Club de Gestion Financière

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Monsieur Le Président Nicolas Sarkozy

Débat animé par Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie

« L’Europe : quelles solutions ? »

Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce lundi 11 févier 2019, le Club de Gestion Financière avait l’honneur de recevoir Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République.

Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie a lancé le débat en présentant un tour d’horizon sur l’Europe. Il a rappelé que l’année 2017 avait été l’année de la renaissance de l’espoir pour l’Europe tant d’un point de vue économique que politique. La croissance de l’Union européenne, initialement prévue à +1,4% par le consensus, avait finalement atteint +2,5% et la percée attendue des « formations populistes » lors des élections en France ou aux Pays-Bas, ne s’est finalement pas produite. Cependant, l’année 2018 a « douché » ces espoirs, avec un puissant ralentissement économique au 2ème trimestre et la renaissance de risques politiques (victoire des « forces antisystèmes » en Italie, menaces de hard-Brexit au Royaume-Uni, fragilité politique d’Angela Merkel, crise des « gilets jaunes » en France,…).

Nicolas Sarkozy a ensuite répondu à une série de questions portant sur l’Europe. L’ancien Président estime qu’il est important de partir du général afin de mieux comprendre ce qu’il se passe au sein des pays européens. Il explique ainsi que le monde a été orienté pendant des siècles autour d’un axe occidental tandis qu’aujourd’hui il tourne autour d’un axe oriental. Selon Nicolas Sarkozy, l’Occident est en train de disparaitre au regard d’une démographie toujours plus importante en Asie et en Afrique. Selon les prévisions, dans 30 ans, la population du Nigéria sera supérieure à celle des Etats-Unis. Le monde n’a encore jamais connu un tel choc démographique.

Interrogé sur le Brexit, Nicolas Sarkozy y voit une catastrophe où tout le monde est perdant. Le Brexit est un problème européen car l’Europe va perdre une de ses nations les plus puissantes et le Royaume-Uni va se retrouver relativement seul car ils pourront difficilement compter sur le soutien des américains. Par ailleurs, la sortie du Royaume-Uni pourrait inspirer certains pays ou régions comme la Catalogne qui souhaiterait sortir de l’Espagne, ou le conflit entre les Flamands et les Wallons en Belgique. L’Italie pourrait également se montrer volontaire à une sortie de l’Union Européenne. Nicolas Sarkozy souhaiterait donc que le Royaume-Uni et l’Europe imaginent ensemble les 70 ans à venir et construisent l’Europe de demain. L’Afrique pourrait être un appui de taille pour soutenir l’Europe. Il faudrait instaurer un « plan Marshall » des infrastructures africaines. L’ancien Président pense également qu’il est important de créer un fonds monétaire européen et ne plus dépendre du FMI. En effet, selon lui, la politique budgétaire européenne doit rester indépendante des Etats-Unis.

Un autre sujet évoqué est celui du rôle de la BCE dans l’économie européenne. Selon Nicolas Sarkozy, l’immobilisme de la BCE durant son mandat a constitué un frein à l’amélioration rapide de la situation économique de l’Union européenne. La politique de Mario Draghi a ensuite permis d’apaiser la crise relativement rapidement.

Le troisième sujet portait sur l’endettement grandissant des pays. Nicolas Sarkozy estime qu’un endettement est très souvent créateur de valeur s’il soutient des projets ambitieux. En effet, le « Grand Emprunt » de 2010 qui a mobilisé près de 60 Mds€ avait permis la construction de la ligne à grande vitesse entre Paris et Bordeaux, il a également permis de connecter le territoire français à la 4G. Cet endettement était nécessaire et a permis de donner du dynamisme à l’économie française car, selon lui, « c’est le projet qui fait l’argent et non pas l’argent qui fait le projet ». Il préconise d’ailleurs de recourir une nouvelle fois à l’emprunt pour un nouveau plan de grands travaux.

Enfin, le 4ème et dernier sujet abordé est celui de la relation entre l’Europe et la Russie. Sur ce thème, Nicolas Sarkozy évoque son désarroi de voir la Russie se tourner vers la Chine plutôt que vers l’Europe. En effet, l’Europe a tendance à suivre les directives des Etats-Unis qui ont instauré des sanctions envers la Russie suite évènements en Ukraine. Ces sanctions peuvent sembler contre-productives, car l’Europe a besoin de la Russie pour faire face à la montée en puissance de l’Asie. En conclusion, Nicolas Sarkozy souligne l’intérêt qu’il pourrait y avoir à créer une nouvelle instance supra-européenne regroupant la Turquie, la Russie et l’Union Européenne.

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