Club de Gestion Financière

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Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers verts de l’Economie

« Où va le monde ? Où vont les banques centrales ? Où va le dollar ? Où vont les marchés ? »

Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 20 septembre 2017, le petit-déjeuner était animé par Jean-Pierre Petit et Bertrand Jacquillat et portait sur le thème « Où va le monde ? Où vont les banques centrales ? Où va le dollar ? Où vont les marchés ? ».

Dans une première partie, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’évolution de la conjoncture économique et financière depuis le mois de juin 2017. A cette date, les marchés actions étaient surévalués mais encore proche de l’équilibre et la plupart des indicateurs était au vert. Toutefois, les niveaux de prime de marché restaient à surveiller. Ces indicateurs ont peu évolué ces trois derniers mois : les anticipations de croissance économique sont stables ou en légère croissance et les taux d’intérêts sont toujours bas. Les anticipations de croissance en zone euro poursuivent ainsi leur hausse assez marquée depuis le début de l’année.

Sur les marchés actions, les différents indices ont marqué le pas dans la zone euro cet été après une hausse quasi-continue depuis l’automne 2016. Depuis juin, la rentabilité de l’indice CAC 40 est en baisse de -1,6% et celle de l’indice Euro Stoxx de -1,5% (dividendes exclus). Toutefois, cette baisse  n’impacte pas la hausse quasi générale des indices actions depuis le début de l’année : +23,5% pour l’Euro Stoxx, +11,6% pour le S&P et +27,6% pour le MSCI Emerging Markets. La perception du risque demeure également très faible avec une volatilité constatée modérée des indices et une volatilité implicite faible dans les contrats d’options.

Dans la lignée des anticipations de croissance économique favorables, les flux dans le modèle Trival poursuivent leur tendance de révision à la hausse et les bénéfices anticipés sont en croissance modérée (+4,2% entre 2016 et 2030). Cette dernière est principalement soutenue par le secteur pétrolier et dans une moindre mesure, par le secteur financier suite à des résultats décevants en 2016. La prime de marché issue du modèle Trival s’établit à un niveau inchangé par rapport à juin. Celle-ci demeure donc un peu en-deçà de sa moyenne historique.

En conclusion, Bertrand Jacquillat a souligné que les Cassandre qui dénonçaient le deuxième rallye boursier le plus long de l’après-guerre et le plus détesté de toute l’histoire pour avoir laissé au bord du chemin nombre d’investisseurs qui, depuis longtemps, avaient pris le risque de ne pas en être. Certes les ratios de valorisation des actions sont au-dessus de leur moyenne historique. Mais ils ne sont le reflet ni d’une bulle ni d’une crainte redoutée par certains économistes d’entrée des économies dans une période de stagnation séculaire.

Dans une seconde partie, Jean-Pierre Petit est intervenu sur le thème du risque politique et la conjoncture économique mondiale. Le principal risque politique à court/moyen terme concerne les tensions avec la Corée du Nord. Il s’interroge sur l’impact que pourrait avoir ce choc politique sur le marché actions. En observant la réaction du S&P 500 après des conflits politiques majeurs pour les Etats-Unis (Pearl Harbor Guerre de Corée, Guerre du Viêtnam, 11 septembre 2011), on remarque que, même si, dans un premier temps les marchés réagissent à la baisse, ils sont en hausse, et même en forte hausse un an plus tard.

Selon Jean-Pierre Petit, les perspectives de croissance mondiale sont plutôt positives. Au deuxième trimestre, la croissance en volume du PIB mondial, mesuré en parité de pouvoir d’achat, a été d’un peu plus de 4%, soit le taux le plus élevé depuis sept ans. Cette croissance a été particulièrement tirée par l’amélioration des conditions économiques dans les pays émergents : le Brésil et l’Argentine sont sortis de la récession et les pays de l’Europe de l’Est bénéficient d’une forte croissance (+6% pour la Roumanie, +5% pour la Turquie, +4% pour la Pologne). Dans le reste de la zone euro, la croissance est plus soutenue qu’anticipée notamment dans les pays du Sud (Espagne, Italie, Portugal). La croissance de la zone euro devrait atteindre 2% au second semestre 2017. En Asie, les économies se portent bien notamment le Japon qui surperforme le consensus avec +2% de croissance. Bien qu’une bulle subsiste sur de la dette chinoise, celle-ci ne semble pas présenter de risque imminent.

Aux Etats-Unis, malgré la longueur du cycle haussier actuel qui dure depuis 100 mois, les conditions financières restent favorables et la création d’emplois soutenue. La baisse du dollar américain par rapport à toutes les devises mondiales (-12,9% par rapport à l’euro depuis le début de l’année notamment) est graduelle et non brusque ce qui réduit fortement son impact sur l’économie américaine et favorisent les entreprises exportatrices.

Par ailleurs, on devrait assister à un recul du Quantitative easing (QE) des banques centrales. La BCE devrait annoncer en octobre ses intentions, pour une mise en place en janvier et une probable contraction de bilan à l’automne 2019. Cela pourrait avoir un impact sur la rentabilité des actions et obligations. La Fed a quant à elle reporté son intention de monter ses taux suite à l’Ouragan Harvey mais devrait se prononcer sur un futur « tapering », une contraction de son bilan, prévu pour cette fin d’année.

En conclusion, Jean-Pierre Petit estime que le marché action américain est cher, porté notamment pour les GAFA, mais qu’il n’existe actuellement pas de bulle. Toutefois, selon lui, le dynamisme de l’économie européenne et le retour de la croissance dans les pays émergents rendent nettement plus attractifs les actifs européens et émergents sur le moyen-terme.

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