite à des variations contrastées : les mauvaises performances de Grupo Santander (-8,14%) et Société Générale (-7,09%) ont été compensées par les croissances de BNP Paribas (+4,23%) et de KBC Group (+17,28%). Le secteur des Infrastructures progresse, tiré par le BTP et Concessions (+5,8%) et les Télécommunications (5,1%). Ces deux secteurs ont été portés par les bonnes performances de Eiffage (+15,81%), Atlantia (+29,97%), Deutsche Telekom (+12,79%) et Iliad (+9,99%). Quant au secteur des Utilities, il connaît une croissance moins soutenue (+1,9%) : alors que E.ON et Enel perdent respectivement -3,12% et -1,62%, Iberdrola (+1,74%) et Engie (+5,23%) redressent progressivement la pente. Le secteur des Services retrouve le chemin de la croissance : les Médias, les Services et les Transports ont terminé respectivement à +4,4%, +6,2%, et +8,8%, avec le redressement de Relx (+5,44%), Lagardère (+28,70%), Sodexo (+17,62%), Teleperformance (+7,74%), et Ryanair (+12,95%). Les Services Informatiques connaissent eux aussi une dynamique positive (+3,1%), soutenue par Capgemini (+11,35%) et Worldline (+15,42%). La prime de marché reste très élevée L’épidémie de Covid 19 a fortement impacté les différents secteurs économiques qui ont connu une forte baisse au mois de mars, le redressement des marchés au mois d’avril a entraîné une légère baisse de la prime de marché à un niveau de 10,14% contre 10,96% au mois de mars (avec une légère baisse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin mars avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mars 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mars 2020

    Figure 1 : Évolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains ont connu une chute historique au cours du mois de mars 2020 Les marchés actions continuent de chuter en raison de la crise sanitaire du Covid-19 et des répercussions économiques engendrées par la pandémie. Les principaux indices européens affichent des performances négatives historiques : -16,3% pour l’EuroStoxx 50, -17,0% pour l’EuroStoxx, -17,2% pour le CAC 40 et -16,4% pour le DAX. Le S&P 500 et l’indice technologique du Nasdaq connaissent, eux aussi, des reculs historiques avec respectivement -12,5% et -10,1%. Sur le marché des changes, l’euro se maintient face au dollar à 1,10 USD. L’agitation financière et le séisme économique provoqués par la pandémie ont conduit à une très forte hausse de la volatilité des marchés actions. Les moyennes mensuelles des indices VIX et VStoxx se situent respectivement à 57,0% et 57,1%, soit environ 40% au-dessus des niveaux observés fin 2019 (clôturant à respectivement 53,5% et 48,6%). La pandémie de coronavirus fait rentrer l’économie mondiale dans une crise majeure La propagation du coronavirus s’est largement amplifiée au cours du mois de mars, entraînant les pays les plus touchés dans une crise sanitaire et économique majeure. Au début du mois de mars, l’opinion des investisseurs a balancé entre espoir et inquiétude dans l’attente d’une réaction conjointe des grandes banques centrales. Le 3 mars, la FED a surpris les investisseurs en annonçant une baisse de 50 points de base de ses taux directeurs pour contrer les effets négatifs de la pandémie sur l’économie américaine. C’est en effet la première fois depuis la crise financière de 2008 que la banque centrale américaine décide d’une baisse de ses taux entre deux réunions de politique monétaire. Le 9 mars dans le sillage de la propagation du coronavirus et de l’écroulement des cours du pétrole, la panique s’empare des marchés financiers et les cours ont plongé, forçant la bourse de New-York à suspendre la cotation pendant 15 minutes peu après son ouverture. La situation a continué de se dégrader jusqu’au 12 mars, date d’un krach historique pour la Bourse de Paris, le CAC 40 ayant enregistré la plus forte chute de toute son histoire (-12,3% sur une seule séance). Les investisseurs ont vendu massivement des actions après l’annonce par Donald Trump de l’interdiction pour les Européens d’entrer sur le sol américain. La chute s’est accélérée en séance, à la suite des annonces jugées décevantes de la BCE, qui a laissé ses taux directeurs inchangés et a préféré annoncer une nouvelle vague de prêts aux banques et une enveloppe supplémentaire de 120 Mds€ dans le cadre de son programme de rachats d’actifs. En France, le même jour, le Président, Emmanuel Macron, lors d’une première allocution télévisée, parle de « la plus grave crise sanitaire depuis un siècle » et décrète la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités. Par ailleurs, toutes les entreprises pourront reporter « sans justification, sans formalités, sans pénalités » le paiement des cotisations et impôts dus en mars. Un mécanisme« exceptionnel et massif » de chômage partiel est également envisagé. Dans les jours suivants, l’Allemagne annonce un plan de soutien aux entreprises de 550 Mds€ tandis qu’aux États-Unis les discussions s’ouvrent entre la Maison Blanche et le Congrès sur les mesures budgétaires de soutien à l’économie, sans parvenir à un accord immédiat. Le 16 mars, le Président de la République Française prononce une deuxième allocution nationale, insistant à plusieurs reprises sur le fait que la « France est en guerre » contre le virus Covid-19. Il annonce la mise en place de nouvelles dispositions telles que : la restriction de tous les déplacements, la fermeture des frontières de l'espace Schengen, la suspension des voyages entre pays, la suspension des loyers des factures d'eau, gaz et électricité pour les « plus petites » entreprises « livrées au risque de faillite », c’est le début du confinement. La nouvelle baisse surprise des taux de la Fed annoncée la veille n’aura cependant pas permis d’enrayer la chute du CAC 40. Le lendemain, les annonces de la Fed et l’interdiction de la vente à découvert de certains titres ont soutenu les marchés et ont permis de légèrement atténuer la débâcle. Parmi elles, des facilités de crédit aux entreprises et aux ménages, alors que les craintes d’une crise de liquidité grandissaient, et une nouvelle offre de 500 Mds$ pour assurer la liquidité du marché monétaire. Le 24 mars, les investisseurs ont été rassurés par les injections massives de liquidités annoncées par la Réserve Fédérale et par l’espoir d’une relance budgétaire sans précédent aux États-Unis, qui pourrait avoisiner les 2.000 Mds$. Ce rebond modéré a été entrecoupé de baisses significatives face à la progression grandissante de la pandémie. La fin du mois de mars est marquée par une explosion des demandes de chômage aux États-Unis, malgré l’accord trouvé le 24 mars entre la Maison Blanche et le Congrès sur un plan de relance de plus de 1 800 Mds$. Parallèlement, la BCE demande aux banques européennes de suspendre le versement des dividendes en 2020, tandis que la Banque Populaire de Chine annonce la baisse de ses principaux taux directeurs et l’injection de 50 Mds¥ sur le marché monétaire. Une crise pétrolière vient s’ajouter à la crise du Coronavirus Le 6 mars, l’échec inattendu des négociations entre les membres de l’Opep, les pays exportateurs de pétrole, et la Russie a fait plonger lourdement les prix du baril entraînant la chute du cours des valeurs pétrolières. L’Arabie Saoudite, en chef de file, a vivement réagi au refus de Moscou de réduire davantage la production de brut pour enrayer la chute des cours liée à l’épidémie de coronavirus, entamant une guerre des prix. De plus, les mesures de confinement qui se multiplient à travers le monde provoquent un choc de demande important accentuant la baisse des cours du pétrole. Les négociations autour du Brexit sont suspendues Le vendredi 20 mars, a eu lieu par visioconférence le rendez-vous entre les journalistes et les communicants de l’exécutif européen. En raison de la situation sanitaire actuelle, au sein même des institutions, personne ne souhaite donner un avis sur la suite des négociations entre Londres et Bruxelles : « des deux côtés, les esprits ne sont pas là », commente un diplomate. Après une première bataille à Bruxelles au cours de laquelle les Européens et les Britanniques ne s’étaient pas accordés sur les contours du Brexit, les négociations auraient dû reprendre à Londres le 18 mars, ce qui n’est pas envisageable en ces temps de confinement et de pandémie. Des performances baissières pour le marché, les secteurs fortement impactés par le Coronavirus Le mois de mars est marqué par une chute significative de tous les secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base a subi un recul important : la Chimie, l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -11,9%, -14,8% et -29,8% marqués par les mauvaises performances de Bayer (-18,95%), ENI (-17,37%), Royal Dutch Shell (-16,03%), ou encore Arcelor Mittal (-32,53%). L’Industrie poursuit sa chute, plombée par les performances désastreuses de l’Aéronautique/Défense (-38,7%) et des Matériaux de Construction (-29,1%) entrainées par Airbus (-45,11%), Safran (-35,42%), HeidelbergCement (-27,40%), ou encore de Saint Gobain (-29,86%). Les Biens d’Equipement, et l’Electronique subissent eux aussi le ralentissement de l’activité avec des baisses respectives de -15,9% et -10,9%, notamment suite au recul des performances de Schneider (-13,17%), Tenaris (-31,68%), Infineon (-28,54%) et Siemens (-16,88%). Le secteur des Biens de Consommation connait une baisse généralisée à l’amplitude hétérogène selon l’activité. L’Automobile et le Loisirs et Tourisme dévissent respectivement de -24,5% et -29,3%, suite aux mauvaises performances de Daimler (-26.69%), Peugeot (-30,51%) et Accor (-23,48%). L’Agro-alimentaire perd -11,6%, impacté par les reculs de Danone (-7,97%) et Heineken (-15,58%). Les Biens de Consommation (-8,7%) et le Luxe (-7,4%) chutent également, mais s’en sortent relativement mieux. Les baisses de Inditex (-15,89%) et LVMH (-8,74%) sont partiellement compensées par les performances relativement meilleures de L’Oréal (-0,87%) et Hermès (-0,19%). Le secteur Financier subit en première ligne la baisse généralisée du mois de mars : le secteur des Assurances encaisse une baisse de -22,5%, notamment à cause de Allianz (-19,47%) et AXA (-24,66%). Les Banques s’effondrent et perdent -36,7% en un mois suite aux reculs significatifs de Société Générale (-40,02%) et Grupo Santander (-33,33%). L’Immobilier n’est pas non plus épargné (-38,6%) avec les mauvaises performances de Covivio (-46,51%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-52,70%). Le secteur des Infrastructures est également affecté par la dynamique baissière. Les performances décevantes des Utilities (-17,9%) ne permettent plus de compenser l’enlisement général du secteur BTP et Concessions (-23,7%). Alors que EDF et Engie perdent respectivement -42,92% et -37,38%, Atlantia (-41,04%) et ADP (-34,64%) ne redressent toujours pas la pente. Notons que concernant ADP, le Conseil Constitutionnel a constaté jeudi 26 mars l’échec du projet de référendum sur la privatisation du groupe. Les Télécommunications dévissent dans de mêmes proportions (-15,6%) suite aux performances en retrait de Deutsche Telekom (-19,94%) et Telefonica (-22,14%). Le secteur des Services termine également dans le rouge au mois de mars : les Médias, les Services et les Transports tirent le secteur vers le bas en terminant respectivement à -13,5%, -26,7%, et -14,7%, avec les performances négatives de Publicis (-25,33%), Vivendi (-15,18%), Amadeus IT (-31,97%), Bureau Veritas (-21,50%), Air France - KLM (-26,20%), et Ryanair (-24,86%). La Distribution s’en sort relativement mieux (-5,3%), soutenue par la stabilité de Ahold Delhaize (+0,50%). Hausse importante de la prime de marché L’épidémie du coronavirus qui ne touchait encore qu’une partie restreinte de la population mondiale en janvier et en février est devenue une pandémie mondiale au cours du mois de mars (reclassification en « pandémie » le 11 mars par l’OMS). Tous les pays et secteurs sont désormais touchés et en forte baisse, entraînant une envolée de la prime de marché qui passe de 9,07% à 10,96% (avec une légère hausse du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance Note : Niveau de prime instantané à fin mars avant certains ajustements de flux
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2020 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2020

    Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains en forte baisse sur le mois de février Les marchés actions connaissent une importante baisse liée aux craintes de propagation du Coronavirus Covid-19. Les principaux indices européens affichent des performances très négatives : -8,6% pour l’EuroStoxx 50, -7,9% pour l’EuroStoxx, -8,5% pour le CAC 40 et -8,4% pour le DAX. Le S&P 500 est, lui aussi, en fort recul avec -8,4%, ainsi que l’indice technologique du Nasdaq, en baisse de -6,4%. Sur le marché des changes, l’euro se maintient face au dollar à 1,10 USD. La volatilité des marchés actions a connu une hausse très importante liée à cette baisse soudaine des marchés, la moyenne annuelle des indices VIX et VStoxx est en hausse de 18%, à environ 40% entre le 1er et le 28 février, clôturant à respectivement 40,1% et 42,2%. Les négociations autour des modalités du Brexit restent tendues Le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, compte bien faire durer le bras de fer avec les Européens concernant la négociation sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Le gouvernement britannique a menacé, jeudi 27 février, de sortir des négociations dès le mois de juin si Bruxelles ne cède pas sur l’accord de libre-échange. Les Britanniques et les Européens ont encore dix mois pour s'entendre sur leur nouvelle relation, mais le dossier est complexe. Bruxelles exige que le Royaume-Uni continue de respecter certaines règles de l'UE sur le long terme (notamment en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail, de fiscalité ou de partage des eaux territoriales concernant la pêche) avec pour contrepartie une ouverture très large du marché européen (notamment sans droit de douane pour les marchandises) ce que combat fermement Boris Johnson. La guerre commerciale s’apaise entre les Etats-Unis et la Chine Les tensions semblent s'apaiser entre les États-Unis et la Chine avec une baisse importante des droits de douane punitifs chinois sur 75 Mds$ de produits américains. Cette mesure est entrée en vigueur le 14 février et concernera les surtaxes douanières en application depuis le 1er septembre 2019. L’épidémie de coronavirus affole les marchés Le coronavirus s’est répandu au cours du mois de février et inquiète maintenant tous les pays. Le président chinois Xi Jinping a tenté de rassurer, le vendredi 7 février, Donald Trump sur la capacité de son pays à rétablir la situation. La Chine « est entièrement confiante et capable d’éradiquer l’épidémie », a déclaré M. Xi lors de cet entretien téléphonique avec le président américain. A cette date, le virus avait causé la mort de 717 personnes en Chine (ce chiffre est supérieur au nombre de personnes mortes du SRAS). Cependant, durant la semaine du 21 février, la propagation du virus a pris une nouvelle tournure. Un Italien de 78 ans est mort après avoir été infecté par le coronavirus en Italie, où une partie du Nord du pays s’était barricadée après plusieurs cas de contamination (une quarantaine de cas, dont au moins 32 en Lombardie, autour d'un foyer identifié à Codogno). Les cas de contamination se sont multipliés, avec une forte inquiétude de l’OMS sur la capacité des pays à endiguer l’épidémie (602 cas de contamination en Corée du Sud à cette date). Le 24 février, alors que l’Italie comptait 149 contaminés (pour 3 décès), entrevoyant un risque de récession et que la vitesse de propagation de l’épidémie s’était fortement accélérée dans le monde (notamment en Corée du Sud où le nombre de cas a été multiplié par 20 en 5 jours), la tension sur les bourses européennes est montée d’un cran. Le CAC 40 a, en effet, subi un premier plongeon de -3,94% pour finir sous la barre symbolique des 6 000 points. Le 28 février a été marqué en France par le dépassement du seuil des 100 cas confirmés et l’annonce du basculement en stade 2 de l’épidémie, ce qui correspond à l’entrée du virus en plusieurs points du territoire national (impliquant des mesures d’ampleur telles que l’annulation d’événements de plus de 5000 personnes). En Italie, la criticité de la situation a poussé le gouvernement italien à débloquer 25 Mds€ pour faire face au coronavirus. La propagation du coronavirus a été ressentie comme un très important facteur de risque et d’incertitude par les bourses en Europe, qui ont enregistré la pire semaine depuis la crise de 2008 (-12% pour le CAC 40). La FED surveille de près la situation de l’épidémie et se tient prête à ajuster les taux Aux États-Unis, le Président de la FED, Jerome Powell, a déclaré le 11 février que la Banque Centrale« surveillait de près » les potentielles perturbations économiques mondiales causées par l'émergence du coronavirus. Globalement, la Fed estime que sa politique monétaire actuelle reste adaptée, mais que des risques demeurent pour l'économie mondiale. De son côté, le PBOC chinois (Banque Populaire de Chine) a décidé de baisser le taux des prêts à moyen terme de 10 bps (à 3,15% contre 3,25% auparavant) pour soutenir l’économie, tandis que les politiques tentent de réduire la propagation du virus. Des performances baissières pour le marché, les secteurs fortement impactés par le Coronavirus Le mois de février est marqué par une baisse globale de tous les secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base a connu une chute importante : la Chimie, l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -9,1%, -15,7% et -9,1% tirés par les mauvaises performances de BASF (-13,08%), Royal Dutch Shell (-18,27%), Total (-13,06%), ou encore Thyssen-Krupp (-22,06%). L’Industrie clôture dans le rouge, particulièrement affectée par les mauvaises performances de l’Aéronautique/Défense (-16,9%) entrainées par Airbus (-18,87%) et Safran (-14,97%). Les Biens d’Equipement, l’Electronique et les Matériaux de Construction subissent également des baisses respectives de -4,5%, -6,7% et -9,1%, notamment suite au recul des performances de Tenaris (-12,44%), Siemens (-16,52%), HeidelbergCement (-12,14%), ou encore de Saint Gobain (-7,70%). Le secteur des Biens de Consommation n’est pas épargné par la chute généralisée des marchés. L’Agro-alimentaire perd -16,7%, impacté par les nets reculs de Anheuser-Bush InBev (-25,86%) et Danone (-11,99%). L’Automobile ne redresse toujours pas la pente (-8,6%) plombé par les baisses significatives de Daimler (10.20%), Renault (-24,83%) et Volkswagen (-8,50%) et la Santé (-4,5%) est affectée par les mauvaises performances de EssilorLuxottica (-8,31%) et Fresenius SE (-8,04%). Le secteur Financier termine également dans le rouge au mois de février : les Assurances connaissent une chute de -11,2% à cause de Allianz (-9,75%) et AXA (-12,98%), le Secteur Bancaire perd -7,4%, à cause de Société Générale (-12,44%) et ING (-12,38%), l’Immobilier perd également -9,1% avec notamment les mauvaises performances de Covivio (-10,45%) et Unibail-Rodamco-Westfield (-11,09%). Contrairement à janvier, où il avait été seul à clôturer dans le vert, le secteur des Infrastructures n’est pas épargné en février par la dynamique baissière. Les Utilities sont relativement épargnés (-2,5%) grâce à EDF (+12,86%) et Iberdrola (+4,56%), et ont permis de compenser la performance décevante du BTP et Concessions (-9,9%) avec des baisses importantes de Atlantia (-12,56 %) et d’ADP (-21,75%). Le secteur des Services a également connu une chute marquée : les Médias, les Services Informatiques et les Transports tirent le secteur vers le bas en terminant respectivement à -7,5%, -8,9%, et -15,3%, avec les performances négatives de Relx (-9,48%), Vivendi (-7,03%), Capgemini (-11,69%), Wirecard (-13,70%), Deutsche Post (-14,11%), et Ryanair (-17,75%). Hausse importante de la prime de marché Au mois de février, la crainte de l’expansion d’épidémie du coronavirus a fortement impacté les marchés. Tous les secteurs sont désormais touchés et en forte baisse, entrainant une hausse de la prime de marché qui passe de 8,18% à 9,07% (malgré la baisse encore significative du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen). Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Elections américaines de 2020 : Is Trump a role model for us ? » Ce jeudi 27 février, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie est intervenu au Cercle Interallié dans le cadre du petit-déjeuner mensuel organisé par le Club de Gestion Financière. A l’occasion de cet évènement, Jean-Pierre Petit nous a livré sa vision sur la prochaine élection présidentielle américaine et ses conséquences éventuelles sur l’économie et les marchés financiers en fonction de son issue. L’intervention de M. Petit s’est articulée en trois temps : (i) une analyse sur le contexte politique actuel aux Etats-Unis, (ii) un exposé des programmes des principaux candidats démocrates et leurs répercussions macroéconomiques et enfin (iii) un argumentaire sur l’efficacité de la politique menée par Donald Trump sur l’économie américaine. Dans un premier temps, M. Petit est revenu sur le contexte politique mondial dans lequel se déroulent ces élections. Il souligne ainsi la bien portance du populisme dans le monde dont la diffusion s’inscrit selon lui en réponse face à l’immobilisme des démocraties occidentales. Le contexte politique américain est quant à lui témoin de la montée des inégalités sociales aux États-Unis et la polarisation du spectre politique américain, caractérisée par une division idéologique sans précédent au sein du parti démocrate. La revue des clefs de voute du programme de chaque candidat à la primaire démocrate démontre une « gauchisation » omnicanal de l’échiquier démocrate (orientations règlementaires antitrust pour les uns, démantèlement progressif des GAFA pour les autres), constate Jean-Pierre Petit. Cependant, deux vecteurs essentiels rassemblent tous les candidats du parti de l’âne : la nécessité d’augmenter le salaire minimum ainsi que la priorité capitale et assumée que représente une défaite du Président sortant. M. Petit a clôturé sa présentation par un zoom sur le candidat républicain et actuel Président des États-Unis, Donald Trump, qu’il a comparé à certaines figures militaires américaines emblématiques. Notre intervenant a ensuite rappelé comment la mise en application systématique du pragmatisme économique de l’actuel Président lui avait permis de s’imposer comme la figure d’opposition de l’establishment traditionnel américain avant de l’aider paradoxalement à convaincre Wall Street. Enfin, même si les indicateurs sur la croissance et l’emploi jouent en sa faveur, son isolationnisme assumé et l’irrationalité politique dont il fait preuve pourraient lui porter préjudice pour les élections à venir. Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les conséquences économiques de la propagation du Covid-19, M Petit a répondu aux questions de l’assistance et a fait part de ses conseils en matière de gestion de portefeuille pour les semaines à venir.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2020

    Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européen et américain commencent l’année en baisse Les marchés actions commencent l’année en baisse inversant la tendance de forte croissance de la fin de l’année 2019. Les principaux indices européens affichent des performances décevantes sur le premier mois de l’année : -2,8% pour l’EuroStoxx 50, -1,8% pour l’EuroStoxx, -2,9% pour le CAC 40 et -2,0% pour le DAX. Le S&P 500 ne perd que -0,2%, tandis que l’indice technologique du Nasdaq est en hausse de +2,0%. Sur le marché des changes, l’euro est en baisse face au dollar et clôture l’année à 1,11 USD. La volatilité des marchés actions a connu une hausse assez importante, s’éloignant de sa moyenne annuelle avec des indices VIX et VStoxx oscillant autour de 15% entre le 1er et le 31 janvier avant de clôturer à respectivement 17,2% et 18,9%. La Grande-Bretagne quitte l’Union Européenne Le jeudi 9 janvier, les députés britanniques de la Chambre des Communes ont voté et donné le feu vert à l’accord négocié par Boris Johnson avec Bruxelles. Cet accord a été validé par la Chambre des Lords, promulgué par la reine puis ratifié par le Parlement Européen deux jours avant la date fatidique du 31 janvier (date à laquelle le Royaume-Uni a quitté l’UE). Dans les mois à venir, le Royaume-Uni va entrer dans une phase de négociation jusqu'au 31 décembre 2020 afin de permettre aux deux parties de nouer une nouvelle relation en termes de commerce, de concurrence et de sécurité. Cependant, ces nouvelles négociations s’annoncent longues et compliquées et pourraient entraîner un décalage de calendrier. La fin de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ? Un accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine a été signé le 15 janvier à Washington. La rencontre entre ces deux superpuissances marque une nouvelle étape après deux ans de tensions et de sanctions douanières contre les entreprises des deux nations. Dans ce traité, qui entrera en vigueur au mois de février, la Chine s'est engagée à acheter 200 Mds$ de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années (en grande partie agricoles) permettant de réduire le déficit commercial américain. L'accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres exigences des Etats-Unis. De son côté, le président américain a indiqué que les droits de douane punitifs qui avaient été mis en place et qui frappent actuellement plus de 370 Mds$ de produits chinois seraient maintenus tant que la phase 2 de l'accord ne serait pas signée. La mort du général Soleimani créée une tension maximale entre l’Iran et les Etats-Unis Suite à l’attaque de l’ambassade américaine le mois dernier, Donald Trump a choisi, le vendredi 3 janvier, d’éliminer l’homme-clé de l’influence iranienne au Moyen-Orient le général Soleimani, chef de la Force Qods des Gardiens de la Révolution, chargée des opérations extérieures de l’Iran. Après dix jours de grande tension entre l'Iran et les Etats-Unis, notamment des menaces d’attaque de 52 bases iraniennes et le crash d'un avion de ligne ukrainien abattu "par erreur" par un missile iranien, la perspective d’une guerre entre les deux pays commençait à émerger. Cependant, à partir de mi-janvier, des déclarations en apparence apaisantes en provenance de Téhéran et Washington ont permis de rassurer la communauté internationale. Donald Trump a maintenu la pression avec quelques mises en garde mais le climat apparait comme orienté à la désescalade. L’épidémie de coronavirus en provenance de Chine inquiète la population mondiale Apparu dans des marchés de la ville de Wuhan, le coronavirus a tué plus de 200 personnes en Chine et touche désormais plus d’une vingtaine de pays avec 11 800 personnes infectées. Malgré la mise en quarantaine de la ville pour endiguer la propagation de l’épidémie, le virus s’est répandu et inquiète tous les pays qui pourraient être impactés à la fois d’un point de vue sanitaire, politique et économique. Les mesures restrictives à la production et à la circulation pourraient peser très négativement sur l’économie chinoise et par extension mondiale. Il apparaît qu’au total, c’est environ 75% du PIB chinois (et environ 95 % de la production industrielle), soit 20 provinces, qui a été affecté par des mesures de prolongation de congé du nouvel an signifiant que le choc d’offre a une bonne probabilité d’être encore plus intense. La FED maintient les taux Aux Etats-Unis, la Fed a laissé mercredi 29 janvier ses taux inchangés (dans une fourchette comprise entre 1,50% et 1,75%) à l'issue de sa première réunion monétaire de l'année, malgré la pression de Donald Trump qui souhaitait une nouvelle baisse. Par ailleurs, la Réserve Fédérale des États-Unis n’envisage pas de modifications des taux dans les prochains mois. Des performances hétérogènes pour les différents secteurs Le mois de janvier est marqué par une baisse quasi globale de tous les secteurs d’activités. Le secteur des Produits de Base a connu une chute importante : la Chimie, l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier perdent respectivement -3,4%, -9,8% et -11,4% tirés par les mauvaises performances de Solvay (-9,45%), Total (-10,27%), TechnipFMC (-22,05%), Royal Dutch Shell (-9,23%) ou encore Arcelor Mittal (-14,61%).              L’Industrie clôture dans le rouge malgré la bonne performance de l’Aéronautique : ce dernier termine à +4,1% grâce aux performances de Safran (+6,03%) et Thalès (+7,24%). Les Biens d’Equipement, l’Electronique et les Matériaux de Construction impactent négativement le secteur avec des baisses respectives de -1,9%, -2,4% et -5,4%, notamment suite aux mauvaises performances de Vallourec(-18,56%), Tenaris (-7,18%), ASML (-3,58 %), Siemens (-4,20%) ou encore Saint Gobain (-6,21%). Les Biens de Consommation affichent des performances homogènes. Le Luxe perd -3,9%, tiré par la mauvaise performance de LVMH (-4,56%) et Kering (-5,16%). L’Automobile (-9.8%) et les Loisirs et Tourisme (-12.8%) connaissent une période difficile, en raison des baisses significatives de Renault(-16.44%), Daimler (15.32%) et Volkswagen (-7.86%), mais également Accor (-11.31%). Le secteur Financier termine également dans le rouge au mois de janvier : le Secteur Bancaire perd -6,5%, à cause de BNP Paribas (-9,06%) et ING (-8,07%), l’Immobilier perd -4,3% avec notamment les mauvaises performances d’Unibail-Rodamco-Westfield (-12,83%) et Klépierre (-9,22%). Les banques d’investissement gagnent, quant à elles, +8,0% grâce à Deutsche Bank (+19,76%) et Amundi (+4,79%) Le secteur des Infrastructures est le seul à clôturer dans le vert au mois de janvier : la performance positive des Utilities, +8,5%, grâce à EDF (+11,15%), Enel (+7,85%) et Iberdrola (+9,87%), a permis de compenser la performance décevante de 1,3%, des Télécommunications avec des baisses importantes de Telecom Italia (-12,51 %), SES Global (-10,80%) Après un mois de janvier stable, le secteur des Services a également connu une baisse malgré la performance de +6,9% des Services Informatiques, Wirecard (+23,91%), Capgemini (+3,17%). Les Transports et la Distribution tirent le secteur vers le bas en terminant respectivement à -6,1% et -1,4%, avec les performances négatives de Deutsche Post (-7,16%), Lufthansa (-15,72%), Casino (-12,09%) et Metro (-12,83%) Hausse de la prime de marché Au mois de janvier les tendances du mois précédent se sont inversées, la baisse des marchés, notamment liée à l’inquiétude sur l’épidémie de coronavirus a entrainé une hausse de la prime de marché (malgré la baisse encore significative du Bund 10 ans, assimilé au taux sans risque européen) qui passe de 7,62% à 8,18%. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Matthieu Courtecuisse, Fondateur et Président de SIA Partners, auteur du livre « Le saut cognitif » (First Editions) « L’intelligence artificielle : jusqu’où ? » Ce jeudi 30 janvier, à l’occasion du petit-déjeuner organisé par le Club de Gestion Financière, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie a reçu au Cercle Interallié, Matthieu Courtecuisse, Fondateur et Président de SIA Partners et auteur du livre « Le saut cognitif ». Après une brève présentation factuelle autour des enjeux du développement de l’IA, Jean-Pierre Petit a interrogé l’invité du mois sur les aspects technologiques, macroéconomiques et géopolitiques qui gravitent autour de l’intelligence artificielle. L’intervention de M. Courtecuisse s’est articulée en trois temps avec : une analyse des spécificités qui font de l’IA une innovation majeure, catalyseur  d’une révolution technologique sans précédent, puis  un exposé sur le positionnement des plateformes prédominantes (GAFAM) à l’égard des orientations réglementaires récentes du marché et enfin un argumentaire sur l’impact économique et géopolitique des différentes politiques publiques mises en œuvre au niveau national. En premier lieu, M. Courtecuisse a spécifié les caractéristiques de l’intelligence artificielle qui permettent de mieux comprendre l’ampleur de sa portée sur l’économie. D’après lui, le vecteur principal d’analyse réside dans sa vitesse de diffusion. Celle-ci est stimulée par des infrastructures dont la robustesse surperforme celle des équipements dont on disposait lors des révolutions technologiques antérieures. De plus, mobiliser des sources de financement pour promouvoir le développement d’une technologie n’a jamais été si simple et rapide. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, la captation de valeur issue de l’IA sera encore davantage concentrée que celle des innovations majeures qui lui ont succédé. La deuxième piste de réflexion développée par MC s’articule autour de la question réglementaire et du comportement nettement volontariste des GAFAM sur le sujet. Si les géants du web identifient les restrictions réglementaires actuelles comme un levier important afin d’asseoir leur suprématie dans le domaine de l’IA, c’est parce qu’ils ont pu bénéficier auparavant de leur carence et engranger une quantité faramineuse d’informations pour enrichir leurs algorithmes. Par ailleurs, s’il n’est plus un secret que la diffusion de l’IA dans les sociétés modernes devrait favoriser l’émergence de nouveaux métiers à plus forte valeur ajoutée, l’implication des pouvoirs publics à long terme et la nature des secteurs concernés auront également leur importance selon M. Courtecuisse. Enfin, la proximité diplomatique qu’entretiennent l’Europe et l’Inde - manne critique de la consommation - avec les Etats-Unis et la Chine seront déterminants dans cette escalade du soft power entre les 2 premières puissances mondiales. Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les leviers dont dispose l’Europe pour rattraper son retard en matière d’IA, M. Courtecuisse a répondu aux questions et partagé son opinion sur les probables orientations diplomatiques et commerciales de l’Inde. La deuxième piste de réflexion développée par M. Courtecuisse reprend l’évolution du positionnement des GAFAM à l’égard de l’agenda réglementaire. Bien que paradoxale de prime abord, le recours volontaire et croissant à ce levier par les géants du web s’inscrit comme un moyen endogène d’asseoir leur suprématie commerciale et empêcher l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs qui viendraient «contester leur incontestabilité ».
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    Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive « Entre les grèves et les municipales : état de l’opinion » A l’occasion du premier petit déjeuner de l’année 2020, le Club de Gestion Financière a reçu ce jeudi 9 janvier au Cercle Interallié, Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive. A l’approche des élections municipales et dans un contexte de blocage politique et social, Jean-Daniel Levy est d’abord revenu sur les facteurs ayant conduit l’opinion public vers l’état de grève qui paralyse actuellement le pays. Il a ensuite dépeint les tendances politiques qui se dessinent à l’aube des élections municipales.   En premier lieu, M. Levy s’est attardé sur l’évolution de la perception des Français à l’égard d’Emmanuel Macron et de la réforme des retraites que son gouvernement est en train de mettre en place. Celle-ci a contribué à une cristallisation des tensions sociales qui perdure depuis la grève générale du 5 décembre 2019. M. Levy a poursuivi son exposé en commentant l’impact que pourrait avoir le contexte politique actuel sur les résultats des élections municipales qui se dérouleront en mars 2020. Le principal prisme d’analyse pour comprendre l’ampleur du mouvement social actuel est le chemin d’opinion à l’égard du Président Macron. L’expérience nous a montré que les mouvements sociaux sont souvent en lien avec les élections présidentielles. Les premiers signes de mécontentement sont apparus en juillet 2017 à la suite de la suppression de l’ISF et la diminution du montant des APL. Ces décisions politiques ont contribué à accentuer les sentiments d’inégalité et d’enclavement des électeurs de la classe populaire et ont contribué à qualifier Emmanuel Macron de « Président des riches ». Enfin, les maladresses de communication et le manque de lisibilité du caractère juste de la réforme des retraites ont renforcé l’incompréhension des Français, attachés à défendre leurs acquis sociaux. Si la majorité des Français approuve la nécessité d’une refonte de la sécurité sociale, les opposants à la réforme refusent de concéder leur héritage social. Le deuxième axe de réflexion avancé par M. Levy s’inscrit dans la perspective des élections municipales. D’un côté, le manque de notoriété locale des candidats de LREM devrait leur porter préjudice. De l’autre, la capacité du Rassemblement National à mobiliser une dynamique électorale comparable aux élections européennes, devrait se heurter à l’importance accordée par les électeurs au lien de proximité avec leurs candidats ainsi que leur positionnement sur des sujets locaux et environnementaux. Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les projections de l’élection de la Mairie de Paris, M. Levy a répondu aux questions de l’assistance sur les leviers dont dispose l’exécutif pour écourter cette crise majeure. 
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 décembre 2019

    Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains finissent l’année en forte croissance Les marchés actions clôturent l’année en hausse avec une croissance qui s’est confirmée sur toute la durée du 4ème trimestre 2019. Les principaux indices européens affichent encore de belles performances sur le dernier mois de l’année : + 3,3% pour l’EuroStoxx 50, +3,1% pour l’EuroStoxx, +3,3% pour le CAC 40 et +2,2% pour le DAX. Le S&P 500 gagne +3,8%, tandis que l’indice technologique du Nasdaq connait une hausse une nouvelle fois très importante avec +4,7%. Sur le marché des changes, l’euro est en hausse face au dollar et clôture l’année à 1,12 USD. Sur le bilan de l’année 2019, les valeurs américaines ont davantage progressé que les européennes (exprimées en dollar) avec une hausse de +28,7 % pour le S&P 500 et +34,6 % pour le Nasdaq tandis que l’EuroStoxx affiche une croissance de +21,8 % en dollar. La volatilité des marchés actions est légèrement en hausse, proche de sa moyenne annuelle avec des indices VIX et VStoxx oscillant autour de 14% entre le 1er et le 31 décembre avant de clôturer à respectivement 14,0% et 13,8%. La victoire de Boris Johnson aux élections britanniques ouvre la voie pour le Brexit Le Premier ministre britannique et les conservateurs ont remporté une majorité absolue à la Chambre des communes suites aux élections législatives du 12 décembre 2019. Boris Johnson a ainsi acquis la confortable majorité qu’il souhaitait pour enclencher son plan de retrait de l’Union Européenne négocié avec Bruxelles. Le Royaume-Uni sortira de l'UE le 31 janvier 2020 avec une période de transition qui se terminera le 31 décembre 2020. Cependant, le chemin à parcourir reste encore long, il s’agit maintenant de trouver un accord commercial avant la fin de l’année, qui définira les règles de la future relation entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Dans cette perspective, Boris Johnson souhaite conclure un accord en moins d’un an et a prévu d’interdire dans la loi d’application de l’accord toute extension au-delà de 2020. Cette position très ferme et radicale a fait resurgir les craintes d’une sortie sans accord (no deal). L’Union Européenne a pour sa part rétorquée qu’elle ferait le « maximum » pour aboutir à un accord avant l’échéance, tout en prévenant qu’un « no deal » aurait « plus d’impact sur le Royaume-Uni » que sur les Européens. Guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, le feuilleton interminable Après quelques mois d'apaisement sur le front commercial entre les deux pays, le président américain Donald Trump a brutalement relancé les hostilités au début du mois de décembre avec de nouvelles menaces de taxation sur les produits chinois. Finalement, le 13 décembre 2019, Donald Trump et Pékin ont annoncé que les Etats-Unis renonçaient à imposer une nouvelle vague de tarifs douaniers prévue le 15 décembre sur environ 160 Mds$ de biens chinois. Des médias américains ont annoncé que Pékin avait en contrepartie accepté d'augmenter les achats de produits agricoles américains à hauteur de 50 Mds$ en 2020. Outre ces achats, Pékin s'engage à ne pas manipuler sa monnaie pour favoriser ses exportations et à ouvrir son secteur financier aux firmes étrangères. Une première partie de cet accord commercial entre la Chine et les États-Unis devrait être signée au tout début du mois de janvier. Regain de tension entre l’Iran et les Etats-Unis Les tensions entre les deux pays sont montées d’un cran en cette fin d’année sur le front irakien. Des frappes américaines ont visé le 29 décembre un groupe lié à l’Iran après une attaque qui a tué un ressortissant américain dans le nord de l’Irak. Le 30 décembre les milices chiites irakiennes affiliées à l’Iran ont manifesté devant l’ambassade des Etats-Unis, à Bagdad avant d’attaquer l’enceinte de l’ambassade. Ces événements font craindre un retour des tensions entre Trump et l’Iran pour l’année 2020. La FED stabilise les taux Aux Etats-Unis, l’année 2019 se termine sur une note positive avec une croissance atteignant environ 2,0%. Comme prévu, Jerome Powell a confirmé le 11 décembre les taux directeurs actuels, qui restent inchangés dans une fourchette comprise entre 1,5 % et 1,75 % (après les trois baisses successives entre juillet et octobre 2019). Par ailleurs, la Réserve fédérale des États-Unis n’envisage pas de modifications des taux dans les prochains mois (Sur les 17 banquiers centraux de la Fed, 13 ne prévoient aucun changement en 2020). Des performances hétérogènes pour les différents secteurs Après un mois de novembre marqué par une hausse de la majorité des secteurs, le mois de décembre a été marqué par des croissances plus hétérogènes. Le secteur des Produits de base a connu une croissance importante : la Chimie, l’Energie et les Minerais/Métaux/Acier gagnent respectivement +2,2%, +1,6% et +3,7% portés par la bonne performance d’Umicore (+11,24%), CGG (+21,64%), Fugro (+16,87%), Derichebourg (+16,84%) ou encore Eramet (+12,96%).                      L’Industrie clôture dans le vert malgré la mauvaise performance de l’Aéronautique et des Matériaux de constructions : respectivmement -3,1% et -0,5%, à cause des performances de Dassault Aviation(-5,26%), Safran (-7,28%) et HeidelbergCement (-3,19%). Les Biens d’équipement et l’Electronique portent le secteur avec des croissances respectives de +3,7% et +3,5%, notamment grâce aux performances de Vallourec (+20,53%), Nexans (21,07%), Schneider (+4,45%) ou encore STMicroelectronics (+7,49%) et ASML (+6,76%). Les Biens de consommation affichent des performances hétérogènes. Le Luxe progresse de +2,5%, porté par la bonne performance de Prada (+11,68%) et Kering (+7,04%), les Loisirs et Tourisme continuent leurs progressions (+0,9%) ainsi que la Santé (+0,8%), tandis que l’Automobile et l’Agro-alimentaire marquent un coup d’arrêt dans leurs progressions avec des performances respectives de-2,0% et -0,8% (Valeo : -12,16% ; Daimler : -3,57%). Le secteur Financier a connu la croissance la plus importante du mois de décembre : le secteur bancaire progresse de +3,9%, porté par Société Générale (+8,60%) et Grupo Santander (+5,46%), les Assurances gagnent +0,8% avec Sampo à +6,02%, tandis que les Banques d’Investissement et l’Immobilier connaissent une croissance de +2,7% et +0,5% avec notamment les bonnes performances de Deutsche Bank (+5,70%) et d’Icade (+6,82%). Le secteur des Infrastructures a connu un recul significatif : les performances positives du BTP/Concessions et des Utilities, respectivement +0,7% et +1,5%, n’ont pas permis de compenser les performances décevantes, -6,2% des Télécommunications. Les plus grosses pertes des Télécommunications sont : Orange (-12,53%), Telefonica (-10,43%) et Proximus (-6,79%). Le secteur des Services a connu pour sa part un mois de décembre relativement stable. La baisse de la prime de marché continue Au mois de décembre les tendances du mois précédent se sont poursuivies, la combinaison de la hausse des marchés et de la hausse du Bund 10 ans (assimilé au taux sans risque européen) a entrainé une baisse de la prime de marché de 7,85% à 7,62%. La prime de marché reste cependant bien supérieure à sa moyenne sur longue période. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Présentation du Club de Gestion Financière » Ce jeudi 19 décembre 2019, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie, est intervenu lors de notre petit déjeuner mensuel au Cercle Interallié. Au cours de cette présentation d’une heure, la centaine d’invités présents a eu l’occasion d’entendre Jean-Pierre Petit s’exprimer sur sa passe d’arme récente avec M. de Larosière, ancien Gouverneur de la Banque de France et Directeur du FMI, par médias interposés. Mais également de pouvoir écouter les prévisions de M. Petit pour les années à venir. M. Petit est revenu en premier lieu sur la tribune écrite par M. de Larosière et parue dans les Echos du 10 décembre. Cette tribune a notamment fait l’état des effets supposés délétères de la politique monétaire menée par la BCE ces dernières années ainsi que de la baisse du niveau d’inflation d’équilibre. M. Petit a repris les 11 points qu’il a traités dans un article en réponse à M. de Larosière. Il a notamment rappelé les nombreuses études publiées sur le sujet démontrant les effets favorables des politiques monétaire accommodantes de la BCE sur la croissance et l’inflation et l’absence d’impact négatif agrégé des taux bas sur les banques. Dans un second temps, M. Petit a dirigé son exposé sur deux grands axes de réflexion pour les 10 prochaines années. Le principal prisme d’analyse pour penser les 10 prochaines années est celui de la « japonisation » du monde. L’expérience japonaise nous a montré que les politiques monétaires et budgétaires restrictives ne fonctionnent naturellement pas pour sortir de phase dépressive et déflationniste. En effet, les décisions prises par les gouvernements japonais successifs ont conduit le Japon vers un ralentissement de plus de 20 ans. Cela a entraîné un transfert de la dette privée vers la sphère publique faisant du Japon le pays avec le plus fort taux d’endettement au monde. Pour l’Europe, qui est la zone présentant le plus de similitudes avec le Japon, M. Petit défend une vision plus souple et accommodante de la politique économique. Deux visions s’affrontent au cœur de la BCE, une vision allemande, prônant la rigueur, et une vision néo-BCE souhaitant poursuivre le travail de M. Draghi. Le deuxième axe structurant que nous a présenté M. Petit est l’évolution du modèle chinois. En effet, la guerre commerciale sino-américaine a mis en exergue les limites actuelles du modèle chinois. La Chine a connu une croissance importante depuis trente ans mais il lui faut aujourd’hui changer de modèle. Ainsi, la Chine a déjà rattrapé les Etats-Unis sur plusieurs des éléments-clés de la puissance, mais la marche est haute pour rattraper les Etats-Unis sur la puissance technologique. La Chine va ainsi devoir se tourner progressivement vers une économie plus tertiarisée se substituant au modèle industriel des dernières années. Suite à cette présentation, qui s’est terminée par une ouverture sur les perspectives macroéconomiques et de marché des Cahiers Verts de l’Economie pour l’année 2020, M. Petit a répondu aux questions et inquiétudes de l’assistance sur la stabilité des marchés et les taux bas des banques centrales.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2019

    Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions européens et américains poursuivent leur bonne dynamique La hausse des marchés actions des deux derniers mois s’est confirmée au mois de novembre avec une progression importante pour le 3ème mois consécutif. Les principaux indices européens affichent de solides performances sur le mois de novembre : + 2,2% pour l’EuroStoxx 50 et +2,0% pour l’EuroStoxx, +2,5% pour le CAC 40 et +2,1% pour le DAX. Le S&P 500 gagne +2,4%, tandis que l’indice technologique du Nasdaq connait une hausse plus importante à +3,3%. Sur le marché des changes, l’euro est en recul face au dollar et clôture le mois de novembre à 1,10 USD. Depuis le début de l’année, les valeurs américaines progressent davantage que les européennes (exprimées en dollar) avec une hausse de +25,1 % pour le S&P 500 et +30,0 % pour le Nasdaq tandis que l’EuroStoxx affiche une croissance de +18,3 % en dollar. La volatilité des marchés actions est légèrement en baisse, proche de sa moyenne annuelle sur une grande partie du mois de novembre avec des indices VIX et VStoxx oscillant autour de 13% entre le 1er et le 30 novembre avant de clôturer en baisse à respectivement 12,6% et 13,2%. Une issue toujours incertaine pour le Brexit en cette fin d’année 2019 Boris Johnson, partisan d'un Brexit « coûte que coûte », a été contraint par le parlement britannique de revoir son plan d’exécution et demander un nouveau délai jusqu’au 31 janvier 2020. Cependant, le 12 décembre 2019, les électeurs britanniques seront appelés réélire le parlement dans un vote qui s’annonce décisif en vue des décisions prises pour un Brexit début 2020. Le premier ministre et le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn se sont écharpés lors d’un débat télévisuel le 19 novembre 2019 en se présentant chacun comme l'homme de la situation pour résoudre le problème du Brexit. Selon les enquêtes d’opinion, la lassitude de l’électorat (qui votera pour la troisième fois en 5 ans) pourrait bien être favorable au premier ministre actuel et donner à Boris Johnson la majorité absolue qu’il désire. Regain de tension dans la relation sino-américaine Après la reprise des discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine qui ont permis d’aboutir à un accord entre les deux pays, la tension est remontée d’un cran le 28 novembre 2019. Donald Trump a signé une loi en faveur des manifestants pro-démocratie à Hong Kong s’attirant par conséquent les foudres du pouvoir chinois. Dans la foulée, la Chine a menacé Washington de représailles, ravivant la guerre commerciale entre les deux pays. Les relations entre les deux pays vont être suivies de près les prochaines semaines par les marchés boursiers qui craignent un regain de tension et la réapparition des représailles commerciales mises de cotées au cours des derniers mois. Un possible « cessez-le-feu » entre l’Arabie Saoudite et le Yémen La coalition emmenée par l’Arabie Saoudite et qui intervient depuis 2015 dans la guerre au Yémen a décidé « de libérer 200 rebelles » yéménites Houthis. Cette annonce fait suite à une baisse des attaques menées par les rebelles contre l’Arabie Saoudite, saluée le 22 novembre 2019 par l’émissaire de l'ONU au Yémen Martin Griffiths, qui y a vu un possible prélude à un cessez-le-feu général. La FED fait une pause sur les taux d'intérêt Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine, a indiqué devant le Congrès le 12 novembre qu’il estimait que l'économie poursuit une « croissance durable », que l’emploi est « fort » et que l’inflation se situe à un niveau proche de 2% (même si le ralentissement mondial et les incertitudes liées à la guerre commerciale présentent un « risque persistant »). Le directeur de la FED a également confirmé que la Banque centrale allait faire une pause dans ses interventions sur les taux d'intérêts tant que les informations concernant l'économie restent en ligne avec les prévisions énoncées. Cependant, Jerome Powell s'est inquiété de la dette fédérale qui « est à un haut niveau et continue de croître », ce qui pourrait « à long terme » peser sur l'investissement privé et in fine sur la croissance économique du pays. Des performances positives pour la grande majorité des secteurs Globalement, le mois de novembre est marqué par une hausse de la majorité des secteurs. Le secteur des Services a connu une croissance très importante : les Services Informatique et les Services gagnent respectivement +6,6% et +5,8% portés par la bonne performance d’Atos (+11,03%), Sopra (+11,72%), Europcar (+26,08%) ou encore Amadeus (+8,98%). Les Transports progressent aussi fortement de +8,0% (notamment grâce à Lufthansa +10,78% et Ryanair +14,90%), tandis que les Editeurs de Logiciels et Jeux progressent de +4,1%. L’Industrie clôture également dans le vert : l’Aéronautique & Défense gagne +3,8%, l’Electronique marque la plus belle performance avec +7,8 %, tandis que les Matériaux de construction et les Biens d’équipement (pénalisés par Andritz qui chute de -12,12%) restent stables (+1,2%). Les Biens de consommation affichent de belles performances. Le Luxe progresse de +6,9%, porté par la bonne performance de LVMH (+6,48%) et Moncler (+15,14%), les Loisirs et Tourisme continuent leurs progressions (+4,5%) ainsi que la Santé (+4,3%), tandis que les l’Automobile et l’Agro-alimentaire marquent un coup d’arrêt dans leurs progressions avec des croissances respectives de +1,2% et 0,7%. Le secteur Financier a connu des performances hétérogènes : les Banques progressent de +4,2%, portés par BNP Paribas (+8,89%), tout comme les Assurances avec une croissance de +1,7%, tandis que les Banques d’Investissement et les Holding sont en recul de respectivement -0,8% et -2,4% avec notamment la mauvaise performance de Natixis (-7,74%). Seul secteur significativement en recul, les Infrastructures ont connu des performances plutôt décevantes : le secteur Utilities a connu une baisse de -1,7% tout comme les Télécommunications et le BTP et Concessions avec des performances respectives de -0,8% et -1,0%. La baisse de la prime de marché continue Au mois de novembre les tendances du mois précédent se sont poursuivies, la combinaison de la hausse des marchés et de la hausse du Bund 10 ans (assimilé au taux sans risque européen) a entrainé une baisse de la prime de marché de 8,11% à 7,84%. La prime de marché reste cependant bien supérieure à sa moyenne sur longue période. Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance
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  • La Chine fait son entrée au cœur du capitalisme financier mondial. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    La Chine fait son entrée au cœur du capitalisme financier mondial. Par Bertrand Jacquillat

    A la fin du mois dernier, MSCI, l’un des principaux producteurs d’indices mondiaux, a pris la décision d’inclure dans ses indices globaux les actions de 222 sociétés chinoises, dont la cotation en yuan s’effectue sur les bourses de Shanghai et Shenzen, et notamment dans son indice Marchés Emergents, qui sert de référence aux 1600 Mds$ d’actifs en gestion passive dans le monde. Les investisseurs du monde entier ont salué cette décision par une hausse de 1.2% des indices chinois, au plus haut depuis décembre 2015. Cette décision intervient après le refus d’inclure des actions chinoises domestiques pendant trois années consécutives, mais elle ne fait qu’entrouvrir la porte du capitalisme financier mondial à la Chine puisque MSCI a réduit de moitié le nombre de sociétés chinoises admises à intégrer ses indices par rapport à ce qui était envisagé initialement. Selon MSCI, 17 Mds$ supplémentaires seulement afflueront sur les bourses du continent chinois du fait de cette mesure, ce qui ne représente qu’une toute petite fraction des 7500 Mds$ de leur capitalisation boursière. Mais ce n’est qu’un début qui réjouit déjà les investisseurs pour qui l’ouverture financière de la Chine et de ses bourses est un premier pas dans la bonne direction. Cela leur permet d’une part de leur donner accès à des sociétés prometteuses, et notamment dans le domaine de l’environnement dans lequel la Chine doit faire d’énormes investissements du fait de la forte dégradation de celui-ci, et d’autre part d’élargir les possibilités de diversification internationale, quand bien même plusieurs indices MSCI incluent déjà des sociétés chinoises mais qui sont cotées à Hong Kong ou New York. Celles-ci représentent 27% de l’indice MSCI Marchés Emergents, contre seulement 0.73% pour les 222 nouvelles sociétés chinoises. Certes, la Chine fait son entrée au cœur du capitalisme financier mondial mais il lui faudra du temps avant qu’elle n’y prenne une part significative, malgré le poids relatif important qu’elle représente dans l’économie mondiale. Parce que la Chine se trouve partagée entre différentes influences contradictoires. Effectivement celle d’améliorer le rythme de son intégration financière mondiale. Mais pour ce faire, elle doit libéraliser ses marchés de capitaux, ce qui lui pose deux problèmes. Avant la crise des changes de 1998 et les flux de capitaux des pays émergents d’Asie, Pekin considérait pouvoir arriver à la totale convertibilité de sa monnaie au tournant du dernier millénaire. Mais elle n’oublie pas que ce n’est qu’à cause des barrières qu’elle avait érigées pour s’en protéger qu’elle a pu surmonter de manière relativement aisée la crise de 2007-2008. Et puis la Chine souhaite ardemment s’intégrer au capitalisme mondial mais elle en dit plus qu’elle n’en fait en la matière car elle ne peut accepter ce mouvement que s’il s’effectue selon les règles autocratiques de contrôle du parti. Ces objectifs sont-ils compatibles?
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    Christian Saint-Etienne, professeur titulaire de la Chaire Jean-Baptiste Say d'économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers et membre du Cercle des Economistes « Chine et USA : vers un conflit mondial ? » Ce jeudi 14 novembre 2019, Christian Saint-Etienne, professeur titulaire de la chaire d’économie au CNAM, est intervenu afin de parler de son livre « Trump et Xi Jinping, Les apprentis sorciers » et répondre en 7 questions aux impacts sur l’Europe du conflit pour la domination mondiale entre la Chine et les Etats-Unis.  Quelles sont les spécificités de la présidence Xi (en termes de gouvernance) par rapport aux 40 dernières années ? Président de la République Démocratique de Chine depuis mars 2013, Xi Jinping contrôle réellement le pays depuis sa nomination en tant que Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois et président de la Commission Militaire Centrale le 15 novembre 2012. En mars 2018, Xi Jinping passe un nouveau cap dans sa quête du pouvoir absolu en se faisant élire président à vie par l’Assemblée nationale populaire. Souvent décrit comme le président le plus puissant de Chine depuis Mao Zedong, Xi Jinping a initié 3 ruptures importantes avec l’héritage de Deng Xiaoping, président entre 1978 et 1992 qui avait introduit la « démocratie » au sein du Parti Communiste Chinois : (1) Abolition en 2018 de la disposition constitutionnelle qui limitait la fonction présidentielle à deux mandats de cinq ans et suppression de la nomination au poste de Secrétaire Général du Parti de son successeur désigné quelques mois avant la transmission officielle du pouvoir. (2)  La purge sur les clans du Parti qui ne sont pas sur sa ligne politique, conduisant à un écrasement de ces clans qui dorénavant attendent leur revanche. Entre 2013 et 2017, 1,5 million de fonctionnaires ont été punis sous couvert de lutte contre la corruption. (3) La pensée de Xi a été élevée en pensée officielle unique et inscrite dans la Charte du Parti Communiste chinois fin 2017. Cette réforme conduit à exclure, depuis 2018, tout membre du PCC qui la contesterait. Quelles sont les formes principales du déploiement impérial chinois sur les 10 dernières années ? Après plus de 33 siècles de stagnation économique, l’humanité a vu son niveau de vie fortement augmenter au cours des 200 dernières années grâce aux révolutions industrielles successives. L’entrée dans le XXIème siècle marque le début d’une troisième révolution industrielle, liée aux avancées technologiques, pour laquelle 2 pays s’opposent. Les BATHX (Baidu, Alibaba, Tencent – Wecha, Huawei, Xiaomi) et les GAFAM sont les représentant respectifs de la Chine et des Etats-Unis pour mener cette révolution. Les GAFAM représentent entre 1 et 1,2 milliard potentiels de clients à travers les pays occidentaux contre 1,3 milliard de clients chinois potentiels pour les BATHX. La bataille engagée pour le 3ème milliard de clients potentiels est au cœur de ce conflit. Les BATHX (Alibaba et Wechat en tête) ont l’avantage sur les sociétés américaines dans les fintechs (notamment grâce aux sociétés Alibaba – Ant Financial – Alipay et WheChat Pay), tandis que les forces sont équilibrées dans l’intelligence artificielle. Les deux sujets les plus sensibles actuellement concernent la 5G (les sanctions américaines sur Huawei sont destinées à ralentir le développement chinois afin de rattraper le retard) et la voiture autonome (sur laquelle 2 modèles s’opposent, le GPS pour les Etats-Unis et les capteurs de route pour la Chine). D’autre part, la Chine accroît son poids politique dans le concert des nations. En effet, grâce à des projets tels que la Belt and Road Initiative (nouvelle Route de la Soie), la Chine s’est imposée comme un acteur majeur du développement économique de certain pays, particulièrement en Afrique, dans l’Océan indien, en Amérique latine et en Méditerranée. La Chine a également organisé des sommets Chine – Europe Centrale et Orientale (17 pays, dont 12 de l’Union Européenne) afin d’imposer sa puissance économique et politique au sein même du vieux contient, soutient historique des Etats-Unis. Le repli américain a-t-il vraiment commencé et s’achèvera-t-il exclusivement avec Trump ? Rejeté par l’establishment américain depuis son élection, Donald Trump mène face à la Chine un combat qui se poursuivra quel que soit le résultat des prochaines élections présidentielles. Contrairement à l’administration Obama qui s’est montrée plutôt souple envers la Chine, en manquant notamment de réaction suite à la prise de contrôle de Xi Jinping sur la Mer de Chine, l’administration Trump a l’intention de briser l’hégémonie chinoise en Asie. La stratégie de Trump prête néanmoins le flanc à la critique. En effet, alors que la logique voudrait que dans ce conflit, les Etats-Unis s’entourent de leurs alliés historiques (Union Européenne, OTAN…), Trump ne cesse de créer des tensions avec ceux-ci et tente de les humilier. Le retrait du JCPOA (Accord de Vienne sur le nucléaire iranien) et du TPP (Accord de partenariat transpacifique) ainsi que les déclarations quant à la volonté des Etats-Unis de se retirer de l’OTAN et de se désengager militairement de la Corée du Sud et du Moyen-Orient, sont de graves erreurs qui fragilisent la position américaine sur la scène internationale. De plus, la croissance des Etats-Unis en 2018 et 2019 est en grande partie due aux baisses d’impôts décidées par la présidence. Cependant, cela implique une hausse du déficit public à des niveaux inquiétants, avec un risque de baisse du dollar qui réduirait encore le poids du PIB américain en valeur dans le monde. Ce repli limité devrait se poursuivre sous son successeur ou lui-même s’il est réélu. La montée en puissance de la Chine peut-elle « finlandiser » technologiquement et militairement le reste de l’Asie (Japon, Inde…) ? Les pays asiatiques craignent la montée en puissance de la Chine, ce qui rend difficile l’accès aux marchés locaux asiatiques pour les BATHX.  Afin de pénétrer ces marchés, ces derniers acquièrent des sociétés locales sans afficher leur propre marque. La stratégie des GAFAM dans les pays occidentaux est bien différente et se fait par un affichage des marques propres et une communication plus agressive. Cependant, d’un point de vue militaire, la prise de contrôle de la Mer de Chine méridionale a renforcé la domination régionale de la Chine. Avec sa position continentale 1ère puissance militaire asiatique, la Chine prend de plus en plus de poids et s’impose aujourd’hui comme l’une des nations les puissantes au monde. Les dépenses militaires chinoises représentent près de 15 % des dépenses militaires mondiales, en 2ème position juste derrière les Etats-Unis. Que doit et peut faire l’Europe pour résister, voire émerger, face aux 2 blocs ? L’Europe est un petit poucet en comparaison des deux super-puissances qui s’affrontent. L’Union Européenne, la France et l’Allemagne en tête, ne doivent pas faire de concession face à ces deux mastodontes économiques et imposer un principe de réciprocité dans les accords commerciaux pour se faire entendre. Par ailleurs, l’Union Européenne doit mettre en place une gouvernance efficace et faire émerger un gouvernement économique de la zone euro afin de s’imposer comme une force politique et économique unique et majeure sans être freinée par la résurgence des sentiments nationaux. La confrontation sino-américaine actuelle peut-elle aboutir à des tensions beaucoup plus graves ? Une étude de l’Université de Harvard a observé que depuis le XVème siècle 16 conflits ayant pour acteurs une puissance dominante et une puissance montante ont eu lieu. L’étude montre que ces conflits ont abouti à une guerre dans 12 cas et à un accord pacifique dans les 4 autres. Dans ces conflits, les protagonistes étaient 2 puissances majeures. Cependant, dans le conflit actuel, il y en a une troisième, qui se place en arbitre : la Russie. Bien que la Russie ne soit pas un concurrent économique de la Chine et des Etats-Unis, elle reste une puissance militaire et nucléaire de premier ordre (son arsenal nucléaire hérité de la guerre froide est resté équivalent à celui des Etats-Unis) Quels pourraient être les catalyseurs d’une telle évolution ? Le pouvoir de Xi Jinping pourrait s’affaiblir suite à un ralentissement continu de la croissance chinoise, qui, d’après les experts, serait autour de 4,0 % et non 6,0 % telle qu’annoncée officiellement. La position de Xi pourrait être difficile à tenir face aux clans rivaux qui attendent leur revanche. La mauvaise gestion de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, ainsi que la crise de Hong Kong, fragilisent également la position du président chinois. Le dernier Plénum du Comité Central du Parti Communiste (les 370 dirigeants d’un parti de 90 millions de membres dans le pays) s’est réuni du 29 au 31 octobre. Le Plénum a durci la discipline et la volonté de mainmise du Parti sur la population en augmentant la censure dans tous les domaines. La population chinoise pourrait mal réagir à ce durcissement et souhaiter plus de liberté. En effet, l’évolution des mentalités et des modes de consommations de ces 10 dernières années peuvent avoir donné des envies d’assouplissement aux individus. De nombreux éléments pourraient avoir raison de la politique de Xi Jinping. D’après Christian Saint-Etienne, le risque est de voir, dans les années à venir, le président chinois être tenté par une aventure extérieure afin de réaffirmer son pouvoir.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 octobre 2019

    Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance Les marchés actions poursuivent leur embellie, les bourses européennes à leur avantage Après une rentrée 2019 marquée par une hausse des marchés actions, l’embellie s’est poursuivie en octobre. Les principaux indices européens affichent de solides performances sur le mois d’octobre : + 2,4% pour l’EuroStoxx 50 et l’EuroStoxx, et +2,4% et +4,9% pour le CAC 40 et le DAX. Le S&P 500 gagne+3,3%, l’indice technologique du Nasdaq connait une hausse plus importante à +4,9%. Sur le marché des changes, l’euro rebondit face au dollar après plusieurs mois de baisse et clôture le mois d’octobre à 1,11 USD. Depuis le début de l’année, les valeurs américaines progressent davantage que les européennes (exprimées en dollar) avec une hausse de +21,0 % pour le S&P 500 et +24,4 % pour le Nasdaq tandis que l’EuroStoxx affiche une croissance de +16,5 % en dollar. La volatilité des marchés actions est restée stable, proche de sa moyenne annuelle sur une grande partie du mois d’octobre avec des indices VIX et VStoxx oscillant autour de 15% entre le 11 et le 31 octobre avant de clôturer en baisse à respectivement 13,2% et 13,8%. Une partie de cette hausse s’explique par un réajustement des primes de marché action qui étaient restées élevées par rapport aux autres classes d’actifs. Sortira-t-on de l’impasse Brexit : la question de l’automne 2019 En Europe, le vote de l’amendement Letwin sur le Brexit (qui suspend le processus de ratification tant que la législation nécessaire à son application n’est pas mise en œuvre) réduit la probabilité d’un No Deal, entrainant un regain de confiance des investisseurs. Après ce revers, traduisant une défiance du parlement britannique à l’encontre de son premier ministre, Boris Johnson a déclaré vouloir organiser des élections législatives anticipées le 12 décembre 2019. Cependant, l’incertitude demeure suite au refus du parlement britannique d’un examen accéléré de l’accord trouvé avec l’Union Européenne. En effet, les députés britanniques ont soutenu l'accord de Brexit décroché par Boris Johnson sur le principe, mais refusé l'examen accéléré du texte voulu par le Premier ministre. Boris Johnson a donc annoncé qu'il suspendait l'examen de l'accord conclu avec Bruxelles par le Parlement jusqu'à ce que l'Union européenne prenne une décision sur un report de la date définitive. Apaisement de la guerre commerciale sino-américaine La reprise des discussions commerciales entamée en septembre entre les Etats-Unis et la Chine a permis d’aboutir à un accord entre les deux pays. En effet, Donald Trump avait besoin d’une trêve pour afficher une victoire et rassurer son électorat, notamment vis-à-vis des agriculteurs américains représentant son électorat pivot et directement impactés par ces tensions. Mais les plus gros enjeux (monnaie, transferts de technologie) de la guerre commerciale restent toujours en suspens. La seule avancée de cet accord concerne les droits de douane qui étaient censés monter de 25 % à 30 % pour 250 milliards de dollars d’importations chinoises. A la suite des négociations, le taux d’imposition est resté à son niveau actuel. Malgré des avancés peu significatives, ces nouvelles d’apaisement ont été accueillies avec enthousiasme par les marchés financiers (l’indice Dow Jones a gagné près de 1,5%, à la suite de cette annonce). Tensions toujours vives au Moyen-Orient Début octobre, l'Arabie saoudite a étudié l'offre de cessez-le-feu des rebelles yéménites Houthis afin de mettre fin au conflit déclenché par l’Arabie saoudite, en 2015. Désormais, le pays est au centre des rivalités régionales entre Riyad et Téhéran mais aussi Abou Dhabi, le Qatar et Oman, exacerbant des tensions déjà vives dans la région. Le 11 octobre, les prix du pétrole ont bondi après des explosions à bord d'un tanker iranien au large des côtes saoudiennes, ravivant les craintes d'un regain de tensions. La Banque Centrale Européenne face à des défis de taille Le 18 octobre Christine Lagarde a succédé à Mario Draghi à la présidence de la BCE. Dans un contexte économique instable, l’ancienne directrice du FMI doit ramener le calme dans les rangs de l’institution. Les mesures prises, le 12 septembre, sous l’impulsion de Mario Draghi face au ralentissement de l’activité ont en effet soulevé une violente vague de contestation parmi les gouverneurs de la zone euro. Cependant, les marges de manœuvre semblent limitées. En effet, la baisse du taux de dépôt, qui navigue désormais en territoire négatif, et la reprise des rachats de dettes publiques ont pris des allures de dernières cartouches pour la BCE tandis qu’un ralentissement mondial se profile. Des performances positives pour la grande majorité des secteurs Globalement, le mois d’octobre est marqué par une hausse de la majorité des secteurs. Le secteur financier marque la plus forte croissance de ce début d’automne : les Banques et l’Immobilier gagnent respectivement +2,5% et +4,8%. Les Assurances progressent de +2,2%, quand les Holding progressent de +3,4%. L’industrie clôture également dans le vert : l’Aéronautique & Défense gagnent +1,4%, les Biens d’équipement marquent la plus belle performance avec +4,5 %, les Matériaux de construction + 2,3%, tandis que l’Électronique reste stable, pénalisé par les performances d’Aixtron (-12,61%) et Nokia(-29,17%) Les biens de consommation affichent des performances moins homogènes. L’Agro-alimentaire recule de -11,1%, pénalisé par la mauvaise performance de Anheuser-Busch (-17,59%) et General Mills(-9,74%), tandis que l’Automobile continue sur sa lancée de septembre et progresse de +7,1%, grâce aux performances des groupes Valeo (+12,07%) et Fiat Chrysler (+17,32%). Après plusieurs mois de stabilité, le Luxe progresse de +4,8%. Le secteur des Services a également connu des performances hétérogènes : les Editeurs de Logiciels et jeux progressent de +8,2%, portés par Mandadori (+23,76%), les Services Informatiques chutent de-8,3% avec la mauvaise performance de Wirecard (-22,62%). Les Transports quant à eux progressent de +6,6%. Une baisse de la prime de marché Au mois d’octobre, la combinaison de la hausse des marchés et de la hausse du Bund 10 ans (assimilé au taux sans risque européen) a entrainé une baisse de la prime de marché de 8,29% à 8,11%. La prime de marché reste cependant bien supérieure à sa moyenne sur longue période. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Eric Lombard, Directeur Général de la Caisse des Dépôts « La Caisse des Dépôts, la planète et nous » Ce jeudi 10 octobre 2019, Eric Lombard, Directeur Général de la Caisse des Dépôts, est intervenu afin d’expliquer le rôle particulier de la Caisse des Dépôts et son implication croissante dans les questions environnementales.     Eric Lombard a débuté son intervention en rappelant les principales missions et le fonctionnement de la Caisse des Dépôts. Cette institution, vieille de plus de 200 ans, bénéficie d’un statut particulier. En effet, la Caisse des Dépôts fonctionne sans actionnaire mais dispose bel et bien d’un capital. Sous la juridiction de l’Assemblée nationale, elle est indépendante de l’exécutif et a pour mission de soutenir les politiques publiques. Après avoir souligné l’importance de la prise de conscience actuelle quant à la lenteur de la mise en place de solutions pour améliorer notre impact sur l’environnement, Eric Lombard nous expose la direction prise par la Caisse des Dépôts. Depuis son arrivée, la priorité est mise sur des projets et des investissements durables, ainsi que sur l’économie circulaire (définit comme un modèle de production de biens et services limitant le gaspillage des ressources et l’impact environnemental en réutilisant les déchets générés). Les institutions financières ont un rôle important à jouer dans le financement de projets à fortes composantes Responsabilité Sociale des Entreprises. La RSE regroupe l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les principes du développement durable. La Caisse des Dépôts tente de montrer l’exemple en prenant des décisions fortes telles qu’un engagement de « décarbonation » de ses actifs sous gestion. Depuis 2014, l’empreinte carbone du portefeuille d’actions cotées de la Caisse des Dépôts a été réduite de 37% et celle des obligations d’entreprises de 54%. De plus, depuis le début de l’année, la Caisse des Dépôts a mis en place une politique d’exclusion plus drastique. Elle n’investira plus, en direct ou via des fonds, dans les entreprises dont l’exposition aux activités carbonées dépasse 10% de leur chiffre d’affaires. L’objectif est d’autant plus difficile à atteindre que la Caisse des dépôts gère plus de 150 Mds€ d’actifs sous gestion, dont 55 Mds€ en actions.  L’institution souhaite amplifier le mouvement et avoir un impact sur les territoires, grâce à des initiatives au niveau local. En effet, 40% des émissions de CO2 sont liées au secteur des transports (dont 24% au transport de voyageurs) et 20% des émissions aux logements résidentiels. Par ailleurs, les logements sociaux représentent 18% des logements en France (5 millions de personnes), ainsi la Caisse des Dépôts s’est lancée dans de vastes plans de rénovation du parc immobilier afin de le rendre moins polluant. Il existe plus de 800 opérateurs sur ce secteur, avec lesquels la Caisse des Dépôts travaille en collaboration afin de rénover les HLM. La première étape du plan consiste à réaliser des travaux d’isolement thermique. Afin aider les locataires les moins aisés, la CDC a mis en place les éco-prêts à taux zéro. L’enveloppe de 4 Mds€ dont dispose la CDC, pour ces éco-prêts, a été utilisée aux ¾ afin de rénover 350 000 logements et a permis de faire économiser 650 M€ de charges aux locataires. Cependant, l’institution doit faire face à l’arbitrage entre la construction de nouveaux HLM, dont la demande est croissante, et la rénovation thermique des plus anciens. La deuxième phase du projet consiste dans la rénovation thermique des bâtiments publics. Les écoles ont notamment commencé à s’isoler thermiquement suite aux fortes chaleurs de l’été dernier. Désormais, la Caisse des Dépôts souhaite encourager les mairies à aller dans le même sens. La Caisse des Dépôts, en partenariat avec Bpifrance, a financé à hauteur de 18 Mds€ des projets dans le développement durable et l’économie circulaire. Le programme ayant connu un important succès, a été renouvelé à hauteur de 16 Mds€. Cependant, la question de la sélection des projets se pose, car peu d’entre eux répondent aux mêmes critères que les projets présentés lors de la première phase du programme. De plus, la Caisse des Dépôts se voit dans l’obligation de refuser certaines propositions de projets déjà très bien financés par le secteur privé. Elle a toutefois noté que les programmes qu’elle finance, moins visibles, sont appréciés des investisseurs privés. En moyenne, pour 1 € investit par la Caisse des Dépôts, le secteur privé investit 7 € supplémentaires.  La CDC encourage également les financements locaux menant à une économie plus durable, locale et circulaire. L’investissement à hauteur de 70 M€, dans une centrale thermique qui produit de l’énergie à partir des déchets du BTP, près de Besançon, est le parfait exemple de ce type d’investissement. Cependant, la Caisse des Dépôts est consciente de l’importance de la concertation à un niveau plus global. Les initiatives locales restent limitées et la problématique des énergies renouvelables, plus particulièrement l’implantation des usines et des ZAC proches de parcs produisant de l’énergie d’origine renouvelable, ne pourront venir que de projets nationaux. Il est important de souligner l’intérêt financier des projets de développement durable, illustré par la rentabilité de 8% dégagée par la Caisse des Dépôts au cours de l’exercice 2018. De plus, lors de sa dernière émission obligataire « développement durable », en juin dernier, la Caisse des Dépôts a bénéficié d’un taux à -0,26%, pour financer des projets verts. Pour conclure, la Caisse des Dépôts souhaite faire prendre conscience de l’importance du développement durable. Pour cela, elle dispose d’une enveloppe importante pour investir dans des projets locaux en phase avec ses objectifs. Cependant, la Caisse des Dépôts est consciente de ses limites et interpelle sur la nécessité d’une concertation à un niveau global afin d’avoir des schémas directeurs qui puissent orienter les décisions locales.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 septembre 2019

    Figure 1 : Evolution des marchés Source : Associés en Finance Le rebond des marchés actions marqué par une bonne performance des bourses européennes Cette rentrée 2019 marque un rebond des marchés actions après la baisse connue au mois d’août. Les indices européens affichent de belles performances sur le mois de septembre : +4,0% et +3,4% respectivement pour l’EuroStoxx 50 et l’EuroStoxx, et +3,4% et +4,0% pour le CAC 40 et le DAX. Le S&P 500 gagne +1,7%, tandis que l’indice technologique du Nasdaq reste stable à +0,5%. Sur le marché des changes, l’euro poursuit sa baisse face au dollar, expliquant le surplus de performance des indices européens exprimés en euro par rapport au dollar. Depuis le début de l’année, les valeurs américaines progressent davantage que les européennes (exprimées en dollar) avec une hausse de +18,6% pour le S&P 500 et +20,0% pour le Nasdaq tandis que l’EuroStoxx affiche une croissance de +12,6% en dollar. La volatilité des marchés actions a retrouvé des niveaux proches de sa moyenne annuelle sur une grande partie du mois de septembre avec des indices VIX et VStoxx oscillant autour de 15 entre le 6 et le 23 septembre. Les deux indices sont repartis à la hausse en fin de mois pour clôturer à 16,24 pour le VIX et 15,83 pour le VStoxx. Tensions commerciales sino-américaines, conflit géopolitique au Moyen-Orient, Ukraingate et Brexit dur : les sources de tensions économiques se multiplient en cette rentrée 2019 Alimentées par l’inversion de la courbe des taux à la fin du mois d’août, des indicateurs macroéconomiques décevants, et la multiplication des tensions politico-économiques, les craintes de l’arrivée prochaine d’une récession se sont intensifiées au mois de septembre. En Europe, Boris Johnson s’enlise dans un conflit avec la Parlement britannique après la décision finale de la Cour suprême rendue le 24 septembre qui a jugé illégale la suspension du Parlement imposée par le Premier Ministre. Plus tôt dans le mois, les Lords avaient adopté une proposition de loi sur le report du Brexit en cas d’absence d’accord le 31 octobre prochain. Tous ces rebondissements penchent en faveur d’un report du Brexit à la fin l’année, voire au début de l’année prochaine avec la tenue probable d’élections anticipées au Royaume-Uni. Enfin au Moyen-Orient, de nouvelles attaques revendiquées par les rebelles yéménites houthis ont été perpétrées contre deux sites pétroliers de la société saoudienne Aramco. Dès le lundi suivant à l’ouverture de la bourse, le cours du Brent a bondi de +14,2%. Ces nouvelles attaques cristallisent encore davantage les tensions entre les États-Unis et l’Iran (allié des rebelles yéménites) qui risqueraient de déraper et provoqueraient sans doute une flambée des prix du pétrole. Concernant la guerre commerciale sino-américaine, la tendance est à l’apaisement. Pékin et Washington ont en effet annoncé le 11 septembre vouloir faire une pause dans l’escalade de la guerre commerciale qui les oppose depuis maintenant plus d’un an. Cette annonce qui devrait être matérialisée par une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping courant octobre annonce la reprise des négociations. En outre, l’approche des élections américaines pourrait pousser Donald Trump à se montrer davantage coopératif, ce qui augmenterait la probabilité de conclusion d’un accord entre les deux nations avant la fin de l’année. Relevons cependant l’entrée en vigueur au 1er septembre de nouveaux droits de douane américains de 10% sur 300 Mds$ d’importations chinoises sans grandes conséquences sur les marchés mondiaux qui avaient anticipé cette annonce faite au cours du mois d’août. Les banques centrales en ordre de bataille pour soutenir l’économie Face à la multiplication des sources de tensions économiques sur le plan international, les principales banques centrales mondiales ont initié depuis le début d’année un mouvement d’assouplissement de leur politique monétaire. Ainsi, à l’issue de la réunion du Conseil des Gouverneurs qui s’est tenue le 12 septembre, la BCE a annoncé 5 mesures d’assouplissement monétaire : La baisse du taux de dépôt de 10 pb, à -0,5% ;La reprise du Quantitative Easing à un rythme mensuel de 20 Mds€ à partir du 1er novembre ;Le réinvestissement des remboursements des titres achetés dans le cadre des programmes de Quantitative Easing sur une longue période ;L’assouplissement des conditions des opérations de refinancement à long terme (TLTRO) ;La mise en place d’un système de rémunération à deux paliers, qui exclura les fonds en excès des réserves obligatoires placés sur les comptes des banques à la BCE d’une rémunération à taux négatif. Une semaine plus tard, la Réserve fédérale américaine a, à son tour, officiellement annoncé une nouvelle baisse d’un quart de point sur son principal taux directeur, la deuxième en deux mois. Précisons cependant que ces décisions de relance monétaire sont de plus en plus en proie aux critiques au sein même des institutions financières. La décision de la FED a été adoptée à 7 voix contre 3, tandis que la BCE exhorte les gouvernements européens, notamment l’Allemagne, à prendre le relais en mettant en place des relances budgétaires. Des performances positives pour la grande majorité des secteurs Globalement, le mois de septembre est marqué par la bonne reprise des valeurs cycliques. Le secteur financier marque le plus fort rebond de la rentrée : les Banques et les Banques d’Investissement gagnent respectivement +9,0% et +7,3%. Les Assurances engrangent +7,8%, tirées par la très bonne performance d’Axa de +12,3% sur la période. Les infrastructures clôturent également dans le vert avec des performances cependant plus modestes : le BTP & Concessions gagnent +1,3%, les Télécoms +4,3% et enfin les Utilities +4,0%. Les biens de consommation affichent des performances moins homogènes. L’Agro-alimentaire recule de -0,4%, tandis que l’Automobile progresse de +6,1%. Le Luxe, fortement exposé aux exportations et donc aux tensions commerciales internationales, croît timidement de +1,7%. Parmi les valeurs industrielles, l’Électronique marque la plus belle performance avec +7,3%, tandis que l’Aéronautique & Défense reste quasi-stable avec +0,4%, pénalisé par la mauvaise performance d’Airbus (-4,90%). Une baisse de la prime de marché Au mois de septembre, la combinaison de la hausse des marchés et de la hausse du Bund 10 ans (assimilé au taux sans risque européen) a entrainé une baisse de la prime de marché de 8,55% à 8,29%. La prime de marché reste cependant bien supérieure à sa moyenne sur longue période. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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  • Club de Gestion Financière Lire la suite

    Club de Gestion Financière

    Patrick Artus, Chef économiste et membre du comité exécutif de Natixis « Un monde en mouvement : Inquiétudes fondées ? » Ce jeudi 12 Septembre 2019, Patrick Artus, Chef économiste et membre du comité exécutif de Natixis, est intervenu sur l’actualité économique mondiale, notamment sur les risques de récession et leur impact sur les marchés financiers. Patrick Artus débute son intervention en soulignant le pessimisme ambiant concernant la santé de l’économie mondiale, mettant en avant une étude de la NABE réalisée auprès de 226 économistes américains : 80% d’entre eux déclarent craindre une récession en 2020 ou 2021. Bien que la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine laisse craindre d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, son impact reste marginal : les augmentations de droits de douane décidées par Donald Trump ne représentent que 0,11% du PIB mondial. La principale cause du ralentissement de la croissance mondiale, qui est passée d’un niveau annuel de +3/4% à +2,5% cette année, réside dans la baisse des importations chinoises. L’économie du pays, dont l’ensemble des indicateurs se dégradent, évolue d’un modèle économique axé sur l’industrie à un modèle axé sur la consommation. Cette transition implique un besoin moins important de ressources et diminue en conséquence leurs importations, ce qui nuit au secteur industriel mondial et notamment à l’Allemagne. Malgré ce ralentissement observé de la croissance mondiale, une récession demeure peu probable du fait de l’univers de taux bas : les crises économiques récentes ont été déclenchées lorsque des agents économiques se sont trouvés brusquement placés en situation d'insolvabilité (par exemple les ménages modestes américains incapables de rembourser leur crédit immobilier en 2007). Or, dans une situation de taux d'intérêt négatifs, l’ensemble des agents demeure solvable, en témoignent les niveaux des taux de défaut actuels à leurs plus bas historiques. Le deuxième thème abordé est celui de la politique monétaire orchestrée par les banques centrales afin de lutter contre l’absence d’inflation. Malgré le plein emploi aux Etats-Unis et dans certains pays de l’Union Européenne, l’inflation demeure inférieure aux niveaux visés. La raison principale est que le plein-emploi n'a pas entraîné d'accélération des coûts salariaux unitaires, car on observe une forte déformation du partage des revenus en faveur des profits et au détriment des salariés. Cette déformation implique une forte hausse des marges bénéficiaires des entreprises et un ralentissement des hausses de salaire. De plus, la flexibilisation du marché du travail, qui a entrainé une baisse de la syndicalisation et un recul de la protection de l’emploi, a causé le recul du pouvoir de négociation des salariés et empêche la hausse des salaires. Les annonces de la BCE attendues ce jeudi 12 septembre sont ensuite évoquées, à savoir une reprise du programme de quantitative easing et une baisse des taux d’intérêt. Le maintien des taux d’intérêt au niveau actuel ne présente pas que des avantages, car il engendre la subsistance d’entreprises zombies, la création de bulles sur certains actifs, notamment l’immobilier, ainsi que des difficultés pour les banques et assureurs dans la gestion de leur bilan (ou encore une migration des capitaux européens vers les Etats-Unis). Seul un choc économique important pourrait causer une remontée des taux, avec comme scénario « plausible » l’éclatement d’une bulle immobilière, le défaut d’un assureur européen ou encore l’élection d’un candidat issue de l’aile gauche du parti démocrate aux élections américaines de 2020. De plus, les marchés financiers anticipant le maintien des politiques monétaires expansionnistes des banques centrales, celles-ci se retrouvent piégées à devoir les maintenir, sous peine de causer une brutale chute des cours. Le dernier thème développé est celui des marchés financiers, notamment l’impact des taux bas sur la rentabilité attendue des actifs. Ceux-ci ont successivement causé l’écrasement de la prime de la plupart des actifs risqués, notamment les obligations high yield, causant la migration des investissements vers les actifs illiquides pour bénéficier d’un surplus de rentabilité (tel que l’immobilier et le private equity). Désormais, la prime d’illiquidité de ces derniers se contracte également, engendrant une chute de leur rentabilité attendue. Les actions européennes sont les seules à avoir résisté à ce mouvement. Cela s’explique par différents facteurs, notamment des résidents non européens ayant une vision négative de l’économie européenne prenant des positions vendeuses en actions et acheteuses en obligations ou encore des assureurs qui sont également en position vendeuse d’actions afin de répondre aux normes prudentielles pesant sur leur bilan. Cependant, les résultats des entreprises européennes demeurent satisfaisants, avec des bénéfices en hausse dus à la baisse des taux d’intérêt et à des salaires stagnants. Enfin, Donald Trump semble changer d’orientation stratégique à la veille des élections, cherchant davantage le compromis que la confrontation, en témoigne le limogeage de John Bolton. À la vue des différents éléments énoncés, l’optimisme est de rigueur sur le marché des actions en Europe. Pour conclure, Patrick Artus, qui admet que sa vision est plus optimiste que celle du consensus, nous invite à ne pas transposer les événements du passé et à éviter les raisonnements automatiques sur la durée des cycles économiques.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 août 2019

    Le marché actions en léger recul, dans la continuité d’un mois de juillet morose. Dans la continuité d’un mois de juillet décevant, les principaux indices boursiers ont une nouvelle fois reculé au mois d’août. La baisse est davantage marquée sur les indices européens : le DAX perd -2,6%, l’Euro Stoxx -2,0% et l’Euro Stoxx 50 -1,8%. Le CAC résiste légèrement mieux et affiche une performance négative limitée de -1,4%. Outre-Atlantique, le Nasdaq perd -0,9% et le S&P 500 -1,8%. La guerre commerciale sino-américaine demeure un catalyseur important pour les marchés Sur la scène internationale, les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ont connu une nouvelle escalade au cours du mois d’août après une courte accalmie mi-juin. Le 1er août, le président américain a annoncé dans un tweet l’instauration de tarifs douaniers supplémentaires de 10% sur300 Mds$ d’importations chinoises dès le 1er septembre. En représailles, Xi Jinping a annoncé le 6 août l’arrêt des achats de produits agricoles américains. En fin de mois, le président chinois a ravivé les tensions en menaçant d’augmenter les droits de douane de 5% à 10% sur 75 Mds$ d’importations américaines. En réponse, Trump a, à son tour, menacé sur Twitter d’augmenter la taxation de 25% à 30% pour les 250 Mds$ d’importations chinoises et de 10% à 15% les 300 Mds$ d’importations supplémentaires annoncées en début de mois. Dans ce contexte, il est toutefois important de rappeler que des élections américaines se profilent pour 2020 et que Trump a clairement l’intention de s’y représenter. Dès lors, son entêtement dans une guerre commerciale prolongée avec la Chine risquerait de lui porter préjudice et de compromettre ses chances de réélection. De son côté, la Chine, qui est économiquement plus dépendante des États-Unis que l’inverse, connaît un ralentissement tendanciel de son activité et pourrait bien jouer la montre en attendant les prochaines élections américaines, d’autant qu’elle doit dans un même temps faire face à un soulèvement populaire persistant à Hong Kong. Compte tenu de la publication d’indicateurs macroéconomiques semestriels en berne et des multiples points de tensions politiques à l’internationale, les banques centrales sont désormais au centre de l’attention des marchés financiers. Aux États-Unis, l’inversion de la courbe des taux (2/10 ans) corroborée par la publication d’un sondage de la National Association of Business Economists auprès des économistes américains dont 38% prédisent une entrée en récession en 2020, ont cristallisé les craintes de récession. En Europe, les sujets sensibles sont multiples. L’Allemagne, dont l’économie est très tournée vers l’extérieur, a été fortement impactée par les tensions commerciales et le ralentissement du commerce mondial qui en a découlé. En Italie, la démission du président du Conseil, Giuseppe Conte, le mardi 20 août, pourrait conduire à la tenue d’élections anticipées. Enfin, au Royaume-Uni, Boris Johnson qui a obtenu la suspension du Parlement jusqu’à la mi-octobre, martèle sa volonté de sortir de l’UE le 31 octobre prochain, avec ou sans accord. C’est dans ce contexte d’incertitudes que s’est tenu le très attendu meeting annuel des banquiers centraux à Jackson Hole le 23 août dernier. Après la baisse des taux directeurs de 25 pb fin juillet, le Président de la Fed, Jerome Powell, a simplement promis d’agir « comme il convient » pour soutenir la croissance, sans donner d’indications claires. De son côté, la BCE a reconnu que le ralentissement économique pourrait être plus grave qu’attendu et s’interroge sur la forme que pourrait prendre les mesures de relance. La majorité des secteurs voit leur performance reculer Les secteurs industriels sont particulièrement touchés par les zig-zags dans les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine : les Biens d’équipements perdent -3,2%, l’Électronique -2,7% et les Matériaux de construction -1,8%. Seul le secteur Aéronautique/Défense tire son épingle du jeu avec une performance mensuelle de +2,5% en moyenne non pondérée. L’Automobile continue de décevoir avec une chute de -5,8% en moyenne pondérée (deuxième mois consécutif de baisse pour le secteur après un rebond au mois de juin). En cause, la baisse des perspectives de croissance mondiale du secteur, la contraction de la demande chinoise au premier trimestre, les menaces de taxation de Trump sur l’automobile européenne et les craintes réglementaires en termes d’émissions polluantes. Dans les services, la quasi-totalité des secteurs affichent des performances négatives (-3,9% pour les Services Informatiques, -2,7% pour les Services, -2,5% pour les Éditeurs de Jeux et -0,8% pour les Médias) tandis que la Distribution résiste avec +0,4%. Le secteur financier est également sévèrement touché : les Assurances perdent -6,8%, les Banques et les Banques d’Investissement décrochent respectivement de -5,6% et -5,9%. Du côté de l’infrastructure les Utilities et les Télécoms gagnent respectivement +3,3% et +1,1% tandis que l’Immobilier reste stable. Une prime de marché toujours en hausse L’enfoncement du rendement du Bund 10 ans en territoire négatif (-0,739 à fin août) conduit mécaniquement à une hausse de la prime de marché qui s’établit dorénavant à 8,55% (contre 8,18% au 31 juillet). Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 juillet 2019 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 juillet 2019

    Les marchés en légère baisse au mois de juillet après un premier semestre 2019 très positif Après un mois de juin très positif, les performances des principaux indices mondiaux ont connu un certain ralentissement (-2,5% et +0,5% respectivement pour l’Eurostoxx 50 et le S&P 500 en dollar, contre +8,2% et +6,9% au mois de juin). En effet, la conjoncture mondiale reste instable, le PIB mondial continue de croître mais la persistance des tensions commerciales a affecté les perspectives de redressement. A la suite de son discours du 4 juin sur les perspectives à long terme, J. Powell a précisé que la FED regardait de près les développements des tensions commerciales et ferait le nécessaire pour pérenniser la phase expansive. La FED sous l’impulsion de son directeur a décidé le 31 juillet de baisser les taux. Malgré une croissance correcte, d’environ 2,0 % au 2ème trimestre, la FED a réduit ses taux d’intérêt de 0,25 point (afin de les ramener entre 2 % et 2,25 %), tout en laissant la porte ouverte à une autre baisse des taux d’ici à la fin de l’année. Même si le contexte économique reste favorable cette baisse est justifiée par son directeur J. Powell comme une « assurance contre les risques », qui sont selon la banque centrale : la dégradation du contexte international (Chine et en Europe), les incertitudes commerciales et l’inflation, qui reste basse. Selon lui, cette décision devrait aider le pays à affronter ces risques. Cependant cette baisse a plutôt été mal accueilli par les marchés qui au fil des dernières semaines espéraient plusieurs baisses possibles d’ici à la fin de l’année (ce qui a semblé être écarté par le président de la FED lors de son discours). L’agenda a été précisé dans la guerre commerciale sino-américaine. Les gouvernements chinois et américains ont convenu de se rencontrer de nouveau début septembre aux États-Unis. Néanmoins le 31 juillet, Donald Trump s’est une nouvelle fois montré belliqueux vis-à-vis de Pékin sur Twitter, suspectant la Chine de ne pas honorer son engagement d’augmenter ses achats de produits agricoles américains. La guerre commerciale qui empoisonne depuis plus d’un an les relations entre Pékin et Washington et qui est maintenant étendue au domaine technologique, affecte toujours le géant chinois des télécoms Huawei. Le groupe a été inscrit au mois de mai sur la liste noire de l'administration américaine pour des raisons de sécurité. Avant la reprise des négociations, le président américain avait estimé que la Chine jouait la montre et attendait l'élection présidentielle américaine de 2020, en espérant sa défaite. En conséquence de ce regain des tensions, les marchés financiers sont toujours dans l’attente d’un éclaircissement de la relation économique entre les deux pays, exprimant ainsi leur insatisfaction quant au caractère trop limité des accords conclus et de l’avancée des discussions. En Europe, la nomination de Christine Lagarde au poste de présidente de la BCE le 2 juillet 2019 a été plutôt saluée par les analystes économiques, qui voient dans son profil plus politique un atout majeur en vue des négociations à venir. Le 25 juillet, M. Draghi a annoncé qu'il pourrait à nouveau assouplir sa politique monétaire en agissant dès septembre pour contrer le ralentissement de l’économie européenne et la faiblesse de l’inflation. Selon les observateurs, les mesures les plus probables sont : (i) qu’il commence par baisser le taux de dépôt qui est aujourd’hui de -0,4 %, et (ii) qu’il lance de nouveaux rachats de dettes publiques et privées. Durant sa conférence de presse du 25 juillet, le président de l’institution, Mario Draghi, a dressé un tableau plutôt sombre de la conjoncture actuelle. Malgré la bonne résilience de l’emploi en zone euro, les tensions commerciales, le ralentissement mondial et les craintes d’un Brexit sans accord pèsent sur l’activité. Suite à cette annonce l’euro est tombé à 1,11 dollar, son plus bas niveau depuis 2017, avant de se ressaisir, tandis que les taux d’emprunt à dix ans allemands et français se sont enfoncés un peu plus encore sous la barre du zéro, respectivement à -0,42 % et -0,18 %. Le mois de juillet a été plutôt neutre concernant le pétrole, avec un prix du baril qui est resté stable (+0,0% au cours du mois). Cette évolution est surprenante au regard des événements entre les USA et l’Iran. De plus, les prix du pétrole ont sensiblement varié autour du 15 juillet, alors que la tempête tropicale Barry passait dans le Golfe du Mexique (qui est une zone de production importante). Mais cette dernière n’a visiblement pas fait trop de dégâts, ce qui a fait revenir le prix du baril à son niveau initial. Une rentabilité variée suivant les secteurs Les secteurs ont affiché une performance assez variée au cours du mois de juillet. Parmi les produits de base, les Minerais & Métaux subissent une forte correction de -8,9% (après une forte hausse avec +15,1% en juin) tandis que l’industrie chimique, l’énergie et les papier/emballages affichent des performances comprises entre -1,5% et +1,9%. Les secteurs industriels enregistrent également une rentabilité neutre avec pour seule exception le secteur de l’Electronique qui a connu une hausse de +5,7%, tout comme l’Agro-alimentaire et les Loisirs qui enregistrent des performances mensuelles respectives de +6,6% et +5,3%. Les rentabilités sont aussi contrastées parmi les services qui sont freinés par les Editeurs Logiciels et Jeux (-6,1%) mais tirés par la Distribution (+2,3%), les Services (+2,2%) et les Services Informatiques (+2,6%). Le secteur financier a lui aussi connu des rentabilités variées avec une hausse pour les Banques d’investissements (+2,3%) et une baisse pour les Banques (-2,0%) et l’Immobilier (-3,2%). Une prime de marché en légère hausse La baisse des taux d’intérêt en Europe a conduit à une prime de marché de 8,18% à fin juillet, en légère hausse par rapport à fin juin (7,90%). Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 juin 2019 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 juin 2019

    Les marchés en hausse au mois de juin viennent conclure un premier semestre 2019 très positif Après un mois de mai mitigé, les performances des principaux indices mondiaux sont reparties à la hausse (+8,2% et +6,9% respectivement pour l’Eurostoxx 50 et le S&P 500 en dollar, contre -7,2% et -6,6% au mois de mai). Les tensions commerciales, qui avaient joué un rôle de catalyseur dans l’évolution des marchés au mois de mai, se sont apaisées en juin. Dans un discours sur les perspectives à long terme, J. Powell a précisé le 4 juin que la FED regardait de près les développements sur les tensions commerciales et ferait le nécessaire pour pérenniser la phase expansive. De cette manière, il a considérablement renforcé les anticipations d’assouplissement monétaire. En marge du G20 le 29 juin, la Chine et les Etats-Unis ont accepté de reprendre leurs négociations commerciales. Washington a accepté de lever sa menace d’imposer de nouvelles taxes à l’importation, permettant ainsi d’apaiser les tensions. Cependant, aucun agenda précis n’a été communiqué à la suite de cette rencontre et aucun engagement n’a été pris à l’exception de celui de la Chine qui a garanti l’achat de produits agricoles américains. Le ton à l’égard de Huaweï a également semblé nettement plus conciliant, même si Trump ne s’est pas engagé formellement à remettre en cause sa décision prise à la mi-mai de quasi-bannissement de l’opérateur chinois du territoire américain. Par conséquent, la réaction des marchés financiers a été plutôt favorable mais, compte tenu du caractère limité de l’accord, le contexte global reste incertain. Concernant le Mexique, l’accord trouvé le 7 juin sur l’immigration entre Washington et Mexico, a évité l’application de droits de douane sur les produits mexicains importés aux Etats-Unis. En Europe, le momentum économique reste décevant ces dernières semaines. Le 18 juin, M. Draghi a considérablement assoupli son discours lors de son intervention à Sintra. Le président de la BCE a déclaré que la banque centrale assouplirait de nouveau sa politique si l'inflation ne remontait pas, en précisant que l'hypothèse de nouveaux achats d'obligations, celle d'une baisse de taux et celle d'une modification du discours sur l'orientation future de la politique monétaire avaient toutes été « soulevées et débattues » lors de la réunion du Conseil des gouverneurs au début du mois. Son discours a fait baisser l'euro et les rendements des emprunts d'état du continent. Le Bund a ainsi atteint un point bas historique à -0,36% début juillet, se situant désormais en dessous du JGB 10 ans (-0,15%). Ces mesures de soutien laissent peu de place à d'éventuels désaccords lors de la prochaine réunion de politique monétaire, le 25 juillet. Mais elles semblent nécessaires face à la guerre commerciale et aux inquiétudes suscitées par les finances publiques italiennes. Sur le marché secondaire des titres de dette, les taux français à dix ans ont chuté sous la barre symbolique du 0 %, tandis que l’euro est tombé à 1,12 dollar, déclenchant l’ire de Donald Trump. Le départ de M. Draghi en octobre prochain et le processus de nomination qui s’en est suivi n’a pas été de nature à faciliter la conduite de la politique monétaire à court terme. Cependant, la nomination de Christine Lagarde au poste de présidente de la BCE le 2 juillet 2019 a été plutôt saluée par les analystes économiques, qui voient dans son profil plus politique un atout majeur en vue des négociations à venir. Le mois de juin a été plutôt neutre concernant le pétrole, avec un prix du baril qui a légèrement augmenté (+2,3% au cours du mois). Cette hausse reste très modérée au regard des événements entre les USA et l’Iran. Le 21 juin, dans une série de tweets, le président américain a confirmé qu’une riposte armée avait été lancée contre l’Iran mais qu’il l’avait finalement stoppée « dix minutes avant la frappe ». Washington voulait punir Téhéran, accusé d’avoir abattu un drone américain dans le Golfe. Cet événement est l’aboutissement d’une montée des tensions entre les deux pays depuis les attaques contre deux tankers norvégien et japonais qui naviguaient en mer d’Oman près du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique à l’échelle mondiale, attribuées par Washington à Téhéran. Une hausse généralisée La quasi-totalité des secteurs ont affiché une performance positive au cours du mois de juin, à l’exception du secteur Immobilier en léger repli de -0,8%. Parmi les produits de base, les Minerais & Métaux marquent la plus forte hausse avec +15,1% suivis par l’industrie chimique avec +10,0%. Les secteurs industriels enregistrent également une belle performance avec +9,8% pour les Biens d’équipement et +9,1% pour l’Aéronautique & Défense. L’automobile quant à elle marque l’un des plus forts rebonds avec une performance de +7,2% contre -14,8% le mois dernier. Les rentabilités sont plus contrastées parmi les services qui sont tirés par les Services Informatiques (+8,4%) et les Editeurs de logiciels et de jeux (+8,2%), mais freinés par la Distribution (+0,2%) et les Médias (+1,1%). Une prime de marché en baisse La hausse des marchés actions a conduit à une baisse de la prime de marché qui s’établit désormais à +7,88% contre +8,08% à fin mai. La baisse modérée des taux d’intérêt en Europe (évolution du taux du Bund de -13 pb) a légèrement atténué cette baisse de -0,20%. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie «Apprenons à aimer Trump : Quelles perspectives pour les marchés?» Ce jeudi 13 Juin 2019, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, est intervenu sur l’impact de la politique de Donald Trump, et notamment sa guerre commerciale avec la Chine, sur les marchés financiers. Jean-Pierre Petit a débuté son intervention en soulignant l’influence considérable de Donald Trump sur les marchés financiers mondiaux, le caractérisant au passage comme le président américain le plus interventionniste depuis la fin de la seconde guerre mondiale.  Pour rappel, dans les années 1970, les États-Unis et la Chine avaient amorcé un rapprochement dans le but de lutter contre leur adversaire commun : l’URSS. La Chine était alors au plus bas niveau commercial et économique de son histoire contemporaine. 50 ans plus tard, la Chine a réalisé une montée en puissance exceptionnelle, que ce soit d’un point de vue commercial, économique, technologique, politique ou encore militaire. Cependant, le duel entre les États-Unis et la Chine demeure déséquilibré en faveur des États-Unis pour deux raisons. D’une part, les relations commerciales sont aujourd’hui favorables aux américains : les importations en provenance de Chine sont presque 4 fois plus importantes que les exportations américaines vers la Chine. D’autre part, les États-Unis représente encore aujourd’hui près de 30% de la consommation mondiale quand la Chine en représente à peine 10%. Si un accord entre les deux puissances était espéré au G20 du 29 juin à Osaka, il semblerait que cela ne soit aujourd’hui plus le cas. En effet, Trump, qui a débuté sa campagne électorale le 16 juin en vue de sa réélection, semble régulé par trois facteurs : la conjoncture de l’emploi, les marchés financiers et sa cote de popularité. Et même si son offensive à l’encontre de la Chine a été bien accueillie par les entreprises américaines ainsi que par certains partisans du parti démocrate, sa popularité actuelle est affaiblie par plusieurs facteurs : le ralentissement du rythme des créations d’emplois, le plafond de la dette fédérale bientôt atteint (au mois d’octobre) et les attaques des démocrates à son encontre. La guerre commerciale que livre Trump contre la Chine a déjà entrainé une hausse de +10% à +25% des droits de douane sur certains produits chinois importés aux Etats-Unis et prévoit de nouvelle taxation à hauteur de 25% sur 300 Md$ d’exportations chinoises supplémentaires. Ces mesures protectionnistes devraient accroître le taux moyen de taxation à 28% sur les importations chinoises contre 3,5% en 2017. Néanmoins, ce niveau est à nuancer avec le taux moyen de taxation de 38% pratiqué contre les pays non membre de l’OMC. En représailles, la Chine a récemment menacé de surtaxer les terres rares (métaux indispensables à la production de bons nombres d’équipements électroniques) dont elle détient 70% de la production et 40% des réserves. La menace potentielle d’une vente massive de Treasuries américain détenu par la Chine est quant à elle peu probable. D’abord parce que l’importance donnée à la Chine dans ce domaine est largement surestimée. En effet, elle possède moins de 7% de l’encours total de Treasuries (qui s’élève à 16 000 Mds$) et la Fed est en capacité d’intervenir en cas de correction obligataire non justifiée par les fondamentaux américains. Ensuite, parce que cela aboutirait inexorablement à dévaloriser les obligations détenues par la Chine et à apprécier le Renminbi. Enfin, il ne faut pas oublier que le rendement/risque/liquidité des govies américains reste très attractif par rapport aux marchés occidentaux « concurrents » : Japon, Allemagne, … Jean-Pierre Petit dresse ensuite un bilan économique satisfaisant des États-Unis et de l’Europe en ce milieu d’année 2019. L’économie américaine maintient sa bonne dynamique portée par la consommation de ses ménages celle-ci étant soutenue par l’augmentation des bas salaires. Quant au débat concernant l’endettement aux Etats-Unis, il semble infondé. En effet, l’endettement des particuliers diminue et bien que celui des entreprises augmente le ratio de couverture « EBITDA/Charges d’intérêt » demeure à un niveau largement soutenable en raison des faibles taux d’intérêt. Ces éléments laissent penser qu’un scénario de récession à court terme est à écarter. La conjoncture chinoise est quant à elle légèrement moins bonne avec une croissance qui devrait évoluer à des taux compris entre +6,2% et +6,3% mais qui laisse une certaine marge de manœuvre au gouvernement chinois. Enfin, l’économie européenne semble prendre la bonne direction avec un taux de chômage en baisse et des ventes au détail qui évoluent dans le bon sens malgré une absence d’inflation. La conclusion apporte finalement des éléments de réponse à l’intitulé un brin provocateur « Apprenons à aimer Trump » avec un inventaire des décisions bénéfiques prises par le président américain, à savoir : ses attaques contre le mercantilisme chinois et allemand, la responsabilisation de l’Union Européenne dans sa politique de défense, ses pressions sur la FED, son pragmatisme économique et surtout la puissance de son interventionnisme qui va à l’encontre de la fatalité de l’impuissance publique, principal levier des mouvements populistes.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mai 2019

    Les marchés secoués au rythme des tensions commerciales La tendance haussière initiée depuis le début de l’année 2019 s’est trouvée mise à mal au mois de mai. Les performances des principaux indices mondiaux ont chuté (-7,2% et -6,6% respectivement pour l’Eurostoxx et le S&P 500 en dollar, contre +4,7% et +3,9% au mois d’avril). Les tensions commerciales ont joué un rôle de catalyseur dans l’évolution des marchés tout au long du mois de mai. Le 5 mai, Trump a annoncé que les taxes sur 200 Mds$ de produits chinois seraient relevées de 10% à 25% et a menacé sur Twitter de taxer 325 Mds$ d’importations chinoises supplémentaires. Alors que les négociations entre les États-Unis et la Chine semblaient sur la bonne voie depuis janvier, cette nouvelle menace du président américain a de nouveau ébranlé les principales places boursières. Le 19 mai, Trump a officialisé sa position contre le géant chinois des télécoms Huawei en signant un décret interdisant aux groupes télécoms américains de faire affaire avec ce dernier. Quelques jours plus tard, Google, suivi de Panasonic, annoncent l’arrêt de leurs relations commerciales avec le groupe chinois, entrainant de fortes corrections sur le cours des valeurs technologiques. Le secteur des semi-conducteurs a également été sévèrement touché par la nouvelle. Par ailleurs, Trump est prêt à étendre sa guerre commerciale à d’autres pays que la Chine. Le Mexique, qui constitue le 2ème partenaire commercial des États-Unis, devrait faire l’objet d’une augmentation des droits de douanes de +5% sur tous les biens importés. Une mesure qui devrait être effective à compter du 10 juin et qui devrait augmenter à 10% au 1er juillet, puis de +5% chaque mois jusqu’à 25% si aucun accord concernant l’immigration clandestine mexicaine n’est trouvé avec les autorités d’ici là. Du côté de l’Europe, l’environnement politique demeure instable. L’annonce de la démission de Theresa May pour le 7 juin et la probabilité croissante de voir Boris Johnson accéder au 10 Downing Street augmente les chances d’un No Deal à l’automne prochain, tandis que les élections européennes, qui se sont déroulées entre le 23 et 26 mai, ont d’avantage bénéficié aux partis populistes et eurosceptiques. Cependant, le vrai enjeu de cette élection pour les marchés financiers demeure la nomination du remplaçant de Mario Draghi à la tête de la BCE, qui pourrait influer fortement sur la situation économique européenne à l’heure où les deux grandes puissances économiques mondiales (les États-Unis et la Chine) s’enlisent dans une guerre commerciale. Quoi qu’il en soit, face à la vulnérabilité de la zone euro dans ce contexte de tensions commerciales, la BCE devrait poursuivre son positionnement dovish sur les prochains mois. De son côté, la Fed, qui avait déjà abandonné l’idée de relever ses taux le mois dernier, devrait commencer à les baisser dans la 2ème partie de l’année. La première nouvelle réconfortante est à chercher du côté du secteur automobile européen, à la suite du report de 6 mois des éventuelles tarifications douanière américaines et de l’annonce stimulante d’un projet de rapprochement entre Renault et Fiat-Chrysler. Enfin, le prix du baril a plongé de -13,5% au cours du mois de mai en réponse au regain de tensions commerciales sino-américaine et notamment de la menace de Pékin de répliquer aux pressions américaines par l’arrêt des exportations de terres rares, minéraux indispensables à la production des équipements technologiques. Le brent a perdu -9,5% sur les 4 dernières séances de cotation du mois (passant de 61,45$ à 55,61$ le baril). Une baisse généralisée La quasi-totalité des secteurs ont souffert des tensions commerciales mondiales, à l’exception des Opérateurs de Marché qui signent une performance de +4,1%. Les secteurs industriels sont les plus sévèrement touchés : les Minerais & Métaux et la Chimie perdent respectivement -17,5% et -12,2%. Le secteur Automobile toujours sous le joug des menaces protectionnistes dévisse en bourse et affiche une rentabilité pondérée de -14,8% sur le mois de mai. Le secteur financier affiche des performances négatives, plombé par un climat économique mondiale morose. Les banques et les banques d’investissement perdent -13,9% au cours du mois. Une prime de marché en hausse La baisse des taux d’intérêt en Europe (évolution du taux du Bund de -213 point de base) et la baisse des marchés actions ont conduit à une hausse de la prime de marché qui s’établit désormais à 8,08% contre 7,31% à fin avril. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Dominique Gaillard, Président de France Invest « Le Private Equity : une réelle opportunité aujourd’hui ? » Ce jeudi 23 Mai 2019, Dominique Gaillard, Président de France Invest, est intervenu au côté de Jean-Pierre Petit sur l’opportunité que représente l’investissement en private equity au sein des portefeuilles d’investisseurs institutionnels et particuliers.   Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, a lancé le débat en proposant un tour d’horizon macroéconomique du private equity. Cette classe d’actifs alternatifs, qui représente désormais près de 4% de l’actif des portefeuilles mondiaux, a connu un fort engouement depuis une dizaine d’années. Bien que le nombre de transactions soit resté relativement stable depuis 2010 (entre 3 000 et 4 000 opérations par an), le montant de ces opérations et les fonds collectés par les acteurs du private equity sont en forte croissance. Cette tendance est également visible à travers le développement d’un marché secondaire qui a dépassé les 55 Mds$ en 2018 alors qu’il s’établissait à 20 Mds$ en 2010. L’expansion du private equity s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs, dont l’environnement de taux bas, une hausse de la désintermédiation bancaire, une baisse du nombre d’entreprises cotées, une libéralisation des placements privés, une baisse du levier bancaire ainsi qu’une hausse de la rentabilité des entreprises, notamment américaines. En termes de performance, le private equity affiche une rentabilité intéressante, couplée à une volatilité relativement faible. Il est, avec les T-Bills 3 mois, l’une des seules classes d’actifs qui affiche un couple rendement / risque supérieur à 1. Il convient cependant de relativiser les performances non corrigées du risque, habituellement mis en avant par les acteurs du secteur, en tenant compte du risque et de la relative illiquidité. Enfin, à la vue de sa corrélation relativement faible avec le marché actions américain, le private equity offre une opportunité de diversification intéressante et son poids idéal dans un portefeuille diversifié devrait être de l’ordre de 15% contre 4% en moyenne actuellement. Dominique Gaillard, Président de France Invest, a ensuite prit la parole en soulignant le rôle du private equity dans le développement du tissu industriel français, notamment en termes de répartition de la création de valeur avec les salariés. Selon un sondage récent, 94% des employés d’entreprises ayant fait l’objet d’une prise de participation par un fonds de capital investissement se déclarent satisfait de la présence d’un actionnaire financier stable et bienveillant a posteriori, alors même que la moitié des salariés étaient réticent au moment de la prise de participation. Un autre levier important de création de valeur passe par la conquête de nouveaux marchés, la transformation de leaders régionaux en leaders nationaux et de leaders nationaux en leaders mondiaux. Pour ce faire, les fonds doivent mettre à la disposition des entrepreneurs tout leur savoir-faire, notamment dans leur développement par acquisition en les aidant à identifier les synergies possibles et les partenaires les plus pertinents.   Parmi les autres avantages, les fonds de private equity ont démontré une forte résilience durant la crise de 2008, ce qui a contribué à attirer de nouveaux types d’investisseurs tels que fonds souverains, et la frilosité des banques à octroyer des prêts a largement bénéficié au développement des fonds de dette privée, qui jouent aujourd’hui un rôle important dans l’environnement du private capital. Au titre des amélioration possibles, la création de fonds ouverts de private equity sur le modèle des SICAV, au sein desquels les investisseurs pourront entrer ou sortir à leur convenance, va permettre de pallier l’illiquidité des placements, première critique concernant l’investissement en non coté. La loi PACTE devrait également instaurer des améliorations réglementaires pour le secteur, avec notamment un régime fiscal spécifique pour les plus-values redistribuées par les fonds aux salariés des entreprises cédées, ce qui accentuera le partage de la valeur ajoutée entre les différentes parties. 
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 avril 2019

    Poursuite de la hausse des marchés La bonne dynamique boursière initiée depuis le début de l’année 2019 s’est poursuivie au mois d’avril. Les performances des principaux indices mondiaux sont positives (+3,9% et +4,7% respectivement pour le S&P 500 et l’Euro Stoxx en dollar), et sont également supérieures à celles du mois précédent. L’évolution des marchés a été animée par les nombreuses publications de résultats d’entreprise de part et d’autre de l’Atlantique. L’évolution des marchés a également été rythmée par les perspectives d’accord dans les négociations commerciales sino-américaines, la pause de la Fed, les perspectives de relance de l’activité en Chine et le rebond substantiel de l’appétit pour le risque. Sur le court terme (mois d’avril), le rallye actuel semble excéder les fondamentaux macroéconomiques, corrigeant ainsi les excès de pessimisme de la fin 2018. Le sujet du Brexit, quant à lui, ne fait quasiment plus réagir les marchés. Le président de la BCE, Mario Draghi, a délivré un message accommodant, évoquant des « risques » susceptibles de dégrader la conjoncture économique et indiquant disposer des outils nécessaires pour soutenir l’économie européenne. Bien que les issues des diverses négociations soient incertaines, les marchés ont conservé leur optimisme et la volatilité s’est maintenue à un niveau faible au mois d’avril. Cela s’est matérialisé par une stabilité de l’indice VIX (« l’indice de la peur ») à 13,12 à fin avril (vs. 13,7 à fin mars contre 25,42 à fin décembre 2018). Enfin, le prix du baril poursuit sa hausse initiée début 2019 (+6,8% au mois d’avril), suite à l’accord en janvier entre les pays de l’OPEP et la Russie sur la réduction de leur production. La hausse du prix du baril atteint +21,1% depuis le début de l’année 2019. Une hausse qui reste généralisée L’ensemble des secteurs a progressé en bourse au mois d’avril, à l’exception de la distribution (-2,3% en pondéré) et du papier/emballage (-1,6% en pondéré). Après avoir enregistré une performance négative en mars (-3,6% en pondéré), le secteur bancaire a rebondi en avril (+8,7%). L’optimisme des marchés a bénéficié aux secteurs les plus exposés à la croissance mondiale, tels que les Matériaux de construction (+10,2%) et l’Automobile (+9,4%).  Une prime de marché en baisse La hausse des taux d’intérêt en Europe (évolution du taux du Bund de +84 bp) et la hausse des marchés actions ont conduit à une baisse de la prime de marché actions par rapport à fin mars, qui s’établit désormais à 7,31% (contre 7,73%). Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Nicolas Baverez, Historien & Economiste « Quelles conditions à un sursaut européen en 2019 » Ce jeudi 11 Avril 2019, Nicolas Baverez, historien et économiste, est intervenu sur la question européenne au lendemain d’un sommet capital qui s’est conclu sur un report du Brexit au 31 octobre 2019. En guise d’avant-propos, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, rappelle les nombreux défis auxquels doit faire face l’Europe en 2019. Il cite notamment la complexe question du Brexit, les élections européennes, la récession italienne, la succession de Mario Draghi ou encore les offensives commerciales des Etats-Unis. Nicolas Baverez débute son intervention en présentant la situation politique actuelle de l’Europe, qu’il qualifie de dégradée. L’Union Européenne s’est construite sur les fondements des Etats de droit qui la constitue, attachés à une liberté seulement contrainte par les règles du marché commun. Ces bases ont été fortement secouées par les chocs économiques, politiques et sécuritaires du XXIème siècle, qui ont rendu le continent vulnérable, désarmé et isolé face aux nouveaux empires se disputant le leadership politique mondial. Du côté des oppositions extérieures, les Etats-Unis de Donald Trump agitent la menace des taxes sur les importations depuis plusieurs mois. La Chine, qui a investi plus de 145 Mds€ en Europe, a désormais le contrôle de nombreux actifs stratégiques européens, tandis que la Russie se constitue un véritable arsenal militaire et stratégique. Du point de vue économique, dans un monde où la technologie est devenue un des principaux vecteurs de croissance, les entreprises européennes accusent un retard considérable face aux GAFAM et aux entreprises d’état chinoises. Le manque de clairvoyance de la commission européenne sur les questions de préservation de l’industrie n’a pas été sans conséquences, avec un nombre d’entreprises européennes dans les 100 premières capitalisations mondiales qui est passé de 28 à seulement 12 en l’espace de dix ans. Dans ce contexte, la refonte de l’Union Européenne n’est plus un problème d’ordre économique mais un problème politique : il faut fonder un projet commun, alliant souveraineté et sécurité, permettant de répondre à la montée du populisme en Allemagne, en Italie et en Espagne. D’autre part, la règlementation européenne doit évoluer en faveur d’une protection de son industrie et doit être en mesure de répondre aux attaques américaines. Le projet de fusion Alstom-Siemens ou la perte des activités bancaires à forte valeur ajoutée au profit des banque américaines en sont les principaux contre-exemples. Pour mener à bien ce redressement, l’Europe peut compter sur un capital humain qualifié ayant un accès à l’éducation supérieure moins onéreux qu’outre atlantique, sur son marché intérieur de 500 millions d’habitants, ainsi que sur sa monnaie unique. Certaines réformes récentes dénotent d’une amélioration progressive de la direction de l’Union : la taxe sur les géants du numérique (taxe GAFA) instaurée dans plusieurs pays, qui doit cependant être accompagnée d’une véritable politique européenne d’innovation technologique, ainsi que la création d’un fonds européen de la défense, doté de 13 milliards d'euros, qui doit permettre la mise en place d’une stratégie européenne de sécurité. Le renforcement des liens unissant les 27 membres de l’Union Européenne lors des négociations sur le Brexit est également annonciateur d’une prise de conscience européenne sur le sujet. Lors des prochains mois, la recherche d’un nouveau président de la BCE qui poursuive les politiques mises en place par Mario Draghi s’avérera fondamentale. Erkki Liikanen, candidat finlandais présenté comme l’un des favoris pour le poste, semble correspondre à ce profil. Concernant le rôle de la France dans l’Union, celle-ci pourrait devenir un acteur clef de l’Europe post-Brexit, en jouant un rôle de pivot entre l’Europe du Sud et l’Europe du Nord. Enfin, à l’échelle des prochaines décennies, la liberté politique et le questionnement sur l’éventuelle sortie de l’Europe de l’histoire constitueront les deux grands enjeux historiques auxquels sera confronté le Vieux Continent.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mars 2019

    La hausse des marchés ralentie La bonne dynamique boursière initiée depuis le début de l’année 2019 s’est poursuivie au mois de mars, mais son intensité s’est quelque peu éreintée. Si les performances des principaux indices mondiaux sont légèrement positives (+1,8% et 0,2% respectivement pour le S&P 500 et l’Eurostoxx en dollar), elles sont sensiblement inférieures à celles des deux mois précédents. L’évolution des marchés a été rythmée par trois principaux déterminants, à savoir l’avancée des négociations commerciales sino-américaines, le Brexit et les annonces des politiques monétaires de la Fed et de la BCE. Les avancées des discussions entre les Etats-Unis et la Chine ont été moins manifestes que le mois dernier, mais les parties semblent optimistes quant à trouver un accord dans les prochaines semaines. Concernant le Brexit, le Parlement Britannique a rejeté le cas d’une sortie de l’Union Européenne sans accord avec Bruxelles. La Fed, lors de son dernier discours, s’est montrée accommodante, indiquant qu’elle ne relèverait pas ses taux cette année, mais qu’elle débuterait un resserrement monétaire en 2020. Enfin, la BCE s’est montrée peu rassurante, en abaissant ses prévisions de croissance pour la zone euro dans un premier temps, puis en annonçant la mise en place d’un système de prêts préférentiels aux banques, ce qui a eu pour effet de faire reculer sensiblement les taux d’intérêts. Bien que les issues des diverses négociations soient incertaines, les marchés ont conservé leur optimisme et la volatilité a continué de baisser au mois de mars. Cela s’est matérialisé par une baisse de l’indice VIX (« l’indice de la peur ») à 13,7 à fin février (vs. 14,8 à fin février). L’indice européen de volatilité implicite est quant à lui passé de 13,6 à 15,3, signe d’inquiétudes plus marquées en Europe. Enfin, le prix du baril poursuit sa hausse initiée début 2019 (+3,4% au mois de mars), suite à l’accord en janvier des pays de l’OPEP et de la Russie sur la réduction de leur production. La hausse du prix du baril s’établit à +28,1% depuis le début de l’année 2019. Une hausse qui reste généralisée L’ensemble des secteurs a progressé en bourse au mois de mars, à l’exception des Télécoms (-0,3% en pondéré) qui souffrent des investissements importants nécessaires aux plans de développement des sociétés (5G, accroissement de services, …). Bien que modéré, l’optimisme des marchés concernant l’issue du Brexit et les négociations entre les Etats-Unis et la Chine a bénéficié aux secteurs les plus exposés à la croissance mondiale, tels que l’Aéronautique (+13,4%), et l’Automobile (+11,9%).  La baisse de l’aversion au risque engendre des performances moins dynamiques pour les secteurs plus défensifs, tels que la Santé (+2,9%) et les Biens de Consommation (+3,3%), tandis que l’Immobilier et les Services Informatiques poursuivent leur rebond (+15,0% et +11,1% respectivement dans Trival®). Une prime de marché en hausse Le recul des taux d’intérêt en Europe (évolution du taux du Bund de -25 bp) a conduit à une augmentation de la prime de marché actions par rapport à fin février, qui s’établit désormais à 7,73% (contre 7,43%). Les marchés restent suspendus à l’avancée des deux évènements majeurs que sont les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et ses potentiels effets sur la croissance mondiale et le Brexit. Il semble donc encore opportun de rester prudent quant à un retour sur les marchés actions. Figure 2 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Embellie des Marchés : des fondements robustes » Ce jeudi 21 mars 2019, le Club était animé par Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie. La phase de bull market actuelle a 10 ans ! L’une des plus longues de l’histoire (juste après celle de 1987-2000) : depuis 2009, la performance réelle de l’indice S&P 500 a été de +244%. Ce bull market n’a pas connu de baisse cumulée supérieur à -20%, synonyme de bear market, même si le seuil n’a été préservé que d’extrême justesse lors de la dernière correction (plus de 19% entre le 20 septembre et le 24 décembre dernier). Ce bull market devrait a minima se poursuivre jusqu’au début 2020 car il n’existe pas de vecteur de bear market à horizon un an sur la base de l’expérience historique d’après-guerre (récession américaine, forte correction obligataire générée par un choc de politique monétaire, derating autonome des actions lorsque la valorisation est extravagante, augmentation considérable de l’aversion au risque). Aujourd’hui, le S&P 500 a déjà effacé les trois quarts de la correction depuis son point bas du 24 décembre 2018 et retrouve à ce stade du rebond le niveau observé lors de la vingtaine de corrections boursières connues depuis 1960. Mais il ne faudra pas s’attendre à des fortes performances. Si l’on en croit les précédents cycles haussiers, la performance des actions tend à graduellement décliner avec le temps (sauf dans les cas de bulles actions de fin de cycle comme durant les années 20 et 90). Le marché actions américain restera haussier, mais il sera avant tout un « marché tactique et opportuniste ». Si Jean-Pierre Petit pense que le bull market n’est pas terminé, cela ne l’empêche pas d’être prudent sur le court terme et d’examiner les risques. Il soutient l’idée que la consommation des ménages sera le facteur clef qui permettra au PIB mondial de résister. Il émet également l’hypothèse que la remontée des taux promise par Mario Draghi n’aura pas lieu. Le mandat de M. Draghi arrivera à son terme fin octobre 2019 et son successeur devrait être annoncé à la fin du premier semestre. Pour autant, une certaine passivité règne au sein des institutions européennes puisqu’à ce jour, aucun débat n’a eu lieu sur la nomination de son successeur. En Italie, les nouvelles élections qui devraient consacrer la victoire de La Ligue ne devrait pas avoir un impact négatif durable sur le marché actions. En conclusion, Jean-Pierre Petit suppose que les négociations quant au Brexit devraient se poursuivre bien après le 3 juillet 2019 et que le Front National et d’autres partis dit populistes en Europe ont abandonné l’idée d’un Frexit.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2019

    Les marchés poursuivent leur rebond Le mois de février a vu se poursuivre la bonne dynamique boursière initiée depuis le début de l’année 2019. Bien que leurs performances soient légèrement inférieures à celles du mois de janvier, les principaux indices mondiaux s’inscrivent en hausse. Les performances des indices Eurostoxx (en dollar) et S&P 500 s’établissent à +3,6% et +3,0% respectivement. L’évolution des marchés a été rythmée par trois principaux déterminants, à savoir la saison des publications de résultats de l’exercice 2018 des sociétés, l’avancée des négociations commerciales sino-américaines et le Brexit. Les publications de résultats ont été jugées plutôt positives par les marchés, aussi bien en Europe qu’outre Atlantique, ce qui est confirmé par les performances boursières de l’ensemble des secteurs (cf. ci-après). La rencontre des représentants (dont le Secrétaire au Trésor Steve Mnuchin) des gouvernements américains et chinois à Pékin a débouché sur le report de la date butoir fixée aux négociations (initialement le 1er mars pour la mise en place des pénalités douanières), ce qui a eu pour effet de rassurer les marchés. Concernant le Brexit, Michel Barnier a déclaré que l’accord négocié au cours des deux dernières années ne serait pas ouvert à une renégociation. Par ailleurs, la date du 29 mars 2019 à l’issue de laquelle la sortie du Royaume-Uni doit être prononcée, pourrait être reportée au mois de juin 2019, par Theresa May faute d’accord entre les parlementaires britanniques et Bruxelles. Dans ce contexte d’optimisme, bien que les issues des diverses négociations soient incertaines, la volatilité a continué de baisser au mois de février. Cela s’est matérialisé par une baisse de l’indice VIX (« l’indice de la peur ») à 14,8 à fin février (vs. 16,6 à fin janvier). L’indice européen de volatilité implicite est quant à lui passé de 15,1 à 13,6. Enfin, le prix du baril poursuit sa hausse initiée au mois de janvier (+9,6% au mois de février), suite à l’accord en janvier des pays de l’OPEP et de la Russie sur la réduction de leur production. La hausse du prix du baril s’établit à +23,9% depuis le début de l’année 2019. Une hausse qui reste généralisée Tout comme le mois précédent, le mois de février a vu l’ensemble des secteurs progresser en bourse, à l’exception du secteur des Télécoms (-1,9% en pondéré) qui souffre notamment des investissements importants nécessaires aux plans de développement des sociétés (5G, accroissement de services, …). L’amélioration des relations entre les Etats-Unis et la Chine a rassuré en février les marchés sur les perspectives de croissance. Les plus fortes hausses en bourse ont été à nouveau réalisées par les secteurs les plus exposés à la croissance mondiale tels que les secteurs Aéronautique (+14,2%), Automobile (+12,0%) et des Minerais et Métaux (+9,0%). Cette hausse est également visible au sein des secteurs tels que le Luxe (+8,2%) et le Tourisme (+7,5%).  La baisse de l’aversion au risque engendre des performances moins dynamiques des secteurs plus défensifs tels que la Santé (+2,7%) et les Biens de Consommation (+3,4%). Les secteurs Immobilier et des Services Informatiques poursuivent leur rebond (+12,4% et +10,8% respectivement dans Trival). Une prime de marché qui poursuit sa baisse Dans ce contexte du mois de février de hausse des marchés et de stabilité des taux d’intérêt en Europe (évolution du taux du Bund de +3 bp), la prime de marché actions a diminué par rapport à fin janvier, à 7,43% (contre 7,63%), dans un mouvement de retour vers sa moyenne de long terme (cf. graphique ci-dessous).  Les marchés ont bien réagi à la saison des publications qui s’achève en Europe mais restent suspendus à l’avancée des deux évènements majeurs que sont les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et ses potentiels effets sur la croissance mondiale et le Brexit. Il semble donc opportun de rester prudent quant à un retour sur les marchés actions. Figure 1 : Evolution de la Prime de Marché
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    Club de Gestion Financière

    Monsieur Le Président Nicolas Sarkozy Débat animé par Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « L’Europe : quelles solutions ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce lundi 11 févier 2019, le Club de Gestion Financière avait l’honneur de recevoir Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République. Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie a lancé le débat en présentant un tour d’horizon sur l’Europe. Il a rappelé que l’année 2017 avait été l’année de la renaissance de l’espoir pour l’Europe tant d’un point de vue économique que politique. La croissance de l’Union européenne, initialement prévue à +1,4% par le consensus, avait finalement atteint +2,5% et la percée attendue des « formations populistes » lors des élections en France ou aux Pays-Bas, ne s’est finalement pas produite. Cependant, l’année 2018 a « douché » ces espoirs, avec un puissant ralentissement économique au 2ème trimestre et la renaissance de risques politiques (victoire des « forces antisystèmes » en Italie, menaces de hard-Brexit au Royaume-Uni, fragilité politique d’Angela Merkel, crise des « gilets jaunes » en France,…). Nicolas Sarkozy a ensuite répondu à une série de questions portant sur l’Europe. L’ancien Président estime qu’il est important de partir du général afin de mieux comprendre ce qu’il se passe au sein des pays européens. Il explique ainsi que le monde a été orienté pendant des siècles autour d’un axe occidental tandis qu’aujourd’hui il tourne autour d’un axe oriental. Selon Nicolas Sarkozy, l’Occident est en train de disparaitre au regard d’une démographie toujours plus importante en Asie et en Afrique. Selon les prévisions, dans 30 ans, la population du Nigéria sera supérieure à celle des Etats-Unis. Le monde n’a encore jamais connu un tel choc démographique. Interrogé sur le Brexit, Nicolas Sarkozy y voit une catastrophe où tout le monde est perdant. Le Brexit est un problème européen car l’Europe va perdre une de ses nations les plus puissantes et le Royaume-Uni va se retrouver relativement seul car ils pourront difficilement compter sur le soutien des américains. Par ailleurs, la sortie du Royaume-Uni pourrait inspirer certains pays ou régions comme la Catalogne qui souhaiterait sortir de l’Espagne, ou le conflit entre les Flamands et les Wallons en Belgique. L’Italie pourrait également se montrer volontaire à une sortie de l’Union Européenne. Nicolas Sarkozy souhaiterait donc que le Royaume-Uni et l’Europe imaginent ensemble les 70 ans à venir et construisent l’Europe de demain. L’Afrique pourrait être un appui de taille pour soutenir l’Europe. Il faudrait instaurer un « plan Marshall » des infrastructures africaines. L’ancien Président pense également qu’il est important de créer un fonds monétaire européen et ne plus dépendre du FMI. En effet, selon lui, la politique budgétaire européenne doit rester indépendante des Etats-Unis. Un autre sujet évoqué est celui du rôle de la BCE dans l’économie européenne. Selon Nicolas Sarkozy, l’immobilisme de la BCE durant son mandat a constitué un frein à l’amélioration rapide de la situation économique de l’Union européenne. La politique de Mario Draghi a ensuite permis d’apaiser la crise relativement rapidement. Le troisième sujet portait sur l’endettement grandissant des pays. Nicolas Sarkozy estime qu’un endettement est très souvent créateur de valeur s’il soutient des projets ambitieux. En effet, le « Grand Emprunt » de 2010 qui a mobilisé près de 60 Mds€ avait permis la construction de la ligne à grande vitesse entre Paris et Bordeaux, il a également permis de connecter le territoire français à la 4G. Cet endettement était nécessaire et a permis de donner du dynamisme à l’économie française car, selon lui, « c’est le projet qui fait l’argent et non pas l’argent qui fait le projet ». Il préconise d’ailleurs de recourir une nouvelle fois à l’emprunt pour un nouveau plan de grands travaux. Enfin, le 4ème et dernier sujet abordé est celui de la relation entre l’Europe et la Russie. Sur ce thème, Nicolas Sarkozy évoque son désarroi de voir la Russie se tourner vers la Chine plutôt que vers l’Europe. En effet, l’Europe a tendance à suivre les directives des Etats-Unis qui ont instauré des sanctions envers la Russie suite évènements en Ukraine. Ces sanctions peuvent sembler contre-productives, car l’Europe a besoin de la Russie pour faire face à la montée en puissance de l’Asie. En conclusion, Nicolas Sarkozy souligne l’intérêt qu’il pourrait y avoir à créer une nouvelle instance supra-européenne regroupant la Turquie, la Russie et l’Union Européenne.
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2019 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2019

    Un début d’année bien orienté L’année 2019 a démarré en bourse de manière particulièrement dynamique, les principaux indices mondiaux s’inscrivant en hausse au mois de janvier. Les performances des indices Eurostoxx (en dollar) et S&P 500 s’établissent à +6,5% et +7,9% respectivement. Bien que les statistiques économiques publiées au début du mois de janvier en provenance des Etats-Unis (chômage) et de la Chine (production manufacturière) aient fait reculer les marchés à leur publication, Jerome Powell (Président de la Fed) s’est voulu rassurant, écartant les risques de récession, et jugeant les statistiques économiques sur une « bonne dynamique ». Par ailleurs, l’avancée des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, matérialisées par les déclarations positives de Donald Trump, et la baisse de la fiscalité en Chine, ont été autant de facteurs qui ont soutenu le rebond des actions. En Europe, le Brexit, et en particulier le rejet de l’accord négocié avec Bruxelles par les députés britanniques, a de nouveau focalisé l’attention des marchés, sans pour autant les déstabiliser. Dans ce contexte d’apaisement des tensions, la volatilité a fortement baissé au mois de janvier. Cela s’est matérialisé par une baisse de l’indice VIX (« l’indice de la peur ») à 16,6 à fin janvier (vs. 25,4 à fin décembre). L’indice européen de volatilité implicite est quant à lui passé de 23,9 à 15,1. Enfin, soulignons que le prix du baril s’inscrit en forte hausse au mois de janvier (+14,6%), suite à l’accord des pays de l’OPEP et de la Russie sur la réduction de leur production, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs mois. Une hausse généralisée Le mois de janvier a vu l’ensemble des secteurs progresser en bourse, à l’exception du secteur des Télécoms (-2,1% en pondéré), secteur qui était apparu l’un des plus résilients ces derniers mois, lors de la baisse générale des marchés actions. L’apaisement des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine a eu pour effet de rassurer les marchés sur les perspectives de croissance. A ce titre, les plus fortes hausses en bourse concernent ce mois-ci les secteurs les plus exposés à la croissance mondiale comme les secteurs des Minerais/ Métaux (+8,6%), l’Automobile (+11,7%) et l’Aéronautique (+13,0%). Ce phénomène est également visible au sein des secteurs exportateurs tels que le Luxe (+8,3%). Dans ce contexte de baisse de l’aversion au risque, les secteurs plus défensifs affichent des hausses modérées tels que les Biens de consommation (+2,6%) ou la Santé (+2,6%). Le secteur immobilier est toutefois pour sa part en net rebond (+12,3% pour le secteur dans Trival). Une prime de marché qui se détend Dans ce contexte du mois de janvier où les marchés sont en hausse et où les taux d’intérêt ont reculé en Europe (baisse légère du taux du Bund, de -9 bp), la prime de marché actions a diminué par rapport à fin décembre, à 7,63% (contre 8,02%), dans un mouvement de retour vers sa moyenne de long terme (cf. graphique ci-dessous). Faut-il anticiper la poursuite du rebond des actions ? Nous demeurons toujours prudents sur ce sujet, dans une période où la saison de publication des résultats n’en est qu’à ses débuts en Europe. Figure 1 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive « Les Gilets Jaunes, un épiphénomène ? » « Les Gilets Jaunes, un épiphénomène ? » Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive Jeudi 17 Janvier 2019 Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 17 janvier 2019, le Club était animé par Jean-Daniel Levy, directeur du département Politique et Opinion chez Harris Interactive. Jean-Daniel Levy estime que le mouvement des « Gilets Jaunes » est loin d’être un épiphénomène : ce rassemblement vient d’un mécontentement plus profond. Emmanuel Macron a été élu sur plusieurs motivations des Français : la première est personnelle, les Français le considérant comme le président idéal, ayant connu à la fois des expériences en politique mais aussi dans le secteur privé et proposant un langage clair et honnête. La seconde motivation était d’empêcher Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon d’accéder au second tour des présidentielles. Cependant, cette élection a fait ressortir quelques points alarmants. Tout d’abord, il est impossible de pouvoir qualifier le vote à l’égard d’Emmanuel Macron, au contraire de celui envers ses prédécesseurs. En 1988, le vote en faveur de François Mitterrand coïncidait avec une « France Unie », en 1995 et 2002, Jacques Chirac prônait une « France rassemblée », en 2007, Nicolas Sarkozy encourageait à « travailler plus pour gagner plus » et en 2012 François Hollande se faisait élire avec son projet «Egalité et Réconciliation». Cette difficile identification de son contrat politique a conduit Emmanuel Macron à n’obtenir que 24% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle contre plus de 28% pour François Hollande en 2012 et plus de 31% en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais, entre le premier et le second tour de la présidentielle, le Front National a progressé de 13 points dans les suffrages, lui permettant d’instaurer une dynamique qui s’est ensuite reflétée dans les résultats des élections législatives où huit députés du Front National ont été élus. Mais le plus inquiétant a été que 57% des Français se sont abstenus au second tour de cette élection, ce qui représente un record absolu d’abstention en France. A la suite de l’élection d’Emmanuel Macron, le premier signe de mécontentement est apparu en juillet 2017 avec la suppression de l’ISF et la diminution du montant des APL de 5€. Cette erreur politique a eu pour effet immédiat de le qualifier de « Président des riches ». Cependant, il parvient à appliquer une partie de ses propositions de campagne pour devenir un président réformateur (avec des réformes telles que Notre-Dame des Landes, le baccalauréat, la SNCF, etc.). Par la suite, plusieurs éléments mineurs ont eu un effet négatif immédiat sur l’opinion des Français envers leur président en 2018 : la construction d’une piscine dans la résidence présidentielle du fort de Brégançon, l’achat d’une nouvelle vaisselle pour l’Elysée, l’utilisation du Falcon pour quelques kilomètres ou encore la Fête de la Musique insolite à l’Elysée ont été mal perçus par les Français dans un contexte où Emmanuel Macron présentait les aides sociales comme représentant « un pognon de dingue ». A cela se sont ajoutés les départs de son ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot et de son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, et surtout la véritable étincelle ayant déclenché ce mouvement des « Gilets Jaunes » : l’augmentation du coût du carburant. De nombreux Français n’ont pas les moyens de pouvoir vivre en centre-ville et sont contraints de s’installer en périphérie. L’utilisation de leur voiture est donc une nécessité et cette hausse des carburants a un impact direct sur leur situation financière. Ces personnes représentent la France qui se considère depuis longtemps abandonnée et se demandent si l’Etat les écoutera un jour. Les « Gilets Jaunes » interviennent dans un paysage politique dévasté où l’ensemble des hommes politiques, hormis Marine Le Pen, ont perdu popularité et crédibilité. Dans la perspective des prochaines élections européennes, les Français se demandent quel sera le projet de l’union, son orientation et si la France et ses députés auront la capacité de se faire entendre.
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 décembre 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 décembre 2018

    Le calme n’a été que de courte durée Le calme apparent sur les marchés au mois de novembre n’aura été que de courte durée. Au mois de décembre, les marchés ont fortement reculé, notamment aux Etats-Unis où la baisse des indices S&P 500 et Nasdaq a été proche de -10% (-9,2% et -9,5% respectivement). L’année 2018 se conclut donc avec des baisses de l’ordre de -15% pour l’Eurostoxx et de -6% pour le S&P 500, performances les plus faibles depuis 10 ans. L’écart de performance entre marchés américains et européens, manifeste depuis le printemps, subsiste toujours même s’il s’est en partie réduit en cette fin d’année. Les marchés ont de nouveau pâti d’inquiétudes sur l’évolution de la croissance économique, sur laquelle les prévisions ont été revues en baisse en décembre tant par la Réserve Fédérale – pour ce qui concerne les Etats-Unis – que par la BCE – pour la zone euro. Si la trêve entre les Etats-Unis et la Chine sur la « guerre commerciale » en marge du sommet du G20 a été un facteur rassurant pour les marchés, la complexité politique sur le Brexit en Grande-Bretagne (report du vote au Parlement) et la mise en place du « Shutdown » aux Etats-Unis ont été les sources de profonds troubles pour les marchés. Au mois de décembre, les tensions accrues ont provoqué une envolée de la volatilité, matérialisée par une hausse de l’indice VIX (« l’indice de la peur ») à 25,4 à fin décembre avec notamment un pic à 36,1 le jour de Noël. L’indice européen de volatilité implicite est quant à lui passé de 18,5 à 23,9. Enfin, soulignons que le prix du baril a continué de reculer en décembre, portant sa baisse à plus de 20% sur l’ensemble de l’année. Un recul presque généralisé Le mois de décembre a vu l’ensemble des secteurs reculer en bourse, à l’exception du secteur des Utilities, sur lequel les anticipations de résultats restent solides (plusieurs sociétés affichent même des hausses de cours supérieures à +5%, notamment Enel, Endesa, Iberdrola ou Italgas). Au-delà des Utilities, les secteurs les plus résilients restent les Télécoms et le secteur Agroalimentaire, dont la baisse moyenne est contenue entre 0% et -5%. A noter aussi la relative bonne tenue du secteur du Luxe, sur fond d’un certain apaisement de la guerre commerciale sino-américaine. A l’inverse, les plus forts reculs ont été enregistrés par le secteur de l’Energie, sur fond de recul du prix du pétrole, le secteur bancaire (notamment Commerzbank -24%, Erste Bank -16,6%, Natixis -15,6%, pénalisé par son avertissement sur ses résultats en Asie), les Biens d’équipement ou encore les services informatiques. Comme en octobre dernier, lorsque les actions européennes avaient reculé de plus de 6%, les investisseurs ont aussi arbitré en faveur des valeurs défensives et pénalisé les valeurs les plus risquées. En conséquence, la rémunération du risque au sein des actions de la zone euro (pente de risque), s’est nettement accrue, mouvement qui confirme la tendance notée sur l’ensemble de l’année 2018. Enfin, au-delà de la zone euro, notons que la nette baisse du marché américain en décembre a elle-aussi touché de nombreux segments de marché : outre les GAFAM (en particulier Amazon -11,1% en USD, et -25% sur trois mois, et Apple, -11,7% en décembre et -29,9% sur le trimestre), la baisse a également fortement affecté le secteur bancaire (Citi -19,7% en USD, Wells Fargo -15,1%, Bank of America -13%, JP Morgan -12%), mais aussi des sociétés hors secteur technologique comme Johnson & Johnson (-12,2%) AT&T (-8,6%) ou DowDupont (-7,6%), reflet des inquiétudes sur une possible dégradation de la croissance américaine. Une prime de marché en hausse Dans le contexte du mois de décembre où les taux d’intérêt ont peu évolué en Europe (légère baisse du taux du Bund, de -7 bp) et où les marchés ont nettement reculé, la prime de marché actions a sensiblement augmenté par rapport à fin novembre, à 8,02% (contre 7,36%). Celle-ci s’établit désormais à un niveau supérieur d’un écart-type à sa moyenne de long terme (cf. graphique ci-dessous). Cependant, elle est encore loin de s’en écarter de manière très significative comme cela a été plusieurs fois le cas depuis dix ans. L’année 2018 aura été le pire millésime boursier de la dernière décennie durant lequel la prime de marché actions a augmenté de plus de 200 points de base (5,98 à fin décembre 2017). Aussi, dans l’environnement économique, financier et boursier actuel incertain, il ne semble toujours pas opportun dans l’immédiat de revenir sur les marchés d’actions. Figure 1 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Patrick ARTUS, Chief Economist, Natixis « Faut-il réinvestir dès maintenant sur les marchés d’actions ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 20 Décembre 2018, le Club était animé par Bertrand Jacquillat et Patrick Artus, directeur de la recherche de Natixis. Bertrand Jacquillat, a tout d’abord présenté la chute des marchés actions depuis le 31 Décembre 2017 et son analyse via le modèle Trival®. Sur fond de ralentissement de l’économie mondiale, les indices actions ont connu un 2ème semestre difficile et une hausse de la volatilité, notamment au mois d’octobre. A mi-décembre 2018, l’indice CAC 40 a perdu plus de 12% par rapport à fin 2017, l’indice S&P près de 3% et le recul est encore plus marqué sur certaines bourses non occidentales (cf. La Chine -26%). Cette baisse de cours des actions a fait remonter la prime de marché Trival® à un niveau proche de sa moyenne plus un écart-type ce qui peut suggérer une certaine attractivité des marchés de long terme. Est-il pour autant opportun de retourner maintenant sur les actions ? C’est probablement prématuré dans un contexte de remise en question de la croissance mondiale, d’autant plus qu’il convient de ne pas oublier que lors d’un mouvement d’ampleur des excès sont notés dans un sens comme dans un autre. Autrement dit, la prime de marché peut s’écarter très sensiblement de sa moyenne avant d’entamer un mouvement inverse de retour. Patrick Artus commence son intervention sur la source du ralentissement économique actuel. Vient-il de la transition d’une croissance forte à une croissance modérée mais stable ? Ou existe-il un véritable risque de récession ? Dans un premier temps, Patrick Artus affirme que l’économie se trouve dans un retournement cyclique en démontrant, tout d’abord, la baisse de la consommation des biens durables illustrée notamment par la baisse de la construction de logements et de ventes de voitures notamment en Chine, où la baisse des ventes de voitures atteint -17%. Par ailleurs, ce retournement économique est alimenté par un taux de chômage très bas aux Etats-Unis. En effet, lorsque tous les américains « employables » ont un emploi cela conduit à une diminution de la création d’emplois et par conséquent à une baisse de la croissance. A cela s’ajoute la réelle difficulté des entreprises à embaucher du personnel qualifié en Europe. Les économistes caractérisent cette situation comme un simple retournement économique avec le retour d’une croissance inférieure à la croissance de long terme. Patrick Artus a ensuite présenté les différents risques susceptibles de transformer ce retournement économique en récession. Au niveau européen, le Brexit provoque beaucoup d’incertitudes notamment sur la probabilité qu’il se fasse sans accords économiques. Mais les Britanniques semblent prendre peu à peu conscience des conséquences d’un Brexit sans traité économique (baisse de -10% du PIB en 15 ans et suppression de près de 3 millions d’emplois selon une étude de la banque d’Angleterre) et recherchent des solutions afin de limiter cet impact. A cela s’ajoute l’incertitude sur le déficit italien qui devait fortement augmenter à 2,4% du PIB mais qui a été revu à la baisse à 2,04% par le gouvernement italien. L’Italie a finalement fait des concessions en se rendant compte qu’une augmentation du déficit impliquait une hausse des taux d’intérêt. L’Italie aurait ainsi perdu plus de croissance avec cette hausse des taux d’intérêt qu’elle n’en aurait gagné en augmentant son déficit. Concernant l’économie française, la crise des « gilets jaunes » aurait pu dégrader l’appétence des investisseurs à investir en France ceux-ci n’ont pas changé leur stratégie pour autant. Un autre risque majeur concerne la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. L‘économie chinoise est pour le moment la plus impactée par ce conflit, tant les Chinois sont persuadés qu’il sera destructeur de croissance. Cette inquiétude des Chinois se reflète dans la baisse de leur consommation, ces derniers préférant épargner. Mais cette guerre commerciale ne devrait pas avoir d’impact majeur pour le moment. En effet, les taxes douanières appliquées par les Etats-Unis portent sur des produits qui ne sont pas fabriqués aux Etats-Unis, et par conséquent, sans transfert de production, les importations américaines ne baissent pas. Par ailleurs, ces taxes n’auront pas d’effet négatif sur la croissance car des importations plus chères conduisent à une recette fiscale plus importante pour le pays importateur. Par conséquent, les Etats-Unis pourront ainsi utiliser cette recette pour rembourser le déficit public ou en rendre une partie à la population. Aussi, Patrick Artus estime que le marché du travail a changé et n’a plus le même impact sur les salaires et sur l’inflation. En principe, lorsque le chômage diminue les salaires augmentent mais l’inflation salariale reste pourtant faible aux Etats-Unis, dans la zone euro et en Chine. Dans ce contexte de faible inflation, les banques centrales ne devraient pas augmenter leurs taux directeurs de manière significative. Le taux de la FED ne devrait pas dépasser +3% tout comme celui de la BCE qui souhaite sortir de la politique de taux zéro et qui devrait monter ses taux à +1%. Il apparaît tout de même nécessaire de faire attention à la baisse de la liquidité macroéconomique venant de la vente des obligations achetées depuis la crise par la FED. Enfin, l’endettement des entreprises en Europe à tendance à baisser sauf en France où les taux d’endettement restent élevés tandis qu’en Italie, la tendance est au désendettement, ce qui conduit à une baisse des investissements. Aux Etats-Unis les niveaux d’endettement sont particulièrement bas, les entreprises préférant se financer en action. La chute actuelle du prix du baril, passé de 85$ début octobre à 57$ le 20 décembre, vient en grande partie de l’augmentation de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. La consommation est en hausse de +1,3% mais la production de pétrole est passée au-dessus de cette consommation ce qui a tiré les prix vers le bas. Mais cette hausse de la production du pétrole de schiste ne devrait pas durer car les petits producteurs éprouvent de plus en plus de difficultés à se refinancer. La baisse de la production de pétrole de schiste devrait conduire à une augmentation du cours du pétrole qui devrait remonter à 70$. Ces différents risques n’apparaissent pas, aux yeux de Patrick Arius, comme les facteurs les plus à même de transformer ce retournement cyclique en une véritable récession. Selon lui, l’argument le plus probable porte sur le cycle des obligations d’entreprises aux Etats-Unis. Au cours des dernières années, les entreprises américaines ont émis beaucoup d’obligations dans le but de racheter leurs propres actions. Mais les investisseurs ne semblent plus acheteurs de ces titres et cela conduit à une baisse des opérations de rachats d’action. Cette baisse a engendré une baisse du marché des actions, expliquant la récente chute des indices américains. En conclusion, il existe beaucoup d’éléments de divergence avec la crise de 2007/2008. L’endettement des entreprises est plus faible dans les pays de l’OCDE et l’inflation ainsi que les taux d’intérêt sont encore très bas. Le plus grand déséquilibre semble concerner le marché actions aux Etats-Unis où la valorisation des actions américaines, notamment pour les entreprises technologiques, a fortement augmenté, suite à la fois aux rachats massifs d’actions par les entreprises et aux achats par les non-résidents. Si ces derniers prenaient peur cela conduirait sans doute à une plus forte correction des marchés boursiers.
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2018

    Un calme relatif après la tempête A la suite du mois d’octobre qui a représenté l’un des pires mois boursiers de ces dernières années (-6,9% pour le S&P 500 et -6,7% pour l’Eurostoxx), le mois de novembre a vu les indices boursiers retrouver des niveaux de performance mensuelle plus en lien avec ce qui était observé depuis le début de l’année 2018 (-0,8% pour l’Eurostoxx 50, et +1,8% pour le S&P 500). Par ailleurs, si le mois d’octobre a vu plonger parallèlement les indices européens et américains, le mois de novembre a vu l’écart de tendance des performances se manifester à nouveau, avec des indices américains en hausse et des indices européens en baisse. L’année 2018 poursuit ainsi sa baisse en bourse en Europe, tandis que la performance de l’indice S&P 500 demeure positive.  De nombreux évènements, concernant particulièrement les Etats-Unis (discussions sur les accords commerciaux sino-américains, élections de mi-mandat, thanksgivng, blackfriday et les discours de politique monétaire de la Fed) sont venus animer les marchés au cours du mois de novembre. Les marchés ont réagi positivement aux résultats des Midterms à la suite desquels la Chambre est contrôlée par le parti Démocrate et le Sénat par les Républicains ainsi qu’aux déclarations de Jerome Powell (Président du Conseil des gouverneurs de la Fed) sur les niveaux de taux directeurs qu’il juge « juste en dessous d’un niveau neutre pour l’économie ». Les marchés ont perçu cela comme le signe d’une remontée des taux plus modérée qu’anticipée. Les annonces en provenance d’Europe n’ont en revanche pas été de nature à modifier le rapport de force de court-terme entre les performances boursières américaines et européennes. La décision de la Commission Européenne de revoir à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019 à +1,9%, tout comme la démission de plusieurs ministres en Grande-Bretagne (dont le ministre chargé du Brexit) suite au projet d’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur le Brexit ont été particulièrement mal accueillis par les marchés. Après une forte hausse de la volatilité en octobre (augmentation de 12,1 à 21,2 de l’indice VIX, « l’indice de la peur ») la volatilité sur les indices actions, qu’il s’agisse des volatilités constatées ou des volatilités implicites via les marchés d’options a diminué, mais reste à des niveaux élevés, signe que les marchés sont sous tension. L’indice VIX, est ainsi passé aux Etats-Unis d’un niveau de 21,2 à fin octobre à 18,1 à fin novembre, et son homologue européen, de 20,3 à 18,5 sur la même période. Par ailleurs, si la montée des inquiétudes sur la croissance, manifeste au mois d’octobre à travers les publications des résultats trimestriels des sociétés et les nombreux « profit warning », se reflète moins dans les performances des actions ce mois-ci, la poursuite de la chute du prix du baril (-21% pour le Brent) en est bien le signe. Un recul qui reste quasi généralisé Bien que meilleures que le mois passé dans l’ensemble, les performances boursières s’inscrivent en baisse dans la quasi-totalité des secteurs. Tout comme au mois d’octobre, l’analyse des reculs les plus marqués extériorise une certaine hétérogénéité sectorielle. Les secteurs Produits de base, Luxe, Tourisme, Automobile, Services Informatiques et le secteur du Papier et de l’emballage sont autant de secteurs qui affichent des baisses comprises entre -10% et -25% au mois de novembre. A l’inverse, rares sont les secteurs dont la baisse a été relativement modérée voir légèrement positive : les Assurances, le secteur Agro-Alimentaire, les Biens de Consommation et les Utilities dont les performances s’établissent entre -4% et +1%. Le secteur des télécoms se distingue quant à lui par une hausse sensible (+8%) tiré par Orange Belgium +26,7%, Proximus +23,2% mais aussi British Telecom +21,6 %. Les investisseurs continuent clairement leur arbitrage en faveur des valeurs défensives et à fort rendement. Contrairement au mois précédent, la différenciation des rentabilités selon le risque mais également selon la liquidité des titres est cette fois plus marquée au sein des marchés actions. Une prime de marché en hausse Dans ce contexte où les taux d’intérêt ont peu évolué (légère baisse du taux du Bund, de -7 bp) et où les marchés ont baissé, la prime de marché actions a augmenté par rapport à fin octobre, à 7,36%. Même si celle-ci s’établit à un niveau supérieur à sa moyenne de long terme (cf. graphique ci-dessous), elle est encore loin de s’en écarter de manière suffisamment nette comme cela a été plusieurs fois le cas depuis dix ans. Aussi, dans l’environnement économique, financier et boursier actuel plus incertain voire quelque peu dépressif, il ne semble pas opportun à ce stade de revenir sur les marchés d’actions. Figure 1 : Evolution de la Prime de Marché Source : Associés en Finance
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    Baromètre 2019 des DAF

    L’ édition 2019 du Baromètre des DAF : ABV Group / Associés en Finance / SVP souligne à nouveau cette année l’évolution des préoccupations et des enjeux de ces acteurs clés de l’entreprise. Les Directeurs administratifs et financiers ont été interrogés sur les principaux défis de leur profession, mais aussi sur leur vision des prochains mois. Différentes thématiques ont été passées au crible comme l’investissement, les freins à la croissance, la transformation digitale, les embauches ou encore l’utilisation de la trésorerie. 205 réponses ont été retenues et exploitées pour cette édition 2019. Que ressort-il de cette édition ? la suite ici  
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    Club de Gestion Financière

    Philippe Aghion, Professeur au Collège de France « Intelligence artificielle et croissance » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mardi 20 Novembre 2018, le Club accueillait Philippe Aghion, professeur au Collège de France, sur le thème de l’intelligence artificielle et son impact sur la croissance. Philippe Aghion définit l’intelligence artificielle comme étant la capacité à imiter l’intelligence humaine en automatisant des tâches qui paraissaient impossibles à robotiser auparavant. Plusieurs questions se posent sur les effets sur l’économie et la croissance de cette automatisation de la production des biens et des services mais aussi à terme des idées. La première interrogation soulevée porte sur les conséquences de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Philippe Aghion fait le parallèle avec les deux autres révolutions industrielles que le monde a connues, à savoir l’arrivée de la machine à vapeur et de l’électricité. De nombreux économistes prédisaient que ces deux innovations conduiraient à un chômage de masse mais c’est l’inverse qui se produisit puisque ces deux révolutions ont apporté plus de croissance et de travail que de destruction d’emplois. Concernant la révolution technologique de l’intelligence artificielle, Philippe Aghion se montre à court terme plus prudent. En effet, une étude portant sur l’effet de la robotisation sur les destructions d’emplois en France entre 1995 et 2014, montre que plus le taux de robotisation est élevé moins il y a d’emplois. De plus, les entreprises qui ont tendance à moins employer, comme les GAFAM, sont celles qui se développent le plus et qui ont un poids de plus en plus important dans l’économie mondiale. Cependant, Philippe Aghion remarque que ce sont les emplois les moins qualifiés qui sont les plus touchés contrairement aux métiers les plus qualifiés. Il estime qu’à long terme cette révolution pourrait être créatrice d’emploi étant donné que l’intelligence artificielle, en automatisant des tâches existantes, crée de nouveaux besoins. Le problème aujourd’hui est donc la réallocation de ces nouvelles tâches qui nécessite de faire évoluer notre éducation et de rendre les gens adaptables afin de tirer parti de l’intelligence artificielle. La deuxième question que s’est posée Philippe Aghion porte sur les inégalités de revenus que peut engendrer l’intelligence artificielle. La première intuition conduirait à penser que les robots, se substituant aux emplois les moins qualifiés, auraient tendance à valoriser le travail des plus qualifiés, entrainant une augmentation des inégalités de revenus. Philippe Aghion a étudié ce phénomène en Angleterre en comparant la différence de revenu entre les emplois qualifiés et non qualifiés à la fois dans les entreprises high-tech et les autres. L’écart de salaire entre les emplois qualifiés et non qualifiés est d’autant plus réduit que l’entreprise est technologique. Cela s’explique par le fait que ces entreprises high-tech sous-traitent une grande partie de leurs tâches les moins qualifiées et gardent seulement les métiers à forte valeur ajoutée et un petit nombre d’emplois non qualifiés. Ces derniers sont très bien rémunérés car les entreprises de haute technologie ont besoin d’avoir une confiance totale en ces personnes et font donc en sorte de retenir les meilleurs éléments parmi les moins qualifiés. La troisième interrogation porte sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la croissance de la productivité. Philippe Aghion montre qu’au cours de l’histoire, les plus fortes croissances ont été connues au moment des deux révolutions industrielles (machine à vapeur et électricité) mais aussi au moment de la révolution internet à la fin des années 1990 et dont l’intelligence artificielle est la continuité. Mais pourquoi cette croissance de la productivité diminue depuis le début des années 2000 alors que de nombreuses innovations technologiques ont vu le jour depuis. Robert Gordon expliquait que les principaux fruits de la croissance avaient déjà été cueillis lors des précédentes révolutions technologiques et que les idées étaient de plus en plus compliquées à trouver. Philippe Aghion ne partage pas le même avis et ses recherches montrent que la baisse de la croissance de la productivité est la conséquence de plusieurs facteurs. Le premier serait la baisse du nombre d’entreprises à entrer sur le marché, principalement depuis la crise financière de 2008 et la mise en place d’une politique de taux d’intérêt très bas. Ce contexte économique a permis aux entreprises les moins efficaces de rester sur le marché, empêchant ainsi l’entrée d’entreprises plus performantes. Le deuxième argument évoqué est la concentration grandissante des marchés : la part en chiffre d’affaires des quatre plus grosses entreprises dans la plupart des secteurs ne cesse d’augmenter. Cette concentration impacte les marges des entreprises qui semblent, certes, avoir augmenté mais cette progression provient en grande partie des marges très importantes dégagées par les firmes « superstars », telles les GAFAM. Ces dernières, grâce à leur accès à un très grand nombre de données et à des informations que les autres n’ont pas, parviennent à obtenir des marges bien plus grandes. Dans un premier temps l’irruption des GAFAM très productives a eu pour conséquence de favoriser la croissance et d’accroitre la productivité. Mais dans un deuxième temps leur domination, qui peut les conduire à adopter une conduite de rentier, a pour conséquence d’inhiber les autres entreprises dont les marges n’ont pas augmenté. Ces dernières vont avoir tendance à sortir de l’économie, découragées par l’omniprésence des « superstars ». L’ensemble de ces facteurs explique cette baisse progressive de la croissance de la productivité observée depuis plus de 30 ans. Pour conclure, Philippe Aghion insiste sur le besoin d’adapter la législation et les institutions face à la domination grandissante des GAFAM et du développement de l’intelligence artificielle. En effet, cette dernière pourrait causer une explosion des inégalités si elle n’est pas accompagnée par de bonnes institutions, et, à terme, amener une montée du populisme qui trouve un terreau d’autant plus fertile lorsque les institutions n’ont pas été adaptées à temps. 
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  • Les directeurs administratifs et financiers positifs et motivés pour 2019 Lire la suite

    Les directeurs administratifs et financiers positifs et motivés pour 2019

    Associés en Finance publie son bulletin de santé annuel des directeurs financiers. L’Opinion publie en exclusivité les principaux résultats de ce baromètre 2019 lire la suite ici  
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 octobre 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 octobre 2018

    Octobre noir … Un des plus mauvais mois boursiers de ces dernières années, voilà ce que l’on retiendra du mois d’octobre 2018. L’indice CAC 40, en recul de -7,3%, n’avait pas connu une telle baisse depuis 2011, et plus marquant encore, les indices américains ont également décroché, de -6,9% pour l’indice S&P 500 et de -9,2% pour l’indice Nasdaq, sa plus mauvaise performance depuis l’automne 2008. L’année 2018 s’enfonce ainsi dans le rouge en bourse en Europe, et la performance de l’indice S&P demeure de peu positive.   Le climat boursier, qui s’était alourdi depuis le printemps, s’est nettement dégradé ce mois-ci, en contre-coup principalement des nouvelles en provenance des sociétés, qui sont venues transformer ce qui n’était encore que des inquiétudes en risque avéré, celui d’un ralentissement de la croissance économique. Octobre, mois de publication de résultats trimestriels, a vu ainsi se multiplier les avertissements sur les bénéfices ou sur les perspectives de croissance des sociétés, chacun d’entre eux entraînant de violentes réactions à la baisse des cours des titres concernés (y compris dans les « stars » de la cote américaine, comme Amazon, en recul de -18,2% en euro). Autre signe des questionnements sur la croissance, le recul marqué du prix du Brent ce mois-ci (-11%, à 73,9 $ le baril). Se sont ajoutés en octobre une montée des inquiétudes sur un resserrement monétaire qui s’accélèrerait aux Etats-Unis, et en Europe, la situation de l’Italie, dont le budget a été rejeté par la Commission Européenne, et dont les taux souverains ont encore grimpé ce mois-ci (les taux italiens à 10 ans, à 3,43% en fin de mois, ont doublé en six mois) … Sans oublier de mentionner les incertitudes liées aux élections américaines de mi-mandat. Le mois écoulé a ainsi été marqué par une forte hausse de la volatilité sur les indices actions, qu’il s’agisse des volatilités constatées ou des volatilités implicites via les marchés d’options : l’indice VIX, « l’indice de la peur », est ainsi passé aux Etats-Unis d’un niveau de 12,1 à fin septembre à 21,2 à fin octobre, et son homologue européen, de 14,8 à 20,3 sur la même période. Une baisse quasi généralisée Ce très mauvais climat boursier a affecté une large majorité de sociétés, et il y a pléthore de baisses au-delà de -10%. On peut citer en particulier les reculs marqués de l’ensemble des Produits de Base (Chimie, Minerais/Métaux/Acier), le secteur bancaire (avec en première ligne les banques italiennes), les sociétés de services informatiques, particulièrement attaquées, le secteur automobile (au sein duquel les profit warnings se multiplient depuis juin dernier), ou encore les secteurs du luxe ou du tourisme. La liste est longue … A l’inverse, rares sont les secteurs dont la baisse a été relativement modérée : les assurances, le secteur agro-alimentaire (Bonduelle +15,7%, Suedzucker +19,3%), le secteur immobilier, et les télécoms, ce dernier secteur se distinguant même par une légère hausse (Orange Belgium +17,1%, mais aussi Proximus +9,6%, Deutsche Telekom +4,4%, Telefonica +6,2%). Les investisseurs ont ainsi clairement arbitré en faveur des valeurs défensives et à fort rendement. Faut-il alors parler d’un retour en grâce des actions « Value » ? C’est en tout cas un comportement classique dans les phases de crise boursière. En conséquence, la rémunération du risque au sein des actions (pente de risque) a continué de s’accroître, mouvement notable depuis le début de l’année, tandis que la faible différenciation des rentabilités selon la liquidité des titres a laissé quasiment inchangée la prime d’illiquidité. Correction ou cycle baissier ? L’année 2018 a été marquée par plusieurs coups de semonce sur les marchés, mais entre avril et fin septembre, les cours étaient demeurés globalement supérieurs à leur niveau de fin d’année 2017, en tenant compte des dividendes. Le mois d’octobre 2018 reflète-t-il alors une simple correction ou la fin du cycle haussier sur les actions ? La volatilité constatée sur les marchés en octobre, et l’amplitude des baisses de certaines sociétés en réaction à des nouvelles décevantes, semblent le reflet de phénomènes de surréaction. D’autres éléments doivent aussi être considérés : en premier lieu, le retard accumulé par les actions non américaines par rapport à leurs consœurs outre-Atlantique. Celui-ci s’explique certes par une dynamique de croissance sous-jacente plus faible hors Etats-Unis, mais aussi par un poids plus important des valeurs défensives sur le Vieux Continent, ce qui pourrait aujourd’hui jouer en faveur des sociétés européennes. D’autant que, d’un strict point de vue de valorisation, les résultats du modèle Trival, qui, rappelons-le, reposent sur des hypothèses prévisionnelles plutôt prudentes, font ressortir une prime de marché actions qui atteint à fin octobre près de 7% (6,95%), un niveau en absolu confortable, et légèrement supérieur à sa moyenne de long terme. Pour autant, il semble probable que le ralentissement de la croissance économique hors Etats-Unis se confirme, dans un contexte où la guerre commerciale, si elle doit s’étendre, ne pourra que peser négativement sur cette croissance, même si son impact est sujet à controverse. De ce point de vue, le momentum des nouvelles risque de demeurer négatif dans les prochaines semaines et la volatilité perdurer. Et les marchés financiers sont exposés à un écosystème de plus en plus fragile au sens de Nassim Taleb où peuvent surgir à tout moment les fameux « unknown unknowns ».
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    Club de Gestion Financière

    Alexandre BOMPARD, Président Directeur Général – Groupe Carrefour « Comment les entreprises de la grande distribution s’adaptent-elles à la révolution digitale ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 11 Octobre 2018, le Club accueillait Alexandre Bompard, Président Directeur Général du Groupe Carrefour, sur le thème de la transformation digitale dans les entreprises de la grande distribution et son impact sur la stratégie du Groupe Carrefour. Alexandre Bompard a pris la tête du groupe Carrefour en juillet 2017 après avoir replacé FnacDarty dans la course au e-commerce où le géant de l’informatique est passé numéro 3 en France des ventes en ligne seulement deux ans après la fusion entre Fnac et Darty. Le groupe Carrefour, qui compte plus de 100 millions de clients réguliers et réalise un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros, n’a pas su adapter assez vite son business model à la révolution digitale et à l’arrivée des nouveaux concurrents sur le marché de la grande distribution tels qu’Amazon ou Alibaba. La mission du nouveau PDG de Carrefour est donc de rattraper le retard que le groupe accuse sur le canal digital, car les nouveaux géants du e-commerce sont, depuis quelques années, une réelle menace pour la grande distribution. En effet, Amazon et Alibaba se sont lancés sur le segment de l’alimentation avec les acquisitions respectives, en 2017, des supermarchés bio Wholefoods et de la start-up chinoise de repas à domicile Ele.com et ont une stratégie très agressive. En pratiquant des prix attractifs ils gagnent des parts de marché importantes mais peinent à engranger des bénéfices. A titre d’exemple, Amazon a dégagé ses premiers bénéfices l’année dernière, après presque 25 ans d’existence. Selon Alexandre Bompard, les investisseurs d’Amazon misent sur une position largement dominante du groupe à long-terme. Cette stratégie est en passe de réussir puisque aucune sanction ou directive n’ont été mises en place que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis. Ces derniers sont encore moins encouragés à réguler ce modèle car les GAFA portent l’économie américaine et doivent faire face à l’arrivée croissante des entreprises chinoises de grosse taille sur leur marché. Cette nouvelle concurrence et la digitalisation du commerce vont, en plus d’absorber des parts de marché, également imposer un nouveau standard de qualité et d’exigence aux grands groupes français et internationaux. Pour Alexandre Bompard, l’expérience d’achat est à présent essentielle pour un client. En effet, un client mécontent en magasin peut maintenant se tourner vers le e-commerce car il n’est plus restreint par sa localisation. De plus, les clients ont aujourd’hui un pouvoir supplémentaire à travers les réseaux sociaux où ils peuvent faire et défaire l’image d’une marque. Pour ne pas se laisser distancer dans cette course à la digitalisation de l’alimentaire, Carrefour a prévu un plan de 4 milliards d’euros destiné uniquement à sa transformation digitale, avec pour objectif d’offrir à ses clients une expérience équivalente à celle que proposent ses concurrents de l’e-commerce. Selon Alexandre Bompard, Carrefour doit dorénavant se mettre à la place des clients qui sont les détenteurs du pouvoir et non plus les industriels. Le groupe va ainsi revoir le mode de fonctionnement de ses hypermarchés en réduisant leur surface pour qu’ils deviennent des centres commerciaux hybrides avec des activités commerciales, des commerces indépendants et surtout un centre logistique. Les hypermarchés doivent devenir des centres de retrait, de retour et de services pour les clients. Carrefour prévoit également de renforcer son activité dans les drives et dans la livraison à domicile ultra-rapide. Selon Alexandre Bompard, pour mettre en place un tel plan stratégique, il est essentiel « d’avoir la conviction qu’il n’y a aucune autre solution ». Pour cela, le groupe a besoin dans un premier temps de recruter de nouveaux talents notamment dans le digital. Carrefour doit également accepter de travailler avec de nouveaux partenaires, ce que l’entreprise a déjà entrepris en établissant des accords avec Fnac Darty pour l’électronique grand public, Système U pour les achats alimentaires, Google pour le e-commerce ou Tesco pour le commerce international. Pour améliorer son empreinte digitale, Carrefour s’est allié avec Tencent pour développer des supermarchés connectés en Chine ou avec Sapient pour la création de son site internet. Carrefour s’est aussi allié avec les start-up, Quitoque, spécialisé dans la livraison de repas, et Showroomprivé. Enfin, avec l’automatisation de la chaîne logistique, certains métiers historiques de la grande distribution (caissières, manutentionnaires) pourraient se réduire. Le groupe Carrefour ne souhaite pas voir disparaître ce capital humain indispensable et ambitionne de moderniser et d’adapter leur rôle aux besoins actuels. Pour Alexandre Bompard, il ne faut pas, pour autant, tout changer. Le groupe dispose d’un maillage de magasins déployés sur tout le territoire français et étranger et d’un grand nombre d’installations qui correspondent partiellement aux attentes des clients dont les drives, la livraison à domicile ou le drive piéton. D’une part, il est nécessaire d’optimiser ce modèle avec un portail d’e-commerce unique et une révolution de la chaîne logistique, un élément fondamental pour la transformation du groupe. D’autre part, Carrefour, et les distributeurs en général, doivent repenser leurs relations fournisseurs afin de tirer parti de leur expérience et permettre un partage d’information et de données au lieu de s’affronter régulièrement au cours de négociation stériles pour quelques points de base sur les prix. Enfin, Alexandre Bompard explique qu’il n’y a pas encore de modèle qui soit actuellement parfait car selon lui aucun acteur n’a encore effectué toutes les transformations nécessaires. Avec sa stratégie, Alexandre Bompard souhaite faire de Carrefour le leader de l’e-commerce en France.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 septembre 2018

    Les indices actions terminent le mois sans grande tendance Après un mois d’août agité, et marqué en particulier par la crise sur les devises turques et argentines, Septembre 2018 se clôt sur une stabilité des indices européens : l’indice Euro Stoxx 50 termine le mois sur une variation de +0,2%, à l’image de celle de l’échantillon Trival zone euro (également +0,2% en pondéré). Cette absence de tendance apparente résulte de mouvements de sens inverse au cours du mois : après une première phase à la baisse dans la lignée du recul du mois d’août, les indices actions ont repris le chemin de la hausse. Les marchés ont retrouvé une certaine sérénité sur le sujet de la guerre commerciale, considérant que le durcissement des relations sino-américaines demeure mesuré. Les annonces des banques centrales, BCE et Réserve Fédérale américaine, à l’issue de leurs réunions respectives des 13 et 26 septembre, sont par ailleurs ressorties plutôt conformes aux attentes. A signaler toutefois, tranchant avec cette remontée des cours sur la majeure partie du mois, un recul en toute fin de mois, en contrecoup aux annonces sur le creusement du déficit public italien et à aux tensions sur la dette italienne. Cette absence de tendance marquée sur le mois de septembre se manifeste aussi sur les autres grandes zones boursières, aux Etats-Unis comme dans les pays émergents, l’amplitude des variations étant modérée par rapport aux mouvements du mois d’août (+0,4% pour l’indice S&P, -0,8% pour le Nasdaq, et -0,8% pour l’indice MSCI Emerging Markets). Enfin, on peut noter la poursuite de la nette hausse du prix du pétrole (Brent en hausse de +7,5% sur le mois et +24,1% depuis le début de l’année), et, dans une moindre mesure, celle des matières premières. Mais des mouvements sectoriels différenciés Même si les indices actions, dans leur ensemble, ont évolué sans grande tendance, certains mouvements sectoriels sont manifestes, comme la hausse des secteurs liés au pétrole et aux matières premières : au sein du secteur Energie, tant les valeurs pétrolières (Royal Dutch Shell +5,7%, Total +4,8%, ENI +4,5%) que les sociétés parapétrolières (Saipem +15,3%, SBM Offshore +12,0%, Bourbon +10,2%) sont en nette progression. Pour sa part, le secteur Minerais / Métaux / Acier bénéficie de la hausse des grands groupes miniers internationaux (Rio Tinto +6,6%, BHP Billiton +8,5%, Anglo American +12,3%) et en zone euro, de la progression de titres comme Eramet (+23,5%) et Acerinox (+6,4%). Les valeurs bancaires ont également été orientées à la hausse, sur fond de légère hausse des taux d’intérêt, et de rebond, notamment des banques italiennes, dans un secteur qui avait particulièrement souffert au mois d’août (Banco BPM +9,5%, Unione di Banche Italiane +8,9%, Unicredit +4.3%, mais aussi Commerzbank +10,2%, Crédit Agricole +5,0%, Société Générale +4,9%, BNP Paribas + 4,2%). Les hausses sont également assez marquées au sein du secteur des Assurances (dont Aegon +8,2%, Axa +6,5%, et Scor +14,6%, cette dernière faisant de plus l’objet d’une tentative de rachat par Covea). En sens inverse, on remarque principalement le recul du secteur Electronique / semi-conducteurs (Aixtron -19%, STMicroelectronics -11,1%, Infineon -10,7%, Soitec -10,6%, ASML Holding -8,4%), dans le sillage de ce segment de marché aux Etats-Unis, secteur qui pourrait être en première ligne des surtaxes douanières sur les produits importés de Chine. Enfin, notons que les mouvements de hausse du secteur de l’énergie et des banques et assurances se reflètent dans les évolutions différenciées des indices au sein de la zone euro, la progression de l’indice CAC 40 (+1,6% sur le mois) ou du FTSE MIB (+2,2%) y étant directement liée. A l’inverse, l’indice DAX (-0,9%) n’a pas bénéficié de ces effets. Une prime de marché inchangée Dans ces conditions, comme indiqué lors du petit-déjeuner du Club de Gestion Financière du mois de septembre, « Le marché actions de la zone euro, au regard de la prime de marché dans TRIVAL, est à l’équilibre, sur la base de prévisions qui n’ont rien d’euphorique ».
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    Club de Gestion Financière

    Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Lehman 10 ans après : quelles perspectives de marché pour la rentrée 2018 ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit-déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 13 septembre, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème des perspectives des marchés financiers pour cette rentrée 2018, marquant le 10ème anniversaire de la faillite de Lehman Brothers. Bertrand Jacquillat commence par rappeler les conclusions du précédent petit-déjeuner de juin 2018, qui évoquaient une valorisation raisonnable du marché des actions de la zone euro. Dans les faits, le marché européen des actions a légèrement reculé avec une baisse de -3,5% de l’indice Eurotoxx et de -3,4% de l’indice CAC 40 entre juin et septembre 2018 (dividendes inclus). Ce recul est sous-tendu par (i) les inquiétudes liées à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats Unis, (ii) l’essoufflement de la croissance mondiale, hors Etats-Unis et (iii) les crises dans certains pays émergents (particulièrement la Turquie et l’Argentine). L’ensemble de ces éléments concourent à une dichotomie entre le marché américain et le reste du monde, que reflète la surperformance des actions américaines de +15% en moyenne, par rapport à la zone euro et à l’indice MSCI Monde hors USA, depuis le printemps 2018. Médias et réseaux sociaux mettent aujourd’hui en exergue des risques supposés sur les marchés financiers, qui naîtraient de la durée exceptionnellement longue du cycle boursier actuel. Ce cycle boursier haussier record résulterait du dollar fort et de la bonne performance des grandes capitalisations technologiques (les « FAANMG [1]»), qui représentent 17% de la capitalisation boursière américaine. Cependant, Bertrand Jacquillat souligne que si l’on considère les chutes boursières de 1987, 1990 et 2011 comme des retournements de marché provisoires, le cycle boursier haussier le plus long de l’histoire reste 1982-2000 et la durée du cycle actuel (2009-2018) est moitié moindre. En termes de valorisation, le modèle Trival, qui couvre plus spécifiquement les actions européennes, permet de conclure que le marché actions de la zone euro continue de s’établir à un niveau raisonnable, ce qui est reflété par la prime de risque de marché qui s’établit à son niveau moyen historique. Deux éléments spécifiques ressortent par ailleurs de Trival : la situation des banques et l’endettement global des entreprises de la zone euro entre 2008 et 2018. Dans un contexte de net renforcement de la solvabilité des établissements financiers depuis 2008, les banques américaines, à l’inverse de 2008, ressortent aujourd’hui survalorisées par rapport à leurs consœurs européennes. S’agissant du second sujet, il convient de noter que la situation financière des sociétés européennes hors système bancaire ne s’est pas réellement améliorée depuis 2008, ce qui constituera un facteur de risque lors de la remontée inévitable des taux d’intérêt en Europe. Intervenant à son tour sur la crise de 2008, Jean-Pierre Petit a défini la faillite de Lehman comme une crise multi-actifs, et multi-acteurs débutant par une crise immobilière en 2006 avant de devenir une crise financière en 2007, et finalement se transformer en crise bancaire en 2008, suite à la défiance du marché. Aujourd’hui, 10 ans plus tard, les Etats-Unis affichent une croissance supérieure de +8% par rapport à l’Europe (corrigée des effets démographiques) et continuent de dominer le monde sur le plan économique, commercial, financier et technologique. Au plan mondial, les conséquences de la crise sont multiples. Tout d’abord, les Etats continuent de répondre aux crises de dette par des émissions de nouvelles dettes. Selon Jean-Pierre Petit, la dette n’est pas un problème compte tenu des politiques accommodantes des banques centrales qui conduisent à une diminution du service de la dette dans la plupart des grandes économies. Une exception est toutefois à souligner, celle des pays qui n’empruntent pas dans leur devise, comme c’est le cas pour la Grèce et l’Argentine par exemple, et pour lesquels l’évolution des devises fait peser un risque supplémentaire. Enfin, les dommages collatéraux de cette crise sont la montée du populisme et la poursuite du déclin démocratique. Aujourd’hui la perspective d’un « nouveau Lehman » semble à écarter car (i) les banques sont plus solides, (ii) la titrisation de masse a reculé, (iii) il n’y a pas de bulles sur les deux principales classes d’actifs dans les trois zones économiques majeures et (iv) les régulateurs et superviseurs financiers sont mieux préparés. Jean-Pierre Petit aborde ensuite la conjoncture mondiale qui montre des signes de stabilisation. Le PIB mondial affiche une croissance de +3,7% à +3,8%, un peu inférieure au niveau de +4% il y a 1 an, et surtout plus hétérogène. En effet, à titre d’exemple, certains des membres du G20 sont en récession. L’Europe connait une baisse de la demande en euro tandis que pour les Etats-Unis, tous les indicateurs sont au vert : hausse de la croissance, augmentation de la confiance des ménages et des investissements privés ainsi qu’une amélioration de la croissance potentielle grâce à une meilleure productivité générale et à un taux de participation au marché de l’emploi plus élevé. Jean-Pierre Petit enchaîne avec l’historique et les perspectives de croissance du marché des actions. Aujourd’hui, la vigueur de la hausse du bull market doit être nuancée à la vue de l’ampleur de la chute antérieure (2007-2009). Toutefois, le S&P 500 se situe +55% au-delà du point haut du dernier marché haussier (octobre 2007). Les BPA sont en forte croissance (+25%), notamment grâce (i) aux fortes marges des valeurs technologiques, (ii) à la réforme fiscale américaine et (iii) à la vigueur macroéconomique. Selon Jean-Pierre Petit, il n’y a pas de risques exogènes réellement significatifs, mais qu’il faut être attentif à une éventuelle simultanéité des chocs, qui pourrait entrainer une correction sévère. [1] Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Microsoft, Google
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2018

    Un mois d’août agité Août 2018 n’aura pas été un été meurtrier comme certains mois d’août (2015 ou 2011), mais a quand même été marqué par la reprise des inquiétudes sur la guerre commerciale, qui s’étaient apaisées en juillet, et par des mouvements de forte amplitude sur certaines zones et certains actifs. Ces mouvements ont porté principalement sur les devises de pays émergents, qui viennent confirmer la situation difficile de certains de ces pays. La dégradation des relations entre Ankara et Washington a précipité le décrochage de la livre turque, qui a reculé en un mois de -25% face à la devise américaine, ce qui porte sa baisse à -42% depuis le début de l’année. Cette dégringolade a fait craindre une contagion à la monnaie d’autres pays émergents, ces inquiétudes se propageant en particulier en fin de mois à l’Argentine, qui a, elle-aussi, subi une forte dépréciation de sa monnaie, de -25% face au dollar en un mois. Ces tensions ont logiquement pesé sur les marchés financiers de ces pays, et plus généralement sur les indices boursiers des pays émergents, l’indice MSCI Emerging Markets terminant le mois d’août en recul de -2,9% (et de -8,8% depuis le début de l’année 2018). Enfin, si ces mouvements se sont répercutés sur les actions en Europe, ils ont été aussi l’occasion de constater une dichotomie toujours plus forte entre actions en Europe et actions aux Etats-Unis : l’indice Euro Stoxx est ainsi en baisse de -2,7% sur le mois, tandis que les indices américains continuent d’évoluer en territoire positif. Depuis le début de l’année, l’écart de performance entre les deux zones atteint ainsi plus de 13% (avec un indice S&P en hausse de +8,5% à comparer à un indice Euro Stoxx en recul de -4,6% en dollar depuis janvier). Un mouvement de baisse assez généralisé Peu de secteurs ont échappé au mouvement de recul des cours, hormis les quelques segments les plus défensifs (Biens de consommation, Santé), expliquant la bonne tenue des titres les moins risqués (classe de risque 1, cf. tableau 1). Les investisseurs ont en particulier délaissé le secteur Automobile qui souffre depuis trois mois des risques induits par la politique commerciale américaine et de perspectives qui se dégradent (la plus forte baisse étant enregistrée par Continental, en recul de -19,8% sur le mois, à la suite d’une nouvelle révision à la baisse de ses perspectives). Le secteur Minerais / Métaux / Acier (cf. par exemple Eramet -13,2%) a également repris le chemin de la baisse, sur fond de retour de la thématique de la guerre commerciale. Enfin, le secteur bancaire a le plus souffert de la remontée de l’aversion au risque liée à la crise turque, toutes les valeurs bancaires européennes étant en recul, notamment les banques d’Europe du Sud (Banco BPM -28,7%, Intesa -19,2%, Unicredit -18%, BBVA -14,6%). Dans ce contexte, rares sont les sociétés de la zone euro dont le cours progresse significativement, et il s’agit pour la plupart de phénomènes de rebond après des reculs marqués dans les semaines qui avaient précédé (comme Lisi +19,4%, Stora +13,4%, Bourbon +14%, Pierre et Vacances +13,2%, Altran +16,3% après -34% en juillet). Une prime de marché qui se renforce Cette situation de marché perturbé, outre son impact à la baisse sur les actions de la zone euro, aura vu aussi un repli des investisseurs sur les marchés obligataires, et un recul du taux du Bund à dix ans (-12 points de base). Corrélativement, la prime de marché s’est renforcée, à 6,51% (+26 points de base en un mois). Cette prime de marché qui s’éloigne peu de sa moyenne de long terme (6,6%) depuis de nombreux mois (cf. graphique ci-dessous), ressort aujourd’hui à un niveau équivalent à cette moyenne. Dans ces conditions, même si le contexte de marché s’est dégradé depuis le printemps, la valorisation actuelle des actions de la zone euro ne révèle pas de déséquilibre de valorisation.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 juillet 2018

    Un rebond des marchés actions Le mois de juillet aura été marqué par deux thématiques : les publications de résultats et, comme en juin, les problématiques de guerre commerciale. Mais, à l’inverse du mois de juin, cette dernière thématique a comporté des développements considérés comme positifs, notamment l’accord entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, permettant un rebond des marchés actions. L’indice Euro Stoxx termine ainsi le mois de juillet en hausse de 3,4% et les principaux indices européens suivent une tendance voisine. Ainsi l’indice DAX a repris plus de 4%, en image inversée de son recul du mois précédent, traduisant la sensibilité des valeurs allemandes au commerce mondial. Les actions américaines continuent pour leur part leur parcours haussier, et progressent ce mois-ci à un rythme assez proche de leurs consœurs européennes, au regard de la performance de l’indice S&P 500. L’indice NASDAQ affiche une hausse plus modeste en juillet, certains résultats de sociétés technologiques ayant été mal accueillis par les investisseurs. Des performances individuelles reflétant les publications des résultats semestriels Si le rebond des cours apparaît assez généralisé, ce mouvement de marché est ressorti plus marqué sur les titres risqués (cf. dans le Tableau 1 la performance de 5% de la classe de risque 5 des valeurs les plus risquées). La baisse de la pente de risque au sein du marché actions en est le reflet. Le mois de juillet ayant vu la publication de nombreux résultats semestriels, ceux-ci et les perspectives indiquées par les sociétés à cette occasion sont les éléments clés expliquant les performances les plus élevées ce mois-ci, à la hausse ou à la baisse, celles-ci ne recelant que peu de discriminations sectorielles, si ce n’est en défaveur des produits de base (matières premières) ou des valeurs liées au secteur publicitaire. Ainsi, parmi les mouvements significatifs à l’occasion des résultats semestriels, on peut noter le coup de froid sur les géants du web américain en fin de mois (et notamment de Facebook, en recul sur le mois de -11%, après l’annonce des perspectives décevantes de revenus publicitaires en Europe et des dépenses de sécurité importantes). La plupart des titres liés au secteur publicitaire sont en recul ce mois-ci (Omnicom -10%, Publicis -7%, Dentsu -12%). En Europe, Peugeot (en classe de risque 5, en hausse de +26%, en réaction au redressement rapide d’Opel), Edenred (+24%), Orion (+28%) pointent parmi les plus fortes hausses. A l’autre extrémité du spectre des performances, les résultats ont déçu les attentes pour Eramet (-25%), Bekaert (-13%), Stora Enso (-16%), dans le secteur des produits de base, mais aussi pour Trigano (-19%). Enfin, on peut noter la contreperformance marquée d’Altran (-34%, après l’annonce de la découverte d’anomalies comptables dans la filiale nouvellement acquise Aricent). Une prime de marché qui recule légèrement Dans un contexte de légère hausse des rendements obligataires (+14 points de base pour le taux du Bund) et de rebond des cours, la prime de marché est en léger recul, à 6,25% à fin juillet (contre 6,52% à fin juin), mais demeure proche de son niveau moyen de 6,6% depuis 2002. Aussi, nous réitérons les conclusions présentées lors du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière au mois de juin, qui soulignaient que la valorisation des actions de la zone euro demeure raisonnable.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 juin 2018

    Des marchés actions encore inquiets Depuis la fin du mois de mai, les marchés actions évoluent en territoire négatif, entraînés par une série d’inquiétudes, la principale d’entre elles portant sur les conséquences de la guerre commerciale initiée par le gouvernement américain, cette thématique ayant été exacerbée par l’échec de la réunion du G7. S’y ajoutent, comme en mai, les questionnements politiques (en Italie ou en Allemagne) et la perception d’une conjoncture économique un peu décevante. Ainsi, l’indice Euro Stoxx a encore reculé au mois de juin de -1%, après -2,5% en mai, hors dividendes. Par pays, l’Europe du Sud a résisté, après la correction du mois de mai (notamment en Italie) : les valeurs italiennes ne sont qu’en légère baisse (-0,7% pour l’indice FTSE MIB), tandis que les indices ibériques progressent de plus de 1%. En revanche, l’indice Dax recule de plus de 2%, les tensions commerciales pénalisant particulièrement les grandes sociétés exportatrices allemandes. Les indices actions américains continuent pour leur part de progresser légèrement, et accroissent leur avance par rapport aux valeurs européennes : sur le premier semestre, la différence de rentabilité des actions américaines par rapport aux actions européennes est de plus de 6% (S&P 500 vs. EuroStoxx). Un marché segmenté Le facteur Risque est demeuré discriminant ce dernier mois, en faveur des titres les moins risqués (cf. Tableau 1 : la classe de risque 1 affiche une rentabilité de +0,4% en moyenne non pondérée contre -3,1% pour la classe de risque 5 des valeurs les plus risquées). Ce mouvement se traduit par un nouveau renforcement de la pente de risque au sein du marché actions. Les mouvements du mois de juin font ressortir une nette défiance vis-à-vis des grands secteurs qui pourraient être pénalisés par les tensions commerciales (mesures commerciales américaines et mesures de rétorsion annoncées en Europe ou en Chine). Les secteurs Minerais / Métaux / Acier, Biens d’équipement, ou le secteur Automobile (Fiat Chrysler -15,8%, Faurecia -14,2%, VW -11,6%, Valeo -11,5%, Daimler -10,6%) ont été en particulier affectés. De premiers éléments tangibles viennent renforcer ces inquiétudes, comme un abaissement par Daimler de ses prévisions de résultats 2018, justifié notamment par les droits de douane chinois sur l'importation de voitures fabriquées aux Etats-Unis.  Au-delà de ces effets négatifs sur les grands secteurs exportateurs, plusieurs sociétés ont nettement reculé, après les avertissements sur bénéfices qu’elles ont émis ou des communications décevantes, comme Osram Licht(-30,7%), Nexans (-22,6%), Prysmian (-10,4%), Technicolor (-28,6%), Pierre et Vacances (-18,5%), Trigano (-10,5%). Ces différentes annonces, parfois justifiées par des reports de commandes ou des croissances organiques faibles, alimentent les craintes sur la conjoncture économique. Dans ce contexte, peu de valeurs se distinguent à la hausse, sur fond de mouvements spéculatifs (EDP Renovaveis, Ingenico, ADP), ou de rebond par rapport à de fortes baisses précédentes (Criteo, Banco BPM). Une prime de marché qui se renforce L’indice EuroStoxx termine stable à fin juin par rapport à fin décembre, en tenant compte de l’effet des dividendes. A l’issue d’un semestre marqué par un regain de volatilité sur les actions en Europe, la prime de marché s’est sensiblement renforcée, pour atteindre 6,52% à fin juin (contre 5,98% à fin décembre 2017), à comparer à un niveau moyen de 6,6% depuis 2002 (cf. graphique ci-dessous). Comme commenté lors du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière au mois de juin, la valorisation des actions de la zone euro demeure ainsi raisonnable. Il convient d’ajouter que cette valorisation repose sur des prévisions qui demeurent prudentes sur les sociétés. De ce point de vue, les actions pourraient absorber des anticipations de croissance un peu révisées à la baisse.
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  • En route pour le cycle boursier haussier le plus long de l'histoire ?. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    En route pour le cycle boursier haussier le plus long de l'histoire ?. Par Bertrand Jacquillat

    Les marchés financiers sont devenus un peu plus nerveux, l’indice de volatilité VIX, surnommé l’indice de la peur et calculé quotidiennement par le Chicago Board of Exchange (CBOE) à partir des volatilités implicites des prix d’options call et put, a connu depuis le début de l’année quelques accès de fièvre après une longue période d’accalmie. Ce phénomène reflète les inquiétudes de tous ordres ressenties par les investisseurs. D’abord tous les marchés d’actions sont proches de leur plus haut historique. Le Dow Jones a refranchi allégrement les 25000 points ce mois-ci dans la foulée du rallye boursier le plus détesté de l’histoire, pour avoir laissé au bord du chemin nombre d’investisseurs qui, depuis longtemps, avaient pris le risque de ne pas en être, estimant les marchés d’actions surévalués. Aussi s’inquiéter des niveaux de valorisation atteints par les marchés d’actions, et notamment par le marché américain des actions, le marché directeur de la planète des entreprises cotées, est devenu légitime. C’est même devenu le passe-temps favori des commentateurs spécialisés. Le premier motif d’inquiétude est d’abord la longueur du cycle économique et boursier. Les États-Unis auront franchi cet été leur cent dixième mois d’un cycle haussier de leur marché d’actions commencé en 2009, en passe de devenir le plus long cycle haussier depuis 1945. Mais il n’y a pas lieu de s’en alarmer car, comme le rappelait l’ancien Vice-Chairman de la Réserve Fédérale américaine et Professeur à Princeton, Alan Blinder, aucun cycle passé d’expansion économique et financier n’est mort de son grand âge. Les cycles ne s’arrêtent qu’à la suite d’un choc qui stoppe leur ascension. Les récessions américaines de l’après-guerre étaient soit volontaires (comme celle provoquée par le Président de la FED, Paul Volker, dans les années 1980, pour casser une inflation supérieure à 10%), soit étaient dues à un resserrement monétaire mal contrôlé et trop violent, soit étaient la conséquence d’un choc pétrolier. De ce point de vue, Jay Powell à la suite de Janet Yellen pour la FED et Mario Draghi pour la BCE font preuve de la plus extrême prudence dans leur gestion d’un retour à la normale de la politique monétaire dont ils ont la charge. Les autres signes d’inquiétude ont trait aux niveaux atteints par certains indicateurs de valorisation des actions. Ainsi en va-t-il du CAPE (Cyclically Adjusted Price Earnings) popularisé par le prix Nobel d’Economie Robert Shiller, qui représente le ratio du prix des actions des sociétés aux bénéfices moyens qu’elles ont générés au cours des dix années précédentes. Celui-ci est supérieur à 30 alors que sa moyenne historique s’établit à 17. Ceci indiquerait une nette surévaluation du marché américain des actions même si ce ratio est encore bien inférieur au niveau de 45 qu’il avait atteint avant que n’éclate la bulle internet de 2000. Toutefois, le niveau élevé de ce ratio s’explique en grande partie parce que les bénéfices de plusieurs des dix dernières années ont été sévèrement amputés par la grande récession. D’ailleurs, le PER instantané, mesuré par le PER des bénéfices 2018 estimés, est de l’ordre de 19, correspondant peu ou prou à sa moyenne historique. Autre indicateur, la prime de marché des actions qui indique l’écart de rentabilité anticipé entre les actions et les obligations. Une prime de marché élevée signifie que la rentabilité offerte par les actions est nettement supérieure à celle des obligations, ce qui va pousser les investisseurs à acheter des actions et faire monter leurs cours. Inversement, plus la prime de marché est faible, et plus le marché des actions apparaît cher, car il ne rapporte pas suffisamment par rapport aux obligations. Une prime de marché faible est le signal d’une baisse à venir des cours des actions. Par le passé, la prime de marché, telle qu’elle est estimée par Associés en Finance, a énormément fluctué au cours du temps avec des valeurs extrêmes, préludes à de grands retournements de marché : 7,70% en décembre 1982, qui marque le début de la hausse des vingt-cinq années qui ont suivi ; son minimum historique de 1,53% en septembre 1987 à la veille du krach d’octobre 1987, son second minimum historique de 2,72% en janvier 2000, prélude au dégonflement de la bulle internet, et son maximum de 11,80% en mars 2009, en pleine crise financière, et qui correspond au début du cycle haussier des actions dans lequel nous sommes. Aujourd’hui, en juin, la prime de marché des actions se situe autour de 6%, proche de sa moyenne historique. Une fois ces fondamentaux posés, il convient d’apprécier les risques susceptibles de les faire dérailler. Il en est un de nature purement qualitative qui est toujours présenté par les analystes des marchés financiers comme pouvant altérer les résultats des scénarios économiques qu’ils présentent. C’est le risque géopolitique toujours présent, même si sa nature change au fil du temps comme la couleur d’un caméléon. Il s’est encore manifesté récemment avec acuité compte tenu des relations internationales devenues compliquées et des foyers de risque nombreux et variés. Et pourtant les marchés d’actions réagissent peu aux coups de menton répétés et autres invectives du Président des États-Unis. Les nuages politiques qui se sont amoncelés depuis le mois de février n’ont pas empêché les marchés d’actions de la zone euro d’afficher une hausse de plus de 3% depuis le début de l’année. Faut-il s’en étonner ? Lors de la conférence annuelle mondiale du Milken Institute qui s’est eu tenue à Beverly Hills à la fin du mois d’avril, Mary Collaghan Erdoes, CEO de la gestion d’actifs et de la banque privée de JP Morgan Asset Management, a prétendu que le seul événement géopolitique qui ait eu une quelconque influence sur les marchés d’actions fut la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes en 1973 qui conduira à un embargo sur le pétrole et une forte augmentation de son prix. Aussi l’influence de la géopolitique pure sur les marchés d’actions est sans doute exagérée, sauf si elle conduit à des conséquences extrêmement graves et irréversibles, où s’ils recèlent une forte dimension économique. Mais dans l’environnement de taux bas, que nous connaissons aujourd’hui le niveau de rentabilité des actions au-delà de 6% confère à celles-ci une attractivité certaine. Les investisseurs devraient donc continuer à privilégier les actions dans la perspective d’une poursuite d’un cycle haussier, qui pourrait être le plus long de toute l’histoire.
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  • Club de Gestion Financière Lire la suite

    Club de Gestion Financière

    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Quels cygnes noirs pour les marchés financiers » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 14 juin 2018, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème « Quels cygnes noirs pour les marchés financiers ». Bertrand Jacquillat commence par rappeler les conclusions du précédent petit déjeuner de mars 2018, qui se sont révélées particulièrement exactes. Après un premier trimestre morose, les indices actions sont en légère hausse dans la Zone Euro. Sur la période du 16 mars 2018 au 8 juin 2018, l’indice CAC 40 a progressé de 5,7% et l’indice Euro Stoxx de +3,0% dividendes inclus. Le marché a connu un certain regain de  volatilité depuis le début de l’année, en raison des tensions commerciales avec les Etats-Unis et d’incertitudes politiques en Italie. Ces dernières ont pénalisé les actions italiennes, et l’indice FTSE-MIB enregistre un recul de -6,6% au 8 juin 2018 par rapport à mi-mars. Cette hausse de la volatilité ne semble cependant pas durable, avec une retombée des volatilités implicites sur les contrats d’options matérialisée par l’indice VIX. Ce dernier s’établit à 10,4 au 8 juin 2018 (contre une moyenne de 14,6 depuis 2009).Un élément particulier est à souligner, il s’agit de la hausse du dollar. Le mouvement de recul du dollar, qui avait pu être enregistré en 2017 s’est inversé sur les dernières semaines et le WSJ Dollar Index a progressé de +5% par rapport à son point bas de mi-février 2018. Sur cette même période, le dollar a progressé de +6% par rapport à l’euro. Enfin, la prime de marché se trouve dans une phase de stabilisation autour de sa moyenne. Ceci permet de conclure à une valorisation sur le marché proche de l’équilibre. Ainsi, même si le marché peut connaître des périodes de stress, les actions demeurent à des valorisations raisonnables, d’autant que la prime de marché relative demeure élevée, ce qui continue de traduire l’absence d’investissement alternatif rémunérateur. Enfin, la valorisation des actions dans Trival repose sur des prévisions prudentes quant aux plans d’affaires des sociétés. Aussi, les actions pourraient absorber des anticipations de croissance un peu révisées à la baisse. Jean-Pierre Petit est ensuite intervenu sur les tendances de conjoncture mondiale pour le deuxième semestre 2018. La croissance économique mondiale bénéficie toujours de perspectives positives, principalement tirées par une amélioration de l’investissement en volume, de la production manufacturière ainsi que de la confiance des ménages. Jean-Pierre Petit commence par souligner quelques déceptions dans le monde émergent. Il rappelle les principaux indicateurs à surveiller qui sont la situation de la balance commerciale, le volume de la dette libellée en dollar (sensible à une hausse du dollar) ainsi que la gouvernance du pays. A l’aune de ces critères, le Brésil et la Turquie sont aujourd’hui en difficulté et l’Afrique du Sud reste à surveiller. La Zone Euro affiche un premier semestre assez décevant avec une multitude de mini-chocs. L’euro est passé de 1,04 $ en janvier 2017 à 1,24 $ en mars 2018 pour refluer depuis à 1,16 $. A ceci s’ajoutent les craintes du retentissement d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis et un choc d’offre pétrolier non négligeable avec un prix du pétrole qui est passé en un an de 45 $ à 76 $ aujourd’hui. Ce choc reste négatif pour la croissance puisqu’il s’agit d’un choc d’offre et non d’un choc de demande. Malgré ces éléments, les vecteurs de la demande en Zone Euro restent présents et le taux d’emploi demeure à la hausse. Au sein de cet environnement économique européen, l’Italie a marqué les esprits au cours des dernières semaines. Au plan politique, il ne s’agit pas de la tenue de nouvelles élections, mais plutôt la dynamique politique tenue par la Ligue ainsi que l’attitude jusqu’au-boutiste à la fois de Sergio Matarella et de Matteo Salvini qui ont été à l’origine des turbulences sur les marchés. Au plan financier, la hausse récente des taux d’intérêt s’approche des niveaux qui sont de nature à « menacer » à moyen terme la solvabilité budgétaire italienne[1]. Malgré cela, Jean-Pierre Petit demeure convaincu que l’Italie ne fera pas défaut, ni ne quittera la Zone Euro. L’histoire récente de l’Europe du Sud montre qu’il n’y a guère d’opportunités réelles pour les solutions aventuristes et improvisées. Et la sanction des marchés joue un rôle régulateur essentiel. Les sondages montrent par ailleurs la volonté des italiens de ne pas quitter la monnaie unique. En revanche, les tensions de marché risquent de durer plus longtemps que ce que l’on attendait. Jean-Pierre Petit a conclu par l’analyse de la situation américaine. La célébration du 9ème anniversaire du cycle expansif US marque une fois de plus l’ère de tous les records. Le taux de chômage américain s’établit à 3,75% et 18,5 millions d’emplois ont été créés en 8 ans (contre 8,5 millions en Europe). Avec des vecteurs de croissance de la production manufacturière satisfaisants et une croissance annualisée qui s’établit autour de 3%, la situation américaine est somme toute plus que satisfaisante. Jean-Pierre Petit souligne qu’il ne faut pas confondre les discours et la réalité du protectionnisme mis en place par Trump. Quand on compare les promesses de hausse des tarifs douaniers contre la Chine annoncés lors de la campagne présidentielle américaine aux mesures effectives, on constate un écart très significatif. Alors que la promesse de campagne consistait à taxer l’intégralité des importations chinoises à 45%, l’effet statistique sur les prix à l’import de produits chinois s’établit autour de 2%. La guerre commerciale reste somme toute relative. Concernant les indicateurs de marché, en prenant ceux des taux directeurs réels, des spreads high yield et de la courbe des taux, les niveaux actuels sont encore loin des moyennes des pics des 5 derniers marchés haussiers. Jean-Pierre Petit souligne enfin une deuxième année de révision à la hausse des BPA sur les marchés actions, confirmant une confiance certaine accordée aux perspectives de croissance futures. Les membres du Club de gestion financière d’Associés en Finance ont particulièrement apprécié la convergence des conclusions des deux conférenciers, qui, avec des approches quelques peu différentes, étaient portées vers un optimisme raisonnable. [1] La maturité moyenne de la dette est aujourd’hui de 6,9 ans
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  • Etre contrarian pour battre les marchés boursiers. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Etre contrarian pour battre les marchés boursiers. Par Bertrand Jacquillat

    C’est entendu, les marchés sont efficients, et il est pratiquement impossible de les battre, d’où le succès grandissant de la gestion passive que nous avons plusieurs fois évoquée dans ces chroniques. La gestion active n’est pas morte pour autant, et beaucoup de gérants sont à la recherche de poches d’inefficience leur permettant de surperformer. Il y a au moins deux possibilités pour ce faire : la première et la plus utilisée est celle qui recourt au data mining pour détecter des anomalies qui auraient été « gagnantes » par le passé. La littérature académique en a ainsi détecté plus de 450. Leur nombre élevé souligne leur diversité. Mais les résultats de stratégies d’investissement fondées sur de telles anomalies sont peu concluantes, et ce pour au moins deux raisons. La première c’est que la plupart de ces anomalies sont cycliques. Ainsi, les petites capitalisations boursières ont tendance à surperformer les grandes capitalisations boursières, mais ce n’est vrai qu’en moyenne. Il est des périodes où l’inverse se produit, et celles-ci peuvent être suffisamment longues pour décourager les gérants et surtout leurs clients qui seraient tentés de changer de gérant. La seconde raison ressort précisément des sources de l’efficience. Lorsqu’elles existent, de telles anomalies finissent par être découvertes par des investisseurs qui, en cherchant à les mettre à profit, les font tout simplement disparaître. La seconde approche pour tenter de surperformer les marchés est l’approche contrarian qui jouerait sur la peur ou l’euphorie et qui correspondrait par exemple à l’adage « Acheter au son du canon et vendre au son du violon ». C’est celle que nous avons déjà évoquée avec l’outil de la prime de marché d’Associés en Finance : acheter des actions quand celles-ci est élevée, c’est-à-dire en période où les actions rapportent en anticipé plus que les obligations, et s’en tenir à l’écart lorsque ce différentiel est faible. Plus facile à dire qu’à faire dans la mesure où l’indicateur de la prime de marché ne revêt des valeurs extrêmes conduisant à un signal clair que de manière parcimonieuse (1981, 1987, 2001, 2007, 2009, 2011). Cela devrait suffire à faire le bonheur des gérants, encore faudrait-il qu’ils soient patients. Une autre approche contrarian consiste à « jouer » sur la colère, qui est mauvaise conseillère en matière boursière. Cette approche recherche les sociétés délaissées parce qu’elles suscitent la colère pour des raisons diverses : l’atteinte à la vie privée (Facebook au mois d’avril avec la diffusion non autorisée des données personnelles de près de 100 millions de personnes à une société de conseil), la production et la vente d’armes à la suite d’attentats particulièrement odieux, les « sociétés du vice » qui produisent de l’alcool et du tabac, l’atteinte à l’environnement avec les sociétés énergétiques etc. Allié à Thomson Reuters, un gérant californien, Richard Peterson du groupe Market Psych a construit un indice formé des 20 sociétés provoquant le plus de colère voire de haine. Depuis 1999 et en modifiant la composition d’un tel portefeuille tous les mois, en fonction du contenu des réseaux sociaux, cette stratégie aurait multiplié la mise initiale par 22 (hors frais), à comparer avec 2.2 fois pour l’indice S&P’s américain. L’exercice donne des résultats analogues dans nombre d’autres pays, voire supérieurs comme en Afrique du Sud (60 fois la mise initiale). Il ne s’agit pas ici de data mining car les investisseurs seront toujours réticents à investir dans des sociétés que l’opinion publique et les réseaux sociaux détestent. Les GAFA et autres tech que sont Twitter et Facebook sont actuellement les sociétés les plus détestées sur les réseaux sociaux. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 1 juin 2018
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mai 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mai 2018

    Marchés actions sous tension Après un rebond sensible des indices actions de la zone euro depuis fin mars, le sentiment des investisseurs s’est retourné sur les sept dernières séances boursières du mois de mai, ce qui traduit le regain de volatilité des marchés depuis le début de l’année. Le retour du risque politique en Italie (illustré par l’intervention du Président Mattarella afin d’obtenir des garanties auprès du prochain gouvernement pour le maintien de l’Italie dans la zone euro) et la posture offensive de Donald Trump sur le terrain commercial et géopolitique (notamment vis-à-vis de la Chine, de l’Europe et de l’Iran) ont été des facteurs anxiogènes pour les investisseurs. Ainsi, le mois de mai se solde par une baisse de -3,7% de l’indice Euro Stoxx 50 (-2,5% après dividendes) et une forte correction de l’indice principal italien (-9,2% hors dividendes). Ce contexte s’est caractérisé par une vente massive des titres bancaires et un élargissement des spreads entre les taux souverains italiens et allemands. Outre-atlantique, les indices actions sont en revanche en progression, principalement l’indice Nasdaq qui a connu un net rebond au mois de mai avec une hausse de +5,3%, tirée notamment par la progression des titres Apple (+13,1%) et Facebook (+11,5%). Sur le front des commodities et des devises, le prix du baril de Brent (77 $ à fin mai) a continué de s’apprécier alors que le climat diplomatique s’est tendu autour du dossier iranien tandis que la devise européenne a continué de s’affaiblir face au dollar (parité à 1,17 en fin de mois). Forte hétérogénéité des performances Le facteur Risque est apparu très discriminant ce dernier mois, comme le reflètent la hausse des valeurs les moins risquées et, en sens inverse, le net repli des titres les plus risqués (cf. Tableau 1, classe de risque 5 : -5.6% en moyenne non pondérée). Ce mouvement a entraîné un renforcement de la prime de risque au sein du marché actions. Le repli des titres risqués est à mettre en relation avec le vif recul des valeurs financières, en particulier des banques italiennes (Banco BPM -26,4%, Unione di Banche Italiane -21,9%, Unicredit -21,4% et Mediobanca -19,8%) mais également des banques françaises les plus exposées à l’Italie (BNP Paribas -12,3% et Crédit Agricole -9,3%). Par ailleurs, le titre Deutsche Bank (-19,8%) a été pénalisé par la mise sous surveillance par la Fed de ses activités américaines. Toutefois, d’autres secteurs ont également souffert au mois de mai tels que : Le secteur Médias, dont notamment les titres italiens mais aussi ProSiebenSat (-10,0%), TF1 (-10,0%)et Axel Springer (-8,5%) en réaction à leurs publications trimestrielles qui ont déçu ;Le secteur Distribution, en particulier les titres Dia (-24,4%), Casino (-10,2%) et Carrefour (-9,5%) qui souffrent notamment d’un effet devises négatif au Brésil et en Argentine ;Le secteur des Télécoms  où les titres Telecom Italia (-16,0%) et Iliad (-12,7%) sont confrontés à une détérioration des fondamentaux et/ou une concurrence plus vive. A l’inverse, malgré l’orientation baissière des marchés actions, de nombreux secteurs ont enregistré des performances positives au mois de mai, notamment les secteurs ci-après qui se sont distingués : Le secteur Electronique qui, après le recul du mois précédent, s’est redressé dans le sillage du Nasdaq (notamment d’Apple) à l’instar de Soitec (+15,8%) et STMicroelectronics (+12,4%) ou encore Infineon (+10,4%) dont le management s’est montré plus optimiste sur les perspectives du groupe lors de la publication de ses résultats trimestriels ;Le secteur Luxe en réaction aux publications du premier trimestre d’Hermès (+13,6%) et de Kering (+10,7%) qui indiquaient une activité très soutenue malgré une base de comparaison élevée ;Le secteur Energie en raison de la poursuite du renchérissement du prix du pétrole. Prime de marché à 6,32% Face aux incertitudes en Italie et aux craintes de guerre commerciale, les investisseurs se sont tournés vers les taux souverains les plus sûrs, provoquant ainsi une baisse du rendement du Bund 10 ans de -22 points de base à 0,34%. Par conséquent, la prime de marché a augmenté de +32 points de base pour s’établir à 6,32%. Ce niveau se compare à un niveau moyen de 6,57% depuis 2002. Ainsi, ces indicateurs mis en valeur dans le modèle Trival, proches de leur niveau moyen, incitent à rester neutres sur le niveau de valorisation des actions de la zone euro même si certains risques se sont déjà manifestés.
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  • La communication financière doit faire rêver pour donner davantage de flexibilité stratégique à l’entreprise. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    La communication financière doit faire rêver pour donner davantage de flexibilité stratégique à l’entreprise. Par Bertrand Jacquillat

    Le mentor et gourou de Warren Buffett, Benjamin Graham, professeur de finance à Columbia, et auteur de la bible de l’analyse financière et de l’évaluation dans les années 1940, Security Analysis, avait l’habitude de dire «  A court terme, le marché des actions est une machine à voter et à long terme, c’est une balance pour peser l’argent que la société rapporte à l’actionnaire ». Et il est vrai que le prix des actions ne fait que refléter les cash flows futurs qu’une société est susceptible de générer. Et les sociétés n’ont guère plus de deux moyens pour guider les investisseurs à lire dans le marc de café et les conforter sur leur futur. Le premier moyen c’est de leur fournir régulièrement des prévisions sur ce que devrait être le chiffre d’affaires du prochain trimestre, ou les résultats du prochain semestre, toujours en comparaison de celui de l’exercice précédent. Ces indications aident les analystes et les investisseurs à forger leur opinion sur ce que sera le niveau des principales grandeurs financières de la société dans un proche avenir. Ces prévisions agrégées forment le consensus de place et la communication financière des sociétés consiste à « gérer ce consensus », de sorte qu’à l’arrivée les résultats soient un peu supérieurs aux attentes du marché, et constituent ainsi une bonne nouvelle, facteur de soutien des cours. Mais si les résultats ne sont pas conformes au consensus, gare aux accidents de la route pour les actions des sociétés concernées. L’autre moyen est beaucoup plus subtil, plus bénéfique aux sociétés mais éventuellement plus risqué comme a pu s’en rendre compte Tesla en début de mois. A un journaliste qui l’interrogeait lors de la dernière conférence téléphonique sur le montant de capital que la société aurait besoin de lever prochainement, Elon Musk, le fondateur et président répondit « Les questions ennuyeuses et bouffonnes ne sont pas les bienvenues. Question suivante ? ». Pour les investisseurs, les questions quant aux cash flows futurs ne sont pas une bouffonnerie, surtout lorsque celles-ci s’adressent à une société qui « brûle » 1 milliard de $ par trimestre. Cette réponse a d’ailleurs fait déraper le titre de – 15%. Certes, le style de communication d’Elon Musk est brutal, mais on peut interpréter sa réponse de manière positive « Si vous êtes préoccupé par les résultats à court terme de la société, celle-ci n’est pas faite pour vous comme investisseur ». Cette préoccupation de long terme, c’est ce dont rêvent les dirigeants des sociétés en croissance, et ils ont bien raison, car cela leur donne un avantage compétitif énorme. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le cas d’Amazon. Depuis plus de 25 ans que la société a été créée, son fondateur et CEO, Jeff Bezos, n’a cessé de répéter aux investisseurs que tout le cash généré par la société serait réinvesti. Et encore aujourd’hui, la marge opérationnelle de la société n’est que d’à peine 2%. C’est peu mais cela n’a pas empêché Amazon de devenir une des toutes premières capitalisations boursières mondiales. Et si son principal concurrent sur sa première activité, Walmart, pouvait mener la même politique financière, cela lui libèrerait plus de 10 B$ tous les ans pour l’investissement, soit l’équivalent du budget annuel d’investissement d’Amazon. Mais il ne le peut pas parce que ses actionnaires exigent de lui de recevoir des dividendes, à l’inverse de ceux d’Amazon. Car la communication financière d’un titre axée sur le court terme a pour corollaire de distribuer un dividende qui vient conforter celle-ci. Amazon a une manière de communiquer au marché qui lui donne davantage de flexibilité que celle de la plupart des autres sociétés, qui consiste à faire rêver tout en délivrant ce qu’on annonce. Cela permet aux dirigeants de sortir des ornières du court terme si préjudiciable à la stratégie des entreprises. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 25 mai 2018    
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  • Club de Gestion Financière Lire la suite

    Club de Gestion Financière

    Laurent Mignon, Directeur général de Natixis « Comment redresser une banque dans un environnement de transformation réglementaire, économique et technologique » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 24 mai 2018, le Club accueillait Laurent Mignon, Directeur Général de Natixis et prochain Président du Directoire du groupe BPCE, sur le thème de la transformation de l’environnement règlementaire, économique et technologique des banques, et leur impact sur Natixis. Laurent Mignon a réussi le redressement spectaculaire de Natixis qui sortait anémique de la crise financière de 2008. La banque d’investissement du groupe BPCE souffrait alors d’une perte de confiance de ses actionnaires, de ses collaborateurs et de ses clients. Elle était devenue le symbole français de la crise touchant le monde bancaire. Arrivé à la tête de la banque le 1er Mai 2009, au moment où l’action cotait moins de 1€ alors que trois ans plus tôt elle avait été introduite à 19,55€, Laurent Mignon mit en place un premier plan de redressement en 2010 : le plan « New Deal », dont l’objectif était de reconstruire l’image de Natixis et de relancer l’activité. Il reposait sur trois piliers : (i) la transparence et la bonne gouvernance, (ii) le recentrage de l’activité sur les clients et (iii) la création d’une colonne vertébrale structurant la banque. La baseline percutante de ce nouveau plan « Un groupe, une entreprise, trois métiers » souligne l’importance donnée à la communication autant à destination des collaborateurs que des clients. La mise en œuvre du plan a été accompagnée d’une réduction du profil de risque par un assainissement des lignes de portefeuilles contenant des titres toxiques et l’arrêt de l’activité de trading pour compte propre, ainsi que d’une refonte de la gouvernance de la société qui s’appuiera désormais sur deux instances de direction : le comité de direction générale et le comité exécutif notamment en charge du suivi du plan « New Deal ». Un second plan intitulé « New Frontier » est lancé en 2013, suite à la crise qui a frappé la zone euro. Ce second plan, qualifié de plan de développement par Laurent Mignon, reposait sur trois leviers : (i) le développement et l’internationalisation des activités, (ii) l’optimisation du modèle d’affaire et (iii) la gestion active de l’allocation du capital entre les trois métiers cœurs. Il avait pour objectif de mettre en œuvre le positionnement stratégique que Natixis souhaitait adopter : « une banque de solutions à forte valeur ajoutée, entièrement dédiée à ses clients ». La ligne de conduite de Natixis était claire : optimiser ses dépenses en risque et en capital grâce à la mise en œuvre d’un modèle asset-light. La banque s’est donc concentrée sur l’Asset Management et la gestion active, peu consommatrice en risque et en capital, qui devient alors son métier phare. Elle ne cache pas son ambition de devenir leader sur ce segment d’activité, en allant à l’encontre des géants américains tel que Blackrock ou Vanguard qui proposent des solutions de gestion passive que Laurent Mignon qualifie de services « low-cost ». Il a orienté la banque vers un service premium qui valorise l’expertise de ses collaborateurs plutôt que la simple mise à disposition de ressources bilantielles et positionne alors Natixis dans un modèle « Originate to Distribute » qui la place dans une situation de meneuse et non plus de suiveuse. La transformation opérationnelle de Natixis entre 2009 et aujourd’hui a été soutenue par un remaniement interne profond que Laurent Mignon synthétise en trois points. Le premier est la simplification de la structure et l’aplatissement de la hiérarchie interne. La suppression des multiples strates hiérarchiques simplifie les prises de décision et améliore la réactivité des équipes sans sacrifier la reconnaissance des collaborateurs qui peuvent désormais être promus expert leader, project leader ou manager selon les goûts et les talents respectifs des intéressés mais correspondant à un même niveau hiérarchique. Le second point concerne la création de valeurs communes, au sein de la galaxie Natixis et son modèle multimarque, nécessaire à l’implication de l’ensemble des collaborateurs dans la création de valeur. Le troisième point porte sur la réorganisation des postes et des métiers induit par les stratégies opérationnelles du groupe avec l’abandon de certains métiers et la pondération des ressources humaines et matérielles entre les trois activités cœurs : la Banque de Grande Clientèle, la Gestion d’Actifs et les Services Financiers Spécialisés. En conclusion Laurent Mignon a évoqué le troisième plan stratégique de Natixis, nommé « New Dimension » planifié sur la période 2018-2020. Il présente ce plan comme celui de la pérennité, de la différenciation et de la digitalisation. Il a conclu en qualifiant la transformation opérée au sein de Natixis depuis 2009 d’une transition « d’une banque de bilan à une banque de talent ».
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  • Où vont les prix du pétrole ?. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Où vont les prix du pétrole ?. Par Bertrand Jacquillat

    Avec les taux de change, le baril de pétrole représente l’actif réel et financier dont il est le plus difficile de prévoir l’évolution de son prix. Celui-ci a dépassé les 75 $ la semaine dernière pour la première fois depuis quatre ans, après avoir dépassé les 60$ en fin 2017. Son ascension continue depuis février n’a pas empêché le rebond du marché des actions, même si l’on constate généralement une corrélation négative entre les prix du pétrole et les cours des actions. Malgré la difficulté de prévoir l’évolution du prix du baril pour le reste de l’année 2018, il n’est pas interdit de dresser la liste des facteurs susceptibles d’affecter la direction qu’il pourrait prendre. Il y a bien entendu l’état de l’offre et de la demande. La progression du prix du brut depuis dix-huit mois résulte de la réduction importante des stocks accumulés pendant la période 2014-2016. Le déstockage s’explique par la santé de l’économie mondiale et les limites de production que se sont imposées les pays de l’OPEP et la Russie. D’aucuns estiment que le marché est très tendu dans la mesure où le niveau de la demande devrait pour la première fois cette année atteindre les 100 millions de barils/jour. Ce qui aurait pour effet notamment la reconstitution des stocks de produits raffinés à un niveau plus élevé que précédemment. Même si l’Agence Internationale de l’Energie a déclaré récemment que l’OPEP pourrait se féliciter d’avoir accompli sa mission, les experts estiment que l’OPEP comme la Russie continueront à restreindre leur production, même une fois les stocks reconstitués. Et comme l’a montré l’histoire récente, l’augmentation de la production américaine de pétrole de schiste de 1.4 millions barils/jour, soit environ 10% de la production, ne suffira pas à inverser la tendance. Restent les facteurs financiers avec l’activité des hedge funds et les considérations géopolitiques qui ont une importance indéniable dans ce secteur d’activité. Les Hedge Funds ont constitué des positions spéculatives à l’achat importantes, ce qui traditionnellement représente un risque à l’occasion de leur dénouement. Cela ne s’est pas encore produit sans doute du fait que les cours spot se trouvent au-dessus des cours à terme, ce qui permet aux spéculateurs de gagner sur la reconduction de mois en mois de leurs positions d’acheteur à terme. Il y a en fin de compte les risques géopolitiques. Même si l’on a écrit dans notre précédente chronique que leurs effets sur les actions étaient très souvent exagérés, ce n’est sans doute pas le cas pour le prix du baril de pétrole, du fait qu’un déséquilibre même temporaire entre l’offre et la demande sur un marché déjà tendu, comme c’est le cas actuellement, peut avoir un effet important sur les prix. D’ailleurs la hausse de plus de 10$ du prix du baril depuis février 2018 peut être en partie attribuée à la crise politique et à l’effondrement de l’économie du Venezuela, qui a entrainé une chute historique de sa production pétrolière. Outre le Venezuela dont la chute de la production pourrait durer, d’autant que les Etats-Unis pourraient imposer des sanctions supplémentaires au régime du Président Maduro après les élections de ce mois, il y a beaucoup d’autres risques géopolitiques : la sortie possible de l’accord nucléaire iranien des Etats-Unis qui imposeraient des sanctions à l’exportation du pétrole iranien. Sans compter les tentatives des rebelles Houthis au Yémen qui, alliés à l’Iran, essaient de détruire des infrastructures pétrolières en Arabie Saoudite. En définitive la reconstitution ds stocks et la maitrise de la production dans un environnement économique qui reste globalement favorable constituent un facteur de soutien des prix du baril, ce qui ne devrait pas pour autant impacter les niveaux de valorisation des actions. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 18 mai 2018
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  • La liaison entre la géopolitique et les marchés d’actions n’a que rarement été consommée. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    La liaison entre la géopolitique et les marchés d’actions n’a que rarement été consommée. Par Bertrand Jacquillat

    Pour évaluer l’attractivité des marchés actions, les chroniqueurs boursiers se réfèrent à de nombreuses métriques, et d’abord leur niveau de valorisation. À cet égard ils soulignent depuis un certain temps que les PER des actions sont plus élevés que leur moyenne historique, qu’il s’agisse du multiple des bénéfices 2017 ou du forward PE des bénéfices 2018 ou encore du CAPE (Cyclical Adjusted PE) de Schiller. Ils en concluent que les marchés sont chers, même s’ils apparaissent à l’équilibre compte tenu du niveau de la prime de marché d’Associés en Finance proche de sa moyenne historique. Une fois ces fondements posés entrent en considération toutes sortes de conjectures, d’hypothèses et de scénarios économiques possibles qui peuvent affecter les prix des actions. Il peut s’agir de l’évolution à venir du prix de baril de pétrole, ou des taux d’intérêt, de la croissance du PIB au prochain semestre, de la parité de change euro/dollar, etc. Il en est un de nature purement qualitative qui est toujours présenté comme pouvant altérer les résultats des scénarios économiques présentés. C’est le risque géopolitique, toujours présent, même si sa nature change au fil du temps comme la couleur d’un caméléon. Il s’est manifesté récemment avec acuité compte tenu des relations internationales devenues compliquées et des foyers de risques nombreux et variés : conflit en Syrie, guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, accord nucléaire avec l’Iran que pourrait être renié par les Etats-Unis, armement nucléaire de la Corée du Nord, etc. Et pourtant les marchés d’actions ont à peine réagi lorsque Donald Trump et le leader Nord-Coréen Kim Jong Un se chamaillaient comme des gamins (sauf que les conséquences auraient pu être très graves) sur la dangerosité de leur armement nucléaire respectif. Et les nuages géopolitiques qui se sont amoncelés depuis le mois de février n’ont pas empêché les marchés actions de la zone euro d’afficher depuis une forte hausse de près de 8%. Lors de la conférence annuelle mondiale du Milken Institute qui s’est tenu à Beverly Hills à la fin du mois dernier Mary Callaghan Erdoes, CEO de la gestion d’actifs et de la banque privée de JP Morgan Asset Management, a prétendu que le seul évènement géopolitique qui ait eu une quelconque influence sur les marchés d’actions fut la guerre du Kippour entre Israël et les pays Arabes en 1973, qui conduira à un embargo sur le pétrole et une forte augmentation de son prix. Aucune invasion d’un territoire par la Russie ou les Etats-Unis n’ont eu depuis d’impact autre que minimal sur les marchés d’actions. Certains évènements géopolitiques peuvent avoir un impact négatif violent mais des effets positifs à plus longue échéance. Ainsi en va-t-il des attentats du 11 septembre 2011 qui ont entrainé une chute importante de Wall Street et la fermeture du marché pendant quelques jours, mais qui a été suivie d’un cycle haussier de plus de quatre ans à la suite de la guerre en Irak. Ainsi l’influence de la géopolitique sur les marchés d’actions est sans doute exagérée. Sauf que la politique peut affecter les marchés de manière plus subtile. Ainsi en va-t-il du populisme qui émerge dans de nombreux pays et qui pourrait se focaliser sur la technologie et conduire à une réglementation sévère des GAFA et autres FAANG. Celle-ci mettrait ainsi fin au monopole de fait que ces sociétés exercent dans le domaine du numérique et leur valorisation en serait fortement entamée. Mais ne serait-ce pas bénéfique sur un plan économique plus général et donc pour les marchés ? Il faut se méfier d’accorder trop d’importance aux phénomènes géopolitiques qui apparaissent souvent comme ressortant de l’émotionnel et de l’éphémère. Et heureusement d’ailleurs ! Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 11 mai 2018  
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  • En défense de l’épargnant : la gestion passive. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    En défense de l’épargnant : la gestion passive. Par Bertrand Jacquillat

    La logique et le bon sens indiquent que dans un marché de plus en plus dominé par un grand nombre d’investisseurs institutionnels très bien informés, il est particulièrement difficile de découvrir des martingales inédites permettant de battre systématiquement les marchés. D’où le succès grandissant de la gestion passive, mise en place pour la première fois il y a plus de quarante ans au sein du département de gestion d’actifs de la Wells Fargo, cette banque californienne qui fut la première à reconnaître l’efficience des marchés financiers et à mettre au point de nouveaux produits financiers adaptés à cette situation. Aujourd’hui, plus du tiers des portefeuilles institutionnels sont gérés de manière passive par des mastodontes de la gestion institutionnelle des portefeuilles tels que Blackrock, Vanguard ou State Street aux Etats-Unis et Amundi en Europe. Ce mode de gestion est extraordinairement bénéfique à l’épargnant. Celui-ci encourait autrefois des frais de gestion (frais de transactions, de rémunération des gérants, frais de recherche) qui bon an mal an étaient de l’ordre de 2% à 3% de son épargne investie en actions, alors que la gestion passive a réduit ceux-ci de plus de 80%. Cela n’a l’air de rien mais sur une vie d’épargne, cela représente une bonne partie du patrimoine épargné. Merci donc encore une fois à la concurrence qui dans le domaine financier a abouti à rendre les marchés efficients, favorisant un terreau propre au développement de la gestion passive et des ETF, à la baisse des coûts de gestion et de transaction pour l’épargnant, et donc à l’enrichissement de ce dernier. Faut-il s’inquiéter d’une telle situation qui sonnerait le glas du capitalisme, du fait que la gestion passive a pour corollaire l’absence de monitoring et de contrôle des sociétés dans lesquelles sont investis les ETF ? L’observation des pratiques récentes des entreprises américaines dissipe en partie ces craintes. Une plus grande participation des fonds passifs au capital des entreprises s’accompagne d’une représentation plus importante des administrateurs indépendants à leur conseil, et d’une panoplie plus légère des mécanismes de défense anti OPA. Par ailleurs, plus la part de ces investisseurs au capital est importante et plus grandes sont les chances que ceux-ci votent contre les résolutions proposées par les dirigeants en assemblée générale. De fait, la gestion de capitaux conséquents oblige les investisseurs institutionnels à prendre position sur un grand nombre de dossiers simultanément. Aussi la taille et la diversité croissante de leurs portefeuilles ont fait apparaître un besoin de conseil. C’est ainsi que se sont développées les agences en conseil de vote, ou proxy advisors, dont le rôle est de fournir aux investisseurs institutionnels des recommandations de vote sur tous les sujets et les résolutions soumises en assemblée générale ayant trait à la gouvernance des entreprises : fusions-acquisitions, nominations d’administrateurs, dilution de capital, rémunération des dirigeants, etc. En fait les gérants institutionnels passifs, davantage que d’être des propriétaires d’actions, représentent un élément de l’infrastructure des marchés financiers. Mais merveille du capitalisme, celui-ci a su s’adapter pour enrichir les épargnants par la gestion passive sans que n’en pâtissent les performances des entreprises pour lesquelles sont apparus de nouveaux modes de contrôle. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 4 mai 2018
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    Club de Gestion Financière

    Erik Orsenna, écrivain, Membre de l’Académie Française et Ambassadeur de l’Institut Pasteur « Dernières nouvelles de la santé globale » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce jeudi 3 mai 2018, le petit-déjeuner était animé par Erik Orsenna sur le thème des perspectives de la santé globale. Bertand Jacquillat ne présente que rarement ses invités en raison de leur notoriété. Alors même que cette dernière ne manque pas à Erik Orsenna, son caractère protéiforme rendait sa présentation nécessaire. Docteur en économie, il devient chercheur et enseignant dans le domaine de la finance internationale et de l’économie du développement (Université de Rouen, Université Paris I, Ecole Normale Supérieure, London School of Economics). Il devient ensuite la plume de François Mitterrand, dont il a été conseiller culturel. Il a reçu le prix Goncourt et le prix Goncourt des lycéens en 1988 pour son ouvrage L’Exposition coloniale et est élu membre de l’Académie française en 1998. Aujourd’hui ambassadeur de l’Institut Pasteur, Erik Orsenna croit avant tout à la nécessité de la culture générale pour appréhender les problèmes du monde. Dans le cadre de son ouvrage Géopolitique du moustique paru en mars 2017, l’écrivain Erik Orsenna se sert du moustique comme d’un support analogique à l’explication d’une partie de notre histoire. L’auteur n’est pas à son coup d’essai. Ce travail d’enquête, il l’a déjà mené sous le prisme du coton (Voyage aux pays du coton, 2006), de l’eau (L’Avenir de l’eau, 2008), du papier (Sur la route du papier, 2012) et enfin au prisme des agglomérations (Désir de villes, 2018). Avec ces ouvrages didactiques, Erik Orsenna a pour objectif d’exposer de façon claire et succincte le processus de la mondialisation. Il écrivait ainsi : « L’eau est le miroir de nos sociétés. Dites-moi qui la reçoit, la produit, à quel prix et pour quel usage et je vous dirais quelle société vous êtes ».  Dans Géopolitique du moustique, l’accent est mis sur l’histoire de ce trio : le moustique, le parasite et sa proie (nous, les vertébrés). Les moustiques tuent 750 000 personnes chaque année. La nature diverse et changeante de cette population redoutable que sont les moustiques pousse l’auteur à envisager la relation qu’ils entretiennent avec l’homme comme une histoire retraçant les processus complexes de la mondialisation. Leur capacité d’adaptation rend le combat d’autant plus éternel qu’il pousse à l’arbitrage permanent entre l’avantage direct d’une éradication face à son coût. Les questions sont nombreuses et dépassent l’agacement général de l’homme à l’égard du moustique. Cette présentation de ce quatrième précis de mondialisation a entrainé une série de problématiques comme : la médecine devrait-elle prévenir ou guérir ? L’épigénétique reflète-t-elle une certaine prédestination ? Voilà comment à partir d’un insecte, Erik Orsenna pousse à la réflexion sur les problématiques de la santé globale et des nouvelles perspectives que la science pourrait laisser entrevoir à condition d’être suffisamment armé pour se poser les bonnes questions. Le futur lointain n’a désormais plus le monopole de la science-fiction.
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 avril 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 avril 2018

    Rebond des marchés actions de la zone euro dans un climat qui reste agité Après deux mois de baisse, les indices de la zone euro ont connu un rebond, soutenu par la forte progression des plus grosses capitalisations boursières, et renouent ainsi avec leurs plus hauts niveaux atteints en janvier. L’indice Euro Stoxx 50 a enregistré une hausse de +5,2% tandis que l’indice large européen (Euro Stoxx) a progressé de +4,4%. Les indices principaux des marchés français et italien se sont distingués avec des hausses respectives de +6,8% et +7,0%. Les indices S&P500 et Nasdaq sont en revanche restés stables. Les taux d’intérêt américains se sont à nouveau tendus à 2,95% (+21 points de base sur le T-Bond 10 ans) compte tenu d’anticipations d’inflation qui s’accroissent et de craintes liées au creusement du déficit américain. En début de mois, les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie ont connu un nouvel épisode de vives tensions, entraînant une baisse sensible du rouble, tandis que les relations sino-américaines ont continué de cristalliser l’attention des investisseurs. Ce contexte agité a été accompagné à la fois par un renchérissement du prix du pétrole (+8,3% sur le mois) jusqu’à atteindre 75 $ le baril de Brent en fin de mois et un renforcement du dollar (+2,0% par rapport à l’euro). Dès mi-avril, l’attention des investisseurs s’est également portée sur la publication des résultats trimestriels des sociétés et leurs perspectives. Revalorisation de tous les secteurs De manière générale, la baisse de l’euro a favorisé l’investissement en actions européennes. Tous les secteurs ressortent en hausse (en moyenne non pondérée). Toutefois, la forte hausse du prix du pétrole a profité très largement aux valeurs du secteur Energie qui a enregistré une performance mensuelle excédant 12% (cf. Tableau 2-A). La revalorisation de 13% de Total et d’ENI ce mois-ci a contribué à la surperformance relative des indices CAC40 et FTSEMIB au sein de la zone euro. De plus, le secteur du Luxe a enregistré la plus forte rentabilité mensuelle (+14,0% en moyenne non pondérée), soutenue par l’évolution des titres Kering (+23,4%) et LVMH (+17,0%) qui ont publié des chiffres d’affaires au premier trimestre en forte hausse entraînant, par ricochet, une revalorisation de l’ensemble des titres du secteur. Notons, à l’inverse, les moindres performances sur le mois d’avril des secteurs tels que : Le secteur Electronique en raison du recul des titres Aixtron (-24,4%) suite à des prises de bénéfices malgré un bon premier trimestre et ASML (-16,1%) pénalisé après le point sur son activité ;Le secteur Distribution resté à la peine en raison du profit warning de Metro (-16,5% en avril) et la dégradation de la rentabilité au premier trimestre de Rexel (dont le titre a baissé de -6,5%) ;Le secteur des Transports  avec Air France (-9,7%) qui a été pénalisé par le conflit social et Lufthansa (-6,8%) par des résultats trimestriels jugés décevants. Recul de la prime de marché à 6,00% Le rebond des indices actions en avril a entraîné une réduction de la prime de marché (écart de rentabilité entre les actions et le Bund à dix ans) de 25 points de base sur le mois à 6,00%. Les conclusions d’Associés en Finance restent inchangées. Comme présentées lors du denier Club de Gestion Financière du 21 mars 2018, elles indiquent que la « prime de marché […] continue de traduire l’absence d’investissement rémunérateur alternatif » et que malgré des « risques de guerre commerciale et du risque dollar sur l’activité des sociétés européennes », la valorisation actuelle des actions de la zone euro intègre des hypothèses de croissance dans le modèle Trival considérées comme prudentes au vu des perspectives de croissance mondiale. En outre, les indicateurs de valorisation des marchés actions de la zone euro restent proches de l’équilibre (moyenne historique de 6,57%). Historique de la prime de marché Trival
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  • N’enterrons pas trop vite les GAFA. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    N’enterrons pas trop vite les GAFA. Par Bertrand Jacquillat

    Les GAFA (Facebook, Amazon, Apple, Google, Microsoft), appelées FANG chez les anglo-saxons, suscitent à la fois une véritable fascination et un sentiment de rejet chez les investisseurs. David Einhorn, un des gérants américains de hedge funds les plus médiatiques, appartient à la seconde catégorie. Il a disparu de la liste 2017 des dix gérants professionnels américains les mieux rémunérés à cause de la médiocrité de ses performances. Depuis maintenant près de trois ans, ce gérant a mis sens dessus dessous l’une des maximes d’un pape de l’industrie, Julian Robertson, fondateur du fonds TIGER, un octogénaire encore actif dans la gestion de portefeuille spécialisé dans la sélection de titres. Il décrivait son métier dans des termes simples en affirmant que celui-ci consistait à acheter les titres des sociétés bien gérées et à vendre à découvert les actions des sociétés mal gérées. David Einhorn fit exactement l’inverse en disant pis que pendre de Netflix et en vendant le titre à découvert qui réalisa en moins de trois ans la performance stratosphérique de 574%, et en achetant des actions pas chères en termes de ratios de valorisation mais qui entretemps pour certaines d’entre elles firent faillite… C’est le dilemme auquel ont à faire face tous les gérants de portefeuilles aujourd’hui qui doivent d’une manière ou d’une autre, comme David Einhorn, prendre position sur cette question des GAFA : en être ou ne pas en être ? Jusqu’où ira leur hausse et jusqu’à quand durera-t-elle ? Elles ont eu des performances exceptionnelles ces dernières années. Toutes ont une capitalisation boursière plus ou moins proche de 1000 Milliards de dollars, avec en tête Apple 840.9 Mds$ mais qui a dépassé les 900 Mds$ en février, que suivent dans un mouchoir de poche Amazon (740 Mds$), Microsoft (731.5 Mds$) ou encore Google (746.3Mds$). Le « jeu de société » des gérants aujourd’hui consiste à parier sur laquelle de ces valeurs atteindra le cap mythique des 1000 Mds$., un chiffre supérieur au PIB de pays comme la Malaisie, le Pakistan, l’Argentine ou les Pays-Bas, et équivalent à la somme des dix capitalisations boursières françaises les plus élevées, dont LVMH, Total, L’Oreal, Sanofi, BNP Paribas, etc. Ceux qui se livrent à ces paris ont une fascination pour ces valeurs technologiques, même si leurs niveaux de valorisation peuvent paraître élevés. Encore que le PER d’Apple est inférieur à celui du marché, mais celui d’Amazon atteint des niveaux stratosphériques. Certes la profitabilité de celle-ci est faible, mais son emprise sur le commerce mondial ne cesse de croître. Le débat continuera à faire rage sur le fait de savoir si les valorisations de ces sociétés à forte croissance et faible profitabilité comme Amazon ou Netflix ne sont pas excessives. Et les motifs de rejet de ces sociétés ne manquent pas, ne serait-ce que leur taille même et les risques de réglementation qu’elle suscite, avec les menaces de tous ordres qu’elles représentent pour la vie personnelle des populations (Facebook ou Google), pour la pérennité du commerce traditionnel (Amazon), etc. Et d’ailleurs les marchés s’en inquiètent avec un certain tassement de leurs cours depuis le mois de mars. Certes, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel mais ces sociétés sont sans doute encore loin de l’avoir atteint, leur croissance étant année après année très élevée, et les disruptions qu’elles provoquent dans l’économie très pérennes. N’enterrons donc pas trop vite les GAFA sous prétexte qu’elles ont du mal à s’insérer dans les modèles de valorisation traditionnels. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 27 avril 2018  
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  • Les remous géopolitiques actuels vont-ils modifier les stratégies des banques centrales ?*. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Les remous géopolitiques actuels vont-ils modifier les stratégies des banques centrales ?*. Par Bertrand Jacquillat

    Les Banques Centrales sont de grands paquebots et il en faut beaucoup pour que l’écume des remous géopolitiques modifie leur fonction de réaction. Ces lourdes machines ne devraient pas dévier de leurs routes, si tant est que les remous géopolitiques et les menaces protectionnistes actuels sont le fruit de mises en scènes parfaitement contrôlées, tant les protagonistes sont conscients des effets dévastateurs qu’aurait la mise en oeuvre de leurs menaces. Restons-en donc aux analyses économiques classiques des deux principales Banques Centrales. La Réserve Fédérale d’un côté et la Banque Centrale Européenne de l’autre poursuivent leurs propres chemins, qui certes divergent, mais ces divergences ne devraient affecter significativement ni la parité monétaire de l’euro avec le dollar, ni les valorisations des marchés d’actions. Le nouveau Président de la Réserve Fédérale vient de relever son taux d’intervention, le premier d’une suite annoncée de plusieurs hausses (trois ou quatre de 25 bp en 2018 et sans doute encore trois autres en 2019). A l’inverse, la zone euro continue à mener une politique monétaire expansionniste (avec des taux d’intérêt réels à court terme nuls voire négatifs) tant que l’inflation ne fait pas son retour. Mais ni la croissance qui se perpétue aux Etats-Unis et qui s’est affermie dans la zone euro, ni la baisse du chômage, ne semblent faire revenir l’inflation. Avec un taux de chômage d’environ 4% aux Etats-Unis, l’inflation sous-jacente (hors effet prix des matières premières) est stable autour de 1,5%. Certes, le taux de chômage est beaucoup plus élevé dans la zone euro, autour de 8,5%, mais proche de son niveau d'équilibre structurel tant sont grandes les difficultés d’embauche des entreprises, et l’inflation sous-jacente reste stable, de l’ordre aussi de 1,5%. Dans cette configuration, la Réserve Fédérale a choisi de modifier sa politique monétaire en recollant celle-ci au cycle économique plutôt qu’aux anticipations d’inflation. Au contraire, la zone euro continue à mener une politique expansionniste tant que l’inflation ne sera pas au voisinage de 2%. La hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis et leur stagnation en zone euro devrait avoir pour conséquence une poursuite de l’écartement des taux d’intérêt entre les deux zones susceptible de provoquer une hausse de la parité dollar euro. Mais celle-ci est contrebalancée par la pression à la baisse du dollar liée à la politique budgétaire expansionniste qui aggrave le déficit commercial américain. Par ailleurs, les marchés d’actions ne devraient pas être particulièrement affectés par ces divergences. La Réserve Fédérale recolle au cycle économique en augmentant ses taux d’intérêt pour reconstituer ses marges de manoeuvre en situation de retournement de cycle. Mais cette hausse annoncée des taux d’intérêt par la Réserve Fédérale signale aussi que celle-ci ne croit pas que l’économie américaine est en fin de cycle. Les valorisations des actions américaines ne semblent donc pas en danger, contrairement aux propos alarmistes tenus par de nombreux commentateurs depuis plusieurs mois, ni non plus celles des actions de la zone euro. En effet, la prime de risque absolue des marchés d’actions de la zone euro est proche de sa moyenne historique, et la prime de risque relative (par rapport au taux sans risque) est encore très élevée du fait des taux d’intérêt faibles. Et si les remous géopolitiques devaient fortement secouer les marchés financiers, le nouveau patron de la Réserve Fédérale aurait probablement à coeur de reprendre à son compte les armes de ses prédécesseurs et d’adopter le Powell put. *Avec Boursorama Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 20 avril 2018  
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  • Chine-Etats-Unis, le choc des cultures pour la suprématie économique. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Chine-Etats-Unis, le choc des cultures pour la suprématie économique. Par Bertrand Jacquillat

    Les Chinois consomment dix-sept fois plus aujourd’hui qu’en 1987, et pendant cette période aussi courte de trente ans, la Chine s’est hissée parmi les toutes premières économies du monde et ce à la suite des transferts massifs de population qui ont provoqué d’énormes gains de productivité. En 30 ans, la Chine a procédé au déplacement de 600 millions de Chinois, doit près de la moitié de sa population, ce qui a détruit les structures sociales et territoriales, à l’inverse du développement en son temps du Japon. Si les tendances actuelles perdurent, la taille de l’économie chinoise aura dépassé celle de l’économie américaine. Il n’en demeure pas moins que la Chine se trouve aujourd’hui confrontée au « Middle Income Trap », cette malédiction qui veut que les pays ont du mal à dépasser, une fois atteints, les 10000/15000 $ de revenu par habitant. Il a fallu 1500 ans à la Chine jusqu’au 9e siècle de notre ère pour qu’elle ait les frontières naturelles que nous lui connaissons, l’Himalaya, le désert et les océans, de telle sorte que la Chine n’a pas un tempérament naturellement expansionniste sur le plan territorial. Mais après les 100 ans d’humiliation qu’elle a subis de l’Occident, de la guerre de l’opium en 1848 à la révolution chinoise de 1949, la Chine a décidé, comme la Russie en son temps, de défier les Etats-Unis et devenir la première puissance économique mondiale. Comment le pourrait-elle avec le carcan que représente l’emprise du parti communiste chinois ? Un tel carcan est a priori peu favorable à l’épanouissement des intelligences autonomes et des innovations mais, comme une colle forte, il maintient l’unité d’un immense pays par ailleurs extraordinairement divers, comme le firent auparavant les empereurs chinois avec plus ou moins de succès pendant 3000 ans. Et les Chinois sont persuadés qu’il leur est nécessaire d’avoir une main ferme à la tête du pays, empereur jadis et aujourd’hui parti communiste, pour ne pas retourner au chaos ou à l’humiliation. Sur le plan économique ils ont assuré leur redressement en considérant leur base industrielle comme un bien public, de la même façon que les occidentaux avec leurs infrastructures, et en le subventionnant massivement. De ce point de vue la comparaison avec les Etats-Unis est frappante. La rentabilité des fonds propres est d’autant plus importante en Chine que l’intensité du capital de ses entreprises est élevée, ce qui est strictement la relation l’inverse de celle qui prévaut dans l’économie américaine. Ensuite en décidant, après une première période de rattrapage, de mettre l’accent sur les nouvelles technologies, ce qui fut réitéré par Xi Jin Ping au dernier congrès du parti communiste chinois, et notamment les industries numériques, les automobiles électriques, les robots, l’intelligence artificielle, la santé…. Aujourd’hui la Chine représente plus de 25% des exportations mondiales des nouvelles technologies contre moins de 10% pour les Etats-Unis et forment plus de quatre fois plus de bachelors en technologie et deux fois plus de PhD ingénieurs que les Etats-Unis. Alors qui gagnera la bataille des innovations et de la suprématie économique de demain ? Les Etats-Unis et leur démocratie encore à l’occidentale avec la reconnaissance des droits individuels et de la liberté, et le paiement de l’impôt contre certaines obligations de l’Etat, ou la Chine sous la férule d’un parti communiste éclairé par ses élites méritocratiques très compétentes guidant un peuple soumis et consentant ? Parions sur la liberté, sinon ce serait le glas de la démocratie dans le monde. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 13 avril 2018
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  • Club de Gestion Financière Lire la suite

    Club de Gestion Financière

    Philippe Chalmin, Professeur à Paris-Dauphine et Président de Cyclope « Der Himmel Lacht. Die Erde jubilieret » Bach, cantata BWV 31 Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 12 avril 2018, le Club accueillait Philippe Chalmin comme conférencier, sur le thème de l’évolution des marchés de matières premières. Après une brève introduction sur le choix de l’intitulé de la conférence difficilement prononçable pour les non-germanophones (signifiant «  Le ciel rayonne et la terre jubile »), Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine et Président de Cyclope, a présenté une vision optimiste de l’économie mondiale en ce début d’année 2018. Avec une croissance mondiale de +3,6% et la reprise du commerce international (hausse de +5% en volume sur l’année 2017), « le soleil brille » sur la sphère économique. Les marchés boursiers qui affichent une croissance soutenue depuis janvier 2016 ne sont pas en reste malgré les remous des derniers mois. L’indice synthétique du cours des matières premières élaboré par Coe-Rexecode montre une croissance généralisée de l’ensemble des prix des matières premières depuis la fin du 20ème siècle, interrompue par un choc brutal en 2008, conséquence de la crise économique mondiale. Le marché de l’énergie, fortement touché par la crise de 2008, a connu une étonnante période de stabilité entre 2011 et 2014 avant d’essuyer un ajustement brutal avec la prise de contrôle du marché pétrolier par une alliance entre l’OPEP et la Russie. Les cours du pétrole brut sont finalement repartis à la hausse depuis deux ans pour s’établir aujourd’hui autour de 70$ le baril. Les métaux non ferreux présentent le même profil d’évolution avec une période de stabilité entre 2011 et 2014, suivie d’un ajustement brutal pour repartir à un rythme de croissance soutenu à partir de 2016. Le boom actuel autour des voitures électriques a joué un rôle majeur dans la hausse du prix des métaux notamment pour le cobalt, le lithium et le cuivre, tandis que l’abandon progressif des véhicules diesel au profit des modèles essence tire à la hausse le prix du palladium. Le schéma est différent pour les matières premières agricoles qui connaissent une chute chaotique depuis mi-2012, résultat de l’excédent dégagé sur les marchés agricoles dû à une absence de catastrophe climatique majeure durant cette période. En définitive l’indice Cyclope (indice de prix des matières premières hors métaux précieux et pétrole) ressort en hausse de +8% en 2017 par rapport à 2016, soutenu par la croissance mondiale et un dollar stable. Pour l’année à venir, l’optimisme reste de rigueur concernant les marchés de matières premières malgré une forte incertitude sur la politique commerciale de Xi-Jinping et les réponses aux récentes velléités protectionnistes de Donald Trump. L’accent doit être mis sur le rôle central que joue la Chine dans le commerce mondial des matières premières et l’importance de la stratégie commerciale choisie par Xi-Jinping, dont le mandat vient d’être renouvelé pour une durée de 5 ans, en attendant une possible nomination à vie. Les prévisions de Philippe Chalmin s’appuient sur une hypothèse de croissance mondiale de +3,7% pour 2018 et d’un taux de change euro-dollar à 1,20. Par ailleurs, ses estimations sur l’évolution du prix du pétrole, reparti fortement à la hausse au second semestre 2017, misent sur un fléchissement du cours qui devrait s’équilibrer autour de 60$ le baril en moyenne sur l’année 2018 contre 70$ aujourd’hui. La reprise par les Etats-Unis du leadership dans la production de pétrole, permise par l’amélioration des méthodes d’extraction du gaz de schiste, devrait contrecarrer les restrictions imposées par l’alliance OPEP et Russie. L’extraction de pétrole par le Canada et le Brésil contribuera aussi à faire croître la production pétrolière hors OPEP conduisant à une baisse générale du prix du baril. Parallèlement, les sources d’énergies alternatives comme le gaz liquide et le charbon voient leur cours grimper. Les métaux devraient quant à eux continuer de profiter de l’expansion du marché de la voiture électrique pour lequel la Chine joue un rôle majeur, ce pays représentant près de 50% du marché mondial. Sous l’hypothèse de conditions climatiques et géopolitiques « normales », la plupart des marchés agricoles devraient rester excédentaires en 2018 ce qui engendrerait un nouveau tassement de leur cours. Un doute est cependant émis sur l’évolution du cours du soja qui pourrait profiter d’une sécheresse en Argentine et d’une possible taxation du soja américain par la Chine. La conférence s’achève sur une prévision à la hausse de l’indice Cyclope de +6% pour 2018, toujours soutenue par une croissance mondiale importante (+3,7%). Le ciel semble donc dégagé pour cette année 2018 en dépit d’une menace orageuse provoquée par un début de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Mais Philippe Chalmin conclut en évoquant la signification implicite du titre de sa conférence : c’est quand le ciel économique semble dégagé que les mauvaises surprises ont l’impact négatif le plus grand sur les marchés financiers.
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  • Les bulles boursières ne seraient-elles qu’un artefact ?. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Les bulles boursières ne seraient-elles qu’un artefact ?. Par Bertrand Jacquillat

    L’évolution des marchés financiers serait scandée par une succession de bulles plus ou moins prévisibles, et on entend dire, depuis un certain temps déjà, qu’il en existe une aujourd’hui. Et chaque correction est saluée comme le début de son éclatement. Evidemment, tout le monde a à l’esprit la hausse des marchés boursiers jusqu’en 2007 et leur chute marquée en 2008-2009. Ainsi une bulle serait caractérisée par une très forte hausse des actions impliquant une forte chute. Mais aucune recherche académique sérieuse n’a pu faire ressortir l’évidence d’une quelconque prévisibilité de la chute des cours boursiers. Tout au plus l’attention se focalise sur ceux qui avaient « prévu » la bulle. Mais les Nouriel Roubini sont éphémères, et qui se souvient de la prévision de Robert Schiller, devenu Prix Nobel ? Dans son ouvrage « Exubérance irrationnelle », Shiller évoque son déjeuner du 3 décembre 1996, où il suggéra à Alan Greenspan, alors Président de la Réserve Fédérale américaine, que le niveau des cours boursiers était irrationnellement élevé. Greenspan prononça son fameux discours sur l’exubérance irrationnelle deux jours plus tard. L’indice constitué de toutes les actions américaines cotées recensées par le Center for Research in Security Price (CRSP) de l’Université de Chicago était alors à 1518. Il fit plus que doubler à 3181 le 1er septembre 2000, quatre ans plus tard… puis chuta. Ceci ne suffit pas à conclure que la prévision originelle d’une bulle était correcte. A son plus bas du 11 mars 2003, l’indice était quand même à 1739, 15% au-dessus des 1518, lorsque fut faite la prévision initiale. Il n’est donc pas évident que les prix étaient irrationnellement hauts en décembre 1996, à moins qu’ils ne le soient restés depuis ! Mais il y a plus solide et plus convaincant. L’évolution de décembre 1925 à décembre 2017 de l’indice CRSP fait ressortir cinq déclins boursiers qui sont par ordre d’importance : août 1929 à juin 2032 ; octobre 2007 à février 2009 ; février 1937 à mars 1938 ; août 2000 à septembre 2002 et enfin août 1972 à décembre 1974. Tous ces importants déclins sont précédés de hausses toutes aussi importantes si bien que ces cinq périodes sont des candidats évidents à la caractérisation d’une bulle. Ces cinq périodes sont associées à de sévères récessions, comme l’a évoqué Fama dans l’allocution qu’il prononça à l’occasion de sa remise du prix Nobel d’Economie de 2013. Le pic du marché boursier en 1929 est concomitant au pic du cycle économique, et le précède pour les quatre autres épisodes. Le creux du marché précède la fin de la récession sauf pour la période août 2000-septembre 2002. Il semble donc que les amples fluctuations du marché américain des actions représentent un bon prédicteur de l’activité future de l’économie réelle. Autre observation troublante des cycles boursiers américains : les baisses boursières sont rapidement suivies par des hausses qui annulent, en tout ou partie, les baisses précédentes. Cette observation soulève donc une question légitime. Convient-il d’évoquer un optimisme irrationnel à propos d’une hausse importante des cours qui se trouve subséquemment corrigée ? Ou de pessimisme irrationnel lors d’une baisse des cours rapidement corrigée par leur hausse ? Quelle est la jambe de la bulle qui est irrationnelle, celle qui monte ou celle qui descend ? Ou les deux ? Ou aucune ? En tout état de cause, si les actions devaient aujourd’hui baisser au-delà d’une simple correction, telle qu’elle s’est déjà manifestée à deux reprises en 2018, ce serait le signal que le cycle économique le plus long de l’après-guerre s’est déjà retourné. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 6 avril 2018
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 mars 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 mars 2018

    Montée des incertitudes Le premier trimestre s’achève sous le signe d’un retour de la volatilité. Aux craintes de surchauffe de l’économie américaine en février qui avaient enrayé la hausse des indices américains et européens, s’est ajouté en mars un regain de tensions commerciales entre l’administration Trump et le gouvernement chinois (la Chine étant accusée de concurrence déloyale). Ce rapport de force sur le terrain commercial a entraîné de vives réactions en bourse sur les titres d’un certain nombre de secteurs, en particulier les industries liées aux Minerais-Métaux-Acier (producteurs et consommateurs) et à l’Electronique, et a entrainé un report des investisseurs sur les valeurs défensives ainsi que sur les obligations (se traduisant par une baisse des rendements). Le mois de mars s’est également caractérisé par une dernière salve de publications de résultats annuels et une hausse sensible du prix du pétrole frôlant le seuil des 70 dollars le baril. Dans ce contexte, l’indice Euro Stoxx 50 a cédé -2,3% en mars dans le sillage des indices américains (S&P500 -2,7% et Nasdaq -2,9%). Au total, le trimestre boursier est négatif pour les indices de la zone euro (l’indice EuroStoxx 50 est en recul de -4,1%), et plus particulièrement pour l’indice allemand (-6,4%). Malgré les prises de bénéfices des investisseurs, notamment sur les titres fortement valorisés comme les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), l’indice Nasdaq reste pour sa part en territoire positif (+2,3%) sur le trimestre. Aversion au risque De manière générale, les investisseurs ont arbitré les titres les plus risqués (classe de risque 5) en faveur des titres les moins risqués (cf. Tableau 1). Les secteurs tels que Minerais-Métaux-Acier, Electronique et Médias ont subi de nettes corrections : Minerais-Métaux-Acier : Beckaert (-14,4%), Eramet (-13,6%), Arcelor-Mittal (-9,0%) ;Electronique : notamment les petites valeurs comme Technicolor dont la dette a été dégradée(-26,2%) et Soitec (-8,6%) ;Médias : le titre Criteo (-14,9%) très volatil et dépendant des GAFA et Gedi Gruppo Editoriale (-24,2%), qui a publié des pertes sur 2017, ont été les lanternes rouges du secteur en mars. La baisse des rendements obligataires a pénalisé le secteur financier. On note un recul particulièrement marqué des titres bancaires allemands (Commerzbank -17,2% et Deutsche Bank -14,2%). Les distributeurs ont été particulièrement chahutés après la publication de leurs résultats : Jeronimo Martins (-13,2% en mars), Dia (-12,2%), Carrefour (-11,1%) et Casino (-10,8%). A l’inverse, les Utilities se sont distinguées en bourse, réagissant notamment à l’effet favorable d’une baisse des rendements obligataires et à une recomposition du secteur en Allemagne (RWE +22,2%, E.ON +7,9%). Hausse de la prime de marché à 6,25% Le recul des indices actions a entraîné une hausse de 24 points de base de l’espérance de rentabilité des actions à 6,75%. La prime de marché (écart de rentabilité entre actions et le Bund) ressort à 6,25% à fin mars. Ce niveau demeure proche de sa moyenne historique de 6,57%. A l’occasion du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière du 21 mars 2018, Associés en Finance indiquait que la « prime de marché […] continue de traduire l’absence d’investissement rémunérateur alternatif ». Malgré des « risques de guerre commerciale et du risque dollar sur l’activité des sociétés européennes », il convient de rappeler que la valorisation actuelle des actions de la zone euro intègre des hypothèses de croissance dans le modèle Trival considérées comme prudentes au vu des perspectives de croissance mondiale et que les indicateurs de valorisation des marchés actions de la zone euro restent proches de l’équilibre.
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  • Les marchés d’actions tanguent ? Rien d’anormal ni d’inquiétant. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Les marchés d’actions tanguent ? Rien d’anormal ni d’inquiétant. Par Bertrand Jacquillat

    Tous les marchés d’actions, ceux de la zone euro et des États-Unis comme ceux des pays émergents, ont consolidé leur progression de 2017 au cours du premier trimestre 2018, et ce malgré une première correction de l’ordre de 10% début février. Celle-ci était intervenue principalement pour des raisons techniques liées à la montée associée de la volatilité ayant pris les investisseurs à contre-pied. Depuis, tout était rentré dans l’ordre jusqu’à ce que les marchés d’actions se mettent de nouveau à tanguer à la suite des tensions provoquées par les menaces protectionnistes américaines. Rappelons qu’une correction est normale sinon bienvenue lorsque l’économie mondiale est dans un cycle économique aussi long, le plus long de l’après-guerre, avec 115 mois de hausse ininterrompue, et qui serait sur la première marche du podium économique de toute l’histoire moderne s’il se prolongeait un peu au-delà de 2017, ce qui est fort probable. En effet, d’un point de vue économique, le contexte demeure à l’optimisme, les perspectives de croissance continuent à se renforcer, et ce de manière généralisée dans toutes les zones économiques du monde. Ainsi, selon le consensus de prévisions économiques publié par Bloomberg, les prévisions de croissance mondiales pour 2018 sont passées de 2.3% en septembre à 2.5% en décembre et à 2.8% en mars. En conséquence les flux générés par les sociétés continuent d’être révisés à la hausse. Les cycles d’expansion économique et financière ne meurent jamais du fait de leur grand âge, mais d’un choc et les banquiers centraux sont très prudents. Les taux d’intérêt ne sont donc pas près de remonter de manière significative, malgré la diminution du QE en zone euro, ou son arrêt définitif du côté de la Reserve Fédérale américaine, qui de plus procède au dégonflement de son bilan. Cette prudence se justifie du fait que les anticipations d’inflation restent très modérées, en dessous de 2% aux États-Unis, et inférieures à 1.5% en Allemagne et en France, malgré la baisse du taux de chômage, et la situation de quasi emploi dans laquelle semblent se trouver les États-Unis. La baisse du taux de chômage n’est pas suffisante pour générer des pressions à la hausse sur les salaires, notamment du fait des réserves de main d’œuvre liées à un taux de participation à l’emploi nettement en dessous de sa moyenne historique. Compte tenu de tous ces éléments concernant à la fois la croissance des bénéfices, les taux d’inflation et les taux d’intérêt, les indicateurs de valorisation d’Associés en Finance, indiquent que les marchés d’actions, et notamment ceux de la zone euro, sont très proches de l’équilibre. Qui plus est, la prime de marché relative, c’est-à-dire, le quotient de la prime de marché absolue au taux du Bund, demeure très élevée, ce qui continue de traduire l’absence d’investissement rémunérateur alternatif. Il y a donc tout lieu de rester serein malgré les récents remous. Les marchés financiers finiront par s’accommoder des comportements de Donald Trump qui sont davantage des postures préparatoires à des négociations qu’autre chose, et on ne voit pas de failles dans le système qui rendraient les économies peu résilientes à des paniques passagères. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 30 mars 2018  
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  • La raison d’être de l’entreprise : créer de la valeur. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    La raison d’être de l’entreprise : créer de la valeur. Par Bertrand Jacquillat

    C’est avec une extrême prudence que Nicole Notat et Jean-Dominique Senard ont formulé leurs propositions à la suite de la mission sur l’objet social de l’entreprise qui leur avait été confiée par le Gouvernement. Heureusement, car c’est toujours la même antienne dans les cercles politiques depuis le rapport Bloch Lainé sur la réforme de l’entreprise au début des années 1960. Il s’agit de recréer de la confiance autour de l’entreprise, dont l’image se serait dégradée, notamment auprès des générations qui entrent sur le marché du travail. Comme si c’était dans l’entreprise qu’elle était plus particulièrement entamée. Certes, ce que suggèrent les auteurs du rapport n’a selon eux qu’une portée « symbolique ». Ce qui n’était pas le cas du point de vue de Milton Friedman, reflet de la philosophie économique de l’Ecole de Chicago, exprimé dans les mêmes années 1960 : « L’objet social de l’entreprise est de faire des profits ». Cette affirmation péremptoire n’est contradictoire avec les préoccupations sociétales de la mission Notat-Senard qu’en apparence. Milton Friedman entendait par là que l’objet social de l’entreprise est de créer de la valeur, c’est-à-dire de se préoccuper non seulement des profits de l’année en cours, mais de toute la chaîne future des flux financiers disponibles pour les actionnaires. Contrairement à la doxa dominante, un tel projet, loin de privilégier le court terme, se projette au contraire sur le long terme. Ce faisant, et sans vouloir présenter une version idyllique du capitalisme, les dirigeants, pour assurer le succès de long terme de leur entreprise, doivent se préoccuper de l’intérêt de toutes les parties prenantes, les salariés comme les clients, comme se plaisait à le rappeler François Michelin, mais aussi de l’opinion publique et de leur responsabilité sociale et environnementale, le fameux RSE. Il est d’ailleurs à noter que ce sont les mêmes entreprises qui sont à la fois sensibles aux éléments constitutifs de leur bonne marche opérationnelle et financière et qui affichent des préoccupations extraéconomiques. Est-il donc besoin de modifier l’article 1833 du Code Civil où il est écrit « La société est constituée dans l’intérêt commun des associés » pour ajouter, ce que propose la mission Notat-Senard « La société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ?». Ceci ne fait-il pas que renforcer l’idée que l’objet social de l’entreprise est de créer de la valeur, dans l’intérêt propre de l’entreprise tel qu’on vient de le décliner dans la version efficace du rôle des dirigeants d’entreprise ? Plus curieux, la mission propose une option laissée à la main du conseil d’administration de compléter l’article 1835 sur les statuts en ajoutant « L’objet social peut préciser la raison d’être de l’entreprise », qui pourra préciser des sujets sur lesquels l’entreprise s’engage (…). Mais quelle est la raison d’être d’une start up ou d’une entreprise mature, sinon de créer de la valeur dans son domaine d’activité ? Libre à chaque entreprise d’interpréter la manière de réaliser son objet social, sans doute en suivant les principes de bonne gouvernance rappelés par Jean Peyrevelade dans son récent ouvrage « Changer ou disparaître », en y renforçant la codécision et la copropriété … pour créer de la valeur. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 23 mars 2018  
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    Club de Gestion Financière

    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Économie « Les marchés financiers face aux pressions inflationnistes et salariales et aux risques de guerre commerciale » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 21 février 2018, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème des perspectives des marchés financiers face aux pressions inflationnistes et salariales et aux risques de guerre commerciale. Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’état actuel des marchés financiers, notamment de la Zone Euro, et sur les perspectives de l’année 2018. D’un point de vue économique, le contexte demeure à l’optimisme et les perspectives de croissance se renforcent. Les taux d’intérêt ont continué de légèrement progresser mais restent cependant à des niveaux très bas. Sur les marchés financiers, le début d’année est marqué par un retour de la volatilité sur les actions, qui s’est manifesté par quelques journées de nette baisse en bourse, qui ont ravivé les craintes de certains investisseurs sur le niveau de valorisation des actions. Les analyses d’Associés en Finance sur ce sujet, grâce aux résultats du modèle Trival, aboutissent à un diagnostic assez serein. La prime de marché, sur la base de prévisions prudentes, reste proche de sa moyenne historique, et le marché actions est donc proche de l’équilibre. Jean-Pierre Petit est ensuite intervenu sur les tendances de conjoncture mondiale pour 2018. La croissance économique mondiale bénéficie de perspectives positives, principalement tirée par une amélioration des perspectives d’investissement. Ces dernières sont notamment encouragées par une baisse des impôts (notamment liée à la réforme fiscale américaine) et du chômage. La Zone Euro affiche quant à elle une très bonne dynamique conjoncturelle, sans pression à la hausse sur les prix. L’inflation ne devrait, en conséquence, pas remonter sensiblement en 2018, en phase avec les prévisions de la BCE. Cette situation s’explique par les fondamentaux macroéconomiques, notamment une balance commerciale déficitaire et une position extérieure négative des Etats-Unis qui pèse sur la parité dollar/euro. La baisse du taux de chômage n’est quant à elle pas suffisante pour générer des pressions à la hausse sur les salaires, notamment du fait des réserves de main d’œuvre liées à un taux de participation à l’emploi nettement en dessous de sa moyenne historique. Dans ces conditions, il semble difficile d’envisager une hausse de l’inflation sur l’ensemble de la Zone Euro pour 2018. Le scénario le plus probable est une hausse graduelle de l’inflation dans les pays développés. Cette hausse sera plus progressive en Zone Euro qu’aux Etats-Unis, plus avancés dans le cycle de reprise. Du côté des grands gagnants de la reprise de la demande mondiale et du commerce international  se trouve la Chine, principalement tirée par le secteur industriel et les investissements que le pays a réalisés en matière technologique. Concernant les risques de guerre commerciale liés aux annonces de certaines mesures protectionnistes de Donald Trump, Jean-Pierre Petit estime qu’ils doivent davantage s’envisager comme une stratégie de négociation que comme un réel risque majeur à court terme. En effet, les mesures annoncées sur la mise en place de nouveaux droits de douane ne portent que sur une faible partie (3%) des importations américaines, et les exemptions récentes au profit du Mexique et du Canada dévoilent une volonté du Président américain plus axée sur la négociation dans le cadre d’un programme de deals à venir plutôt que sur le protectionnisme à proprement parler. Jean-Pierre Petit a ensuite évoqué la récente correction de l’ordre de 10% des marchés en février et la montée de la volatilité associée. Une telle correction n’avait pas été constatée depuis deux ans et les marchés financiers n’avaient pas connu de baisse cumulée de plus de -5% depuis le mois de juin 2016 et l’annonce du Brexit, un record depuis 1950. Cette correction s’explique par des craintes sur les anticipations inflationnistes auxquelles Jean-Pierre Petit n’adhère pas. Il estime que les mouvements connus sur les marchés financiers depuis le début de l’année ne signent pas la fin des marchés haussiers : Jean-Pierre Petit n’identifie pas de signe de bulle sur les marchés et anticipe qu’ils devraient se maintenir en hausse pour 2018, même si celle-ci devrait être plus mesurée qu’en 2017.
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  • Privatisations : Il est grand temps de procéder par chamboule tout. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Privatisations : Il est grand temps de procéder par chamboule tout. Par Bertrand Jacquillat

    Sans doute l’Etat considère-t-il aujourd’hui qu’il n’est pas compétent pour gérer une entreprise de chemins de fer, surtout au vu des résultats et des difficultés de celle-ci, ou qu’il n’est pas de son ressort de produire de l’électricité, dont l’entreprise publique qui en avait le monopole ne cesse de perdre des parts de marché. Les entreprises emblématiques de ces deux secteurs seront rendues un jour au secteur privé, mais ce n’est pas par là qu’il faut adresser le vaste chantier des privatisations. Selon la Cour des Comptes, l’Etat est actionnaire exclusif, principal ou partiel dans 1750 entreprises avec certaines participations qui sont très importantes et dont la cession pourrait contribuer à désendetter l’Etat à hauteur d’environ 100 milliards €. Déjà en septembre 2017, l’Etat a cédé 4.5% du capital d’Engie ce qui lui a rapporté 1,53 Mds€, et il envisage aujourd’hui de se désengager d’Aéroports de Paris et de la Française des Jeux. Sous le gouvernement de François Hollande, l’Etat avait cédé 13.7% du capital de Safran, 3.65% d’EADS, 9.5% déjà d’ADP et des participations dans des aéroports de province. Lionel Jospin avait cédé 49% de France Telecom. Il n’y a que sous le mandat de Nicolas Sarkozy que l’Etat ne procéda pratiquement à aucune privatisation, la crise financière et économique n’ayant pas offert beaucoup d’opportunités. Toutes ces privatisations totales ou partielles se sont passées sans difficulté majeure. Il n’y a aucune raison d’aborder avec crainte le vaste chantier des privatisations, et il est ridicule d’employer le terme flou de « cession d’actifs », nouvelle doxa témoignant d’une véritable addiction à la propriété publique. Il ne faut pas avoir honte et se cacher derrière les mots, ni justifier les privatisations par un emploi hasardeux des recettes qu’elles procureront en promettant des marges de manœuvre pour financer l’innovation. Il ne faut pas avoir honte ni avancer de façon masquée. L’Etat a suffisamment montré son incapacité et ses résultats ont prouvé que l’Etat stratège n’était qu’un oxymore. Mais la haute administration et Bercy aiment beaucoup les entreprises contrôlées par l’Etat car elles offrent des sinécures très recherchées où l’on est beaucoup mieux rémunéré que dans le service public. Mais l’Etat ne peut être acteur et contrôleur à la fois, exercer tous les métiers et y réussir, n’investir que très peu et tous azimuts car il n’en a pas les moyens, et qu’il est au cœur de multiples et permanents conflits d’objectifs et d’intérêt. Les entreprises publiques qui ont été privatisées de par le monde, en Europe (Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Suède, Italie, Espagne, Portugal), en Amérique du Nord, en Afrique et en Asie ont connu une croissance importante et la littérature académique conclut de manière unanime depuis plusieurs décennies, et quels que soient les pays, à une augmentation très significative des performances économiques et financières à la suite des privatisations. Il est plus que temps d’entreprendre de front et sans fausse pudeur un vaste programme de privatisations, un programme chamboule tout autrement plus important pour la productivité de l’économie française que la réécriture des articles du Code Civil définissant le rôle de l’entreprise. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 16 mars 2018
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  • Le market timing, un exercice très rémunérateur mais dont la mise en œuvre est difficile. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Le market timing, un exercice très rémunérateur mais dont la mise en œuvre est difficile. Par Bertrand Jacquillat

    L’éditorialiste des marchés financiers du Financial Times, John Authers, livrait récemment les résultats d’une méthode d’investissement s’appuyant sur les tendances générales des marchés (market timing). Le modèle qu’il utilisait reposait sur deux ETF (Exchange Traded Funds)  : un ETF actions sur l’indice S&P’s 500 et un ETF en obligations du Trésor américain. Il est tentant de se livrer à cet exercice de market timing qui consiste à investir en actions dès que le marché d’actions a atteint un plus bas et inverser sa position lorsqu’il a atteint un plus haut et symétriquement, pour les obligations, à acheter l’ETF lorsque les taux sont à la baisse et à le vendre à découvert lorsque les taux sont à la hausse. Depuis 2003, il aurait suffi qu’il ne modifie sa position que cinq fois pour faire fructifier 100 $ devenus 5888 $ 15 ans plus tard, alors qu’avec l’achat pur et simple de l’ETF S&P’s 500 ses 100 $ ne seraient devenus que 440 $. Cette parcimonie est confirmée par une stratégie équivalente conduite avec l’un des indicateurs du modèle Trival d’Associés en Finance, la prime de marché, qui mesure la différence entre les « promesses » de rentabilité qu’offrent les actions françaises et le taux des OAT, puis les actions de la zone euro et le taux du Bund à compter de la création de la zone euro. Si la prime de marché est élevée, l’indicateur donne le signal de se porter sur le marché des actions. Ce fut notamment le cas en décembre 1982, décembre 1995, septembre 2001, et décembre 2008. Si la prime de marché est faible, c’est le signal de sortir du marché des actions, tel fut le cas en septembre 1987, en décembre 1999, et en mars 2007. Ce qui fait sur 25 ans, six allers et retours du portefeuille, soit un tous les 4 ans. La performance d’un tel portefeuille n’aura que marginalement été entamée par les frais de transaction. Avant de tels frais, 100 € investis en 1982 (ou son équivalent en FF de l’époque) seraient devenus 3370 € aujourd’hui, avec une telle stratégie de market timing, contre 1400 € en étant continuellement investis en actions. Les gains « virtuels » d’une telle stratégie sont élevés, et expliquent l’engouement des investisseurs à son égard. Comment sinon expliquer le développement fulgurant des ETF? C’est aussi ce qui explique le succès d’un indicateur tel que le CAPE (Cyclically Adjusted Price Earnings Multiple) de Robert Shiller qui donne lieu, comme la prime de marché d’Associés en Finance, à une stratégie d’investissement fondée sur le phénomène de reversion vers la moyenne historique dudit indicateur. Mais la mise en œuvre effective d’une telle stratégie est rendue terriblement difficile par l’apparition de faux signaux : ainsi l’indicateur peut s’éloigner de sa moyenne historique avec une différence suffisamment significative pour enclencher un signal d’achat ou de vente alors même que cette différence peut s’accentuer sous un effet momentum. Par ailleurs, la moyenne historique peut se modifier selon la période passée prise en compte. Ces deux sources de faux signaux provoquent des modifications de portefeuille beaucoup plus fréquentes que celles évoquées plus haut pouvant conduire à des frais de transaction élevés. De plus, la stratégie du market timing requiert de la part de celui qui la poursuit un certain autisme par rapport à son environnement. Ainsi en mars 2018, la prime de marché d’Associés en Finance qui suggère depuis près de dix ans l’investissement en actions ne donne pas vraiment l’indication d’en sortir, elle n’est pas suffisamment inférieure à sa moyenne historique, malgré les propos alarmistes tenus par certains commentateurs sur la cherté des marchés actions. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 9 mars 2018
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  • La bourse ou la vie. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    La bourse ou la vie. Par Bertrand Jacquillat

    Dans notre précédente chronique, nous soulignions que faisait toujours rage le débat entre les tenants de la finance rationnelle et ceux de la finance comportementale, alimenté notamment par le traitement des innombrables séries statistiques financières disponibles sur longue période. A cet égard, il convient de saluer la parution du Global Investment Returns Yearbook (GIRY) produit par trois universitaires de la London Business School pour le compte du Crédit Suisse, Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton. Dans cette édition 2018, ils présentent comme de coutume les performances des principaux marchés d’actions et d’obligations depuis 1900. Ce retour vers le passé permet d’encadrer les anticipations pour l’avenir. Ce n’est pas la première fois que les auteurs mettent en garde contre des attentes trop élevées sur les performances futures des principaux actifs financiers. Et ce ne sont pas les bonnes performances de l’année 2017 dues à la poursuite de la baisse des taux d’intérêt réels et nominaux qui ébranleront leurs convictions. Premier message de ces trois mousquetaires de l’histoire des marchés financiers, et même si le cycle haussier des actions entretenu par d’autres facteurs que le seul niveau des taux d’intérêt n’est pas terminé, les taux d’intérêt faibles ne peuvent conduire qu’à des rentabilités annuelles subséquentes modestes à la fois des actions et des obligations. Mais existe-t-il alors des alternatives de placement à ces deux classes d’actifs ? La bonne nouvelle est que le cru 2018 du GIRY ajoute d’autres actifs sur lesquels sont estimées des performances annuelles passées : l’immobilier et des actifs de collection tels que les grands vins, les violons signés Guarneri et Stradivarius, l’or, etc. La mauvaise nouvelle est qu’aucun de ces actifs n’a une performance annuelle de long terme arrivant à la cheville de celle des obligations, ni surtout de celle des actions. Pour ce qui est de l’immobilier, les auteurs ont rassemblé des statistiques de prix remontant à 1900 pour onze pays, et font état d’une performance réelle annuelle moyenne de 1.3%, en dessous de celle de la France (1.5%). La rentabilité la plus faible est aux Etats-Unis (0.3% l’an) et la plus élevée en Australie (2.2%), alors que dans le même temps la performance réelle annuelle moyenne des actions américaines fut de 6.5%. Aucun des autres actifs, souvent des objets de collection, pour lesquels des séries statistiques remontant aussi à 1900 ont été construites, n’ont délivré une pareille performance. Seuls les grands vins ont pu dégager un résultat tout à fait honorable de 3.7%. Certes l’or s’est montré un remarquable actif de couverture durant les périodes d’inflation ou de déflation extrêmes, mais sa performance réelle annuelle moyenne ne fut que de 0.3%. Par ailleurs, la plupart de ces actifs ont connu une variabilité de leurs taux de rentabilité, mesurée par leur écart-type, plus élevée que celles des actions. La morale de cette histoire est double. D’abord, dans le monde de faibles rendements qui est le nôtre aujourd’hui, il faudra faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et d’appétence pour le risque pour faire fructifier convenablement son patrimoine. Ensuite, la bourse vaut moins que la vie : il est naturel que des actifs aussi impersonnels que les actions et les obligations performent mieux que d’autres actifs qui procurent des satisfactions supplémentaires au-delà de leur seul rendement. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 2 mars 2018
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2018 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2018

    Phase d’ajustement en février Une grande nervosité a gagné les places boursières en février, en particulier durant la première moitié du mois. Les investisseurs se sont inquiétés du risque de surchauffe de l’économie américaine du fait de la dynamique de croissance mondiale et de la réforme fiscale américaine qui font craindre un regain d’inflation et un rythme plus soutenu de relèvement des taux d’intérêt américains que les trois hausses prévues pour 2018. Ces inquiétudes ont entraîné des séances de grande volatilité sur les indices américains qui s’est propagée sur toutes les places financières, notamment en zone euro. Le mois de février s’est également caractérisé par le début de la saison de publication des résultats des sociétés. Cette première salve de résultats semble avoir contribué à soutenir les marchés dans la seconde moitié de février même si elle a pu entraîner de fortes réactions en bourse après publication. Ainsi, les indices actions terminent le mois boursier sur une tendance négative. L’indice Euro Stoxx 50 a chuté de -4,7%. Au sein de la zone euro, les plus forts reculs ont été enregistrés par les indices allemands et espagnols (-5,7% et -5,8% respectivement). L’indice américain S&P500 a baissé de -3,9% tandis que le Nasdaq a enregistré une moindre baisse (-1,9%) grâce à la résilience d’Amazon (+4,2%) et des valeurs technologiques (-0,4% pour l’indice sectoriel Technologies du Nasdaq). Sur le marché obligataire, les taux américains sur 10 ans ont continué de se tendre (+16 points de base en février). Toutefois, en zone euro, le Bund 10 ans a peu varié d’un mois sur l’autre(-4 points de base à 0,66% à fin février) malgré quelques tensions en début de mois. Sur le marché des matières premières, on constate un mouvement inverse de la tendance qui prévalait précédemment (sept mois consécutifs de hausse jusqu’à fin janvier) : le prix du baril de Brent a chuté de 6,3% sur le mois pour atteindre 64,5 $ à fin février. Dans ce contexte, de fortes disparités des rentabilités mensuelles De manière générale, les valeurs les plus pénalisées en février ont été les big caps (classe d’illiquidité 1, cf. Tableau 1) ainsi que les secteurs Immobilier et Energie (en particulier les valeurs parapétrolières) en raison du contexte décrit précédemment sur les marchés obligataires et le prix du baril de Brent. La publication des résultats des sociétés a pu occasionner de fortes réactions sur leur cours et/ou faire l’objet d’arbitrages au sein des secteurs. Il est intéressant de noter les écarts de rentabilité en février au sein même des secteurs ci-dessous : Electronique : Aixtron (+35,2% en février) et Nokia (+23,9%) dont les résultats ont été bien accueillis contrairement à Technicolor et Ingenico (-38,1% et -22,0% respectivement) dont les résultats 2017 et/ou les perspectives 2018 ont déçu ;Médias : le titre Criteo a rebondi après résultats (+28,2% en février) ; à l’inverse Vivendi (-10,1%) a été pénalisé par un quatrième trimestre mitigé et l’absence de prévisions pour 2018 ;Minerais-Métaux : le retour aux bénéfices d’Eramet a été salué (+13,9% en février) tandis que le titre Thyssen-Krupp a souffert (-11,9%) notamment après publication de ses résultats trimestriels jugés en-deça des attentes ;Services Informatiques : les investisseurs ont vu une situation de retournement pour Ordina (+23,8% sur le mois) après publication de ses résultats ; en revanche, Atos(-14,6%) a chuté après avoir publié des résultats pourtant conformes à ses objectifs. Hausse de la prime de marché à 5,85% La baisse des indices actions a entraîné une hausse de 26 points de base de l’espérance de rentabilité des actions à 6,51%. La prime de marché (écart de rentabilité entre actions et le Bund) ressort à 5,85% à fin février. Ce niveau se compare à une moyenne historique de 6,58%. En termes d’investissement sur les actions, les signaux donnés par Trival continuent d’être neutres. A l’occasion du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière (du 21 décembre 2017), Associés en Finance indiquait ainsi que «  les valorisations des actions de la zone euro sont donc raisonnables » au vu de meilleures perspectives de croissance mondiale et des niveaux de taux d’intérêt de la zone euro qui devraient rester à de faibles niveaux. Historique de la prime de marché Trival
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  • Pour la réhabilitation des faits en économie. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Pour la réhabilitation des faits en économie. Par Bertrand Jacquillat

    Il y a plus de 50 ans naissait la théorie moderne de la finance. Celle-ci a résisté tant bien que mal aux coups de boutoir que la recherche en finance comportementale lui a portés, en mettant à mal un certain nombre de dogmes, patiemment élaborés au cours de la deuxième moitié du XXe siècle par de nombreux économistes dont certains furent récompensés du Prix Nobel d’Economie pour leurs travaux. Mais le débat fait toujours rage entre les tenants de l’économie financière rationnelle et ceux de la finance comportementale. C’est le bastion qui apparaissait le plus solide de la théorie économique, à savoir la théorie financière, qui a été le plus défié, mais le paradoxe n’est qu’apparent. C’est, en effet, le domaine où les théories étaient les plus nettement spécifiées, où la masse de données auxquelles les théories pouvaient être confrontées était quasi infinie, et où l’appât du gain à trouver des martingales gagnantes en bourse constituait un puissant stimulant à la découverte d’anomalies profitables. La macroéconomie fiscale et monétaire délaissée dans son approche comportementale depuis Keynes et ses « esprits animaux » devrait recourir davantage à cette approche pragmatique reposant sur l’observation des faits et non sur les axiomes d’un être rationnel et désincarné. Une approche comportementale pourrait apporter de précieuses réponses à certaines questions de politique économique contemporaine, comme le sujet des impôts, ou des soutiens à la création d’entreprise. De fait, selon que la motivation est d’inspiration keynésienne et de nature à accroître la demande et la consommation, ou du côté de l’offre et la création d’emplois, les modalités d’une réduction d’impôt devraient être différentes : réparties tout au long de l’année, ce qui favorise sa consommation ou accordées en une seule fois, ce qui favorise la thésaurisation et la création d’entreprise. Par ailleurs, sur la question des mécanismes incitatifs à mettre en œuvre pour encourager la création d’entreprise, l’approche de droite consiste à diminuer l’imposition du capital, ce fut le cas avec la loi de Finances 2018 en France, et l’approche de gauche à accorder des subventions ciblées, en jouant dans les deux cas sur les incitations financières. Mais aucune mesure de politique économique pour favoriser la création d’entreprises n’a jamais été mise en place en ayant pour but d’amoindrir les conséquences du risque d’échec pour l’entrepreneur, ce qui a la plus forte probabilité de se produire, alors même que les individus accordent plus d’importance aux pertes en cas d’échec qu’aux gains en cas de succès. Un autre résultat intéressant concerne l’économie comportementale de l’éducation et les motivations financières données au corps enseignant sous forme de rémunérations variables indexées sur les performances des élèves par rapport à des objectifs. Ainsi, des expérimentations ont montré que les performances des élèves étaient meilleures si la rémunération variable de leurs enseignants était versée ex ante plutôt qu’ex post. L’avantage de l’approche comportementale appliquée à l’économie est qu’elle s’appuie sur les comportements réels observés des individus et non sur une axiomatique de l’individu rationnel. L’économie fondée sur l’observation empirique des faits présente l’avantage de mettre hors jeu les fondements purement idéologiques et souvent contre-productifs des politiques économiques. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 23 février 2018  
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  • 5èmes Assises Internationales de l’Économie du Partage Lire la suite

    5èmes Assises Internationales de l’Économie du Partage

      « Coopératives, Mutuelles, Fondations et Associations : Quelles pistes d’avenir pour la jeunesse ? » Jeudi 29 mars 2018 de 9h à 13h Conservatoire National des Arts et Métiers Amphithéâtre Paul Painlevé 292 rue Saint-Martin 75003 Paris   Inscription : Olivier Pastré : 33 (0)6 10 85 05 86 * opastre@noos.fr Valérie Gruet 33 (0)1 44 50 56 25 * valerie.gruet@associes-finance.com http://assisesinternationalesdeleconomiedupartage.org/  
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  • 2018 n’est pas 2008 mais plutôt 1987. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    2018 n’est pas 2008 mais plutôt 1987. Par Bertrand Jacquillat

    Dans notre chronique de début d’année nous écrivions « Le risque d’une correction est envisageable à court terme du fait que les marchés n’ont pas connu de correction (baisse pouvant dépasser 10% par rapport à un récent plus haut) depuis plus de deux ans ». La correction que nous envisagions s’est produite à partir du vendredi 2 février. Celle-ci a plusieurs explications qui n’entament en rien notre analyse de fond. Une explication d’abord mécanique qui veut que dans un cycle haussier, comme celui que nous vivons, de telles corrections surviennent 15% du temps. Le moment était mûr pour qu’elles se produisent comme les commentateurs l’attendaient depuis des mois. Mais il faut bien un facteur déclencheur, et ce fut l’annonce d’une augmentation du salaire horaire moyen américain de 2.9% sur un an, ce qui a fait déborder les craintes d’un regain d’inflation au-delà des anticipations et tendu les taux d’intérêt. Sans doute faut-il ajouter la tentation qu’ont les marchés de tester le nouveau Président de la Réserve Fédérale américaine, Jay Powell. Par une curieuse coïncidence, celui-ci a pris ses fonctions le lundi 5 février, jour de la grande séance baissière de 4.60% de la Bourse de New York. Jay Powell a besoin d’assoir sa crédibilité vis-à-vis des marchés financiers. Est-il prêt à entrer dans l’histoire comme leur fossoyeur ? Mais s’il ne change rien au programme plus ou moins annoncé de son prédécesseur, Janet Yellen, de plusieurs hausses graduelles des taux d’intervention de la Réserve Fédérale en 2018, voire l’adoucit, ne risque-t-il pas de rester dans l’histoire comme celui qui a failli à la mission première de l’institution qu’il préside, celle de juguler l’inflation ? Les craintes d’un regain d’inflation sont semble-il infondées, et sans doute erronée l’explication qu’elles seraient à la source de la hausse des taux. La série des salaires horaires moyens américains est en effet surestimée du fait que l’hiver rigoureux a empêché les salariés les moins payés de trouver du travail. Quant à la hausse des taux, qui sont encore à des niveaux historiquement modestes, celle-ci ne serait que la conséquence d’une réappréciation de la croissance économique américaine et mondiale, amplifiée par les mesures fiscales américaines, la dérégulation et les projets d’infrastructures et d’investissements. Sans compter qu’un dollar plus faible donne la possibilité à un grand nombre de pays dont la monnaie est indexée au dollar, de baisser leurs taux d’intérêt ce qui stimule la croissance de leur économie. Bref, le paysage économique mondial apparaît dégagé comme en début d’année. La correction boursière intervenue depuis fait apparaître la croissance économique attendue en 2018 comme plus inclusive à la fois aux Etats-Unis et dans les pays en développement, et donc plus assurée. Notre conclusion aujourd’hui sera donc la même qu’en début d’année, au-delà d’une correction presque bienvenue les risques restent limités. 2018 n’est pas 2008 lorsque la gangrène des prêts immobiliers pourris avait infesté les portefeuilles des investisseurs du monde entier, mais ressemble davantage à 1987. Aujourd’hui le dénouement précipité des contrats de volatilité VIX, à la suite de la brutale augmentation de celle-ci, perturbe les marchés financiers, mais de manière très circonscrite, comme l’assurance de portefeuille les avait secoués en 1987. En collaboration avec Boursorama. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 16 février 2018  
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    Yves Perrier, Directeur Général d’Amundi  « Rôle de l’Asset Management face aux défis économiques européens » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 15 février 2018, le petit-déjeuner était animé par Yves Perrier et portait sur le thème « Rôle de l’Asset Management face aux défis économiques européens». L’industrie de l’Asset Management est relativement jeune en France, puisque sa création remonte à la fin des années 1990. Son objectif est de gérer l’épargne des ménages avec l’optique de placer leur argent sur le long terme. L’Asset Management mondial est dominé par les acteurs américains que sont notamment Blackrock, Vanguard AM ou encore State Street Global Advisors. Amundi, société née de la fusion entre la Société Générale AM et le Crédit Agricole AM, et dirigée par Yves Perrier, est devenue en huit ans d’existence un acteur majeur de l’Asset Management à travers le monde. La société est aujourd’hui leader sur le marché européen et est au huitième rang mondial, avec près de 1 400 Mds€ d’encours sous gestion. L’industrie financière subit un ensemble de mutations, comme la baisse des rendements, la plus faible progression des actifs sous gestion, ainsi que les évolutions technologiques. Il est alors légitime de s’interroger sur la nature du rôle que l’Asset Management doit exercer pour faire face aux défis économiques européens. La zone euro fait face à trois grands défis. D’abord, la croissance économique de la zone euro paraît plus faible et extrêmement fragmentée par rapport aux autres zones. L’introduction d’une monnaie unique voulait unifier et lisser les disparités entre les pays. En l’espèce, la mission n’est pas accomplie. Il existe des disparités entre les pays du Nord et du Sud à l’image de celles entre l’Allemagne (solde extérieur excédentaire) et la France (solde extérieur déficitaire). Les pays du Nord ont une forte propension à l’épargne et les pays du Sud à l’endettement, autant d’exemples qui mettent en exergue les différences qui existent entre les pays. Cette situation correspond à l’état d’esprit et à la culture des différents pays qui composent la zone euro. Ensuite, les entreprises doivent impérativement diversifier leurs sources de financement. Si aux Etats-Unis l’économie est financée à 25% par le système bancaire, l’économie européenne affiche quant à elle un taux de financement par le système bancaire de 75%. Cette situation limite le développement des projets à long terme et le financement de l’innovation, mais fait aussi supporter le risque financier aux banques. Enfin, l’Europe doit maintenir la souveraineté de ses entreprises. Deux évènements, le Brexit et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, ont renvoyé l’Europe à elle-même. L’objectif de l’Europe est-il de devenir un simple marché ouvert au monde ou de conserver sa place de puissance, aussi bien sur le plan militaire que sur la question de la souveraineté entrepreneuriale ? Si des zones géographiques comme l’Asie ou l’Amérique conservent la souveraineté de leurs sociétés, l’Europe observe aujourd’hui une fuite de son actionnariat : 50% de l’actionnariat du CAC40 est américain et cette proportion augmente à 60% hors prise en compte de l’épargne salariale. Face à ces problématiques, l’Europe, et notamment l’Asset Management, doivent mettre en œuvre un certain nombre de mesures. Premièrement, le financement des entreprises doit être de plus en plus diversifié. L’Europe doit passer à un système « non bancaire » afin de diminuer le poids des banques. Si la désintermédiation se met en place dans plusieurs pays comme la France, la Belgique et l’Italie, d’autres pays comme l’Allemagne ou encore l’Espagne font toujours très largement appel aux banques pour le financement des entreprises. La clef de la diversification réside dans la dette privée et le private equity qui permettent de financer des projets à long terme. Ensuite, l’Europe doit régler la problématique de la souveraineté et du poids des actionnaires étrangers dans le capital des entreprises européennes. Yves Perrier croit réellement dans la nationalité des entreprises européennes. L’Europe doit comprendre pourquoi ses sociétés se tournent vers des investisseurs étrangers alors que l’épargne des européens est en excès. Cette question doit être réglée de manière durable pour conserver la propriété de nos sociétés et pouvoir infléchir leurs décisions stratégiques. Enfin, les acteurs financiers, comme les gestionnaires d’actifs, doivent se responsabiliser en matière d’investissement socialement responsable. Cette responsabilisation passe par la politique d’investissement des fonds, ainsi que par l’impact de leur vote sur la stratégie des sociétés. Sur ce point, Amundi intègre un certain nombre de critères ESG pour réaliser un scoring des sociétés en portefeuille. Les sociétés mal notées sont sous-pondérées ou exclues du portefeuille. La prise en compte des critères ESG doit s’intégrer dans un contexte de changement technologique et de taux d’intérêt très bas qui impacte négativement l’ensemble de la chaîne de valeur de l’industrie financière. Les frais de gestion sont désormais sous pression et ce de manière durable. L’industrie doit adopter des stratégies innovantes, face à la concurrence de la gestion passive et faire appel à des compétences multiples pour pouvoir évoluer avec la technologie et faire face aux évolutions réglementaires. Pour conclure, même si l’Europe est à un tournant, face à ces grands défis, elle bénéficie de fondamentaux économiques solides. Elle doit cependant gommer les disparités qui existent entre les pays membres, notamment en termes de politiques économiques. Pour favoriser cette convergence économique, l’épargne doit être réallouée à des investissements de long terme au Nord comme au Sud de l’Europe. C’est sur ce point que l’industrie de l’AssetManagement a un rôle à jouer. Elle doit faire le lien entre d’une part les épargnants de détail et les investisseurs institutionnels à la recherche d’un rendement plus élevé et, d’autre part, les sociétés en quête de financement de long terme pour leurs investissements.
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  • Y-a-il une bulle sur le Bitcoin ? Un exercice en « Science »-fiction. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Y-a-il une bulle sur le Bitcoin ? Un exercice en « Science »-fiction. Par Bertrand Jacquillat

    Avec le Bitcoin, principal avatar de la technologie de la blockchain, l’écosystème Internet a enfoncé un coin au cœur même du réacteur de la finance. Ses promoteurs envisagent même que la blockchain, et son application monétaire au Bitcoin, se substituent au pouvoir monétaire régalien des Etats et de leurs banques centrales, et aux grandes monnaies qui dominent la scène financière mondiale depuis plus d’un siècle. Encore faudrait-il que le Bitcoin ait la faculté de remplir les trois fonctions d’une monnaie, à savoir celles de moyen de paiement, réserve de valeur, et unité de compte. Ses fluctuations à la fois importantes et erratiques la disqualifient pour ce faire. Ainsi pour ses détracteurs, l’évolution des cours du Bitcoin avec leur multiplication par près de 20 en 2017 ne ferait que traduire un phénomène de bulle spéculative. Mais une bulle sur un actif se caractérisant par le fait que son cours s’éloigne de sa valeur fondamentale de façon significative, encore faudrait-il connaître la valeur fondamentale du Bitcoin pour qualifier ce phénomène. Ainsi sur les marchés boursiers, certains investisseurs se trouvent en désaccord sur la valeur fondamentale d’une action, mais ils s’accordent sur ses déterminants, les flux qu’elle est susceptible de générer et le taux approprié pour les actualiser. L’exercice est déjà un peu plus difficile avec l’or, mais au moins celui-ci a des usages industriels et décoratifs. Rien de tel avec le Bitcoin qui n’est qu’une chaîne cryptographiée n’existant que par le consensus de ses multiples mineurs. Même si le Bitcoin n’a pas aujourd’hui les attributs d’une monnaie, sa valeur pourrait-elle refléter l’anticipation de sa valeur future en tant que monnaie ? Et que pourrait être cette valeur future susceptible d’apporter un éclairage sur sa valeur fondamentale ? Une première approche se fonde sur le coût de production d’un Bitcoin dans les fermes dédiées. Nécessitant une puissance de calcul démesurée et donc des centaines d’ordinateurs très puissants consommant énormément d’énergie, la production d’un seul Bitcoin a un coût estimé à environ 1000 €. Une seconde approche consisterait à évaluer les économies que représenterait la généralisation de son utilisation. Celles-ci seraient immenses si l’on se réfère aux coûts que représentent les activités suivantes et qui seraient énormément réduits avec l’utilisation du Bitcoin : le fonctionnement du marché mondial des changes (plus de 4000 Mds échangés quotidiennement) ; l’intermédiation financière avec les frais de gestion et de tenue de compte des institutions financières ; les malversations sur cartes de crédit ; la production et la gestion des monnaies fiduciaires, etc. Une troisième approche consisterait à supposer que le rêve de ses promoteurs s’accomplisse et que la masse monétaire mondiale soit « libellée » intégralement en Bitcoins. Dans l’état actuel du consensus de ses promoteurs sur le protocole de Nakamoto de 2008 (pseudonyme du ou des l’inventeur(s) de la blockchain et du Bitcoin), et de la technologie, le nombre de Bitcoins atteindra le chiffre plafond de 21 millions vers 2050. La masse monétaire mondiale étant de 8000 Mds$, on a vite fait de réaliser que le Bitcoin a encore des marges d’appréciation. Si ces approches pour estimer la valeur fondamentale, si elle existe, du Bitcoin apparaissent comme un simple exercice de « science » fiction, alors oui le Bitcoin connaît actuellement une bulle purement spéculative. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 9 février 2018
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  • La gestion passive est la meilleure amie des bonnes pratiques de gouvernance des entreprises. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    La gestion passive est la meilleure amie des bonnes pratiques de gouvernance des entreprises. Par Bertrand Jacquillat

    On a déjà rendu compte dans cette chronique du développement considérable qu’a connu la gestion passive depuis son apparition il y a 40 ans, et son accélération depuis quelques années, notamment aux Etats-Unis. Aujourd’hui les trois plus grandes institutions mondiales de gestion financière, toutes américaines, gèrent collectivement plus de 14 000 Mds $, presque exclusivement sous forme de gestion passive par opposition à la gestion active de portefeuille. Elles ont pour nom Blackrock, Vanguard et State Street. En Europe Amundi est un acteur majeur de la gestion passive. Cette évolution ne va pas sans poser de problèmes de nature quasi ontologique sur le plan économique. Si les investisseurs passifs comptent sur les gérants actifs pour faire émerger des cours boursiers correspondant aux valeurs fondamentales, la disparition de la gestion active risque de rendre les prix boursiers incohérents, et donc vain leur rôle de signal pour la bonne allocation du capital dans l’économie. Ainsi disparaîtrait l’une des fonctions essentielles des marchés financiers. Il était coutumier de dire que les actionnaires pouvaient voter avec leurs pieds, signifiant par là qu’ils pouvaient toujours revendre les titres des sociétés qu’ils avaient en portefeuille s’ils étaient mécontents de leur performance, au lieu d’exercer leur pouvoir de contrôle par leurs votes en assemblée générale. Ce choix entre les deux manières d’exercer leur droit n’est possible que pour la gestion active. Par définition et par construction, la gestion passive ou indirecte n’a pas ce choix, elle est « collée » aux actions qu’elle détient et par ailleurs n’intervient que très peu dans les assemblées générales. C’est bien la préoccupation qu’exprime Larry Fink, le patron de Blackrock dans sa récente lettre financière annuelle adressée aux administrateurs des sociétés dans lesquelles les fonds de sa société sont investis et qui représentent l’essentiel de la capitalisation boursière américaine : « Les sociétés doivent non seulement se préoccuper de leurs performances financières, mais aussi apporter une contribution positive à la société civile ». Et joignant l’action à la parole, Larry Fink y annonce que son service de surveillance des sociétés cotées de plus de trente personnes allait doubler de taille d’ici trois ans afin de peser davantage par leurs votes en assemblée générale. En effet « L’importance acquise par la gestion indicielle exige de donner une dimension élargie à cette fonction de suivi des sociétés en portefeuille ». Les positions exprimées par Larry Fink représentent une bonne nouvelle à plus d’un titre. D’abord cela renforce la surveillance institutionnelle des sociétés cotées effectuée jusqu’à présent par la seule gestion active. Ensuite en assignant à la gestion passive un rôle d’actionnaire engagé, il élargit le champ du contrôle de celle-ci dans une vision de plus long terme. Et, comme l’ont montré de nombreuses études empiriques, il n’y a pas d’incompatibilité entre l’objectif fiduciaire et la contrainte citoyenne, cette dernière se manifestant selon de nombreux critères de gouvernance, sociétaux ou environnementaux. Et ceci n’est pas étonnant car tous les deux impliquent une vision de long terme, et être sensible à son environnement extérieur s’applique par extension à toutes les facettes de la gestion d’une entreprise. Les oiseaux de mauvais augure qui dénonçaient la gestion passive comme préparant la mort du capitalisme en seront pour leurs frais, comme ceux qui souhaitent modifier le Code civil pour encadrer davantage le rôle des entreprises vis-à-vis des parties prenantes. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 2 février 2018    
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2018

    Début d’année sous le signe de la confiance De nouveaux indicateurs économiques (indice manufacturier français, production industrielle allemande) ont confirmé la dynamique favorable de la croissance en zone euro. La devise européenne a continué de s’apprécier vis-à-vis du dollar (+3,4% en janvier) approchant le seuil de 1,25, ce qui est toutefois de nature à inquiéter les groupes exportateurs. Ce contexte a conforté l’intérêt des investisseurs envers les actions. Ainsi, sur le mois de janvier, l’indice Euro Stoxx a progressé de +3,2%. Les places boursières de Milan et de Lisbonne se sont distinguées avec des hausses de leurs indices principaux de +7,6% et +5,1% respectivement. Les indices américains (S&P 500 et Nasdaq) ont enregistré des gains significatifs (+5,6% et +7,4% respectivement). Amazon, quatrième capitalisation boursière des deux indices, a grimpé de +24,1% (après +56% sur l’année 2017). La confiance renforcée dans la dynamique de la croissance trouve toutefois sa contrepartie sur le front des taux d’intérêt. Les rendements obligataires se sont tendus : le T-Bond 10 ans a atteint 2,71% fin janvier, en hausse de 30 points de base sur le mois ; le Bund 10 ans, également en hausse (+27 points de base) s’élève à 0,70% en fin de mois. Appétit pour le risque, notamment sur les valeurs bancaires et cycliques Le contexte macroéconomique et monétaire a incité les investisseurs à renforcer leurs positions sur les valeurs bancaires (+11,4% en janvier en moyenne non pondérée) et cycliques. La revalorisation du secteur Energie (+8,0%) s’explique par le rebond des valeurs parapétrolières, les derniers indicateurs d’activité de l’industrie et la poursuite de l’appréciation du prix du pétrole signalant une sortie de bas de cycle en termes d’investissements. Le secteur Automobile (+7,6%), notamment en France, a été soutenu par des ventes record en 2017. Les secteurs Electronique (+4,7%) et Services Informatiques (+6,5%) ont également surperformé le marché, poursuivant ainsi leur beau parcours boursier depuis deux et trois ans respectivement. Signalons que l’évolution de l’indice italien FTSEMIB (+7,6%) a été notamment soutenue par la hausse sensible des titres Fiat Chrysler (+30,5%), Yoox-Net-A-Porter (+30,0% suite à l’offre de Richemont) et des titres financiers Unicredit, Intesa San Paolo, Unione di Banche Italiane et Banco BPM. Réduction de la prime de marché à 5,55% Sous l’effet de la hausse des indices, l’espérance de rentabilité des actions s’établit à 6,25%, en baisse de 16 points de base. La prime de marché diminue de 43 points de base à 5,55% avec un rendement du Bund 10 ans en hausse (+27 points de base à 0,70%). Ce niveau se compare à une moyenne historique de 6,58%. En termes d’investissement sur les actions, les signaux donnés par Trival continuent d’être neutres. A l’occasion du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière (du 21 décembre 2017), Associés en Finance indiquait ainsi que «  les valorisations des actions de la zone euro sont donc raisonnables » au vu de meilleures perspectives de croissance mondiale et des niveaux de taux d’intérêt de la zone euro qui devraient rester à de faibles niveaux. Historique de la prime de marché Trival
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  • Sans regain de l’inflation, le cycle haussier des actions peut se poursuivre. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Sans regain de l’inflation, le cycle haussier des actions peut se poursuivre. Par Bertrand Jacquillat

    Peu après que les taux d’intérêt longs américains aient culminé à un niveau record de 20%, Paul Volker, dès sa nomination en 1979 à la présidence de la Réserve Fédérale Américaine, déclara la guerre à l’inflation. Il s’ensuivit plus de trois décennies de décrue quasi continue des taux d’intérêt amplifiée par la crise financière et les politiques agressives des banques centrales pour les faire baisser. Cette décrue spectaculaire fit du placement obligataire l’un des plus performants de cette période de plus de 30 ans. La fin du rallye obligataire a déjà été annoncée plusieurs fois dans le passé, et pas plus tard qu’il y a un an. Mais rien n’y fit, la performance du placement obligataire américain ayant été encore en 2017 de 7.4%. Depuis les taux d’intérêt ont légèrement remonté et dépassé leur plancher de 2%. Il convient donc de s’interroger sur leur évolution future et son impact éventuel sur les marchés d’actions. Notre chronique du 20-26 octobre intitulée « Le cycle haussier des actions fête son 100e mois » concluait que rien ne semblait montrer qu’il pourrait s’arrêter. Depuis la performance des différents indices mondiaux a été de l’ordre de 10%. Notre dernière chronique soulignait que les taux d’intérêt resteraient à des niveaux faibles, malgré le retrait progressif des banques centrales de leur politique monétaire non conventionnelle. En effet, les investisseurs mondiaux restent assoiffés d’actifs sans risque, notamment à cause du vieillissement démographique et des réglementations qui les conduisent à en détenir. Mais le déterminant le plus important du niveau des taux d’intérêt est économique, c’est l’inflation et les anticipations d’inflation pour l’avenir. Celles-ci sont inférieures à 2%, aujourd’hui comme pour les dix prochaines années. Même le long cycle économique haussier américain ne semble pas devoir accroître le pouvoir de négociation des salariés américains, ce qui serait susceptible de pousser les rémunérations à la hausse entraînant l’inflation dans son sillage. Par ailleurs, le programme fiscal du président américain devrait profiter davantage à la fois aux entreprises et à leurs efforts d’investissement susceptibles d’accroître la productivité, et à leurs actionnaires via les programmes de rachats d’actions et les dividendes, qu’aux populations et aux dépenses de consommation. En revanche, ces divers phénomènes sont particulièrement propices aux actions. On a déjà souligné que la prime de marché absolue des actions se situait aux alentours de sa moyenne historique. Ainsi, à leur niveau de cours actuel, les actions excipent une rentabilité annuelle future supérieure de plus de 6% à celle des obligations. La prime de marché relative, c’est-à-dire la prime de marché absolue rapportée au taux des obligations à 10 ans, est à un niveau encore hors norme de plusieurs centaines de pourcent. Ce qui veut dire que les niveaux de valorisation des actions même s’ils peuvent paraître quelque peu élevés, sont à relativiser compte tenu de ceux des obligations, et du fait qu’aucun signe de bulle ne se manifeste sur les marchés (si ce n’est sans doute le Bitcoin). Sans regain de l’inflation et tension significative sur les taux d’intérêt, le cycle haussier des actions peut se poursuivre. Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 26 janvier 2018  
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    Club de Gestion Financière

    Bruno Biais, Directeur de recherche au CNRS, professeur à la Toulouse School of Economics (TSE) et professeur invité émérite à HEC « Blockchain & cryptomonnaies » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 25 janvier 2018, le petit-déjeuner était animé par Bruno Biais, sur le thème de la Blockchain et des cryptomonnaies. « Pas de Bitcoin sans Blockchain » annonce Bruno Biais. Les termes de la conférence sont posés par ces deux mots dont la sonorité, hier encore barbare, est aujourd’hui au centre des réflexions économiques, politiques et sociales. La compréhension du fonctionnement de la Blockchain est indispensable à l’appréhension du Bitcoin et des cryptomonnaies de manière générale. Elle a pour objectif la suppression de ce qui jusqu’alors, permettait aux systèmes monétaires de remplir leur fonction : un tiers régulateur. La Blockchain fonctionne comme un registre à disposition du public enregistrant l’ensemble des transactions. Il faut ici faire la distinction – rarement explicite dans la presse - entre Blockchain publique et privée.  Lorsqu’une entreprise se lance dans la Blockchain, il s’agit d’une Blockchain privée, dans laquelle le tiers régulateur refait son apparition puisque l’entreprise est aux commandes. La Blockchain dont il est question ici est publique.   Ceux qui ont tenté de comprendre son fonctionnement ont dû s’apercevoir que les mineurs y jouaient un rôle central. Concrètement, lorsque les agents économiques s’échangent des cryptomonnaies, la transaction est envoyée au réseau. Les mineurs sont là pour rassembler les messages, vérifier que les transactions sont effectives et rattacher les empreintes de celles-ci à des blocs. S’ensuit alors une ramification de plusieurs blocs constituant l’état du registre. Mais, tandis qu’il existe plusieurs mineurs à l’œuvre, comment décider du registre de référence ? C’est précisément le processus de sélection de celui-ci qui permet la disparition du tiers de confiance. En parallèle de la récolte et de la constitution des blocs, les mineurs effectuent de manière continue la résolution d’un problème numérique assimilable à un tirage aléatoire avec remise dans une urne comportant un très grand nombre de boules noires et une seule boule blanche. Lorsqu’un mineur tire une boule blanche, il l’annonce et propose son état du registre. Celui-ci est adopté à la condition qu’il soit accepté par les autres mineurs. En cas d’accord, les mineurs rattachent leurs blocs à la ramification faisant désormais office de registre de référence, et cela de manière itérative. C’est donc un jeu de coordination, qui implique des équilibres multiples et donc plusieurs configurations de chaînes possibles. Un mineur qui voit son bloc accepté par la communauté est rémunéré … en Bitcoins ! La création monétaire est en marche. Alors que, pour la plupart, il s’agit d’un processus exclusivement informatique, c’est en fait une véritable coordination humaine dont l’analyse est possible par la théorie des jeux. Différentes stratégies sont effectivement à l’œuvre dans ce processus de sélection, avec pour objectif de maximiser la rémunération des mineurs. On comprend alors que des alliances entre mineurs peuvent prendre forme. Par exemple, pour réduire les coûts nécessaires à la réalisation des transactions. Une fois que le fonctionnement de la Blockchain est énoncé, Bruno Biais s’est interrogé sur la faculté du Bitcoin à remplir les fonctions d’une monnaie. Pour ce faire, il se focalise sur des déterminants de la demande de monnaie. Quel est le motif de détention de Bitcoins ? Un moyen de paiement ? Bruno Biais répond que non, dans la grande majorité des cas, les Bitcoins ne sont pas utilisés pour satisfaire cette fonction. Une unité de compte voire une réserve de valeur ? Ce que Keynes appelait le motif de précaution, non plus, et les fluctuations récentes du Bitcoin suffisent à justifier ce point. Il ne  reste que le motif de spéculation. C’est précisément parce que ce dernier est, pour l’instant, l’unique motif de détention de Bitcoins – et des cryptomonnaies en générale - qu’elle ne peut remplir sa fonction transactionnelle ou de réserve de valeur. C’est pour cette raison que Bruno Biais souligne que, selon lui, l’évolution des cours du Bitcoin traduit un phénomène de bulle spéculative. Sans toutefois pouvoir le prouver. En effet, pour prouver qu’il s’agit bien d’une bulle spéculative, il faudrait démontrer que son cours s’éloigne de sa valeur fondamentale de manière significative. Or, la valeur fondamentale d’une monnaie est celle de son utilisation. Ainsi, la valeur fondamentale du Bitcoin ne peut pour l’instant être déterminée. En conclusion, plusieurs leçons sont à tirer de cet échange. Premièrement, accepter le fait que les cryptomonnaies sont un avenir monétaire possible. Celui-ci reflète l’évolution industrielle d’une part, et l’augmentation des échanges d’autre part. Les cryptomonnaies peuvent avoir une certaine utilité, notamment celle de remplacer le tiers de confiance quand celui-ci est défaillant, par exemple, dans certains pays politiquement et économiquement instables. Elles pourraient alors permettre d’assurer la continuité des échanges. Ensuite, rappelons que le fonctionnement des cryptomonnaies repose sur la coordination des agents. C’est donc avant tout un problème de sciences sociales plutôt qu’un problème technologique. Enfin, Bruno Biais a conclu sur le fait que le fonctionnement de la Blockchain n’a de contraintes que celles que la communauté s’impose.
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  • Les taux d’intérêt resteront faibles et les dépenses publiques élevées. Par Bertrand Jacquillat Lire la suite

    Les taux d’intérêt resteront faibles et les dépenses publiques élevées. Par Bertrand Jacquillat

    Suite à la crise des subprimes puis celle de l’euro, et pour éviter la récession, les principales banques centrales ont eu recours à des politiques monétaires non conventionnelles. Celles-ci ont fait baisser les taux d’intérêt en deçà du taux de croissance nominale des économies en se portant massivement acheteuses d’obligations émises par les Etats concernés, provoquant ainsi un gonflement massif de leur bilan. Inquiets d’une telle situation, d’aucuns se demandent quelle peut en être l’issue dans l’hypothèse d’une remontée des taux d’intérêt. Certes, la charge d’intérêt de la dette publique sera plus lourde pour les Etats au fur et à mesure qu’ils procèderont à de nouvelles émissions pour compenser les tombées de remboursement. En tout état de cause, cet alourdissement de la charge de la dette ne sera que très progressif puisqu’il ne portera que sur les nouvelles émissions de dette et non pas sur le stock de dettes accumulées. Par ailleurs et symétriquement, les Etats reçoivent de la BCE des dividendes. Avec la remontée des taux d’intérêt, ceux-ci seront plus importants à hauteur des produits financiers plus élevés que la BCE recevra des Etats. Ce mécanisme est donc un jeu à somme nulle : les intérêts payés par les Etats à la BCE ont pour stricte contrepartie les dividendes que celle-ci leur verse. De ce fait, l’annulation pure et simple des dettes publiques que les banques centrales portent dans leurs bilans n’aurait pas les conséquences que d’aucuns redoutent. Mais que se passera-t-il lorsque la BCE modèrera puis arrêtera sa politique de QE pour dégonfler son bilan ? Les taux d’intérêt ne devront-ils pas remonter pour inciter les investisseurs autres que la BCE à souscrire aux nouvelles émissions de dette publique ? C’est à cette situation qu’ont été confrontés les Etats-Unis lorsque la Réserve Fédérale a abandonné sa politique de QE en arrêtant de souscrire aux nouvelles émissions du Trésor américain, même avec le produit des tombées de remboursement. Ce faisant, les adjudications de bons et obligations se sont faites sans remontée significative des taux, parce que le Trésor américain a trouvé suffisamment d’investisseurs autres que la Réserve Fédérale pour se substituer à celle-ci. Cette situation a été rendue possible par le manque flagrant d’actifs sans risque de par le monde. L’endettement public des quelques Etats bien notés par les agences de notation est insuffisant pour satisfaire toute la soif des investisseurs privés et publics en actifs sans risque. Pour que les taux d’intérêt remontent, il faut soit qu’augmente l’appétence des investisseurs pour le risque et, ce faisant, qu’ils délaissent les actifs sans risque, soit que les émissions de dettes des Etats bien notés diminuent. Pour ce qui est de la première condition, la demande des investisseurs pour des actifs sans risque ne semble pas près de se tarir. La seconde condition peut se produire de deux façons. Soit la notation des Etats bien notés diminue ce qui a pour conséquence l’assèchement des émissions d’actifs sans risque. Cette situation pourrait être provoquée par une augmentation du risque géopolitique. Malgré les comportements belliqueux et apparemment dangereux de certains chefs d’Etats, ce n’est pas la tendance que l’on observe. Soit les montants des émissions des Etats bien notés diminuent parce que leurs dépenses publiques diminuent. Mais les déficits américains ne sont pas près de se résorber avec les réformes fiscales en cours, de même que la réduction des dépenses publiques de l’Etat français ne semble pas être une priorité du Gouvernement. Et ainsi, les taux d’intérêt peuvent rester durablement faibles, comme les incitations à la baisse de la dépense publique ! Par Bertrand Jacquillat, "Nouvel Economiste" du 19 janvier 2018  
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    Club de Gestion Financière

    Hubert Védrine, Ancien Ministre des Affaires Etrangères  « Quels Black Swans en 2018 ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 18 janvier 2018, le petit-déjeuner était animé par Hubert Védrine et portait sur le thème « Quels Black Swans en 2018 ?». Popularisés par Nassim Nicholas Taleb, les Black Swans désignent les événements extrêmes dont la probabilité d'occurrence dévie des lois statistiques classiquement utilisées pour l'élaboration de conjectures, ce qui les rend particulièrement imprévisibles. Ils sont considérés comme sous-estimés dans la plupart des modèles prévisionnels. Si les risques de marché sont relativement bien pris en compte par les analystes, les risques géopolitiques sont eux largement sous-estimés et rarement considérés. Dans son intervention, Hubert Védrine a centré son analyse sur les risques dans les différentes régions du Monde liés à la géopolitique humaine, modelée et façonnée par des jeux entre anciennes et nouvelles puissances. L’Histoire n’est pas finie, puisque depuis la chute de l’URSS en 1991, aucune communauté internationale n’a été créée. Il n’y également pas de gestion globale du Monde et l’ONU, le G20 ou encore le G7 ne sont finalement que des enceintes de négociation. Ces jeux de pouvoir sont d’autant plus difficiles à analyser du point de vue européen, qu’il existe un fort biais médiatique en Europe, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays. Ainsi la crise de l’Islam dans le Monde est, la plupart du temps, passée sous silence. Quelle est la situation globale actuelle ? D’une manière générale, en Occident, les classes populaires et les classes moyennes ont décroché de la mondialisation et de l’intégration européenne telle qu’elle est conduite actuellement. C’est la raison pour laquelle on voit apparaître des évènements radicaux comme le Brexit ou encore l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Les élites occidentales ont, pendant un temps, mal géré leurs relations avec le reste de la société. Elles se retrouvent aujourd’hui comme une locomotive sans roues pour avancer. En Asie, on observe une montée en puissance de la Chine. La Chine d’aujourd’hui, doit tout à son dirigeant de la fin des années 1970, Deng Xiaoping. Aujourd’hui, avec la nouvelle route de la soie et l’Afrique, la Chine menace directement une soixantaine de pays dans le Monde, dont cinq en Europe. Dans ces conditions, il est légitime de s’attendre à ce qu’elle impose une hégémonie soft sur le Monde. De son côté, H. Védrine ne pense pas que la Chine contrôlera le Monde et ce même si les pays émergents se livrent à une compétition entre eux. Sur le plan diplomatique, un G2 entre la Chine et les Etats-Unis paraît autant improbable qu’une alliance avec les Russes. Si la Chine représente aujourd’hui une puissance mondiale de premier plan, elle est toutefois susceptible de connaître des tensions avec les Etats-Unis à plus ou moins long terme, sur le sujet du contrôle des océans et des mers asiatiques, et qui pourraient déboucher sur un affrontement militaire. Concernant le reste de l’Asie et plus particulièrement la Corée du Nord, une guerre est inenvisageable. Le régime nord-coréen se veut effrayant mais ce comportement sert essentiellement à sanctuariser le dirigeant Kim Jung Un pour contrôler son pays. Depuis sa création, il subsiste un problème majeur pour l’Europe : ce sont les peuples qui la composent. Lors du vote pour le traité de Maastricht, le « Oui » ne l’a emporté que de 1%, ce qui met bien en avant les profonds désaccords qui peuvent exister entre les citoyens européens. Toutefois, une dislocation de l’Europe ne semble toutefois pas possible à l’heure actuelle. Rien n’est encore joué pour le Brexit, le Royaume-Uni pourrait même conserver sa place au sein de l’Europe. L’Europe présente un intérêt pour ses membres puisque même les régions comme l’Ecosse ou la Catalogne qui souhaitent se séparer de leur pays, souhaitent en même temps rester dans l’Europe. L’Europe de manière générale sera très compliquée à réformer à court terme. D’une part en France, où l’on observe un décrochage des classes moyennes, hostiles au projet européen et qui doit continuer son travail de pédagogie initié par Emmanuel Macron. D’autre part en Allemagne, où Angela Merkel est très affaiblie depuis les élections fédérales de 2017. Elle doit composer avec le SPD, dans l’opposition, pour gouverner. Cette situation limite son pouvoir de décision et limite la poursuite des négociations des réformes européennes. Sur le plan géopolitique, l’Europe ne devrait pas monter en puissance pour faire face au reste du Monde et ce même avec le retour du dynamisme économique. Elle doit en revanche faire face à une problématique majeure, celle des flux migratoires. La situation est gérée dans la confusion la plus totale, entre les demandeurs d’asile, d’une part, dont la demande doit être traitée dans les plus brefs délais, et l’immigration économique, d’autre part, qui doit être traité de manière plus raisonnée. Les Etats membres doivent donner un rôle plus grand à l’Europe dans la gestion de Schengen. Il faut instaurer des quotas par métier et accueillir intelligemment l’immigration. Il faut également, et à plus grande échelle, négocier des accords entre les pays de départ et les pays d’arrivée. Le Moyen-Orient connaît quant à lui de grands bouleversements et aucun des camps en présence dans la région n’est en mesure de s’imposer. En Arabie Saoudite, en plus d’un bouleversement culturel et d’une modernisation du pays, Mohammed Ben Salmane, le prince héritier, a réalisé un putsch en enfermant une partie de la famille royale. Cette décision politique lui permet d’asseoir sa puissance à la tête du Royaume. En Iran, les tenants du régime qui ne veulent pas de modernisation font face à une population toujours plus contestataire et en quête de liberté. En Israël, le pays ne parvient toujours pas à gérer la question palestinienne. En revanche, le pays mène une politique extérieure de protection nécessaire dans le contexte actuel. Enfin, au Yémen, l’Arabie Saoudite et l’Iran mènent une guerre tragique par camps yéménites interposés. Sur le plan de l’équilibre régional, cette situation est dangereuse. Aux Etats-Unis, la réélection de Donald Trump n’est pas exclue. Les pays du Monde doivent comprendre qu’il est réellement le président des Etats-Unis et sortir de la phase de stupéfaction dans laquelle ils sont plongés depuis son élection. Comme l’a expliqué Angela Merkel « On ne peut plus compter sur eux, il faut mieux s’organiser entre nous ». De par la position actuelle de Donald Trump vis-à-vis du reste du Monde, les alliés des Etats-Unis, comme l’Arabie Saoudite ou Israël pourraient se voir pousser des ailes contre l’Iran. Pour conclure, s’il n’existe pas de région particulière du globe susceptible de provoquer un traumatisme tel qu’il aurait un impact énorme sur l’ensemble du monde et plus précisément sur les marchés, Hubert Védrine rappelle qu’un ensemble de foyers de tensions existent à l’heure actuelle. S’ils sont aujourd’hui trop petits ou trop isolés, ils ne devraient cependant pas être négligés.
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  • Quels risques pour 2018 ? * Lire la suite

    Quels risques pour 2018 ? *

    Pour évoquer les risques qui pèsent sur les marchés financiers en 2018, il convient d’épouser la vision du docteur Knock que Jules Romain faisant dire dans le Triomphe de la Médecine que toute personne bien portante est un malade qui s’ignore. Il en va de même des marchés financiers qui bénéficient à l’orée de la nouvelle année d’un alignement des astres presque parfait. D’abord sur le plan strictement économique, l’année 2017 se termine mieux qu’elle n’avait commencé surtout en ce qui concerne la situation en Europe et mieux que le laissaient entendre les prévisions des différents instituts de conjoncture en début d’année. Et sur la lancée de 2017, 2018 se présente sous les meilleurs auspices. La croissance économique mondiale devrait être à la fois très soutenue, autour de 5% et bien répartie dans toutes les grandes régions du monde. Cette dynamique est particulièrement bienvenue en Europe, dont la croissance aura été supérieure à 4% en 2017. Elle est portée principalement par la France, l’Italie et le reste de l’Europe du Sud, et la croissance de ces pays pourrait dépasser 2.5% en 2018. Les marqueurs économiques sont au vert. Les PMI manufacturières sont au plus haut et la demande des ménages est également bien orientée avec un très net retour de la confiance avec la diffusion de l’effet Macron en France et en Europe. Les marchés financiers ont certes largement tenu compte de cette situation. Exprimées en dollar, les performances de tous les indices boursiers ont été, à l’exception de la Russie et de la Grande-Bretagne, très nettement positives en 2017, 25.8% dans la zone euro, 24.1 au Japon, 31.1% pour le MSCI des pays émergents, et 20.2% aux Etats-Unis. De fait, les commentateurs s’inquiètent des niveaux de valorisation atteints par les marchés boursiers dans le monde. Les Etats-Unis ont entamé leur 102ème mois de cycle haussier de leur économie et de leur marché d’actions et tout laisse à penser qu’ils pourraient établir un nouveau record et délivrer en fin d’année prochaine le cycle économique et financier le plus long de leur histoire. Selon les indicateurs d’Associés en Finance, les marchés d’actions de la zone euro sont à l’équilibre. La prime de marché donnée par TRIVAL, c’est-à-dire le différentiel de rentabilité auquel on peut s’attendre entre actions et obligations est à sa moyenne historique de 6%. Elle ne donne pas de signal clair, ni dans un sens, ni dans l’autre, et ne représente pas le signal de l’existence d’une bulle. Les taux d’intérêt encore déprimés malgré leur légère remontée récente, rendent les actions particulièrement attractives, comme le suggère la prime de marché relative très élevée, c’est-à-dire le ratio de la prime de marché absolue au taux du Bund (près de 2000 % !). D’autant que ces évolutions ont lieu dans un environnement très serein, comme le suggèrent les différents indicateurs de volatilité des marchés et notamment le fameux indice VIX de la peur. La volatilité des marchés n’a jamais été aussi basse aux Etats-Unis depuis les années 1960 et les années 1970 en Europe. Quels sont donc les risques et où sont-ils ? Le risque d’une correction et envisageable à court terme. En effet les marchés n’ont pas connu de correction (baisse pouvant aller jusqu’à 10% par rapport à un récent plus haut) depuis deux ans, or de telles corrections dans un cycle haussier …… 15% du temps. Au-delà d’une correction de cette ampleur, les risques restent tout de même limités dans la mesure où aucun marché n’apparaît significativement surévalué. Et aucun marché ne se trouve en situation de bulle même si les performances récentes colossales de quelques sociétés américaines ayant ajouté le préfixe de crypto à leur dénomination sociale, renvoie au phénomène analogue avec l’ajout de dotcom au nom des sociétés avant que n’éclate la bulle internet. Mais il ne s’agit ici que de la bulle circonscrite au bitcoin. Non seulement il n’y a pas actuellement de moment Minsky dans le système financier dont les surprises renvoient au docteur Knock ou à la survenance par nature imprévisible de cygnes noirs. * En collaboration avec Boursorama  
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 décembre 2017

    Trêve depuis deux mois sur les marchés actions de la zone euro, les Etats-Unis ayant pris la relève En cette fin d’année et depuis deux mois, les indices de la zone euro marquent le pas. En l’absence de rendez-vous majeurs et face à la fermeté de l’euro vis-à-vis du dollar (la parité euro-dollar ayant refranchi le seuil de 1,20), le principal indice, l’indice Euro Stoxx 50, accuse une baisse plus marquée (-1,8%) que l’indice large Euro Stoxx (-1,1%) en décembre, comme ce fut le cas en novembre. Ces deux derniers mois, la parité Euro-Dollar a gagné 4 centimes, soit +3,1%. A l’inverse, les indices américains ont évolué en territoire positif ces deux derniers mois, période qui s’est caractérisée par l’adoption de la réforme fiscale défendue par Donald Trump par la Chambre des Représentants puis par le Sénat. Sur le front des matières premières, le prix du baril de Brent a continué de s’apprécier pour avoisiner 67 $. La hausse du prix du Brent atteint 38,5% sur le semestre (point bas atteint en juin) et 20,6% sur l’année 2017. Toutefois, l’année 2017 a été une année de progression des indices de la zone euro Sur l’ensemble de l’année 2017, les indices actions de la zone euro ainsi que sa monnaie par rapport au dollar ont été orientés à la hausse, ce qui valide le scénario d’un regain d’intérêt de la part des investisseurs internationaux dans un contexte d’embellie économique de la zone euro. Sur les douze mois écoulés, l’indice EuroStoxx50 progresse de 6,9% (9,2% avec dividendes) et l’indice EuroStoxx de 10,1% (11,7% dividendes inclus). Exprimées en dollars, les performances des indices européens (hors dividendes se comparent favorablement à celles de l’indice S&P500 : +21,2% (EuroStoxx50) et +25,3% (EuroStoxx) contre +19,4% pour l’indice S&P500. Un mois de décembre marqué par quelques arbitrages Malgré un mois boursier sans relief, il convient de noter les arbitrages en faveur de plusieurs secteurs tels que les Produits de Base (grâce, notamment, à un début de retournement pour les valeurs parapétrolières), le secteur Immobilier ainsi que les valeurs liées au Tourisme et au Luxe. A l’inverse, les titres des secteurs de la Finance, des Utilities et des Télécoms ont subi des pressions à la vente. Dans ce contexte, les titres les plus liquides ont sous-performé (cf. Tableau 1) par rapport aux autres titres. Une prime de marché quasi-inchangée depuis six mois Les paramètres généraux du modèle Trival ont peu évolué en décembre, la prime de marché ressortant à 5,98% (contre 6,00% le mois précédent). Depuis deux trimestres, cette prime de marché évolue relativement peu, et reste légèrement en deçà de sa moyenne historique de 6,59% (depuis 2002). En termes d’investissement sur les actions, les signaux donnés par Trival continuent d’être neutres. A l’occasion du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière (du 21 décembre 2017), Associés en Finance indiquait ainsi que «  les valorisations des actions de la zone euro sont donc raisonnables : Les flux générés par les sociétés continuent d’être révisés à la hausse avec la révision elle aussi à la hausse des perspectives de croissance mondiale ;Les cycles d’expansion économique et financière ne meurent jamais du fait de leur grand âge, mais d’un choc, et les banquiers centraux sont très prudents ;Les taux d’intérêt ne sont pas près de remonter de manière significative malgré la diminution et l’arrêt du QE ». Historique de la prime de marché Trival
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    Club de Gestion Financière

    Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers verts de l’Economie « Faut-il croire à une surperformance Européenne ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 21 décembre 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit et portait sur le thème « Faut-il croire à une surperformance européenne ?». Dans une première partie, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’état actuel des marchés financiers et sur le bilan de l’année 2017. Dans l’ensemble, les marchés ont connu une très bonne année : le contexte économique est actuellement optimiste et les perspectives de croissance sont bonnes et se renforcent. Les taux d’intérêt continuent d’être au plus bas en Europe et restent faibles aux Etats-Unis. La volatilité est historiquement faible pour les indices, options ainsi que les CDS. Ce contexte économique a permis aux bourses du monde de progresser significativement cette année, le CAC40 (+13,9%), l’Euro Stoxx (+13,3%), ainsi que l’ensemble des autres bourses à l’exception de la Russie ont progressé. Enfin Bertrand Jacquillat a souligné que la prime de marché relative, c’est-à-dire le ratio de la prime de marché absolue au taux du Bund penchait largement en faveur du marché action avec une prime de 1972% en décembre 2017. Dans une seconde partie, Jean-Pierre Petit est intervenu sur l’état actuel de l’Europe et des marchés par rapport au reste du monde. Selon lui, si l’Europe va mieux c’est aussi parce que le monde entier va mieux. Cette dynamique, portée principalement par la France, l’Italie et le reste de l’Europe du Sud, va ainsi permettre à l’Europe d’atteindre une croissance de +4% pour l’année 2017. La croissance française, de son côté, va atteindre +1,9% en 2017, bien au-dessus des consensus de début d’année. Si les prévisions 2018 pour la France sont elles aussi très bien bonnes avec +2.1%, Jean-Pierre Petit les juge faibles et tablerait sur des croissances plus optimistes entre +2,5% et +2,7%. Concernant le reste du monde, la croissance est elle aussi au rendez-vous. Celle-ci devrait atteindre +4.7% pour 2017. Certes, cette croissance ne correspond pas à celle des années 2000 et l’émancipation des émergeants tels que la Chine ou le Brésil mais elle permet de retrouver une certaine stabilité mondiale. Aujourd’hui la croissance est plus homogène, aucun pays du G20 ne connait de difficulté majeure. Les marchés ne connaissent pas non plus de déséquilibres: ils sont très peu volatils, il n’y a également pas de bulle action ni de bulle immobilière dans les trois grandes zones systémiques. Les investissements Corporate, mis à part en Chine et Royaume-Uni, augmentent et même l’industrie mondiale est au plus haut depuis 2007. Avant d’analyser la situation européenne, Jean-Pierre Petit s’est penché sur les Etats-Unis et la Chine. Concernant l’économie américaine, les conditions macro-financières sont très accommodantes pour le pays. Si les taux d’intérêt à 2 ans ont augmenté de 100 points de base, les taux long à 10 ans restent stables et très faibles. Le dollar est également orienté à la baisse et la demande internationale est aussi favorable aux Etats-Unis. Seul bémol, la réforme fiscale ne sera pas aussi profitable aux sociétés par rapport au projet initial. Concernant la Chine, le président Xi va briguer cinq années supplémentaires à la tête du pays. Le président chinois possède un très bon bilan notamment en matière de lutte contre la corruption et la réforme des entreprises publiques. Jean-Pierre Petit rappelle toutefois que l’économie chinoise n’est pas homogène. D’un côté il existe une Chine sous profitable, surendettée et adepte du shadow banking. Et d’un autre côté une Chine qui a su profiter de la dette pour se réformer en profondeur, développer la Tech et se moderniser. La Chine alloue désormais 2% de son PIB en dépense de R&D. Jean-Pierre Petit a ensuite analysé la situation européenne. Selon lui les marqueurs économiques sont au vert. Les PMI manufacturières sont au plus haut depuis avril 2000 et sont très bien diffusées (géographiquement et sectoriellement). La demande des ménages est également bien orientée : la demande en biens durables, c’est-à-dire des biens dont la durée de vie est supérieure à deux ans, est au plus haut depuis 2000. Ce fait marque un retour de la confiance des ménages. Cette conjoncture n’a été permise que par l’action de la BCE et particulièrement de Mario Draghi qui a fait passer la courbe de la croissance nominale au-dessus de celle des taux longs permettant une reprise des crédits. Un pays en particulier tire actuellement avantage de cette situation, la France. Délaissé depuis des années, le pays regagne de l’intérêt à l’international grâce à l’effet Macron. Celui-ci profite de la bonne croissance française et de l’absence d’opposition pour lancer des réformes en profondeur. Emmanuel Macron doit par ailleurs continuer le développement du projet européen avec l’Allemagne notamment sur la poursuite de l’Union bancaire et la mutualisation des nouvelles dettes. Concernant le reste de l’Europe : l’Allemagne doit faire face à plusieurs problématiques notamment sur la transition énergétique et la gestion de l’immigration. Selon lui, l’Europe ne doit pas craindre les élections législatives en Catalogne où les indépendantistes ne sont pas sûrs d’obtenir une majorité. L’éventualité d’une indépendance de la Catalogne est selon lui peu plausible dans la mesure où il n’existe aucun projet concret et viable dans ce sens. Jean-Pierre Petit a souligné le redressement de l’Italie notamment de ses banques avec la baisse de leurs créances douteuses. Existe-t-il donc un rattrapage au niveau européen ? Faut-il croire à une surperformance européenne ? Il y a dix ans, la crise financière a démarré aux Etats-Unis. A l’époque l’Europe expliquait que cette crise n’impacterait pas son économie. Dix ans plus tard, les Etats-Unis ont, grâce à une meilleure gouvernance, réussi à dépasser largement l’Europe : les Etats-Unis ont gagné 15 points de PIB entre 2008 et 2017, quand l’Europe n’en a gagné que 5. Les investissements européens représentent également 20 points de moins que les américains. Enfin, si les marchés européens surperforment, les marchés américains ont fait mieux, principalement grâce à l’action de la FED, plus réactive que la BCE dans la mise en place des politiques de quantitative easing. Pour finir, un risque de correction à court terme est envisageable. Les marchés n’ont pas connu de correction depuis deux ans, Jean-Pierre Petit a rappelé que lors d’un cycle de bourse haussier, les corrections surviennent dans 15% du temps. Ce risque reste tout de même limité puisqu’aucun marché n’est largement surévalué et encore moins en situation de bulle. Seul le Bitcoin est l’actif qui présente toutes les caractéristiques d’une bulle mais son poids dans l’économie mondiale reste très faible.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 novembre 2017

    Prises de profits en novembre Malgré la publication de bons indicateurs économiques (accélération de la croissance en Allemagne, PMI en zone euro, moral des entrepreneurs allemands), les investisseurs se sont montrés prudents en novembre et ont allégé leurs positions en actions de la zone euro. Les derniers résultats trimestriels publiés n’ont pas réservé de surprises ou sont apparus mitigés. Le principal indice, l’indice Euro Stoxx 50, a accusé une baisse plus marquée (-2,8%) que l’indice large Euro Stoxx (-2,0%). Sur le front politique en zone euro, une certaine inquiétude s’est manifestée après l’échec des négociations menées par Angela Merkel pour former une coalition gouvernementale. Aux Etats-Unis, la confiance reprend après l’adoption de la réforme fiscale de Donald Trump par la Chambre des Représentants (avant la dernière étape devant le Sénat le 1er décembre). A la fin du mois de novembre, l’OPEP et les pays hors OPEP ont voté la prolongation de l’accord de limitation de la production de pétrole jusqu’à fin 2018. Le baril de Brent a atteint un plus haut en début de mois à 64 dollars mais est resté au-dessus de 60 dollars en fin de mois (soit une hausse de +3% par rapport à fin octobre). Un retour à la prudence Les arbitrages des investisseurs ont été davantage liés à des prises de profits qu’à des critères liés au risque (cf. Tableau 1). Ainsi, les secteurs ou valeurs ayant réalisé de très fortes progressions depuis le début de l’année ont marqué le pas en novembre. Au sein des secteurs Electronique et Transports qui ont réalisé les meilleures performances sectorielles excédant 45% sur onze mois (en moyenne non pondérée), les investisseurs ont allégé leurs positions sur des valeurs telles que Aixtron, STMicroelectronics, Soitec et Air France. Dans d’autres secteurs, Kering, Trigano, Akka Technologies, Sopra Group ont subi également une pression à la vente sur leurs titres après un beau parcours boursier sur l’année. Prime de marché de 6% La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund 10 ans) a augmenté de +14 points de base à 6,00 % en raison du recul des actions tandis que le rendement du Bund 10 ans est resté inchangé à 0,37%. Depuis deux trimestres, cette prime de marché évolue relativement peu, et reste légèrement en deçà de sa moyenne historique de 6,59% (depuis 2002). En termes d’investissement sur les actions, les signaux donnés par Trival continuent d’être neutres. Historique de la prime de marché Trival
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    Club de Gestion Financière

    Patrick Artus, Chef Economiste et membre du Comité Exécutif de Natixis « 2017 et 2018, deux bonnes années… Et après ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 23 novembre 2017, Associés en Finance recevait Patrick Artus pour aborder le thème « 2017 et 2018, deux bonnes années…Et après ? ». En introduction, Patrick Artus a souligné l’optimisme actuel sur la croissance économique mondiale. En effet, les valorisations boursières ainsi que les multiples des opérations de LBO atteignent des niveaux très élevés. Les enquêtes conjoncturelles menées auprès des acteurs économiques sont au plus haut et on assiste à une hausse des crédits aux particuliers dans la plupart des pays. Ces éléments sont particulièrement forts aux Etats-Unis. Partant de ce constat, il convient de se demander quelles sont les perspectives économiques pour les années à venir. Tout d’abord, Patrick Artus s’interroge sur l’évolution des prix du pétrole, facteur déterminant de l’économie mondiale. Le cours de ce dernier remonte depuis 2016 et dépasse légèrement 63$ aujourd’hui. Sur les marchés à terme, le prix du pétrole s’élève à 60$, prix autour duquel le consensus estime que le pétrole va se stabiliser. Néanmoins, la tendance de moyen terme devrait être une remontée du prix du pétrole, bénéficiant de la croissance rapide de la demande (environ +2% par an), notamment dans les pays émergents, et du recul de l’investissement en Exploration-Production. Le cours du baril devrait ainsi augmenter de +6/7$ par an et atteindre 77$ d’ici deux ans. Toutefois, cette hausse pourrait être repoussée dans le temps par la remontée de la production en Libye, au Nigéria et du pétrole de schiste aux Etats-Unis (environ +1% par an). Cette dynamique devrait affecter l’inflation et éroder quelque peu la croissance économique mondiale. Ensuite, Patrick Artus s’est intéressé à la croissance économique et aux politiques monétaires des Etats-Unis, de la zone euro et des pays émergents. Concernant les Etats-Unis, la croissance économique et les créations d’emplois restent soutenues, tirées par le redressement du taux de participation à la population active. Le taux de chômage se rapproche de son niveau structurel (4/5%), caractéristique d’un probable ralentissement à venir de l’économie. Le recul des profits et du crédit aux entreprises peuvent également être des indicateurs avancés d’affaiblissement de l’économie. Ainsi, à partir du second semestre 2018, la croissance américaine devrait commencer à ralentir tout comme les créations d’emplois. La croissance devrait toutefois rester proche de +1,5% en 2019. Des gains de productivité pourraient en principe compenser la baisse du goulet d’étranglement actuel de la main d’oeuvre. Mais, selon lui, cela est peu probable, car il ne reste que peu de réserve de productivité dans les entreprises, sept ans après la fin de la récession. Deux corrections éventuelles sont aussi à prévoir : une correction des investissements élevés des entreprises, et une correction de la valorisation boursière des entreprises, consécutive à une baisse des rachats d’actions par ces dernières. Confrontée à un taux de chômage faible et à une inflation sous-jacente légèrement inférieure à son objectif, la Fed devrait progressivement augmenter ses taux : une hausse de +25 points de base est prévue pour la fin de l’année. Elle devrait être suivie de deux hausses en 2018 et une en 2019. En Europe, le cycle haussier des actions est en retard sur les Etats-Unis de trois-quatre années, principalement à cause de la crise des dettes souveraines en 2011-2012, mais il apparaît solidement installé. On observe une hausse de l’investissement des entreprises grâce aux profits, de l’investissement immobilier soutenu par des taux d’intérêt bas, et des exportations. La croissance de la zone euro devrait atteindre +2,5% en 2017 et  poursuivre sa hausse en 2018-2019, mais sera affaiblie par l’augmentation du prix du pétrole. Le taux de chômage reste élevé (9,1%) en zone euro, mais diminue : il devrait être de 8% début 2019 et de 7,5% mi-2019. Cela pousse la BCE à se demander quel est le niveau de chômage structurel de la zone euro, car lorsqu’il sera atteint, la croissance retrouvera un niveau plus faible. Selon les prévisions, ce niveau devrait être atteint au second semestre 2019. Cependant, contrairement aux Etats-Unis, la zone euro pourrait éventuellement bénéficier d’une immigration plus forte. A la différence de la Fed qui tient également compte du cycle économique dans son analyse, la BCE s’intéresse uniquement au taux d’inflation qui stagne autour de 1,4%, de même que les coûts salariaux. Ainsi, il n’y a aucune raison que la BCE décide d’augmenter ses taux avant fin 2019. Cette dernière va en revanche sortir progressivement du Quantitative Easing. Cela ne devrait avoir que peu d’impact : on devrait en effet assister à un basculement des investisseurs vers de la dette moins risquée, jusqu’à présent très rare car rachetée par la banque centrale, ce qui diminuerait la demande des obligations High Yield, et augmenterait les spreads de crédit, qui retrouveront des niveaux plus cohérents. Le marché européen des actions est, quant à lui, attractif, présentant de bonnes perspectives de croissance et une forte liquidité. Toutefois, il reste très corrélé au marché américain, et donc confronté à une éventuelle correction des actions américaines (le coefficient de corrélation est compris entre 0,6 et 0,7). Dans les pays émergents, on observe un retour des capitaux qui entraîne une appréciation des devises et une baisse de l’inflation. Les banques centrales ont ainsi la possibilité de baisser leurs taux ce qui stimule l’investissement et la consommation. Malgré une future hausse des taux aux Etats-Unis, celle-ci devrait être trop faible pour entraîner un rapatriement des capitaux et par conséquent une déstabilisation des économies émergentes. Cette bonne situation économique devrait donc se prolonger dans les années à venir. Patrick Artus est aussi confiant quant à la situation économique chinoise : la croissance y reste forte et la politique monétaire prudente, tandis que les sorties de capitaux sont désormais sous contrôle. Enfin, il s’est demandé si l’on pouvait identifier des Black Swans, ce qui représente stricto sensu un oxymore. Des élections sont prévues en Italie et en Allemagne (suite à l’échec de création d’une coalition) en 2018 et la situation géopolitique dans certains pays (Corée du Nord, Arabie Saoudite, Venezuela…) reste tendue. Toutefois, il n’observe pas de risque imminent. Le retour des subprimes aux Etats-Unis sur le crédit à la consommation peut susciter des inquiétudes mais les taux de titrisation, aujourd’hui à 10%, et de défaut restent très en-deçà de ceux de 2007-2008. En conclusion, la croissance en zone euro et dans les pays émergents devrait se maintenir dans les deux-trois prochaines années malgré la hausse du prix du pétrole. Aucune hausse des taux n’est à prévoir sur le court terme en zone euro. La situation est différente aux Etats-Unis, le cycle haussier ayant débuté plus tôt : la croissance devrait ralentir d’ici 2019, impactée par la baisse de la capacité d’emploi, et les taux augmenter. Patrick Artus recommande de sous-pondérer l’allocation d’actifs en actions américaines et en obligations, avec notamment la sortie du Quantitative Easing en Europe, et de la surpondérer en actions européennes et sur les pays émergents.
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    Club de Gestion Financière

    Nicolas De Tavernost, Président du Directoire du Groupe M6 « La télévision dans le monde digital » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 9 novembre 2017, Associés en Finance recevait Nicolas De Tavernost pour aborder le thème « La télévision dans le monde digital ». En guise d’introduction, Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance, est intervenu sur l’état actuel des marchés qui connaissent leur 101ème mois consécutif de hausse. Ce rally boursier aux Etats-Unis est le second plus long de l’après-guerre et serait en passe de devenir le premier dans les prochains mois. Mais les marchés connaissent une très forte dichotomie entre les GAFA qui tirent vers le haut les valorisations et les autres sociétés. Ces mêmes GAFA et nouveaux entrants bouleversent les marchés par leur disruption qui affecte bon nombre de secteurs d’activité, et notamment celui de la télévision. Nicolas De Tavernost qui dirige M6 depuis le 1er mars 1987 est d’abord revenu sur les mutations du paysage télévisuel français et la nécessité de s’adapter aux changements technologiques, au changement des comportements de consommation et aux nouveaux entrants. Comment la télévision s’adapte-t-elle ? La télévision a connu un nombre considérable de mutations. Les premières mutations ont débuté dans les années 1995 avec le lancement du premier satellite analogique. Il a permis entre autre à M6 de pouvoir lancer un nouveau service, TPS, le 1er janvier 1996, pour challenger Canal +. TPS a été exploité pendant 10 ans avant d’être revendu à Canal+. Au début des années 2000, la loi actant la création de la TNT est venue introduire un changement majeur dans le paysage des chaînes TV en France : elle a  multiplié le nombre d’autorisations d’émettre. Les nouvelles chaînes de télévision via la TNT sont apparues en 2005. Même si les licences d’exploitation ne devaient être données qu’à des nouveaux entrants, la société a finalement obtenu deux autorisations d’émettre et a créé, par croissance interne, deux nouvelles chaînes de télévision, W9 et 6TER. Selon Nicolas de Tavernost, la création de la TNT a eu pour conséquence d’émietter le domaine TV en France, puisque seuls des groupes modestes (Nextradio, AB, NRJ) ont pu émerger et détenir chacun des petites parts de marché et de ce fait empêcher la création de grands groupes. Nicolas de Tavernost est également intervenu sur les comportements de consommation des ménages : l’audience télévisuelle a évolué d’une audience collective (une famille regardait un seul et même programme TV) à une audience individuelle. Elle se fait aussi de plus en plus de manière non linéaire : actuellement, les programmes du groupe M6 en replay représentent 7 à 8% de la consommation totale, avec un chiffre qui s’élève à 25% chez les jeunes. Malgré ce changement de mode de consommation, certains programmes ont vocation à être consommés de manière « linéaire » : c’est le cas des programmes sportifs ou des émissions en direct. Autre évolution, l’émergence des interactions entre les programmes TV et les réseaux sociaux, principalement Twitter. Ces réactions en temps réel ont été rendues possibles entre autres grâce aux Box triple play (internet haut débit, téléphone, TV). Ces box TV permettent aussi de connaitre en temps réel ce que le consommateur regarde, permettant aux groupes TV de s’adapter et proposer des services publicitaires personnalisés. L’accès à ces informations est un sujet clé pour les producteurs, et les rapports sont parfois compliqués avec les distributeurs. Pour Nicolas de Tavernost, les relations doivent être équilibrées sur le plan financier mais aussi technique. Ce n’est pas toujours le cas comme on a pu s’en rendre compte à l’occasion des tensions entre TF1 et SFR. Ces relations sont tout de même moins tendues que dans certains pays comme les Etats-Unis par exemple où des conflits existent régulièrement entre les réseaux câblés et les producteurs qui vont jusqu’à des menaces de coupure de signal. Concernant la concurrence, Nicolas de Tavernost voit plusieurs phénomènes émerger : le premier est le rachat de chaînes TV par les opérateurs télécoms, distributeurs TV via les box. C’est le cas de SFR qui a racheté NextRadio (BFM, RMC découverte, …) pour développer son contenu ou encore Orange qui s’est rapproché du groupe Canal+ sans lien capitalistique. Le second phénomène est l’arrivée des plateformes telles que Facebook, Twitter, Google, qui représentent une menace importante. Des sociétés comme Netflix, avec des capacités techniques très fortes et une exclusivité sur des programmes autoproduits, sont des compétiteurs au niveau mondial très puissants. Nicolas de Tavernost regrette l’existence d’une concurrence déloyale en matière fiscale dont bénéficient les sociétés comme Netflix, et souhaite vivement une harmonisation au niveau européen de ces règles. Nicolas de Tavernost est enfin intervenu sur l’état actuel du marché et les leviers de croissance dont bénéficie le groupe M6. L’écoute TV n’a selon lui pas baissé depuis quelques années. Si la consommation télévisuelle des jeunes a affectivement diminué, celle des 50 ans et plus a augmenté. Le marché de la publicité reste dans l’ensemble stable. Le marché publicitaire sur Internet est quant à lui en forte hausse depuis 10 ans (+7,2% en moyenne par an). Si les chaînes ne connaissent pas d’effet volume positif via les canaux de distributions traditionnels, la loi sur la suppression des publicités sur les chaînes publiques après 20 heures, ainsi que les technologies actuelles de mesures très précises des audiences, permettent le ciblage des publicités. Selon lui, le média TV demeure le plus puissant, puisque la couverture quotidienne de la population française est de loin dominée par la télévision (74% contre 16% pour un média comme Youtube par exemple). Le digital va renforcer la télévision mais ne va pas la tuer.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 octobre 2017

    Investisseurs regonflés En cet automne, le climat est à l’optimisme sur les marchés actions de la zone euro. L’indice EuroStoxx cumule un gain de 6,8% sur les deux derniers mois : +4,4% en septembre et +2,3% en octobre. La deuxième partie du mois d’octobre a été la plus animée. Plusieurs facteurs y ont contribué : D’une part, les sociétés ont commencé à publier leurs résultats du troisième trimestre ;D’autre part, le Président de la BCE a consacré la réunion du 26 octobre (comme pré-annoncé le 6 septembre) à la thématique de la sortie du quantitative easing. Mario Draghi a annoncé la réduction de moitié du montant de ses rachats sur le marché obligataire (de janvier à septembre 2018) et exclu (pour une période encore indéfinie) un relèvement des taux directeurs de la zone euro. Ce discours a entraîné une baisse de l’euro de 1,18 à 1,16 contre le dollar et renforcé l’appétit des investisseurs à l’égard des actions de la zone euro ;Enfin, le marché du pétrole a entamé une nouvelle hausse de près de 4 dollars durant cette deuxième partie du mois pour terminer au-dessus des 60 $ le baril de Brent à fin octobre. La progression du prix du Brent est quasi-linéaire depuis quatre mois, soutenue par plusieurs éléments (perspective de prolongation des accords de réduction de production, embellie économique mondiale, tensions au Kurdistan irakien, conflit sur l’accord nucléaire en Iran). Sélectivité des investisseurs De nombreux secteurs ont enregistré des rentabilités positives. Les investisseurs ont bien accueilli un certain nombre de publications de résultats et/ou ont nourri un intérêt particulier sur la base d’opérations publiques. Ainsi, les principales hausses ont concerné les secteurs suivants : Les Minerais-Métaux sous l’impulsion de Eramet (+23,1%) et Arcelor-Mittal (+12,8%) qui profitent de bons résultats, de meilleures perspectives pour le secteur minier et/ou des difficultés du japonais Kobe Steel ;L’ensemble des valeurs du secteur des Editeurs de Logiciels & Jeux, notamment Ubisoft (+12,6%) soutenu par un programme de rachat d’actions initié début octobre ;L’Electronique grâce à STMicroelectronics (+23,7%), Soitec (+21,7%), Aixtron (+17,6%) et malgré les reculs de Nokia (-17,0%) et Gemalto (-10,1%) affaiblis par des résultats décevants ou une faible visibilité ;Le secteur des Médias qui a été animé par des transactions intra-groupe (Roularta Media Group +47,1%) ou par de meilleures perspectives (dans les cas de Ipsos +8,3% ou Mediaset +7,7% sur un éventuel accord avec Vivendi) ; en revanche au sein de ce secteur, les groupes de publicité (comme Publicis -5,3%) continuent d’être fragilisés par les réductions des investissements publicitaires émanant des grands groupes de consommation (profit warnings d’Interpublic, WPP) ;Le secteur BTP & Concessions pour des raisons spéculatives (Abertis +10,9% ; ACS +8,0%, Hochtief +6,1%, cf. « Situations spéciales ») et en raison de meilleures perspectives à l’instar de FCC +7,5% ;Le Luxe grâce à la forte croissance organique des activités de Kering (+16,7%) et de LVMH (+9,7%) ;Le Transport aérien soutenu par les ambitions d’expansion de Lufthansa (+16,5%) et les bons résultats publiés par IAG (+7,6%). A l’inverse, trois secteurs n’ont pas bénéficié du mouvement haussier en bourse : les Banques (faible activité Trading, banques italiennes peu rassurées par la difficile reprise de cotation de Monte dei Paschi di Siena et le moindre soutien de la BCE via ses rachats obligataires dans quelques mois), la Distribution (environnement concurrentiel difficile) et les Télécoms (pénalisés par les résultats des opérateurs de satellites SES Global -24,6% et Eutelsat -14,2%). Prime de marché qui évolue peu La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund 10 ans) s’est légèrement accrue à 5,87%, soit +6 points de base, du fait essentiellement de la baisse des rendements obligataires (Bund 10 ans en baisse de 10 points de base à 0,36%). Depuis un ou deux trimestres, cette prime de marché évolue relativement peu, et reste légèrement en deça de sa moyenne historique de 6,60% (depuis 2002), comme l’illustre le graphique ci-dessous. En termes d’investissement sur les actions, les signaux donnés par Trival continuent d’être neutres. Historique de la prime de marché
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    Club de Gestion Financière

    Sébastien Bazin, Président Directeur Général de AccorHotels « L’hospitalité, les enjeux de demain » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Jeudi 19 octobre 2017, Associés en Finance recevait Sébastien Bazin, Président Directeur Général du groupe AccorHotels. Aux commandes d’AccorHotels depuis 2013 et investi dans ce secteur depuis 2005 en tant qu’actionnaire de premier plan au nom de Colony Capital Europe, Sébastien Bazin a livré sa perception de l’évolution du métier de l’hôtellerie à travers les différentes mutations auxquelles le secteur a été confronté depuis quelques années et celles qui impacteront cette industrie (et d’autres) demain. Après avoir identifié quatre grandes mutations tout en présentant quelques exemples de moyens déployés par AccorHotels pour défendre ses positions et s’adapter aux nouveaux enjeux, Sébastien Bazin détaillera en second lieu la stratégie du Groupe autour du thème « comment différencier les acteurs modernes et les acteurs anciens ? ». En préambule, selon une première analyse de Sébastien Bazin, l’industrie hôtelière serait « bénie des dieux » : florissante depuis une vingtaine d’années, le secteur devrait continuer de croître d’ici les douze-quinze prochaines années et ce malgré un bouleversement des « codes ». En premier lieu, la domination des plateformes de réservation (Booking, Expedia, Ctrip) est devenue telle que celles-ci pratiquent depuis quelques années des taux de commission sur le prix de la chambre deux fois supérieurs à ceux demandés à leurs débuts. Malgré cela, Sébastien Bazin constate que la part des réservations en ligne n’évolue pas au-delà d’un tiers des réservations totales depuis plusieurs années, les hôteliers captant encore deux tiers de leur clientèle de manière directe. Deuxième mutation : la mutualisation des logements avec l’émergence, depuis sept ans, de la plateforme communautaire de location AirBnB. L’offre de location est un tiers moins chère pour une surface plus grande, souvent mieux placée géographiquement, et pour une « expérience-client » différenciée (à l’inverse, les groupes hôteliers ont développé pendant trente ans des chambres mondialement standardisées par marques d’hôtels). Aujourd’hui, certaines grandes métropoles (New York, Barcelone, Berlin, Paris…) ont entamé des procédures de plus en plus contraigantes pour les propriétaires-loueurs AirBnB (ou locataires sous-loueurs, ou acteurs intermédiaires) avec des contraintes de référencement et de déclaration des loyers perçus. Sébastien Bazin préfère, quant à lui, s’adapter aux aspirations nouvelles des voyageurs (indéniables chez les jeunes et constatées de plus en plus parmi les générations plus âgées). Pour cela, AccorHotels a consacré des investissements autour de nouveaux concepts pour élargir son offre : création de Jo&Joe (au carrefour des auberges de jeunesse et de l’hôtellerie), acquisition des start-up onefinestay (pionnier britannique de l’hospitalité haut de gamme proposant la location de résidences de luxe incluant des services hôteliers) et Squarebreak (villas haut de gamme en France). Autre mutation qui commence à faire parler d’elle : l’intelligence artificielle, domaine de prédilection de Google (via Google Home Devices), devrait faciliter certaines tâches liées à la gestion des chambres et, donc, réduire le nombre de certains postes de services. Quatrième mutation : le paiement en ligne par mobile au détriment des services traditionnels des acteurs bancaires. Sébastien Bazin observe que l’acteur chinois Tencent qui a développé WeChat (application mobile multi-fonctionnelle) est très en pointe. Le dirigeant se déplace régulièrement en Asie pour suivre en particulier le marché chinois et les acteurs de l’économie digitale. Début 2016, AccorHotels a signé une alliance stratégique avec China Lodging (coté au Nasdaq). Enfin, Sébastien Bazin revient sur la stratégie de son groupe à travers la question posée « comment différencier les acteurs modernes et les acteurs anciens ? ». Le dirigeant fait quatre constats et situe AccorHotels dans chaque cas : 80% des entreprises qui n’existaient pas il y a vingt ans ont été créées par des personnes âgées de moins de 35 ans.Elles ont été bâties sur une technologie moderne, efficace et ergonomique.Elles ont décidé de s’adresser au monde entier.Enfin, ces mêmes entreprises ont toutes une organisation horizontale. AccorHotels a 50 ans, mais depuis deux ans le groupe a créé un shadow comex d’une quinzaine de jeunes trentenaires (parmi les meilleurs talents dans chaque région, hommes et femmes) afin de les consulter sur chaque thème soumis en comité de direction. Le groupe n’oublie pas d’investir dans la technologie. Une équipe dédiée Disruption & Growth identifie dans le monde entier des start-ups dans lesquelles investir selon plusieurs critères (le concept, le management, la technologie, le business model). Un accord de principe (sur les gains à tirer pour l’une et l’autre partie d’une collaboration) est signé avant toute acquisition ou investissement partiel. Les parts de marché d’AccorHotels démontrent que le groupe a su occuper « l’espace Monde ». Mais, au niveau local, alors que le groupe possède trois quarts de ses hôtels au cœur des villes, AccorHotels étoffe depuis peu son offre avec des services de voisinage auprès de riverains et commerçants via une application mobile « AccorLocal » (développée par la conciergerie John Paul, acquise mi-2016). En captant cette nouvelle clientèle, AccorHotels accroît sa visibilité et sa notoriété avec ses hôtels qui ne sont plus seulement que des lieux d’hébergement. Enfin, AccorHotels tente d’atténuer la structure verticale de son groupe, notamment à l’aide de ce shadow comex. Sébastien Bazin répond en même temps à la problématique d’adaptabilité de ses employés et de destruction d’emplois. La part de personnes rétives au changement concerne davantage le personnel du siège social (comme dans le cas des postes chargés du yield management, fonction de plus en plus assurée par des algorithmes). La plupart du personnel travaillant dans les hôtels accepte aisément les changements du métier d’hôtelier du fait que ce personnel est déjà au contact des clients. Sébastien Bazin conclut sa présentation en indiquant que le groupe procède actuellement à la cession de la majorité du capital de son pôle immobilier HotelInvest. La génération de cash sera allouée aux actionnaires, à la croissance organique ainsi qu’à des opérations d’optimisation de bilan et d’acquisitions. Cette opération s’inscrit comme le deuxième volet de la stratégie définie par Sébastien Bazin en 2013 qui avait d’abord séparé les deux métiers historiques du groupe, celui d’opérateur-franchiseur et celui de spécialiste de l’immobilier hôtelier, afin d’accroître le potentiel des deux métiers.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 29 septembre 2017

    Regain de vigueur Les indices européens ont repris le chemin de la hausse en septembre. L’indice principal, EuroStoxx50, a réalisé un gain significatif (+5,1%). Plusieurs nouvelles ont contribué à un regain d’intérêt des investisseurs vis-à-vis des actions européennes dans un contexte d’embellie économique, notamment dans la zone euro : Le Président de la BCE, lors de la réunion du 6 septembre, a renvoyé à la prochaine réunion du 26 octobre le sujet de la sortie du quantitative easing, ce qui a également permis à la parité Euro-Dollar de rester sous le seuil de 1,20 (niveau dépassé en début de mois) ; La réélection d’Angela Merkel, malgré la percée inattendue du parti populiste, a été saluée par les marchés de la zone euro et en particulier en Allemagne (indice DAX +6,4%) ; La perspective d’une prolongation (au printemps 2018) des accords de réduction de la production de pétrole a permis au prix du baril de pétrole de retrouver ses plus hauts niveaux de l’année atteints en février ; Le projet de fusion dans le secteur ferroviaire entre Alstom et Siemens, défendu par les gouvernements français et allemand sous certaines conditions, pourrait selon les investisseurs relancer la vague de consolidation et/ou donner un signal de confiance vis-à-vis d’une Europe unie et forte. Appétence pour le risque et, dans une moindre mesure, pour les grandes valeurs Le contexte décrit ci-dessous a incité les investisseurs à se porter acheteurs nets dans bon nombre de secteurs et à délaisser les secteurs défensifs et/ou sensibles à une future remontée des taux d’intérêt. Les principales revalorisations boursières ont concerné l’Automobile (ventes enregistrées en août en forte hausse sur un an), l’Energie et la Chimie (redressement des cours du pétrole), mais également d’autres secteurs liés à l’industrie et à la consommation cyclique. Le facteur de liquidité a joué un rôle moins déterminant. Toutefois, la revalorisation des titres Siemens (+8.6%) ainsi que de BMW, Daimler, Continental et BASF (au-delà de +10%), qui figurent parmi les plus grandes capitalisations boursières de l’indice DAX, a contribué à la bonne tenue de l’indice allemand et à une légère surperformance des titres les plus liquides (classe d’illiquidité 1, cf. Tableau 1). Légère baisse de la prime de marché La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund 10 ans) s’est réduite à 5,81%, soit -32 points de base, sous le double effet de la revalorisation des actions et d’une hausse des rendements obligataires (+10 points de base). Cette prime de marché a relativement peu évolué ces trois derniers mois. Elle est un peu en-deça, mais encore proche, de sa moyenne historique de 6,60% (depuis 2002). En termes d’investissement sur les actions, à l’occasion du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière qui s’est tenu le 20 septembre, nous évoquions que ce niveau de valorisation n’était « ni le reflet d’une bulle ni d’une crainte d’entrée des économies dans une période de stagnation séculaire telle que redoutée par certains économistes ».  Historique de la prime de marché
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    Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers verts de l’Economie « Où va le monde ? Où vont les banques centrales ? Où va le dollar ? Où vont les marchés ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 20 septembre 2017, le petit-déjeuner était animé par Jean-Pierre Petit et Bertrand Jacquillat et portait sur le thème « Où va le monde ? Où vont les banques centrales ? Où va le dollar ? Où vont les marchés ? ». Dans une première partie, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’évolution de la conjoncture économique et financière depuis le mois de juin 2017. A cette date, les marchés actions étaient surévalués mais encore proche de l’équilibre et la plupart des indicateurs était au vert. Toutefois, les niveaux de prime de marché restaient à surveiller. Ces indicateurs ont peu évolué ces trois derniers mois : les anticipations de croissance économique sont stables ou en légère croissance et les taux d’intérêts sont toujours bas. Les anticipations de croissance en zone euro poursuivent ainsi leur hausse assez marquée depuis le début de l’année. Sur les marchés actions, les différents indices ont marqué le pas dans la zone euro cet été après une hausse quasi-continue depuis l’automne 2016. Depuis juin, la rentabilité de l’indice CAC 40 est en baisse de -1,6% et celle de l’indice Euro Stoxx de -1,5% (dividendes exclus). Toutefois, cette baisse  n’impacte pas la hausse quasi générale des indices actions depuis le début de l’année : +23,5% pour l’Euro Stoxx, +11,6% pour le S&P et +27,6% pour le MSCI Emerging Markets. La perception du risque demeure également très faible avec une volatilité constatée modérée des indices et une volatilité implicite faible dans les contrats d’options. Dans la lignée des anticipations de croissance économique favorables, les flux dans le modèle Trival poursuivent leur tendance de révision à la hausse et les bénéfices anticipés sont en croissance modérée (+4,2% entre 2016 et 2030). Cette dernière est principalement soutenue par le secteur pétrolier et dans une moindre mesure, par le secteur financier suite à des résultats décevants en 2016. La prime de marché issue du modèle Trival s’établit à un niveau inchangé par rapport à juin. Celle-ci demeure donc un peu en-deçà de sa moyenne historique. En conclusion, Bertrand Jacquillat a souligné que les Cassandre qui dénonçaient le deuxième rallye boursier le plus long de l’après-guerre et le plus détesté de toute l’histoire pour avoir laissé au bord du chemin nombre d’investisseurs qui, depuis longtemps, avaient pris le risque de ne pas en être. Certes les ratios de valorisation des actions sont au-dessus de leur moyenne historique. Mais ils ne sont le reflet ni d’une bulle ni d’une crainte redoutée par certains économistes d’entrée des économies dans une période de stagnation séculaire. Dans une seconde partie, Jean-Pierre Petit est intervenu sur le thème du risque politique et la conjoncture économique mondiale. Le principal risque politique à court/moyen terme concerne les tensions avec la Corée du Nord. Il s’interroge sur l’impact que pourrait avoir ce choc politique sur le marché actions. En observant la réaction du S&P 500 après des conflits politiques majeurs pour les Etats-Unis (Pearl Harbor Guerre de Corée, Guerre du Viêtnam, 11 septembre 2011), on remarque que, même si, dans un premier temps les marchés réagissent à la baisse, ils sont en hausse, et même en forte hausse un an plus tard. Selon Jean-Pierre Petit, les perspectives de croissance mondiale sont plutôt positives. Au deuxième trimestre, la croissance en volume du PIB mondial, mesuré en parité de pouvoir d’achat, a été d’un peu plus de 4%, soit le taux le plus élevé depuis sept ans. Cette croissance a été particulièrement tirée par l’amélioration des conditions économiques dans les pays émergents : le Brésil et l’Argentine sont sortis de la récession et les pays de l’Europe de l’Est bénéficient d’une forte croissance (+6% pour la Roumanie, +5% pour la Turquie, +4% pour la Pologne). Dans le reste de la zone euro, la croissance est plus soutenue qu’anticipée notamment dans les pays du Sud (Espagne, Italie, Portugal). La croissance de la zone euro devrait atteindre 2% au second semestre 2017. En Asie, les économies se portent bien notamment le Japon qui surperforme le consensus avec +2% de croissance. Bien qu’une bulle subsiste sur de la dette chinoise, celle-ci ne semble pas présenter de risque imminent. Aux Etats-Unis, malgré la longueur du cycle haussier actuel qui dure depuis 100 mois, les conditions financières restent favorables et la création d’emplois soutenue. La baisse du dollar américain par rapport à toutes les devises mondiales (-12,9% par rapport à l’euro depuis le début de l’année notamment) est graduelle et non brusque ce qui réduit fortement son impact sur l’économie américaine et favorisent les entreprises exportatrices. Par ailleurs, on devrait assister à un recul du Quantitative easing (QE) des banques centrales. La BCE devrait annoncer en octobre ses intentions, pour une mise en place en janvier et une probable contraction de bilan à l’automne 2019. Cela pourrait avoir un impact sur la rentabilité des actions et obligations. La Fed a quant à elle reporté son intention de monter ses taux suite à l’Ouragan Harvey mais devrait se prononcer sur un futur « tapering », une contraction de son bilan, prévu pour cette fin d’année. En conclusion, Jean-Pierre Petit estime que le marché action américain est cher, porté notamment pour les GAFA, mais qu’il n’existe actuellement pas de bulle. Toutefois, selon lui, le dynamisme de l’économie européenne et le retour de la croissance dans les pays émergents rendent nettement plus attractifs les actifs européens et émergents sur le moyen-terme.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 août 2017

    Sans grand entrain L’été a pu paraître calme sur les marchés boursiers mais certains signes d’inquiétude étaient perceptibles. Sur le front macroéconomique, les indicateurs sont restés rassurants. En revanche, le mois d’août a été le théâtre de tensions géopolitiques : escalade verbale entre les représentants de la Corée du Nord et des Etats-Unis, double attentat terroriste en Espagne. En outre, les investisseurs commencent à montrer des signes de nervosité en vue de la prochaine réunion de la BCE le 7 septembre et du vote par le Congrès du relèvement (ou non) du plafond de la dette américaine vers la fin du mois. Au mois d’août, les indices de la zone euro cèdent un peu de terrain (-0,5% pour l’indice Euro Stoxx et -0,8% pour l’indice EuroStoxx50). L’indice américain S&P500 est stable (+0,1%) tandis que l’indice Russell 2000 (regroupant les petites capitalisations avec une grande exposition à l’économie américaine) est en retrait (-1,4%). L’isolement croissant de Donald Trump (après les événements de Charlottesville) accroît les difficultés du Président à faire avancer ses projets de campagne (réforme fiscale, dépenses d’infrastructures). Arbitrages essentiellement dictés par les résultats de sociétés En août, trois secteurs se sont particulièrement distingués à la hausse : Les Minerais-Métaux, comme au mois de juillet, certaines valeurs profitant d’une forte hausse des métaux industriels ;Le Luxe sur la base de bons indicateurs d’activité ou de résultats des sociétés ;Les Utilities au vu notamment de la bonne réaction des investisseurs après publication des résultats semestriels de RWE (+17,6%) et E.ON  (+13,5%). A l’inverse, deux secteurs ont souffert en bourse : Les Médias du fait des avertissements sur leurs résultats ou sur leurs chiffres d’affaires de ProSiebenSat (-16,8%) et du groupe britannique WPP ;La Distribution, en particulier Carrefour (-16,6%) qui a publié des résultats semestriels décevants et Ahold Delhaize (-12,7%) à la peine depuis l’annonce du rachat de Whole Foods par Amazon alors que le groupe est très présent aux Etats-Unis. La prime de marché augmente du fait de la baisse des rendements obligataires La prime de risque au sein du marché actions est restée quasi-stable sur le mois d’août (-6 points de base) à 5,77%. La prime d’illiquidité a augmenté de 34 points de base à 1,10%. A fin août, la prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) s’élève à 6,13%, en hausse de 28 points de base, avec un rendement du Bund en baisse de 18 points de base (à 0,36%). Actuellement, la prime de marché se compare à une moyenne historique de 6,60%, ce qui implique une légère surévaluation des actions. Pour cette raison, même si le momentum reste positif (retour de la confiance, amélioration de la conjoncture), nous restons prudents sur la valorisation des actions de la zone euro.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 juillet 2017

    Focus sur les publications des sociétés Les indicateurs conjoncturels publiés en juillet ont confirmé la tendance favorable déjà observée les mois précédents : production manufacturière (zone euro, Chine), croissance chinoise au deuxième trimestre, prévisions de croissance du FMI, confirmant un redressement global de l’économie mondiale. Les derniers discours des banquiers centraux aux Etats-Unis et en zone euro n’ont pas révélé de surprises. Mais les investisseurs restent dans l’expectative des prochains rendez-vous, en août (Jackson Hole) ou en septembre, et notamment sur des indications sur la réduction du bilan de la Fed (d’ici la fin de l’année) et les modalités de sortie de la politique expansionniste de la BCE. Pétrole et matières premières ont rebondi en juillet (suite aux statistiques chinoises et au rapport de la Banque Mondiale sur les besoins énergétiques pour passer à une énergie propre).  En revanche, la nouvelle poussée de l’euro (+4 centimes contre le dollar en juillet) en hausse depuis le début de l’année de plus de 12% commence à cristalliser l’attention des investisseurs. Compte tenu de la saison des résultats qui bat son plein, les investisseurs ont fait preuve de prudence et d’opportunisme. L’indice EuroStoxx a enregistré une très légère hausse en juillet (+0,4%). Au sein de la zone euro, l’indice Dax en recul de -1,7% a été pénalisé par la baisse de valeurs automobiles soupçonnées d’entente (grandes capitalisations boursières) tandis que l’indice italien s’est distingué avec une hausse de +4,4% grâce à la bonne tenue des valeurs financières italiennes. Sur les marchés américains, les indices progressent assez sensiblement (+1,9% et +3,4% respectivement pour les indices S&P500 et Nasdaq). Sélectivité des investisseurs En juillet, les investisseurs ont privilégié les valeurs les plus risquées (cf. Tableau 1, classe de risque 5). Comme le mois précédent, le secteur financier (Assurances & Banques) et le secteur Minerais-Métaux, se sont distingués en bourse en enregistrant des hausses significatives. D’autres secteurs ont sur-performé tels les Services Informatiques ou encore les Télécommunications malgré une forte hétérogénéité des rentabilités. Sur les titres en particulier, les mouvements les plus significatifs s’expliquent essentiellement par la réaction des investisseurs à l’annonce des résultats des sociétés. On note ainsi : Dans les secteurs industriels : Eramet (+24,2%), Arcelor-Mittal (+11,8%), Mersen (+10,4%) ou Siemens Gamesa Renewable Energy (-25,3%) ; Dans les secteurs technologiques : Aixtron (+22,1%), ASML (+12,3%), et à l’inverse Technicolor (-19,5%), Gemalto (-18,1%) ; Dans la santé : Orion (-23,6%), Sartorius Stedim Biotech (-11,3%). Recul de la prime de marché à 5,85% La prime de risque au sein du marché actions a baissé de -12 points de base en juillet à 5,83% du fait de la revalorisation de valeurs risquées mentionnées ci-dessus (Assurances, Banques, Minerais-Métaux). A fin juillet, la prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) s’élève à 5,85%, en baisse de 4 points de base, avec un rendement du Bund en hausse de +8 points de base. Par conséquent, la prime de marché s’éloigne davantage de sa moyenne historique (6,61%), ce qui implique une légère surévaluation des actions. Pour cette raison, même si le momentum reste positif (retour de la confiance, amélioration de la conjoncture), nous restons prudents sur la valorisation des actions de la zone euro.
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 juin 2017 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 30 juin 2017

    Prises de bénéfices en fin de semestre La tendance sur les marchés européens est restée soutenue jusqu’à la mi-juin par les conditions favorables de l’environnement macro-économique (nouvelles prévisions de croissance de l’OCDE, croissance du secteur manufacturier en zone euro au plus haut depuis six ans). Toutefois, les investisseurs ont fait preuve de sélectivité et de prudence, entraînant les indices à la baisse sur la deuxième quinzaine de juin. Sur le mois juin, l’indice Euro Stoxx 50 cède -3,2% et l’indice EuroStoxx -2,8%. Sur le marché américain, l’indice Nasdaq était en léger recul en juin sous l’effet d’une baisse sensible des premières capitalisations à dominante technologique (tels que Apple, Google, Comcast, Intel). Toutefois, le mouvement a été limité par le fort rebond des biotechs Amgen, Celgene et Gilead (qui figurent parmi les quinze premières capitalisations du Nasdaq). Sur le front monétaire, la Réserve Fédérale a augmenté son taux directeur de 25 points de base, conformément aux attentes, tandis que la Banque Centrale Européenne a maintenu le statu quo monétaire. La devise européenne a continué de s’apprécier vis-à-vis du dollar (1,14 à fin juin). Les rendements obligataires se sont tendus, notamment le Bund 10 ans (+16 points de base). Malgré l’accord signé au sein de l’OPEP, le prix du Brent poursuit sa glissade depuis ses plus hauts niveaux récents atteints en février, ce qui suscite l’inquiétude des investisseurs. Le baril de Brent atteint 48 $ à fin juin (contre 56 $ fin février). Sélectivité de la part des investisseurs Au mois de juin, les investisseurs ont pris leurs bénéfices sur l’ensemble des secteurs, sauf le secteur financier (Assurances & Banques) et le secteur Minerais-Métaux, pourtant perçus comme relativement risqués. Cet arbitrage explique la surperformance de la classe de risque 5 du Tableau 1. Les arbitrages des investisseurs ont bénéficié aux valeurs les moins liquides. La forte progression des cours de Groupe Flo (+72,7%) et Derichebourg (+22,2%) contribue à la surperformance relative de la classe d’illiquidité 5 au sein de Trival (cf. Tableau 1). Quasi-stabilité de la prime de marché Malgré le recul des indices boursiers, la prime de risque au sein du marché actions a baissé de-38 points de base à 5,95% du fait de la revalorisation de valeurs risquées mentionnées ci-dessus (Assurances, Banques, Minerais-Métaux). La préférence donnée aux titres les moins liquides a conduit à une baisse de la prime d’illiquidité (-18 points de base) à 0,64%. A fin juin, la prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) s’établit à 5,88%, en légère baisse de 4 points de base. La prime de marché s’éloigne de sa moyenne historique (depuis 2002) de 6,61% impliquant une légère surévaluation des actions. Comme évoqué lors du dernier petit-déjeuner du Club de Gestion Financière qui s’est tenu le 15 juin 2017, les investisseurs sont actuellement réconfortés par le recul du risque politique (élections françaises, dernières élections législatives au Royaume-Uni hypothéquant la politique de hard Brexit) et une conjoncture économique qui s’améliore. Toutefois, il convient de rester attentif au niveau de valorisation absolue des actions, que traduit la prime de marché. Historique de la prime de marché depuis 2002
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    Bertrand Jacquillat, Président d'Honneur d'Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l'Economie «Fin du risque politique en Europe et perspectives des marchés financiers» Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 15 juin 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit et portait sur le thème « Fin du risque politique en Europe et perspectives des marchés financiers » Dans un premier temps, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’évolution de la conjoncture financière depuis 2016. Dans la lignée de ce qui a pu être observé depuis l’automne dernier, un certain optimisme règne sur l’ensemble des marchés. Cet optimisme s’est notamment transcrit par la hausse des marchés actions, la faible perception du risque reflétée par la volatilité des indices actions ou le faible niveau des CDS, les anticipations de croissance économique et des faibles taux d’intérêt. Sur le marché actions, l’ensemble des grands indices boursiers sont en progression depuis le début de l’année 2017 à l’exception de la Russie. A titre d’exemple, l’indice Euro Stoxx (exprimé en dollar et hors dividendes) a crû de +17,1%, le S&P de +8,6% et l’indice MSCI Emerging Markets de +18,6%. La fin du risque politique en Europe a permis à l’indice européen de réduire l’écart qui s’était creusé avec l’indice américain depuis 2015. L’amélioration de la conjoncture économique induit une révision en légère hausse des flux prévisionnels dans le modèle Trival depuis début 2017. Cela se traduit par une hausse de la croissance attendue des principaux agrégats opérationnels pour les sociétés suivies dans Trival. Après la hausse des actions, la prime de marché mise en exergue dans le modèle Trival est revenue en-deçà de sa moyenne historique. Elle ne s’écarte pas pour l’instant fortement de cette moyenne, mais il convient de surveiller ce paramètre, et de ne pas tomber dans une euphorie inconsidérée. Dans un second temps, Jean-Pierre Petit est intervenu sur le thème du risque politique et la conjoncture économique mondiale actuelle. L’économiste observe un recul du populisme global, notamment porté par les dernières présidentielles en France et la remise en question de la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis. Les élections présidentielles françaises ont offert un regain de confiance dans les marchés financiers européens.  Par ailleurs, l’éventualité d’une destitution de Donald Trump ainsi que la remise en question de la politique de « hard Brexit » par les dernières élections législatives au Royaume-Uni,  réconfortent les investisseurs face au risque politique. Si les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont bonnes, Jean-Pierre Petit tient néanmoins à les nuancer. En effet, l’observation des « shadow rate » au lieu des taux directeurs des banques centrales conduisent à des conclusions plus mitigées. Le « shadow rate » est un taux théorique basé sur une modélisation qui permet de mesurer la véritable orientation d’une politique monétaire. Jean-Pierre Petit observe que le « shadow rate » américain est globalement en hausse depuis mai 2014. A l’inverse, ce taux est en baisse au niveau mondial sur la même période. Il en conclut ainsi que l’économie américaine connaît un rebond depuis le printemps 2014 grâce aux politiques accommodantes de la Fed. La situation sur les marchés européens est quant à elle plus mitigée. Le conjoncturiste souligne l’importance de rester attentif aux décisions des banques centrales, qui pourraient affecter l’ensemble des marchés. Par ailleurs, il note que la hausse du marché boursier américain serait uniquement portée par les GAFA, dont la performance boursière est bien supérieure à celle du S&P 500 depuis 2015. Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit s’accordent pour dire qu’il n’y a pas de bulle comme en 2007 mais que les marchés américains sont sur-évalués. Enfin, Jean-Pierre Petit souligne que le rattrapage des indices boursiers européens sur les américains pourrait être compromis par un effet de contagion en cas de correction des marchés américains.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mai 2017

    Stabilité dans un climat d’optimisme En début de mois, les investisseurs ont été rassurés par la victoire d’Emmanuel Macron. Les indices de la zone euro et de la France sont restés stables, après avoir monté significativement entre les deux tours de l’élection. Comme le mois précédent, la devise européenne s’est à nouveau appréciée contre le dollar pour atteindre la parité de 1,12 à fin mai. Sur le front des taux d’intérêt, l’issue des élections présidentielles françaises a permis une détente du rendement de l’OAT 10 ans et une réduction de son écart de rendement avec le Bund (à 43 points de base contre 53 points de base fin avril et 64 points de base fin mars). En fin de mois, d’autres événements majeurs ont eu lieu comme la dégradation de la note souveraine chinoise par Moody’s, la révision en hausse de la croissance américaine au premier trimestre et la reconduction des quotas de production de pétrole par les pays de l’OPEP. En zone euro, l’indice Euro Stoxx termine sur un gain mensuel (+0,6% et +1,6% en incluant les dividendes) tandis que l’indice Euro Stoxx50 progresse moins (-0,1% et +1,0% avec dividendes). Sélectivité de la part des investisseurs Les investisseurs ont fait preuve d’une certaine sélectivité. De manière générale, les titres les moins liquides (classe d’illiquidité 5, cf. Tableau 1) se sont nettement distingués tandis que les titres les plus risqués (classe de risque 5) ont sous-performé. Parmi les titres les moins liquides, citons les performances de Derichebourg (+37,8%), Soitec (+25,9%), Le Noble Age (+23,5%), Alès Groupe (+19,7%) ou Ipsos (+18,9%). Une grande partie de la sous-performance de la classe risque 5 s’explique par la forte baisse de certains titres présentant un risque élevé, comme dans les secteurs cycliques Energie (CGG-24,8%), Minerais-Métaux (Outokumpu -19,7%, Arcelor-Mittal -11,2%) et Automobile (Fiat Chrysler -10,1%, VW -6,7%). Les deux premiers secteurs mentionnés ont été affectés par le tassement des prix des matières premières (qui dure depuis trois mois) tandis que le secteur Automobile a été pénalisé ce mois-ci par la publication d’une nette baisse des ventes de véhicules enregistrées en avril et l’introduction d’une nouvelle taxe annuelle sur les véhicules polluants au Royaume-Uni . La hausse sensible de certains titres enregistrée en mai illustre également la sélectivité des investisseurs. Plusieurs thématiques peuvent être mises en exergue en citant quelques exemples : Accueil favorable des investisseurs à la publication de chiffres d’activités ou de résultats : Derichebourg (+37,8%), Bénéteau (+18,6%), InterParfums (+17,4%), Bastide Le Confort (+15,7%), FCC (+15,5%), Davide Campari (+15,5%), Devoteam (+14,1%) ;Anticipation de meilleures perspectives comme pour le secteur des Transports et des Loisirs-Tourisme après avoir souffert d’une baisse de fréquentation liée aux attentats en 2016 :Air France (+30,3%), Ryanair (+12,9%), Lufthansa (+12,3%), NH Hotel Group (+9,6%), Pierre & Vacances (+9,0%) ;Un caractère spéculatif lié à l’évolution du capital : Ubisoft (+13,9%), Compagnie des Alpes (+10,0%), Havas (+9,6%). En outre, il est important de noter que trois secteurs, qui présentent des rendements élevés, ont surperformé le marché en mai : les Utilities, les Télécoms et l’Immobilier. Ce phénomène est perceptible dans les chiffres enregistrés par la classe de rendement 1 du Tableau 1. Toutefois, l’évolution du secteur Utilities (performance mensuelle de +10,2% en non pondéré et +9,5% en pondéré) répond à des facteurs plus spécifiques privilégiés par les investisseurs. En effet, les valeurs Utilities ont tiré parti de résultats trimestriels globalement supérieurs aux attentes, de meilleures perspectives sur les prix de l’électricité, d’opérations de marché (vente par Engie de son activité exploration/production, annonce de la cession des activités polonaises de EDF). Par ailleurs, le titre EDF (+25,1%), très endetté, a bénéficié du contexte politique en France malgré une certaine volatilité. Légère baisse de la prime de marché La prime de risque au sein des actions a augmenté de +22 points de base pour atteindre 6,33% sous l’effet de la sous-performance des titres les plus risqués. La préférence donnée aux titres les moins liquides a conduit à une baisse de la prime d’illiquidité (-28 points de base), à 0,82%. La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) a diminué de 10 points de base pour atteindre 5,93%.   Ce plus faible niveau de prime de marché s’éloigne de sa moyenne historique (depuis 2002) de 6,62% impliquant une légère surévaluation des actions. Toutefois, nous rappelons que les flux prévisionnels dans Trival sont encore prudents. Si l’amélioration des prévisions économiques se confirmait, la prise en compte de révisions en hausse des flux prévisionnels ramènerait la prime de marché vers sa moyenne historique.
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    Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard «Comment Pernod-Ricard crée de la valeur par la transformation digitale» Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce Jeudi 15 mai 2017, Associés en Finance recevait Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard, qui est revenu sur les enjeux liés à la digitalisation du groupe. Alexandre Ricard a commencé sa conférence en mettant en avant les nouvelles opportunités de création de valeur permises par l’accélération digitale, axe stratégique du groupe dès 2011. Pernod Ricard bénéficie de quatre principaux leviers de création de valeur grâce à la digitalisation. Mais celle-ci doit se faire en respectant l’ADN du groupe centré sur le consommateur et le bouche à oreilles avec comme devise depuis la création : « faites-vous un ami par jour ». Le premier consiste en une meilleure connaissance du consommateur grâce à un accès direct à celui-ci. Les réseaux sociaux peuvent désormais grâce au « Social listening » prédire le comportement des consommateurs et mieux comprendre leur logique de consommation. Pernod Ricard a ainsi pu refondre sa stratégie de segmentation non plus autour de chefs de produits (Vodka Absolut, Chivas…) mais autour de responsables d’ « expériences de convivialité » (apéritifs, cocktails …). Ainsi, le moment de l’apéritif sera celui du champagne, du pastis et les moments festifs seront ceux de la vodka et du whisky. En outre, les algorithmes branchés sur les réseaux sociaux constituent désormais la meilleure façon de mesurer la santé d’une marque, avec ses forces et ses faiblesses.   Par ailleurs, le digital permet un gain d’efficacité dans les achats d’espaces médias par la désintermédiation publicitaire et dans le ciblage des consommateurs. Le recours à une succession d’acteurs médias pour acheter et gérer ses espaces publicitaires était très coûteux pour Pernod Ricard. Aujourd’hui, le groupe possède un hub interne « Blue Sky » pour ses achats et ne traite avec les agences que pour ce qui constitue leur spécificité : la créativité. Le digital a amélioré le ciblage des consommateurs (qui, et au bon moment), par exemple les affichages digitaux se développent dans les aéroports et changent de contenu en fonction de la nationalité des flux de voyageurs dans les terminaux à un moment précis. La digitalisation représente un enjeu majeur de croissance du chiffre d’affaires pour le groupe. L’industrie des spiritueux connait un bouleversement des canaux de distribution, autrefois concentrés sur la grande distribution, les cafés-hôtels-restaurants et les ventes duty-free « Travel retail ». De nouveaux canaux ont pu se développer : le e-commerce et le « Hometainment » avec des animations de type conciergerie. Même si les ventes par e-commerce ne représentent aujourd’hui que 3% du chiffre d’affaires de l’industrie, celles-ci sont en forte croissance de l’ordre de 20-25% par an. Enfin, le digital permet de développer de nouvelles dynamiques de marché. Pernod Ricard rassemble par exemple des communautés de consommateurs autour d’une marque phare comme Jameson : les consommateurs donnent et partagent leur avis sur les produits et deviennent les ambassadeurs de celle-ci. Le digital est aussi l’occasion de proposer des expériences inédites aux clients comme le « Distant togertheness » qui permet de se retrouver autour d’un verre avec une personne à plus de 5 000 kms. Enfin, il peut être un moyen d’éviter la contrefaçon des bouteilles grâce à une meilleure traçabilité (bouteille connectée). Engagé dans ce processus de digitalisation, Pernod Ricard est en train de devenir une entreprise technologique avec la gestion de plus de 50 logiciels. La digitalisation permet d’étendre la base de données consommateurs déjà importante grâce aux 30 musées de spiritueux des différentes marques dans le monde qui enregistrent des centaines de milliers d’entrées payantes. En interne, le groupe a su garder son identité dans ce processus : les 18 500 collaborateurs sont au cœur de cette digitalisation. Pernod Ricard a lancé une application interne « Chatter » qui permet aux employés de connaître les dernières news et de les partager. Le digital permet aujourd’hui à Pernod Ricard de voir plus grand sa devise n’est plus « d’un ami fait par jour mais de milliers ».
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 avril 2017

    Soulagement en zone euro L’événement majeur du mois d’avril, très attendu sur les marchés financiers, a été le premier tour des élections françaises. L’issue de ce scrutin a été plébiscitée par les investisseurs et a entraîné une appréciation de l’Euro vis-à-vis du dollar américain (de 2 centimes à 1,09). L’indice EuroStoxx enregistre sur le mois une hausse de +2,0%. L’indice de la place parisienne se distingue au sein de la zone euro avec un gain de +2,8%. Durant le mois d’avril, les investisseurs se sont également focalisés sur l’amélioration des résultats des entreprises, ce qui a renforcé l’appétence pour les actions de la zone euro. Notons que, sur le front macro-économique, le FMI a relevé légèrement sa prévision de croissance mondiale (de 3,4% à 3,5%). Toutefois, l’institution s’est inquiétée de la montée des risques liés au protectionnisme ambiant. Hausse quasi-généralisée des secteurs Quasiment tous les secteurs ont enregistré des rentabilités positives. Certaines valeurs se sont distinguées au vu de leurs résultats publiés. Sur le mois, Aixtron (+44,5%), Puma (+22,8%) et une série de valeurs françaises telles que Compagnie des Alpes (+20,4%), Kering (+17,4%), bioMérieux (+15,7%), Teleperformance (+13,9%) ou Seb (+13,1%) figurent parmi les quinze meilleures rentabilités. En revanche, les secteurs de l’Energie et des Minerais-Métaux sont encore ce mois-ci en retrait dans un contexte de tassement des cours du pétrole et des matières premières. Les valeurs des Télécommunications et des Utilities n’ont dans l’ensemble pas non plus participé au mouvement haussier des marchés. De manière globale, nous constatons sur le mois d’avril un effet discriminant à l’égard des valeurs les plus risquées (classe de risque 5) et un phénomène d’arbitrage relatif en faveur des small and mid caps, comme l’attestent l’écart de performance entre rentabilité non pondérée de l’échantillon Trival en zone euro (+2,8%) et rentabilité pondérée (+2,1%) et l’écart de performance entre l’indice EuroStoxx (+2,0%) et EuroStoxx50 (+1,7%). Une prime de marché d’environ 6% Dans ce contexte, la prime de risque au sein des actions baisse légèrement pour atteindre 6,11%, (-7 points de base). La préférence des investisseurs donnée aux small-and-mid caps contribue à faire baisser la prime d’illiquidité ; celle-ci atteint actuellement 1,10%. La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) a diminué de 17 points de base pour atteindre 6,02% avec un rendement du Bund quasi-inchangé (à 0,32%). Ce niveau de prime de marché est en deçà de sa moyenne historique (depuis 2002) de 6,62%, impliquant une légère surévaluation des actions. Toutefois, nous rappelons que les flux prévisionnels dans Trival sont encore prudents. Si l’amélioration des prévisions économiques se confirmait, la prise en compte de révisions en hausse des flux prévisionnels ramènerait la prime de marché vers sa moyenne historique.
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    Jean-Daniel Lévy, Directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive « Mesurer ou comprendre la campagne présidentielle ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, ce Jeudi 20 avril 2017, Associés en Finance recevait Jean-Daniel Lévy, Directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive, qui intervenait sur le thème « Mesurer ou comprendre la campagne présidentielle ? ». En préambule à l’analyse de la situation actuelle, Jean-Daniel Lévy a commencé son allocution par un rappel de l’élection présidentielle de 2012 : il ressortait alors des enquêtes que la majorité de l’électorat de Nicolas Sarkozy votait non pas pour son projet politique, mais par opposition à son adversaire, François Hollande. En écho à cette situation, quelles sont les motivations des électeurs aujourd’hui ? Quelles sont les thématiques marquantes de l’élection actuelle ? Pour répondre à ces questions, Jean-Daniel Lévy s’intéresse, au-delà des éléments chiffrés sur les intentions de vote, aux thématiques qui ressortent aux yeux des Français lorsqu’on les interroge sur l’élection présidentielle, l’actualité ou les candidats. Il analyse de plus l’impact des évènements forts de la campagne de chacun des candidats sur leur médiatisation, et l’évolution des motivations de vote des électeurs. Des thématiques d’actualité qui transparaissent des enquêtes, force est de constater que l’élection présidentielle n’a pas été au centre des préoccupations des Français depuis le début de l’année. De plus, lorsqu’on les interroge plus spécifiquement sur la présidentielle, les Français évoquent peu les programmes des candidats. Ils ne le faisaient d’ailleurs pas davantage après les primaires de la Droite ou de la Gauche, si ce n’est en évoquant la thématique des fonctionnaires en l’associant à François Fillon, et le revenu universel relié à Benoît Hamon. De ce point de vue, la campagne de Benoît Hamon a connu un pic médiatique au moment de sa victoire aux primaires socialistes, grâce à ce thème du revenu universel. Mais il apparaît, en définitive, que les Français, dans leur ensemble, sont majoritairement défavorables à cette proposition, conduisant à une diminution des intentions de vote pour le candidat socialiste. Par opposition, la campagne de Jean-Luc Mélenchon se distingue et est marquée par une ascension médiatique, particulièrement forte à l’occasion de deux évènements : l’utilisation d’hologrammes lors de son meeting en février 2017 et sa prestation remarquée lors du premier débat télévisé. François Fillon, pour sa part, après une exposition forte lors de sa victoire à la primaire, a vu son exposition médiatique toucher des points hauts lors des soubresauts des « affaires ». De la campagne des cinq principaux candidats, les Français retiennent des éléments très différents : pour François Fillon, ils mettent en avant la clarté de son programme. Pour Marine Le Pen, les Français retiennent de sa campagne non pas tant ses idées concernant l’Europe, qui sont pourtant perçues comme un thème central de la candidate par l’ensemble des électeurs, que sa promesse d’une réappropriation de la politique. De la campagne d’Emmanuel Macron, il semble ne ressortir aucun thème fort, ce qui constitue une zone d’incertitude en ce qui concerne sa perception par les électeurs. Néanmoins, à l’étude des principales qualités attendues par les Français chez un président, à savoir la jeunesse, l’expérience à la fois politique et professionnelle, l’écoute, et l’honnêteté, Emmanuel Macron semble le candidat qui incarne le plus grand nombre de ces qualités. Quant aux motivations des électeurs de tel ou tel candidat, Jean-Daniel Lévy fait ressortir quelques éléments-clés : les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron sont avant tout motivés par l’honnêteté qu’ils confèrent au candidat. Pour l’électorat de Marine Le Pen, la principale motivation de vote est la capacité de la candidate à parler de leurs préoccupations. Ainsi, le vote pour ces quatre candidats est déterminé par l’appréciation des électeurs de l’homme politique. Par opposition, ce qui ressort des motivations de vote pour François Fillon n’est pas tant l’adhésion pour l’homme politique que la volonté de faire gagner le parti politique dont il est issu, son électorat étant principalement motivé par la volonté de remporter les élections. Enfin, Jean-Daniel Lévy observe que l’une des singularités de la présidentielle 2017 est la pluralité des thématiques abordées. Les campagnes précédentes se sont souvent concentrées sur quelques thèmes centraux, tandis que la présidentielle actuelle voit cohabiter pratiquement un thème par candidat. Le travail d’analyse et de prévision des instituts d’études et de sondages s’en trouve d’autant plus compliqué, et, même à trois jours du premier tour du scrutin, les incertitudes ont rarement été aussi élevées.
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    Benoît Cœuré, Membre du Directoire de la Banque Centrale Européenne « La rareté des obligations et le programme d’achat d’actifs de la BCE » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce lundi 03 avril 2017, Associés en Finance recevait Benoît Cœuré, Membre du Directoire de la Banque Centrale Européenne. La Banque Centrale Européenne (BCE) a pour principales missions de veiller à la stabilité financière de la zone euro et de maintenir un niveau suffisant d’inflation. À la suite des crises des subprimes et de la dette souveraine, la BCE a eu recours à des politiques d’intervention « non conventionnelles » afin d’enrayer les impacts de ces crises. L’une des mesures adoptées a consisté notamment en la mise en place de plusieurs programmes d’achat d’actifs : un programme d’achat d’obligations sécurisées de banque (CBPP3, covered bond purchase program n°3) initié le 20 octobre 2014 ;un programme d’achats de titres adossés à des actifs (ABSPP, asset-backed securities purchase program) engagé le 21 novembre 2014 ;un programme d’achat de titres du secteur public (PSPP, Public sector purchase program) initié le 9 mars 2015 ;un programme d’achat d’obligations émises par les entreprises (CSPP, Corporate sector purchase program) de la zone euro engagé le 08 juin 2016 ; Benoît Cœuré a débuté son intervention en analysant la situation actuelle de l’offre et de la demande d’obligations d’État de maturité deux ans dans la zone euro. La comparaison des taux de rendement des obligations allemandes à deux ans avec l’indice des swaps de même maturité a permis d‘observer une forte corrélation entre ces deux indicateurs, les obligations étant souvent utilisées en couverture de swaps. Cependant, depuis 2016, le lien entre ces deux paramètres n’apparaît plus aussi franc. Cela s’explique par la plus forte élasticité des marchés swaps par rapport au marché obligataire. Ainsi, une variation de l’offre et de la demande d’obligations agira plus fortement sur le niveau d’indice swap que sur les taux de rendement obligataire. Une analyse parallèle de ces mêmes paramètres sur un horizon dix ans montre en revanche le maintien de la corrélation entre l’indice swap et le rendement des obligations de la zone euro. L’analyse du spread 10 ans depuis 2010 met néanmoins en exergue une forte réactivité aux évènements politiques. Les grandes variations du spread ont été constatées juste après des évènements politiques majeurs comme la crise politique en Italie de 2011 ou l’annonce du Brexit au mois de juin 2016. Les marchés boursiers semblent quant à eux moins sensibles aux évènements politiques. Il en est de même pour les marchés obligataires hors zone euro. Après avoir observé les impacts que pouvaient avoir les variations de l’offre et de la demande en titres souverains sur le marché, Benoît Cœuré en a analysé les facteurs déterminants et en a dénombré trois principaux : la règlementation, l’aversion au risque de certains investisseurs ainsi que le programme d’achat d’actifs de la BCE. La règlementation va impacter directement les établissements financiers en imposant le respect de certains ratios (ratios de liquidité et ratios de levier dictés par la règlementation Bâle III). Le ratio de liquidité de court terme vise à s'assurer que les banques disposent de suffisamment d'actifs liquides sur une période de 30 jours. Par ailleurs, il incite les établissements de crédit à acquérir de la dette souveraine plutôt que de la dette « corporate », plus risquée et moins liquide. La règlementation Bâle III et EMIR imposent également une collatéralisation croissante des transactions. Cette dernière s’effectue principalement par des titres souverains ce qui influe directement sur la demande. Le faible risque des titres souverains en fait l’un des actifs les plus liquides du marché. Les banques européennes peuvent déposer l’excès de liquidité qu’ils détiennent dans les comptes de la BCE. Cette facilité n’est, en revanche, pas offerte aux investisseurs traditionnels comme les assurances, les fonds de pension et autres institutions financières non bancaires. Par conséquent, ces investisseurs vont privilégier les titres souverains pour investir leurs liquidités. C’est pour cette raison que plus de 90% de la dette souveraine européenne est détenue par des non-résidents de la zone euro. Le dernier facteur mentionné par Benoît Cœuré correspond aux effets directs et indirects du Programme d’achat d’actifs de la BCE. En achetant massivement des titres, la BCE agit sur l’économie par le biais de plusieurs canaux. Le premier canal est celui des taux d’intérêt à long terme qui diminuent et permettent le financement de l’économie. Le deuxième est celui du change, l’Euro aura tendance à se déprécier du fait de la pression baissière exercée sur les taux d’intérêt. Les effets indirects concernent la gestion de la liquidité excessive avec notamment la nécessité d’investir les liquidités dans les actifs les moins risqués et donc d’en influencer la demande. Cette liquidité excessive est passée de 100 Mds € en 2010 à 1500 Mds € aujourd’hui. Elle représente les liquidités non utilisées par les banques et déposées dans les comptes de la Banque Centrale. En guise de conclusion, Benoît Cœuré a précisé que la règlementation et le faible risque des obligations sont des facteurs agissant de manière plus importante sur le marché obligataire que les mesures prises par la BCE. Il a également indiqué que les taux d’intérêt allaient probablement augmenter dans un futur proche et que les entreprises, les politiques ainsi que les institutions financières devaient en tenir compte dans l’élaboration de leurs prévisions économiques. L’exposé s’est terminé par plusieurs questions adressées à Benoît Cœuré. La première concernait les résultats du programme d’achat d’actifs « corporate » entamé par la BCE en juin 2016. Benoît Cœuré a répondu qu’un bilan allait être dressé dans quelques mois mais que les résultats apparaissent pour l’instant positifs. Les dernières questions abordaient le thème de l’harmonisation politique, monétaire, budgétaire et de la règlementation financière. Benoît Cœuré a expliqué que ce processus était en cours d’exécution, et que la BCE intervient en ce sens dans les différents comités de régulation internationaux.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 mars 2017

    Fin de trimestre au plus haut Les places européennes se distinguent en mars, notamment vis-à-vis du marché américain. L’indice Euro Stoxx 50 a progressé de +5,5%. Les indices en Europe du Sud ont enregistré les plus fortes hausses au sein de la zone euro : Espagne (IBEX) +9,5%, Italie (FTSEMIB) +8,4%, Portugal (PSI) +7,7%. En Europe, les investisseurs ont accueilli favorablement les messages de confiance du Président de la BCE concernant la croissance de la zone euro, l’issue des élections législatives aux Pays-Bas (en faveur du parti du Premier Ministre) ainsi qu’un bilan positif de l’ensemble des résultats annuels des sociétés. L’officialisation du Brexit (le 29 mars) n’a pas altéré la tendance des marchés en fin de mois. Aux Etats-Unis, les indices ont peu évolué durant le mois. Les investisseurs semblent marquer une pause voire nourrir quelques réserves. Les actions américaines sont jugées correctement valorisées voire sur-évaluées, en particulier dans l’hypothèse où Donald Trump échouerait à mener sa politique pro-croissance dans un contexte où ses premiers projets de loi (décret anti-immigration et abrogation de l’Obamacare) n’ont pu aboutir à ce stade. Comme attendu, la Réserve Fédérale a relevé ses taux directeurs d’un quart de point à 1% et continue d’envisager deux nouvelles hausses en 2017 et deux autres en 2018. Forte hausse du marché avec les Banques Bon nombre de secteurs ont connu une revalorisation en bourse, en particulier les valeurs bancaires qui n’avaient pas profité du mouvement de hausse du marché le mois précédent. Seuls les secteurs Energie et Minerais-Métaux affichent des rentabilités négatives dans un contexte de baisse des cours du pétrole (hausse des stocks mondiaux de pétrole) et des matières premières (indice Thomson Reuters CRB). Certaines valeurs parapétrolières continuent d’accumuler les déboires en bourse (CGG -23,4%, Bourbon -21,3%). Le secteur Aéronautique-Défense a quant à lui été pénalisé par la forte baisse de Zodiac Aerospace (-15,4%) suite à son avertissement sur ses bénéfices. Une prime de marché légèrement en-dessous de sa moyenne historique La prime de risque au sein des actions s’établit à 6,18%, en baisse de -31 points de base. La prime d’illiquidité, à 1,33%, augmente de 18 points de base. La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) a diminué de 38 points de base pour atteindre 6,19% sous l’effet d’une hausse du rendement du Bund (+12 points de base). Ce niveau de prime de marché est en deçà de sa moyenne historique (depuis 2002) de 6,63%, impliquant une légère surévaluation des actions. Toutefois, les flux prévisionnels dans Trival sont encore prudents et des premiers mouvements de révisions à la hausse se font jour dans le contexte d’anticipations économiques qui s’améliorent. Ces révisions à la hausse, si elles se confirmaient, ramèneraient la prime de marché vers son niveau moyen.
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    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Risques politiques et évolution des marchés financiers » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 22 mars 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit. Bertrand Jacquillat a commencé son intervention en dressant un état des marchés actions à partir du modèle Trival d’Associés en Finance. Tout comme en fin d’année 2016, le début de l’année 2017 a été marqué par un regain d’optimisme de la part des investisseurs, avec une poursuite de la hausse des marchés actions à des niveaux qu’ils n’avaient plus atteints depuis début 2015. À titre illustratif, le CAC 40 a augmenté de +26% depuis le mois de juin 2016, point bas des marchés post-annonce du Brexit, et l’indice Eurostoxx de +28% sur la même période. Cette tendance est constatée sur l’ensemble des marchés actions mondiaux, avec cependant une progression plus rapide des indices américains. Parallèlement, la perception du risque demeure très faible avec des indicateurs dont les valeurs sont inférieures à leurs moyennes de long terme. C’est notamment le cas pour la volatilité de l’Eurostoxx, autour de 10%, très inférieure à sa moyenne historique (20%). Cet optimisme est également perceptible sur les anticipations de croissance avec une nette dissipation des inquiétudes liées au Brexit. Bertrand Jacquillat a ensuite analysé la situation des marchés actions de la zone euro à mars 2017 : la rentabilité anticipée sur le marché euro se situe à son niveau historique le plus bas à la suite de cette récente phase de hausse boursière. Simultanément, la prime de marche qui représente l’écart entre actions et obligations est devenue inférieure à sa moyenne de long terme impliquant une variation négative des cours pour un retour à l’écart moyen. Toutefois, les flux prévisionnels dans Trival sont encore prudents et pourraient continuer d’être révisés à la hausse, dans le contexte d’anticipations économiques qui s’améliorent. L’analyse s’est ensuite poursuivie avec l’examen de la notion de « smart beta ». Ce concept recouvre à la fois une industrie et un style de gestion. Pour les investisseurs, il s’agit de privilégier l’investissement dans des actions qui obéissent à des facteurs communs et présentant à ce titre un comportement boursier similaire. La recherche académique a permis d’identifier cinq facteurs qui caractérisent les actions performantes : la valeur, la taille, le revenu, le risque et le momentum. Les universitaires Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton, soutenus dans leurs recherches par le Crédit Suisse Research Institute ont conclu, à partir des données sur longue période (depuis 1926) et multi-pays (23 pays),  que : Les actions surperforment les obligations et les bons du trésorLes petites sociétés surperforment les grandes sociétésLes actions « value » surperforment les actions de croissanceLes actions à fort rendement surperforment les valeurs à faible rendementLes actions ayant connu une forte variation poursuivent cette tendance (effet momentum) Les calculs menés par Associés en Finance depuis 2002 sur son échantillon de sociétés suivies dans Trival font ressortir des tendances similaires. L’ensemble des facteurs mis en valeur dans les études sont toutefois volatils dans le temps. L’intervention de Jean-Pierre Petit s’est articulée autour de l’analyse des marchés actions américains et européens. Le premier constat établi sur le S&P 500 concerne la fin possible du cycle boursier « Bull Market » débuté en mars 2009. Ce dernier correspond au troisième cycle le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale en termes de performance. L’année 2016 représente également l’une des plus longues périodes sans baisse supérieure à -1% pour le S&P500 avec 107 jours consécutifs. L’investiture de Donald Trump, contrairement à ce qui avait été anticipé, a eu un effet positif sur les marchés grâce à l’annonce de son programme budgétaire (réduction des impôts sur les sociétés, taxes forfaitaires des profits rapatriés ainsi que des dérégulations de certains secteurs comme l’énergie ou la santé). L’essentiel des effets ayant déjà été anticipés par les marchés, il ne devrait donc plus y avoir de hausses supplémentaires liées à cet évènement. Les risques relatifs aux situations économiques et politiques aux États-Unis et en Europe ont ensuite été abordés par Jean-Pierre Petit. Concernant les États-Unis, « le risque Trump » n’apparaît pas comme un risque majeur au niveau macro-économique car son équipe gouvernementale semble rester attachée à la bonne conservation des relations diplomatiques et commerciales extérieures. La politique migratoire que pourrait mettre en œuvre Donald Trump ne devrait pas avoir davantage d’influence notable. Les différents risques concernant l’Europe sont, quant à eux liés, aux incertitudes sur l’avenir politique de plusieurs pays membres. L’Italie semble être l’un des pays ayant le risque politique le plus élevé du fait de la précarité du gouvernement constitué. Par ailleurs, la situation économique du pays (croissance nulle) n’apparaît pas comme un facteur de résilience. Le Brexit représente un autre risque majeur en Europe, car le Royaume-Uni représente 17% du PIB de l’Union Européenne. Par conséquent, sa sortie sera nécessairement difficile et pourrait entrainer un affaiblissement non négligeable de l’ensemble de l’Union. Néanmoins, selon Jean-Pierre Petit, le processus de sortie devrait prendre plusieurs années et non pas deux ans comme prévu initialement, ce qui devrait en lisser les dommages. Jean-Pierre Petit a conclu son exposé par le cas de la France. Politiquement, le risque « Le Pen » ne correspond pas à un risque réel en raison de certaines stipulations de la Constitution française. Le risque principal en France est davantage économique. Le PIB par habitant est le même qu’il y a neuf ans. La France se situe désormais à la 28e place mondiale en termes de PIB par habitant et 29e place mondiale en termes de compétitivité (FMI et Banque Mondiale). Toutefois, les perspectives de croissance restent satisfaisantes, en particulier en Europe, même si des risques subsistent accompagnés de possibles surprises macroéconomiques et politiques.
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    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 28 février 2017

    Gains en février Les places boursières ont été portées par une salve de bons résultats et quelques statistiques économiques favorables (PMI Europe, prévisions de croissance pour la zone euro, productivité et emplois américains). Néanmoins, les incertitudes d’ordre politique, liées à la campagne électorale française notamment et à la stratégie de Donald Trump dans la perspective de son discours devant le Congrès fin février, ont continué d’occuper les esprits des investisseurs. L’ensemble des indices actions de la zone euro ont évolué dans des proportions voisines, y compris en France. L’indice EuroStoxx50 a progressé de 2.8%. Les indices américaines affichent des gains supérieurs et atteignent de nouveaux sommets historiques. De manière générale, les rendements obligataires se sont détendus sur le mois de février. Hausse du marché sans les Banques L’ensemble du marché actions s’est redressé à l’exception notable des valeurs bancaires, mais également des valeurs parapétrolières et de quelques valeurs de biens d’équipement (Nordex-28,7%, Vallourec -21,2%). Ce phénomène a entraîné une nette sous-performance au sein des actions de la classe de risque 5 (risques les plus élevés). Les valeurs les moins liquides (classe d’illiquidité 5) ont évolué également en-deçà du marché. Quasi stabilité de la prime de risque au sein des actions La prime de risque au sein des actions s’établit à 6,49%, en légère hausse de 6 points de base. La prime d’illiquidité, à 1,15%, est en baisse de 16 points de base. La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) s’est accrue de 11 points de base pour atteindre 6,78% sous l’effet d’une baisse du rendement du Bund. Ce niveau de prime de marché est proche de sa moyenne historique (depuis 2002) de 6,63%. Nous réitérons notre prudence sur le marché des actions de la zone euro en raison du climat d’incertitudes entourant les prochaines élections en Europe et la mise en œuvre du programme du président Trump.
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    Club de Gestion Financière

    Jean-Paul BAILLY, Ancien PDG de la RATP et Président d’Honneur de la Poste « Réformer, c’est possible » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce Jeudi 23 février 2017, Associés en Finance recevait Jean-Paul Bailly, ancien président de la RATP et de la Poste, qui est revenu sur les méthodes qu’il a employées pour réformer ces deux grandes entreprises publiques. De par son expérience, Jean-Paul Bailly a pu témoigner du fait que la France est un pays réformable, à condition que ces réformes soient bien menées avec une vision et une ambition. Toute réforme est possible si les gens en comprennent le sens, et leur rôle dans celle-ci. Jean-Paul Bailly a été le PDG de la RATP (1994-2002) puis de la Poste (2002-2013), où il a mené des réformes profondes en évitant des conflits majeurs. Ces deux entreprises avaient de nombreux points communs : une forte emprise syndicale, des relations souvent conflictuelles avec les élus locaux, une longue tradition de management centralisé et des qualités de services jugées médiocres à l’époque. Mais elles présentent aussi des différences, la RATP est une société très technique sur un marché des transports porteur, et sans concurrent. La Poste est quant à elle sur un marché du courrier déclinant, avec l’arrivée d’internet dans les années 2000, et très concurrentiel sur ses autres activités de livraison et de banque. Avec Jean-Paul Bailly à sa tête, elle a repensé l’ensemble de son organisation et modernisé ses infrastructures. Le groupe dispose aujourd’hui du réseau le plus moderne d’Europe. Par son expérience, il nous montre donc qu’il est possible d’entreprendre de grands changements dans le secteur public en France. La mise en œuvre des réformes ne peut pas être strictement centralisée et suppose plusieurs dimensions. Le temps est une dimension essentielle. Il faut gérer à la fois la durée, l’anticipation, la continuité (des équipes et de la stratégie), choisir le bon moment et trouver le bon rythme. La politique en est l’exemple contraire, les lois arrivent dans un ordre qui ne fait aucun sens, alors qu’il devrait permettre de voir la construction d’un projet où chaque loi est une brique qui y contribue. Pour bien réformer, il faut également comprendre que le but est de transformer l’entreprise tout en gardant son ADN. C’est un moyen de donner du sens à la réforme, en respectant les racines de l’entreprise. Enfin, le dialogue social est essentiel dans la construction d’un projet. Il permet d’inclure toutes les parties prenantes dans la réforme, pour que chacun se sente investi dans le projet. Les négociations doivent pour cela se dérouler à proximité du terrain et l’interlocuteur ne doit jamais changer. A la RATP, l’anticipation et le dialogue social ont ainsi permis de mettre en place la ligne 14 du métro parisien sans conducteur et sans grève. Les négociations ont commencé trois ans avant la mise en service et ont donc pu se terminer un an à l’avance. Ce temps a permis de réaliser des formations et de mettre en place l’organisation future. Les négociations se sont faites sur le terrain avec comme négociateur le futur directeur de la ligne, et non le ministre de tutelle ou le PDG de la société comme le demandaient les syndicats. La philosophie du management se définit par les « 3S ». Un dirigeant doit fédérer son équipe autour d’une ambition et de projets qui donnent du « Sens » au travail de chacun. Le « Soutien » est ensuite le cœur du management, il est nécessaire de créer les conditions favorables au sein de l’entreprise pour la réussite du projet. Enfin, le « Suivi » permet de vérifier la bonne réalisation du projet. Le dialogue et la confiance sont finalement les bases d’une réforme bien menée, et s’enrichissent l’un l’autre. Le dialogue doit permettre de construire ensemble et non d’imposer sa vision des choses. Mais il doit cependant s’accompagner de fermeté. C’est pendant la présidence de Jean-Paul Bailly à la RATP qu’est née la notion d’alarme sociale, qui a fait pratiquement disparaître la conflictualité au sein de l’entreprise. Ces notions de dialogue et de confiance sont au cœur de son ouvrage sorti en septembre 2016 : « Réformez ! Par le dialogue et la confiance ».
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  • PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2017 Lire la suite

    PLAN DE MARCHE EUROLAND - 31 janvier 2017

    Pause sur les marchés européens dans un climat qui se durcit Si les places américaines continuent leur ascension, les indices actions de la zone euro marquent quant à eux une pause. L’indice Euro Stoxx 50 cède -1.8% en janvier, pénalisé par les reculs des principaux indices en Grèce (-6,1%), Portugal (-4,4%), Italie (-3,3%) et France (-2,3%). En ce début d’année, l’attention des investisseurs est restée ancrée dans le registre politique. Les événements autour de Donald Trump, Theresa May ou François Fillon ont pris une tournure plus tendue. Les premières mesures prises par Donald Trump (acte de retrait des Etats-Unis au Traité de libre-échange transpacifique, loi anti-immigration), les discours de Theresa May s’orientant vers un Brexit dur et vers une relation privilégiée avec les Etats-Unis ou la communication de crise du candidat François Fillon en témoignent. Sans surprise, la Banque Centrale Européenne a maintenu sa politique monétaire lors de sa dernière réunion. Toutefois, les rendements obligataires se sont tendus (de 23 points de base pour le Bund 10 ans et 35 points de base pour l’OAT 10 ans). Début d’année encore favorable aux valeurs bancaires et cycliques Malgré des indices en léger retrait, certains secteurs se sont distingués. La remontée des taux d’intérêt a entraîné une poursuite de la revalorisation du secteur bancaire. A l’inverse, ce contexte a logiquement pénalisé les valeurs immobilières, les Utilities et les Télécoms. Au rang des cycliques, le secteur des Minerais-Métaux et les valeurs industrielles en général ont été privilégiés. Il est intéressant de noter que l’ensemble des valeurs du Luxe ont progressé de manière significative ce mois-ci (+7,0% en moyenne non pondérée, cf. Tableau 2-A) même après la revalorisation du secteur constatée depuis six mois. Le secteur de l’Energie a ce mois-ci souffert, en particulier les valeurs parapétrolières en raison de leurs difficultés financières. La prime de risque au sein des actions se réduit La revalorisation des valeurs financières et cycliques, considérées comme les plus risquées, a contribué à une baisse de la prime de risque (-34 points de base à 6,43%). La meilleure tenue en bourse des plus petites valeurs, comme l’atteste l’écart de rentabilité entre l’indice EuroStoxx 50 et l’indice EuroStoxx, a entraîné une baisse de la prime d’illiquidité (-37 points de base à 1,31%). La prime de marché (écart de rentabilité espérée entre les actions et le Bund) a diminué de -23 points de base pour atteindre 6,46% sous l’effet de la hausse du rendement du Bund. Cette prime de marché est revenue légèrement en-deça de sa moyenne historique (depuis 2002) de 6,63%. Nous réitérons notre prudence sur le marché des actions de la zone euro en raison du climat d’incertitudes entourant les prochaines élections en Europe et la mise en œuvre du programme du président Trump.
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    Club de Gestion Financière

    Jean-David LEVITTE, Ambassadeur de France, Membre de l’Institut « Les risques géopolitiques en 2017 » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Comme chaque début d’année nous recevons un géopoliticien afin de discuter des enjeux de l’année à venir. Ce Jeudi 19 janvier 2017, Associés en Finance recevait Jean-David Levitte, ambassadeur de France, qui a présenté sa vision des risques géopolitiques en 2017. Jean-David Levitte a commencé son allocution en décrivant le paysage géopolitique très particulier que nous connaissons depuis 3 ans : celui de la montée des populismes en Occident. Celle-ci s’explique par le sentiment d’une perte de contrôle sur l’ordre mondial tel qu’il avait été établi à Yalta et à Bretton Woods et d’un déclassement des pays occidentaux. Dans ce contexte, l’année charnière est 1979, au cours de laquelle quatre évènements marquants ont remis en cause la suprématie occidentale. Le 11 février, le Shah d’Iran est déchu et le pays tombe dans les mains des ayatollahs, ce qui entraine la perte pour les Etats-Unis de leur allié majeur au Moyen-Orient ; s’ensuivent le deuxième choc pétrolier qui fragilise l’économie américaine, le début des réformes économiques en Chine et l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. Le passage d’un monde bipolaire à un monde unipolaire se traduit par la chute du mur de Berlin en 1989 et l’effondrement de l’URSS. La décennie 1990, qualifiée de « décennie bénie » pour le monde occidental est marquée par deux révolutions : celle des technologies du numérique et de l’information ainsi que celle des conteneurs, grâce à laquelle la Chine a pu s’intégrer à l’économie internationale. En Europe, c’est le début de la paix qui permet une véritable construction européenne. Le 11 septembre 2001 est un  réveil brutal  pour les Etats-Unis qui découvrent leur vulnérabilité. Dans le même temps les pays émergents montent en puissance (Chine, Inde, Russie, Brésil). La crise de 2007/2008 ainsi que les printemps arabes continuent d’affaiblir l’Occident et l’Europe en particulier. Le monde unipolaire laisse place à un monde multipolaire. La situation actuelle est celle d’un monde de plus en plus compliqué où chaque pays veut peser dans la balance. Le G8 est devenu le G20, les processus de décision se sont complexifiés. Le monde d’aujourd’hui est apolaire et sans direction : les Etats-Unis ne veulent plus être les gendarmes du monde. La Russie, la Chine et la Turquie contestent l’ordre mondial établi. Cette contestation a des natures très différentes : la Russie rêve d’un nouvel empire, la Chine se voit comme l’Empire du milieu et réclame sa reconnaissance, et la Turquie se voit revenir à l’époque de l’empire Ottoman. Enfin, ce monde est marqué par la fragmentation de l’Occident que ce soit en Europe (Brexit), à l’intérieur des nations (Ecosse au Royaume-Uni) ou encore au sein du monde politique. Aux Etats-Unis, la population, en particulier les travailleurs, se sent victime de la mondialisation. Les inégalités n’ont jamais été aussi fortes et n’ont cessé de croître. C’est pourquoi, les Américains souhaitent un renouvellement de leurs élites, et c’est ce sentiment qui a permis la victoire de Trump. Ce sentiment de perte de contrôle fait également écho en Europe : tous les torts sont mis sur le dos de l’Union Européenne et de Bruxelles qui sert de bouc émissaire. Alors que pendant des décennies l’Europe était perçue comme un bouclier contre les dangers extérieurs, elle est aujourd’hui vue comme un phénomène les aggravant et paraît incapable de faire face aux enjeux de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme. Un contexte particulier règne aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump. Le nouveau président élu des Etats-Unis est une personnalité politique originale et sans expérience. Il affirme sans tabou être contre l’Europe, l’Alliance atlantique, le Traité commercial Transpacifique, ... Son entourage est également controversé : la nomination du général Mattis à la défense qui considère l’Islam comme le mal absolu a fait scandale. Toutefois, la nomination de plusieurs milliardaires dans les postes économiques clés, empêchera sûrement l’enfermement des Etats-Unis, puisque ces hommes d’affaires sont des globalistes convaincus. La politique que va mener le futur Président est encore imprécise, et beaucoup d’incertitudes subsistent notamment en matière de politique étrangère, où Donald Trump semble pour l’instant prôner un désengagement des Etats-Unis et un rapprochement avec la Russie. Le XXIème siècle pourrait être celui de la suprématie chinoise. Le président chinois XI Jinping s’impose sur la scène internationale depuis l’élection de Donald Trump : la Chine a proposé une alternative au traité Transpacifique dont elle serait le leader. Finalement, l’application du programme de Donald Trump et ses possibles négociations futures avec Poutine aboutira à l’émergence d’un nouvel ordre mondial. Celui-ci sera porté par des chefs d’Etat qui ont une vision du monde divisé en grands blocs : la Chine, la Russie, l’Amérique et l’Europe.
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