Club de Gestion Financière

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Matthieu Courtecuisse, Fondateur et Président de SIA Partners, auteur du livre « Le saut cognitif » (First Editions)

« L’intelligence artificielle : jusqu’où ? »

Ce jeudi 30 janvier, à l’occasion du petit-déjeuner organisé par le Club de Gestion Financière, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie a reçu au Cercle Interallié, Matthieu Courtecuisse, Fondateur et Président de SIA Partners et auteur du livre « Le saut cognitif ». Après une brève présentation factuelle autour des enjeux du développement de l’IA, Jean-Pierre Petit a interrogé l’invité du mois sur les aspects technologiques, macroéconomiques et géopolitiques qui gravitent autour de l’intelligence artificielle.

L’intervention de M. Courtecuisse s’est articulée en trois temps avec : une analyse des spécificités qui font de l’IA une innovation majeure, catalyseur  d’une révolution technologique sans précédent, puis  un exposé sur le positionnement des plateformes prédominantes (GAFAM) à l’égard des orientations réglementaires récentes du marché et enfin un argumentaire sur l’impact économique et géopolitique des différentes politiques publiques mises en œuvre au niveau national.

En premier lieu, M. Courtecuisse a spécifié les caractéristiques de l’intelligence artificielle qui permettent de mieux comprendre l’ampleur de sa portée sur l’économie. D’après lui, le vecteur principal d’analyse réside dans sa vitesse de diffusion. Celle-ci est stimulée par des infrastructures dont la robustesse surperforme celle des équipements dont on disposait lors des révolutions technologiques antérieures. De plus, mobiliser des sources de financement pour promouvoir le développement d’une technologie n’a jamais été si simple et rapide. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, la captation de valeur issue de l’IA sera encore davantage concentrée que celle des innovations majeures qui lui ont succédé.

La deuxième piste de réflexion développée par MC s’articule autour de la question réglementaire et du comportement nettement volontariste des GAFAM sur le sujet. Si les géants du web identifient les restrictions réglementaires actuelles comme un levier important afin d’asseoir leur suprématie dans le domaine de l’IA, c’est parce qu’ils ont pu bénéficier auparavant de leur carence et engranger une quantité faramineuse d’informations pour enrichir leurs algorithmes.

Par ailleurs, s’il n’est plus un secret que la diffusion de l’IA dans les sociétés modernes devrait favoriser l’émergence de nouveaux métiers à plus forte valeur ajoutée, l’implication des pouvoirs publics à long terme et la nature des secteurs concernés auront également leur importance selon M. Courtecuisse. Enfin, la proximité diplomatique qu’entretiennent l’Europe et l’Inde – manne critique de la consommation – avec les Etats-Unis et la Chine seront déterminants dans cette escalade du soft power entre les 2 premières puissances mondiales.

Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les leviers dont dispose l’Europe pour rattraper son retard en matière d’IA, M. Courtecuisse a répondu aux questions et partagé son opinion sur les probables orientations diplomatiques et commerciales de l’Inde.

La deuxième piste de réflexion développée par M. Courtecuisse reprend l’évolution du positionnement des GAFAM à l’égard de l’agenda réglementaire. Bien que paradoxale de prime abord, le recours volontaire et croissant à ce levier par les géants du web s’inscrit comme un moyen endogène d’asseoir leur suprématie commerciale et empêcher l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs qui viendraient «contester leur incontestabilité ».

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