Club de Gestion Financière

Club de Gestion Financière

Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Economie

« Risques politiques et évolution des marchés financiers »

Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 22 mars 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit.

Bertrand Jacquillat a commencé son intervention en dressant un état des marchés actions à partir du modèle Trival d’Associés en Finance. Tout comme en fin d’année 2016, le début de l’année 2017 a été marqué par un regain d’optimisme de la part des investisseurs, avec une poursuite de la hausse des marchés actions à des niveaux qu’ils n’avaient plus atteints depuis début 2015. À titre illustratif, le CAC 40 a augmenté de +26% depuis le mois de juin 2016, point bas des marchés post-annonce du Brexit, et l’indice Eurostoxx de +28% sur la même période. Cette tendance est constatée sur l’ensemble des marchés actions mondiaux, avec cependant une progression plus rapide des indices américains. Parallèlement, la perception du risque demeure très faible avec des indicateurs dont les valeurs sont inférieures à leurs moyennes de long terme. C’est notamment le cas pour la volatilité de l’Eurostoxx, autour de 10%, très inférieure à sa moyenne historique (20%). Cet optimisme est également perceptible sur les anticipations de croissance avec une nette dissipation des inquiétudes liées au Brexit.

Bertrand Jacquillat a ensuite analysé la situation des marchés actions de la zone euro à mars 2017 : la rentabilité anticipée sur le marché euro se situe à son niveau historique le plus bas à la suite de cette récente phase de hausse boursière. Simultanément, la prime de marche qui représente l’écart entre actions et obligations est devenue inférieure à sa moyenne de long terme impliquant une variation négative des cours pour un retour à l’écart moyen. Toutefois, les flux prévisionnels dans Trival sont encore prudents et pourraient continuer d’être révisés à la hausse, dans le contexte d’anticipations économiques qui s’améliorent.

L’analyse s’est ensuite poursuivie avec l’examen de la notion de « smart beta ». Ce concept recouvre à la fois une industrie et un style de gestion. Pour les investisseurs, il s’agit de privilégier l’investissement dans des actions qui obéissent à des facteurs communs et présentant à ce titre un comportement boursier similaire.

La recherche académique a permis d’identifier cinq facteurs qui caractérisent les actions performantes : la valeur, la taille, le revenu, le risque et le momentum. Les universitaires Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton, soutenus dans leurs recherches par le Crédit Suisse Research Institute ont conclu, à partir des données sur longue période (depuis 1926) et multi-pays (23 pays),  que :

  • Les actions surperforment les obligations et les bons du trésor
  • Les petites sociétés surperforment les grandes sociétés
  • Les actions « value » surperforment les actions de croissance
  • Les actions à fort rendement surperforment les valeurs à faible rendement
  • Les actions ayant connu une forte variation poursuivent cette tendance (effet momentum)

Les calculs menés par Associés en Finance depuis 2002 sur son échantillon de sociétés suivies dans Trival font ressortir des tendances similaires. L’ensemble des facteurs mis en valeur dans les études sont toutefois volatils dans le temps.

L’intervention de Jean-Pierre Petit s’est articulée autour de l’analyse des marchés actions américains et européens. Le premier constat établi sur le S&P 500 concerne la fin possible du cycle boursier « Bull Market » débuté en mars 2009. Ce dernier correspond au troisième cycle le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale en termes de performance. L’année 2016 représente également l’une des plus longues périodes sans baisse supérieure à -1% pour le S&P500 avec 107 jours consécutifs. L’investiture de Donald Trump, contrairement à ce qui avait été anticipé, a eu un effet positif sur les marchés grâce à l’annonce de son programme budgétaire (réduction des impôts sur les sociétés, taxes forfaitaires des profits rapatriés ainsi que des dérégulations de certains secteurs comme l’énergie ou la santé). L’essentiel des effets ayant déjà été anticipés par les marchés, il ne devrait donc plus y avoir de hausses supplémentaires liées à cet évènement.

Les risques relatifs aux situations économiques et politiques aux États-Unis et en Europe ont ensuite été abordés par Jean-Pierre Petit. Concernant les États-Unis, « le risque Trump » n’apparaît pas comme un risque majeur au niveau macro-économique car son équipe gouvernementale semble rester attachée à la bonne conservation des relations diplomatiques et commerciales extérieures. La politique migratoire que pourrait mettre en œuvre Donald Trump ne devrait pas avoir davantage d’influence notable.

Les différents risques concernant l’Europe sont, quant à eux liés, aux incertitudes sur l’avenir politique de plusieurs pays membres. L’Italie semble être l’un des pays ayant le risque politique le plus élevé du fait de la précarité du gouvernement constitué. Par ailleurs, la situation économique du pays (croissance nulle) n’apparaît pas comme un facteur de résilience.

Le Brexit représente un autre risque majeur en Europe, car le Royaume-Uni représente 17% du PIB de l’Union Européenne. Par conséquent, sa sortie sera nécessairement difficile et pourrait entrainer un affaiblissement non négligeable de l’ensemble de l’Union. Néanmoins, selon Jean-Pierre Petit, le processus de sortie devrait prendre plusieurs années et non pas deux ans comme prévu initialement, ce qui devrait en lisser les dommages.

Jean-Pierre Petit a conclu son exposé par le cas de la France. Politiquement, le risque « Le Pen » ne correspond pas à un risque réel en raison de certaines stipulations de la Constitution française. Le risque principal en France est davantage économique. Le PIB par habitant est le même qu’il y a neuf ans. La France se situe désormais à la 28e place mondiale en termes de PIB par habitant et 29e place mondiale en termes de compétitivité (FMI et Banque Mondiale).

Toutefois, les perspectives de croissance restent satisfaisantes, en particulier en Europe, même si des risques subsistent accompagnés de possibles surprises macroéconomiques et politiques.

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