Club de Gestion Financière

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Jean-Daniel Lévy, Directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive

« Mesurer ou comprendre la campagne présidentielle ? »

Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, ce Jeudi 20 avril 2017, Associés en Finance recevait Jean-Daniel Lévy, Directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive, qui intervenait sur le thème « Mesurer ou comprendre la campagne présidentielle ? ».

En préambule à l’analyse de la situation actuelle, Jean-Daniel Lévy a commencé son allocution par un rappel de l’élection présidentielle de 2012 : il ressortait alors des enquêtes que la majorité de l’électorat de Nicolas Sarkozy votait non pas pour son projet politique, mais par opposition à son adversaire, François Hollande. En écho à cette situation, quelles sont les motivations des électeurs aujourd’hui ? Quelles sont les thématiques marquantes de l’élection actuelle ?

Pour répondre à ces questions, Jean-Daniel Lévy s’intéresse, au-delà des éléments chiffrés sur les intentions de vote, aux thématiques qui ressortent aux yeux des Français lorsqu’on les interroge sur l’élection présidentielle, l’actualité ou les candidats. Il analyse de plus l’impact des évènements forts de la campagne de chacun des candidats sur leur médiatisation, et l’évolution des motivations de vote des électeurs.

Des thématiques d’actualité qui transparaissent des enquêtes, force est de constater que l’élection présidentielle n’a pas été au centre des préoccupations des Français depuis le début de l’année. De plus, lorsqu’on les interroge plus spécifiquement sur la présidentielle, les Français évoquent peu les programmes des candidats. Ils ne le faisaient d’ailleurs pas davantage après les primaires de la Droite ou de la Gauche, si ce n’est en évoquant la thématique des fonctionnaires en l’associant à François Fillon, et le revenu universel relié à Benoît Hamon.

De ce point de vue, la campagne de Benoît Hamon a connu un pic médiatique au moment de sa victoire aux primaires socialistes, grâce à ce thème du revenu universel. Mais il apparaît, en définitive, que les Français, dans leur ensemble, sont majoritairement défavorables à cette proposition, conduisant à une diminution des intentions de vote pour le candidat socialiste. Par opposition, la campagne de Jean-Luc Mélenchon se distingue et est marquée par une ascension médiatique, particulièrement forte à l’occasion de deux évènements : l’utilisation d’hologrammes lors de son meeting en février 2017 et sa prestation remarquée lors du premier débat télévisé. François Fillon, pour sa part, après une exposition forte lors de sa victoire à la primaire, a vu son exposition médiatique toucher des points hauts lors des soubresauts des « affaires ».

De la campagne des cinq principaux candidats, les Français retiennent des éléments très différents : pour François Fillon, ils mettent en avant la clarté de son programme. Pour Marine Le Pen, les Français retiennent de sa campagne non pas tant ses idées concernant l’Europe, qui sont pourtant perçues comme un thème central de la candidate par l’ensemble des électeurs, que sa promesse d’une réappropriation de la politique. De la campagne d’Emmanuel Macron, il semble ne ressortir aucun thème fort, ce qui constitue une zone d’incertitude en ce qui concerne sa perception par les électeurs. Néanmoins, à l’étude des principales qualités attendues par les Français chez un président, à savoir la jeunesse, l’expérience à la fois politique et professionnelle, l’écoute, et l’honnêteté, Emmanuel Macron semble le candidat qui incarne le plus grand nombre de ces qualités.

Quant aux motivations des électeurs de tel ou tel candidat, Jean-Daniel Lévy fait ressortir quelques éléments-clés : les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron sont avant tout motivés par l’honnêteté qu’ils confèrent au candidat. Pour l’électorat de Marine Le Pen, la principale motivation de vote est la capacité de la candidate à parler de leurs préoccupations. Ainsi, le vote pour ces quatre candidats est déterminé par l’appréciation des électeurs de l’homme politique. Par opposition, ce qui ressort des motivations de vote pour François Fillon n’est pas tant l’adhésion pour l’homme politique que la volonté de faire gagner le parti politique dont il est issu, son électorat étant principalement motivé par la volonté de remporter les élections.

Enfin, Jean-Daniel Lévy observe que l’une des singularités de la présidentielle 2017 est la pluralité des thématiques abordées. Les campagnes précédentes se sont souvent concentrées sur quelques thèmes centraux, tandis que la présidentielle actuelle voit cohabiter pratiquement un thème par candidat. Le travail d’analyse et de prévision des instituts d’études et de sondages s’en trouve d’autant plus compliqué, et, même à trois jours du premier tour du scrutin, les incertitudes ont rarement été aussi élevées.

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