Club de Gestion Financière

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Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie

«Fin du risque politique en Europe et perspectives des marchés financiers»

Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 15 juin 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit et portait sur le thème « Fin du risque politique en Europe et perspectives des marchés financiers »

Dans un premier temps, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’évolution de la conjoncture financière depuis 2016. Dans la lignée de ce qui a pu être observé depuis l’automne dernier, un certain optimisme règne sur l’ensemble des marchés. Cet optimisme s’est notamment transcrit par la hausse des marchés actions, la faible perception du risque reflétée par la volatilité des indices actions ou le faible niveau des CDS, les anticipations de croissance économique et des faibles taux d’intérêt.

Sur le marché actions, l’ensemble des grands indices boursiers sont en progression depuis le début de l’année 2017 à l’exception de la Russie. A titre d’exemple, l’indice Euro Stoxx (exprimé en dollar et hors dividendes) a crû de +17,1%, le S&P de +8,6% et l’indice MSCI Emerging Markets de +18,6%. La fin du risque politique en Europe a permis à l’indice européen de réduire l’écart qui s’était creusé avec l’indice américain depuis 2015.

L’amélioration de la conjoncture économique induit une révision en légère hausse des flux prévisionnels dans le modèle Trival depuis début 2017. Cela se traduit par une hausse de la croissance attendue des principaux agrégats opérationnels pour les sociétés suivies dans Trival.

Après la hausse des actions, la prime de marché mise en exergue dans le modèle Trival est revenue en-deçà de sa moyenne historique. Elle ne s’écarte pas pour l’instant fortement de cette moyenne, mais il convient de surveiller ce paramètre, et de ne pas tomber dans une euphorie inconsidérée.

Dans un second temps, Jean-Pierre Petit est intervenu sur le thème du risque politique et la conjoncture économique mondiale actuelle. L’économiste observe un recul du populisme global, notamment porté par les dernières présidentielles en France et la remise en question de la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis. Les élections présidentielles françaises ont offert un regain de confiance dans les marchés financiers européens.  Par ailleurs, l’éventualité d’une destitution de Donald Trump ainsi que la remise en question de la politique de « hard Brexit » par les dernières élections législatives au Royaume-Uni,  réconfortent les investisseurs face au risque politique.

Si les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont bonnes, Jean-Pierre Petit tient néanmoins à les nuancer. En effet, l’observation des « shadow rate » au lieu des taux directeurs des banques centrales conduisent à des conclusions plus mitigées. Le « shadow rate » est un taux théorique basé sur une modélisation qui permet de mesurer la véritable orientation d’une politique monétaire. Jean-Pierre Petit observe que le « shadow rate » américain est globalement en hausse depuis mai 2014. A l’inverse, ce taux est en baisse au niveau mondial sur la même période. Il en conclut ainsi que l’économie américaine connaît un rebond depuis le printemps 2014 grâce aux politiques accommodantes de la Fed. La situation sur les marchés européens est quant à elle plus mitigée. Le conjoncturiste souligne l’importance de rester attentif aux décisions des banques centrales, qui pourraient affecter l’ensemble des marchés. Par ailleurs, il note que la hausse du marché boursier américain serait uniquement portée par les GAFA, dont la performance boursière est bien supérieure à celle du S&P 500 depuis 2015.

Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit s’accordent pour dire qu’il n’y a pas de bulle comme en 2007 mais que les marchés américains sont sur-évalués. Enfin, Jean-Pierre Petit souligne que le rattrapage des indices boursiers européens sur les américains pourrait être compromis par un effet de contagion en cas de correction des marchés américains.

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