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    Patrick ARTUS, Chief Economist, Natixis « Politique monétaire, fondamentaux et marché d’actions :sommes-nous dans le monde d’après ? » Ce jeudi 10 septembre 2020, Patrick Artus, Chef économiste, membre du comité exécutif de Natixis et co-auteur du livre L'économie post-Covid : Les huit ruptures qui nous feront sortir de la crise, a animé une visio-conférence autour des problématiques économiques et financières provoquées par la crise sanitaire qui traverse le monde depuis le premier semestre 2020. Patrick Artus a débuté son intervention en s’arrêtant sur le profil de croissance à venir des pays depuis la chute brutale de leur PIB. Ce profil est assimilé au symbole de la « racine carré », traduisant une forte reprise à court terme, sous forme de « V », suivie d’une croissance plus modérée à moyen terme. La dégradation de facteurs structurels, tels que l’investissement des entreprises ou encore l’attribution de crédits, compromet la croissance potentielle des pays les plus sévèrement touchés. Puis, M. Artus a analysé la réaction des différents acteurs économiques face à une telle rupture de l’activité. Il a notamment évoqué la réactivité pertinente des états qui n’ont pas hésité à creuser leur déficit public pour venir en aide aux ménages et aux entreprises en difficulté. Celles-ci ont d’ailleurs subi de plein fouet cette crise sanitaire avec une baisse généralisée des volumes d’activité et des niveaux de profitabilité. Néanmoins, cette situation ne devrait être que temporaire et les firmes devraient retrouver, selon M. Artus, leur profitabilité d’avant crise dès 2021. En effet, ces dernières possèdent la capacité de répercuter les chocs subis autant sur le partage de la valeur ajoutée en freinant l’augmentation des salaires que sur les prix pour restaurer leurs marges. Patrick Artus a commenté le rôle primordial des banques centrales et des effets désinhibiteurs de cette crise sur les dogmes de la politique monétaire. Ce sont ces mêmes politiques expansionnistes qui ont rendu possible de tels déficits des états en permettant une monétisation de la dette publique. Ainsi, les banques centrales appliquent, et selon toute vraisemblance appliqueront pendant plusieurs années encore, des taux d’intérêt très faibles et des mesures de Quantitative Easing en masse. Par ailleurs, M. Artus est revenu sur l’annonce de la Réserve Fédérale qui, sous le motif que le plein-emploi n’entraîne plus nécessairement d’inflation, modifie ses objectifs en se concentrant sur une moyenne dans le temps long plutôt que sur un chiffre-cible d’inflation. En d’autres termes, pour rattraper la période actuelle de quasi-déflation, la FED pourrait laisser filer ce taux au‑delà des 2% sans correction immédiate. Cependant, une telle quantité de liquidité injectée par les banques centrales ne reste pas sans conséquences sur les marchés financiers, a alerté Patrick Artus, qui prévoit une hausse du prix des actifs dès lors que la généralisation d’un vaccin mettra un terme à l’incertitude des investisseurs. Cela engendrera alors une décorrélation entre l’économie réelle dont la croissance sera modérée et les prix des actifs qui, eux, risquent de s’envoler. Avec moins d’aversion au risque et beaucoup de liquidités, des bulles pourraient se former. Ainsi, de tels mesures de politique monétaire se paient au prix d’une instabilité financière. M. Artus a également évoqué la rupture de l’équilibre international sur le maché des changes. Le dollar américain est victime d’une défiance naissante au vu d’un climat d’incertitude politique et d’un déficit public qui a plus que doublé en ces temps de crise. Cette défiance s’est faite au profit d’un euro qui bénéficie, en termes de perception auprès des marchés financiers, du plan de relance européen. Il y a également eu une appréciation de certaines monnaies de pays émergents qui, malgré la baisse du prix des matières premières et l’arrêt du tourisme, voient de nouveau affluer des flux de capitaux. Enfin, en réponse à une question posée en début de conférence : « Sommes-nous déjà dans le monde de demain ? », Patrick Artus a dépeint sa vision du monde post-Covid : C’est, selon lui, un monde qui subira de profondes mutations sectorielles, dues aux changements des habitudes des consommateurs et du mode de fonctionnement des entreprises. C’est un monde où la grande quantité de liquidités dérèglera l’effet des fondamentaux économiques sur les actifs, avec des décorrélations d’ores et déjà observables (entre le spread de crédit et le taux de faillite des entreprises par exemple). C’est un monde où des tensions sociales pourraient naître de la déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires et au profit des capitaux, notamment financiers. Enfin, c’est un monde où les modèles économiques classiques ne fonctionneront plus.
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Elections américaines de 2020 : Is Trump a role model for us ? » Ce jeudi 27 février, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie est intervenu au Cercle Interallié dans le cadre du petit-déjeuner mensuel organisé par le Club de Gestion Financière. A l’occasion de cet évènement, Jean-Pierre Petit nous a livré sa vision sur la prochaine élection présidentielle américaine et ses conséquences éventuelles sur l’économie et les marchés financiers en fonction de son issue. L’intervention de M. Petit s’est articulée en trois temps : (i) une analyse sur le contexte politique actuel aux Etats-Unis, (ii) un exposé des programmes des principaux candidats démocrates et leurs répercussions macroéconomiques et enfin (iii) un argumentaire sur l’efficacité de la politique menée par Donald Trump sur l’économie américaine. Dans un premier temps, M. Petit est revenu sur le contexte politique mondial dans lequel se déroulent ces élections. Il souligne ainsi la bien portance du populisme dans le monde dont la diffusion s’inscrit selon lui en réponse face à l’immobilisme des démocraties occidentales. Le contexte politique américain est quant à lui témoin de la montée des inégalités sociales aux États-Unis et la polarisation du spectre politique américain, caractérisée par une division idéologique sans précédent au sein du parti démocrate. La revue des clefs de voute du programme de chaque candidat à la primaire démocrate démontre une « gauchisation » omnicanal de l’échiquier démocrate (orientations règlementaires antitrust pour les uns, démantèlement progressif des GAFA pour les autres), constate Jean-Pierre Petit. Cependant, deux vecteurs essentiels rassemblent tous les candidats du parti de l’âne : la nécessité d’augmenter le salaire minimum ainsi que la priorité capitale et assumée que représente une défaite du Président sortant. M. Petit a clôturé sa présentation par un zoom sur le candidat républicain et actuel Président des États-Unis, Donald Trump, qu’il a comparé à certaines figures militaires américaines emblématiques. Notre intervenant a ensuite rappelé comment la mise en application systématique du pragmatisme économique de l’actuel Président lui avait permis de s’imposer comme la figure d’opposition de l’establishment traditionnel américain avant de l’aider paradoxalement à convaincre Wall Street. Enfin, même si les indicateurs sur la croissance et l’emploi jouent en sa faveur, son isolationnisme assumé et l’irrationalité politique dont il fait preuve pourraient lui porter préjudice pour les élections à venir. Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les conséquences économiques de la propagation du Covid-19, M Petit a répondu aux questions de l’assistance et a fait part de ses conseils en matière de gestion de portefeuille pour les semaines à venir.
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    Matthieu Courtecuisse, Fondateur et Président de SIA Partners, auteur du livre « Le saut cognitif » (First Editions) « L’intelligence artificielle : jusqu’où ? » Ce jeudi 30 janvier, à l’occasion du petit-déjeuner organisé par le Club de Gestion Financière, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie a reçu au Cercle Interallié, Matthieu Courtecuisse, Fondateur et Président de SIA Partners et auteur du livre « Le saut cognitif ». Après une brève présentation factuelle autour des enjeux du développement de l’IA, Jean-Pierre Petit a interrogé l’invité du mois sur les aspects technologiques, macroéconomiques et géopolitiques qui gravitent autour de l’intelligence artificielle. L’intervention de M. Courtecuisse s’est articulée en trois temps avec : une analyse des spécificités qui font de l’IA une innovation majeure, catalyseur  d’une révolution technologique sans précédent, puis  un exposé sur le positionnement des plateformes prédominantes (GAFAM) à l’égard des orientations réglementaires récentes du marché et enfin un argumentaire sur l’impact économique et géopolitique des différentes politiques publiques mises en œuvre au niveau national. En premier lieu, M. Courtecuisse a spécifié les caractéristiques de l’intelligence artificielle qui permettent de mieux comprendre l’ampleur de sa portée sur l’économie. D’après lui, le vecteur principal d’analyse réside dans sa vitesse de diffusion. Celle-ci est stimulée par des infrastructures dont la robustesse surperforme celle des équipements dont on disposait lors des révolutions technologiques antérieures. De plus, mobiliser des sources de financement pour promouvoir le développement d’une technologie n’a jamais été si simple et rapide. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, la captation de valeur issue de l’IA sera encore davantage concentrée que celle des innovations majeures qui lui ont succédé. La deuxième piste de réflexion développée par MC s’articule autour de la question réglementaire et du comportement nettement volontariste des GAFAM sur le sujet. Si les géants du web identifient les restrictions réglementaires actuelles comme un levier important afin d’asseoir leur suprématie dans le domaine de l’IA, c’est parce qu’ils ont pu bénéficier auparavant de leur carence et engranger une quantité faramineuse d’informations pour enrichir leurs algorithmes. Par ailleurs, s’il n’est plus un secret que la diffusion de l’IA dans les sociétés modernes devrait favoriser l’émergence de nouveaux métiers à plus forte valeur ajoutée, l’implication des pouvoirs publics à long terme et la nature des secteurs concernés auront également leur importance selon M. Courtecuisse. Enfin, la proximité diplomatique qu’entretiennent l’Europe et l’Inde - manne critique de la consommation - avec les Etats-Unis et la Chine seront déterminants dans cette escalade du soft power entre les 2 premières puissances mondiales. Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les leviers dont dispose l’Europe pour rattraper son retard en matière d’IA, M. Courtecuisse a répondu aux questions et partagé son opinion sur les probables orientations diplomatiques et commerciales de l’Inde. La deuxième piste de réflexion développée par M. Courtecuisse reprend l’évolution du positionnement des GAFAM à l’égard de l’agenda réglementaire. Bien que paradoxale de prime abord, le recours volontaire et croissant à ce levier par les géants du web s’inscrit comme un moyen endogène d’asseoir leur suprématie commerciale et empêcher l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs qui viendraient «contester leur incontestabilité ».
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    Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive « Entre les grèves et les municipales : état de l’opinion » A l’occasion du premier petit déjeuner de l’année 2020, le Club de Gestion Financière a reçu ce jeudi 9 janvier au Cercle Interallié, Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive. A l’approche des élections municipales et dans un contexte de blocage politique et social, Jean-Daniel Levy est d’abord revenu sur les facteurs ayant conduit l’opinion public vers l’état de grève qui paralyse actuellement le pays. Il a ensuite dépeint les tendances politiques qui se dessinent à l’aube des élections municipales.   En premier lieu, M. Levy s’est attardé sur l’évolution de la perception des Français à l’égard d’Emmanuel Macron et de la réforme des retraites que son gouvernement est en train de mettre en place. Celle-ci a contribué à une cristallisation des tensions sociales qui perdure depuis la grève générale du 5 décembre 2019. M. Levy a poursuivi son exposé en commentant l’impact que pourrait avoir le contexte politique actuel sur les résultats des élections municipales qui se dérouleront en mars 2020. Le principal prisme d’analyse pour comprendre l’ampleur du mouvement social actuel est le chemin d’opinion à l’égard du Président Macron. L’expérience nous a montré que les mouvements sociaux sont souvent en lien avec les élections présidentielles. Les premiers signes de mécontentement sont apparus en juillet 2017 à la suite de la suppression de l’ISF et la diminution du montant des APL. Ces décisions politiques ont contribué à accentuer les sentiments d’inégalité et d’enclavement des électeurs de la classe populaire et ont contribué à qualifier Emmanuel Macron de « Président des riches ». Enfin, les maladresses de communication et le manque de lisibilité du caractère juste de la réforme des retraites ont renforcé l’incompréhension des Français, attachés à défendre leurs acquis sociaux. Si la majorité des Français approuve la nécessité d’une refonte de la sécurité sociale, les opposants à la réforme refusent de concéder leur héritage social. Le deuxième axe de réflexion avancé par M. Levy s’inscrit dans la perspective des élections municipales. D’un côté, le manque de notoriété locale des candidats de LREM devrait leur porter préjudice. De l’autre, la capacité du Rassemblement National à mobiliser une dynamique électorale comparable aux élections européennes, devrait se heurter à l’importance accordée par les électeurs au lien de proximité avec leurs candidats ainsi que leur positionnement sur des sujets locaux et environnementaux. Suite à cette présentation, qui s’est achevée par une ouverture sur les projections de l’élection de la Mairie de Paris, M. Levy a répondu aux questions de l’assistance sur les leviers dont dispose l’exécutif pour écourter cette crise majeure. 
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Présentation du Club de Gestion Financière » Ce jeudi 19 décembre 2019, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie, est intervenu lors de notre petit déjeuner mensuel au Cercle Interallié. Au cours de cette présentation d’une heure, la centaine d’invités présents a eu l’occasion d’entendre Jean-Pierre Petit s’exprimer sur sa passe d’arme récente avec M. de Larosière, ancien Gouverneur de la Banque de France et Directeur du FMI, par médias interposés. Mais également de pouvoir écouter les prévisions de M. Petit pour les années à venir. M. Petit est revenu en premier lieu sur la tribune écrite par M. de Larosière et parue dans les Echos du 10 décembre. Cette tribune a notamment fait l’état des effets supposés délétères de la politique monétaire menée par la BCE ces dernières années ainsi que de la baisse du niveau d’inflation d’équilibre. M. Petit a repris les 11 points qu’il a traités dans un article en réponse à M. de Larosière. Il a notamment rappelé les nombreuses études publiées sur le sujet démontrant les effets favorables des politiques monétaire accommodantes de la BCE sur la croissance et l’inflation et l’absence d’impact négatif agrégé des taux bas sur les banques. Dans un second temps, M. Petit a dirigé son exposé sur deux grands axes de réflexion pour les 10 prochaines années. Le principal prisme d’analyse pour penser les 10 prochaines années est celui de la « japonisation » du monde. L’expérience japonaise nous a montré que les politiques monétaires et budgétaires restrictives ne fonctionnent naturellement pas pour sortir de phase dépressive et déflationniste. En effet, les décisions prises par les gouvernements japonais successifs ont conduit le Japon vers un ralentissement de plus de 20 ans. Cela a entraîné un transfert de la dette privée vers la sphère publique faisant du Japon le pays avec le plus fort taux d’endettement au monde. Pour l’Europe, qui est la zone présentant le plus de similitudes avec le Japon, M. Petit défend une vision plus souple et accommodante de la politique économique. Deux visions s’affrontent au cœur de la BCE, une vision allemande, prônant la rigueur, et une vision néo-BCE souhaitant poursuivre le travail de M. Draghi. Le deuxième axe structurant que nous a présenté M. Petit est l’évolution du modèle chinois. En effet, la guerre commerciale sino-américaine a mis en exergue les limites actuelles du modèle chinois. La Chine a connu une croissance importante depuis trente ans mais il lui faut aujourd’hui changer de modèle. Ainsi, la Chine a déjà rattrapé les Etats-Unis sur plusieurs des éléments-clés de la puissance, mais la marche est haute pour rattraper les Etats-Unis sur la puissance technologique. La Chine va ainsi devoir se tourner progressivement vers une économie plus tertiarisée se substituant au modèle industriel des dernières années. Suite à cette présentation, qui s’est terminée par une ouverture sur les perspectives macroéconomiques et de marché des Cahiers Verts de l’Economie pour l’année 2020, M. Petit a répondu aux questions et inquiétudes de l’assistance sur la stabilité des marchés et les taux bas des banques centrales.
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    Christian Saint-Etienne, professeur titulaire de la Chaire Jean-Baptiste Say d'économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers et membre du Cercle des Economistes « Chine et USA : vers un conflit mondial ? » Ce jeudi 14 novembre 2019, Christian Saint-Etienne, professeur titulaire de la chaire d’économie au CNAM, est intervenu afin de parler de son livre « Trump et Xi Jinping, Les apprentis sorciers » et répondre en 7 questions aux impacts sur l’Europe du conflit pour la domination mondiale entre la Chine et les Etats-Unis.  Quelles sont les spécificités de la présidence Xi (en termes de gouvernance) par rapport aux 40 dernières années ? Président de la République Démocratique de Chine depuis mars 2013, Xi Jinping contrôle réellement le pays depuis sa nomination en tant que Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois et président de la Commission Militaire Centrale le 15 novembre 2012. En mars 2018, Xi Jinping passe un nouveau cap dans sa quête du pouvoir absolu en se faisant élire président à vie par l’Assemblée nationale populaire. Souvent décrit comme le président le plus puissant de Chine depuis Mao Zedong, Xi Jinping a initié 3 ruptures importantes avec l’héritage de Deng Xiaoping, président entre 1978 et 1992 qui avait introduit la « démocratie » au sein du Parti Communiste Chinois : (1) Abolition en 2018 de la disposition constitutionnelle qui limitait la fonction présidentielle à deux mandats de cinq ans et suppression de la nomination au poste de Secrétaire Général du Parti de son successeur désigné quelques mois avant la transmission officielle du pouvoir. (2)  La purge sur les clans du Parti qui ne sont pas sur sa ligne politique, conduisant à un écrasement de ces clans qui dorénavant attendent leur revanche. Entre 2013 et 2017, 1,5 million de fonctionnaires ont été punis sous couvert de lutte contre la corruption. (3) La pensée de Xi a été élevée en pensée officielle unique et inscrite dans la Charte du Parti Communiste chinois fin 2017. Cette réforme conduit à exclure, depuis 2018, tout membre du PCC qui la contesterait. Quelles sont les formes principales du déploiement impérial chinois sur les 10 dernières années ? Après plus de 33 siècles de stagnation économique, l’humanité a vu son niveau de vie fortement augmenter au cours des 200 dernières années grâce aux révolutions industrielles successives. L’entrée dans le XXIème siècle marque le début d’une troisième révolution industrielle, liée aux avancées technologiques, pour laquelle 2 pays s’opposent. Les BATHX (Baidu, Alibaba, Tencent – Wecha, Huawei, Xiaomi) et les GAFAM sont les représentant respectifs de la Chine et des Etats-Unis pour mener cette révolution. Les GAFAM représentent entre 1 et 1,2 milliard potentiels de clients à travers les pays occidentaux contre 1,3 milliard de clients chinois potentiels pour les BATHX. La bataille engagée pour le 3ème milliard de clients potentiels est au cœur de ce conflit. Les BATHX (Alibaba et Wechat en tête) ont l’avantage sur les sociétés américaines dans les fintechs (notamment grâce aux sociétés Alibaba – Ant Financial – Alipay et WheChat Pay), tandis que les forces sont équilibrées dans l’intelligence artificielle. Les deux sujets les plus sensibles actuellement concernent la 5G (les sanctions américaines sur Huawei sont destinées à ralentir le développement chinois afin de rattraper le retard) et la voiture autonome (sur laquelle 2 modèles s’opposent, le GPS pour les Etats-Unis et les capteurs de route pour la Chine). D’autre part, la Chine accroît son poids politique dans le concert des nations. En effet, grâce à des projets tels que la Belt and Road Initiative (nouvelle Route de la Soie), la Chine s’est imposée comme un acteur majeur du développement économique de certain pays, particulièrement en Afrique, dans l’Océan indien, en Amérique latine et en Méditerranée. La Chine a également organisé des sommets Chine – Europe Centrale et Orientale (17 pays, dont 12 de l’Union Européenne) afin d’imposer sa puissance économique et politique au sein même du vieux contient, soutient historique des Etats-Unis. Le repli américain a-t-il vraiment commencé et s’achèvera-t-il exclusivement avec Trump ? Rejeté par l’establishment américain depuis son élection, Donald Trump mène face à la Chine un combat qui se poursuivra quel que soit le résultat des prochaines élections présidentielles. Contrairement à l’administration Obama qui s’est montrée plutôt souple envers la Chine, en manquant notamment de réaction suite à la prise de contrôle de Xi Jinping sur la Mer de Chine, l’administration Trump a l’intention de briser l’hégémonie chinoise en Asie. La stratégie de Trump prête néanmoins le flanc à la critique. En effet, alors que la logique voudrait que dans ce conflit, les Etats-Unis s’entourent de leurs alliés historiques (Union Européenne, OTAN…), Trump ne cesse de créer des tensions avec ceux-ci et tente de les humilier. Le retrait du JCPOA (Accord de Vienne sur le nucléaire iranien) et du TPP (Accord de partenariat transpacifique) ainsi que les déclarations quant à la volonté des Etats-Unis de se retirer de l’OTAN et de se désengager militairement de la Corée du Sud et du Moyen-Orient, sont de graves erreurs qui fragilisent la position américaine sur la scène internationale. De plus, la croissance des Etats-Unis en 2018 et 2019 est en grande partie due aux baisses d’impôts décidées par la présidence. Cependant, cela implique une hausse du déficit public à des niveaux inquiétants, avec un risque de baisse du dollar qui réduirait encore le poids du PIB américain en valeur dans le monde. Ce repli limité devrait se poursuivre sous son successeur ou lui-même s’il est réélu. La montée en puissance de la Chine peut-elle « finlandiser » technologiquement et militairement le reste de l’Asie (Japon, Inde…) ? Les pays asiatiques craignent la montée en puissance de la Chine, ce qui rend difficile l’accès aux marchés locaux asiatiques pour les BATHX.  Afin de pénétrer ces marchés, ces derniers acquièrent des sociétés locales sans afficher leur propre marque. La stratégie des GAFAM dans les pays occidentaux est bien différente et se fait par un affichage des marques propres et une communication plus agressive. Cependant, d’un point de vue militaire, la prise de contrôle de la Mer de Chine méridionale a renforcé la domination régionale de la Chine. Avec sa position continentale 1ère puissance militaire asiatique, la Chine prend de plus en plus de poids et s’impose aujourd’hui comme l’une des nations les puissantes au monde. Les dépenses militaires chinoises représentent près de 15 % des dépenses militaires mondiales, en 2ème position juste derrière les Etats-Unis. Que doit et peut faire l’Europe pour résister, voire émerger, face aux 2 blocs ? L’Europe est un petit poucet en comparaison des deux super-puissances qui s’affrontent. L’Union Européenne, la France et l’Allemagne en tête, ne doivent pas faire de concession face à ces deux mastodontes économiques et imposer un principe de réciprocité dans les accords commerciaux pour se faire entendre. Par ailleurs, l’Union Européenne doit mettre en place une gouvernance efficace et faire émerger un gouvernement économique de la zone euro afin de s’imposer comme une force politique et économique unique et majeure sans être freinée par la résurgence des sentiments nationaux. La confrontation sino-américaine actuelle peut-elle aboutir à des tensions beaucoup plus graves ? Une étude de l’Université de Harvard a observé que depuis le XVème siècle 16 conflits ayant pour acteurs une puissance dominante et une puissance montante ont eu lieu. L’étude montre que ces conflits ont abouti à une guerre dans 12 cas et à un accord pacifique dans les 4 autres. Dans ces conflits, les protagonistes étaient 2 puissances majeures. Cependant, dans le conflit actuel, il y en a une troisième, qui se place en arbitre : la Russie. Bien que la Russie ne soit pas un concurrent économique de la Chine et des Etats-Unis, elle reste une puissance militaire et nucléaire de premier ordre (son arsenal nucléaire hérité de la guerre froide est resté équivalent à celui des Etats-Unis) Quels pourraient être les catalyseurs d’une telle évolution ? Le pouvoir de Xi Jinping pourrait s’affaiblir suite à un ralentissement continu de la croissance chinoise, qui, d’après les experts, serait autour de 4,0 % et non 6,0 % telle qu’annoncée officiellement. La position de Xi pourrait être difficile à tenir face aux clans rivaux qui attendent leur revanche. La mauvaise gestion de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, ainsi que la crise de Hong Kong, fragilisent également la position du président chinois. Le dernier Plénum du Comité Central du Parti Communiste (les 370 dirigeants d’un parti de 90 millions de membres dans le pays) s’est réuni du 29 au 31 octobre. Le Plénum a durci la discipline et la volonté de mainmise du Parti sur la population en augmentant la censure dans tous les domaines. La population chinoise pourrait mal réagir à ce durcissement et souhaiter plus de liberté. En effet, l’évolution des mentalités et des modes de consommations de ces 10 dernières années peuvent avoir donné des envies d’assouplissement aux individus. De nombreux éléments pourraient avoir raison de la politique de Xi Jinping. D’après Christian Saint-Etienne, le risque est de voir, dans les années à venir, le président chinois être tenté par une aventure extérieure afin de réaffirmer son pouvoir.
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    Eric Lombard, Directeur Général de la Caisse des Dépôts « La Caisse des Dépôts, la planète et nous » Ce jeudi 10 octobre 2019, Eric Lombard, Directeur Général de la Caisse des Dépôts, est intervenu afin d’expliquer le rôle particulier de la Caisse des Dépôts et son implication croissante dans les questions environnementales.     Eric Lombard a débuté son intervention en rappelant les principales missions et le fonctionnement de la Caisse des Dépôts. Cette institution, vieille de plus de 200 ans, bénéficie d’un statut particulier. En effet, la Caisse des Dépôts fonctionne sans actionnaire mais dispose bel et bien d’un capital. Sous la juridiction de l’Assemblée nationale, elle est indépendante de l’exécutif et a pour mission de soutenir les politiques publiques. Après avoir souligné l’importance de la prise de conscience actuelle quant à la lenteur de la mise en place de solutions pour améliorer notre impact sur l’environnement, Eric Lombard nous expose la direction prise par la Caisse des Dépôts. Depuis son arrivée, la priorité est mise sur des projets et des investissements durables, ainsi que sur l’économie circulaire (définit comme un modèle de production de biens et services limitant le gaspillage des ressources et l’impact environnemental en réutilisant les déchets générés). Les institutions financières ont un rôle important à jouer dans le financement de projets à fortes composantes Responsabilité Sociale des Entreprises. La RSE regroupe l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les principes du développement durable. La Caisse des Dépôts tente de montrer l’exemple en prenant des décisions fortes telles qu’un engagement de « décarbonation » de ses actifs sous gestion. Depuis 2014, l’empreinte carbone du portefeuille d’actions cotées de la Caisse des Dépôts a été réduite de 37% et celle des obligations d’entreprises de 54%. De plus, depuis le début de l’année, la Caisse des Dépôts a mis en place une politique d’exclusion plus drastique. Elle n’investira plus, en direct ou via des fonds, dans les entreprises dont l’exposition aux activités carbonées dépasse 10% de leur chiffre d’affaires. L’objectif est d’autant plus difficile à atteindre que la Caisse des dépôts gère plus de 150 Mds€ d’actifs sous gestion, dont 55 Mds€ en actions.  L’institution souhaite amplifier le mouvement et avoir un impact sur les territoires, grâce à des initiatives au niveau local. En effet, 40% des émissions de CO2 sont liées au secteur des transports (dont 24% au transport de voyageurs) et 20% des émissions aux logements résidentiels. Par ailleurs, les logements sociaux représentent 18% des logements en France (5 millions de personnes), ainsi la Caisse des Dépôts s’est lancée dans de vastes plans de rénovation du parc immobilier afin de le rendre moins polluant. Il existe plus de 800 opérateurs sur ce secteur, avec lesquels la Caisse des Dépôts travaille en collaboration afin de rénover les HLM. La première étape du plan consiste à réaliser des travaux d’isolement thermique. Afin aider les locataires les moins aisés, la CDC a mis en place les éco-prêts à taux zéro. L’enveloppe de 4 Mds€ dont dispose la CDC, pour ces éco-prêts, a été utilisée aux ¾ afin de rénover 350 000 logements et a permis de faire économiser 650 M€ de charges aux locataires. Cependant, l’institution doit faire face à l’arbitrage entre la construction de nouveaux HLM, dont la demande est croissante, et la rénovation thermique des plus anciens. La deuxième phase du projet consiste dans la rénovation thermique des bâtiments publics. Les écoles ont notamment commencé à s’isoler thermiquement suite aux fortes chaleurs de l’été dernier. Désormais, la Caisse des Dépôts souhaite encourager les mairies à aller dans le même sens. La Caisse des Dépôts, en partenariat avec Bpifrance, a financé à hauteur de 18 Mds€ des projets dans le développement durable et l’économie circulaire. Le programme ayant connu un important succès, a été renouvelé à hauteur de 16 Mds€. Cependant, la question de la sélection des projets se pose, car peu d’entre eux répondent aux mêmes critères que les projets présentés lors de la première phase du programme. De plus, la Caisse des Dépôts se voit dans l’obligation de refuser certaines propositions de projets déjà très bien financés par le secteur privé. Elle a toutefois noté que les programmes qu’elle finance, moins visibles, sont appréciés des investisseurs privés. En moyenne, pour 1 € investit par la Caisse des Dépôts, le secteur privé investit 7 € supplémentaires.  La CDC encourage également les financements locaux menant à une économie plus durable, locale et circulaire. L’investissement à hauteur de 70 M€, dans une centrale thermique qui produit de l’énergie à partir des déchets du BTP, près de Besançon, est le parfait exemple de ce type d’investissement. Cependant, la Caisse des Dépôts est consciente de l’importance de la concertation à un niveau plus global. Les initiatives locales restent limitées et la problématique des énergies renouvelables, plus particulièrement l’implantation des usines et des ZAC proches de parcs produisant de l’énergie d’origine renouvelable, ne pourront venir que de projets nationaux. Il est important de souligner l’intérêt financier des projets de développement durable, illustré par la rentabilité de 8% dégagée par la Caisse des Dépôts au cours de l’exercice 2018. De plus, lors de sa dernière émission obligataire « développement durable », en juin dernier, la Caisse des Dépôts a bénéficié d’un taux à -0,26%, pour financer des projets verts. Pour conclure, la Caisse des Dépôts souhaite faire prendre conscience de l’importance du développement durable. Pour cela, elle dispose d’une enveloppe importante pour investir dans des projets locaux en phase avec ses objectifs. Cependant, la Caisse des Dépôts est consciente de ses limites et interpelle sur la nécessité d’une concertation à un niveau global afin d’avoir des schémas directeurs qui puissent orienter les décisions locales.
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    Patrick Artus, Chef économiste et membre du comité exécutif de Natixis « Un monde en mouvement : Inquiétudes fondées ? » Ce jeudi 12 Septembre 2019, Patrick Artus, Chef économiste et membre du comité exécutif de Natixis, est intervenu sur l’actualité économique mondiale, notamment sur les risques de récession et leur impact sur les marchés financiers. Patrick Artus débute son intervention en soulignant le pessimisme ambiant concernant la santé de l’économie mondiale, mettant en avant une étude de la NABE réalisée auprès de 226 économistes américains : 80% d’entre eux déclarent craindre une récession en 2020 ou 2021. Bien que la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine laisse craindre d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, son impact reste marginal : les augmentations de droits de douane décidées par Donald Trump ne représentent que 0,11% du PIB mondial. La principale cause du ralentissement de la croissance mondiale, qui est passée d’un niveau annuel de +3/4% à +2,5% cette année, réside dans la baisse des importations chinoises. L’économie du pays, dont l’ensemble des indicateurs se dégradent, évolue d’un modèle économique axé sur l’industrie à un modèle axé sur la consommation. Cette transition implique un besoin moins important de ressources et diminue en conséquence leurs importations, ce qui nuit au secteur industriel mondial et notamment à l’Allemagne. Malgré ce ralentissement observé de la croissance mondiale, une récession demeure peu probable du fait de l’univers de taux bas : les crises économiques récentes ont été déclenchées lorsque des agents économiques se sont trouvés brusquement placés en situation d'insolvabilité (par exemple les ménages modestes américains incapables de rembourser leur crédit immobilier en 2007). Or, dans une situation de taux d'intérêt négatifs, l’ensemble des agents demeure solvable, en témoignent les niveaux des taux de défaut actuels à leurs plus bas historiques. Le deuxième thème abordé est celui de la politique monétaire orchestrée par les banques centrales afin de lutter contre l’absence d’inflation. Malgré le plein emploi aux Etats-Unis et dans certains pays de l’Union Européenne, l’inflation demeure inférieure aux niveaux visés. La raison principale est que le plein-emploi n'a pas entraîné d'accélération des coûts salariaux unitaires, car on observe une forte déformation du partage des revenus en faveur des profits et au détriment des salariés. Cette déformation implique une forte hausse des marges bénéficiaires des entreprises et un ralentissement des hausses de salaire. De plus, la flexibilisation du marché du travail, qui a entrainé une baisse de la syndicalisation et un recul de la protection de l’emploi, a causé le recul du pouvoir de négociation des salariés et empêche la hausse des salaires. Les annonces de la BCE attendues ce jeudi 12 septembre sont ensuite évoquées, à savoir une reprise du programme de quantitative easing et une baisse des taux d’intérêt. Le maintien des taux d’intérêt au niveau actuel ne présente pas que des avantages, car il engendre la subsistance d’entreprises zombies, la création de bulles sur certains actifs, notamment l’immobilier, ainsi que des difficultés pour les banques et assureurs dans la gestion de leur bilan (ou encore une migration des capitaux européens vers les Etats-Unis). Seul un choc économique important pourrait causer une remontée des taux, avec comme scénario « plausible » l’éclatement d’une bulle immobilière, le défaut d’un assureur européen ou encore l’élection d’un candidat issue de l’aile gauche du parti démocrate aux élections américaines de 2020. De plus, les marchés financiers anticipant le maintien des politiques monétaires expansionnistes des banques centrales, celles-ci se retrouvent piégées à devoir les maintenir, sous peine de causer une brutale chute des cours. Le dernier thème développé est celui des marchés financiers, notamment l’impact des taux bas sur la rentabilité attendue des actifs. Ceux-ci ont successivement causé l’écrasement de la prime de la plupart des actifs risqués, notamment les obligations high yield, causant la migration des investissements vers les actifs illiquides pour bénéficier d’un surplus de rentabilité (tel que l’immobilier et le private equity). Désormais, la prime d’illiquidité de ces derniers se contracte également, engendrant une chute de leur rentabilité attendue. Les actions européennes sont les seules à avoir résisté à ce mouvement. Cela s’explique par différents facteurs, notamment des résidents non européens ayant une vision négative de l’économie européenne prenant des positions vendeuses en actions et acheteuses en obligations ou encore des assureurs qui sont également en position vendeuse d’actions afin de répondre aux normes prudentielles pesant sur leur bilan. Cependant, les résultats des entreprises européennes demeurent satisfaisants, avec des bénéfices en hausse dus à la baisse des taux d’intérêt et à des salaires stagnants. Enfin, Donald Trump semble changer d’orientation stratégique à la veille des élections, cherchant davantage le compromis que la confrontation, en témoigne le limogeage de John Bolton. À la vue des différents éléments énoncés, l’optimisme est de rigueur sur le marché des actions en Europe. Pour conclure, Patrick Artus, qui admet que sa vision est plus optimiste que celle du consensus, nous invite à ne pas transposer les événements du passé et à éviter les raisonnements automatiques sur la durée des cycles économiques.
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie «Apprenons à aimer Trump : Quelles perspectives pour les marchés?» Ce jeudi 13 Juin 2019, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, est intervenu sur l’impact de la politique de Donald Trump, et notamment sa guerre commerciale avec la Chine, sur les marchés financiers. Jean-Pierre Petit a débuté son intervention en soulignant l’influence considérable de Donald Trump sur les marchés financiers mondiaux, le caractérisant au passage comme le président américain le plus interventionniste depuis la fin de la seconde guerre mondiale.  Pour rappel, dans les années 1970, les États-Unis et la Chine avaient amorcé un rapprochement dans le but de lutter contre leur adversaire commun : l’URSS. La Chine était alors au plus bas niveau commercial et économique de son histoire contemporaine. 50 ans plus tard, la Chine a réalisé une montée en puissance exceptionnelle, que ce soit d’un point de vue commercial, économique, technologique, politique ou encore militaire. Cependant, le duel entre les États-Unis et la Chine demeure déséquilibré en faveur des États-Unis pour deux raisons. D’une part, les relations commerciales sont aujourd’hui favorables aux américains : les importations en provenance de Chine sont presque 4 fois plus importantes que les exportations américaines vers la Chine. D’autre part, les États-Unis représente encore aujourd’hui près de 30% de la consommation mondiale quand la Chine en représente à peine 10%. Si un accord entre les deux puissances était espéré au G20 du 29 juin à Osaka, il semblerait que cela ne soit aujourd’hui plus le cas. En effet, Trump, qui a débuté sa campagne électorale le 16 juin en vue de sa réélection, semble régulé par trois facteurs : la conjoncture de l’emploi, les marchés financiers et sa cote de popularité. Et même si son offensive à l’encontre de la Chine a été bien accueillie par les entreprises américaines ainsi que par certains partisans du parti démocrate, sa popularité actuelle est affaiblie par plusieurs facteurs : le ralentissement du rythme des créations d’emplois, le plafond de la dette fédérale bientôt atteint (au mois d’octobre) et les attaques des démocrates à son encontre. La guerre commerciale que livre Trump contre la Chine a déjà entrainé une hausse de +10% à +25% des droits de douane sur certains produits chinois importés aux Etats-Unis et prévoit de nouvelle taxation à hauteur de 25% sur 300 Md$ d’exportations chinoises supplémentaires. Ces mesures protectionnistes devraient accroître le taux moyen de taxation à 28% sur les importations chinoises contre 3,5% en 2017. Néanmoins, ce niveau est à nuancer avec le taux moyen de taxation de 38% pratiqué contre les pays non membre de l’OMC. En représailles, la Chine a récemment menacé de surtaxer les terres rares (métaux indispensables à la production de bons nombres d’équipements électroniques) dont elle détient 70% de la production et 40% des réserves. La menace potentielle d’une vente massive de Treasuries américain détenu par la Chine est quant à elle peu probable. D’abord parce que l’importance donnée à la Chine dans ce domaine est largement surestimée. En effet, elle possède moins de 7% de l’encours total de Treasuries (qui s’élève à 16 000 Mds$) et la Fed est en capacité d’intervenir en cas de correction obligataire non justifiée par les fondamentaux américains. Ensuite, parce que cela aboutirait inexorablement à dévaloriser les obligations détenues par la Chine et à apprécier le Renminbi. Enfin, il ne faut pas oublier que le rendement/risque/liquidité des govies américains reste très attractif par rapport aux marchés occidentaux « concurrents » : Japon, Allemagne, … Jean-Pierre Petit dresse ensuite un bilan économique satisfaisant des États-Unis et de l’Europe en ce milieu d’année 2019. L’économie américaine maintient sa bonne dynamique portée par la consommation de ses ménages celle-ci étant soutenue par l’augmentation des bas salaires. Quant au débat concernant l’endettement aux Etats-Unis, il semble infondé. En effet, l’endettement des particuliers diminue et bien que celui des entreprises augmente le ratio de couverture « EBITDA/Charges d’intérêt » demeure à un niveau largement soutenable en raison des faibles taux d’intérêt. Ces éléments laissent penser qu’un scénario de récession à court terme est à écarter. La conjoncture chinoise est quant à elle légèrement moins bonne avec une croissance qui devrait évoluer à des taux compris entre +6,2% et +6,3% mais qui laisse une certaine marge de manœuvre au gouvernement chinois. Enfin, l’économie européenne semble prendre la bonne direction avec un taux de chômage en baisse et des ventes au détail qui évoluent dans le bon sens malgré une absence d’inflation. La conclusion apporte finalement des éléments de réponse à l’intitulé un brin provocateur « Apprenons à aimer Trump » avec un inventaire des décisions bénéfiques prises par le président américain, à savoir : ses attaques contre le mercantilisme chinois et allemand, la responsabilisation de l’Union Européenne dans sa politique de défense, ses pressions sur la FED, son pragmatisme économique et surtout la puissance de son interventionnisme qui va à l’encontre de la fatalité de l’impuissance publique, principal levier des mouvements populistes.
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    Dominique Gaillard, Président de France Invest « Le Private Equity : une réelle opportunité aujourd’hui ? » Ce jeudi 23 Mai 2019, Dominique Gaillard, Président de France Invest, est intervenu au côté de Jean-Pierre Petit sur l’opportunité que représente l’investissement en private equity au sein des portefeuilles d’investisseurs institutionnels et particuliers.   Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, a lancé le débat en proposant un tour d’horizon macroéconomique du private equity. Cette classe d’actifs alternatifs, qui représente désormais près de 4% de l’actif des portefeuilles mondiaux, a connu un fort engouement depuis une dizaine d’années. Bien que le nombre de transactions soit resté relativement stable depuis 2010 (entre 3 000 et 4 000 opérations par an), le montant de ces opérations et les fonds collectés par les acteurs du private equity sont en forte croissance. Cette tendance est également visible à travers le développement d’un marché secondaire qui a dépassé les 55 Mds$ en 2018 alors qu’il s’établissait à 20 Mds$ en 2010. L’expansion du private equity s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs, dont l’environnement de taux bas, une hausse de la désintermédiation bancaire, une baisse du nombre d’entreprises cotées, une libéralisation des placements privés, une baisse du levier bancaire ainsi qu’une hausse de la rentabilité des entreprises, notamment américaines. En termes de performance, le private equity affiche une rentabilité intéressante, couplée à une volatilité relativement faible. Il est, avec les T-Bills 3 mois, l’une des seules classes d’actifs qui affiche un couple rendement / risque supérieur à 1. Il convient cependant de relativiser les performances non corrigées du risque, habituellement mis en avant par les acteurs du secteur, en tenant compte du risque et de la relative illiquidité. Enfin, à la vue de sa corrélation relativement faible avec le marché actions américain, le private equity offre une opportunité de diversification intéressante et son poids idéal dans un portefeuille diversifié devrait être de l’ordre de 15% contre 4% en moyenne actuellement. Dominique Gaillard, Président de France Invest, a ensuite prit la parole en soulignant le rôle du private equity dans le développement du tissu industriel français, notamment en termes de répartition de la création de valeur avec les salariés. Selon un sondage récent, 94% des employés d’entreprises ayant fait l’objet d’une prise de participation par un fonds de capital investissement se déclarent satisfait de la présence d’un actionnaire financier stable et bienveillant a posteriori, alors même que la moitié des salariés étaient réticent au moment de la prise de participation. Un autre levier important de création de valeur passe par la conquête de nouveaux marchés, la transformation de leaders régionaux en leaders nationaux et de leaders nationaux en leaders mondiaux. Pour ce faire, les fonds doivent mettre à la disposition des entrepreneurs tout leur savoir-faire, notamment dans leur développement par acquisition en les aidant à identifier les synergies possibles et les partenaires les plus pertinents.   Parmi les autres avantages, les fonds de private equity ont démontré une forte résilience durant la crise de 2008, ce qui a contribué à attirer de nouveaux types d’investisseurs tels que fonds souverains, et la frilosité des banques à octroyer des prêts a largement bénéficié au développement des fonds de dette privée, qui jouent aujourd’hui un rôle important dans l’environnement du private capital. Au titre des amélioration possibles, la création de fonds ouverts de private equity sur le modèle des SICAV, au sein desquels les investisseurs pourront entrer ou sortir à leur convenance, va permettre de pallier l’illiquidité des placements, première critique concernant l’investissement en non coté. La loi PACTE devrait également instaurer des améliorations réglementaires pour le secteur, avec notamment un régime fiscal spécifique pour les plus-values redistribuées par les fonds aux salariés des entreprises cédées, ce qui accentuera le partage de la valeur ajoutée entre les différentes parties. 
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    Nicolas Baverez, Historien & Economiste « Quelles conditions à un sursaut européen en 2019 » Ce jeudi 11 Avril 2019, Nicolas Baverez, historien et économiste, est intervenu sur la question européenne au lendemain d’un sommet capital qui s’est conclu sur un report du Brexit au 31 octobre 2019. En guise d’avant-propos, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, rappelle les nombreux défis auxquels doit faire face l’Europe en 2019. Il cite notamment la complexe question du Brexit, les élections européennes, la récession italienne, la succession de Mario Draghi ou encore les offensives commerciales des Etats-Unis. Nicolas Baverez débute son intervention en présentant la situation politique actuelle de l’Europe, qu’il qualifie de dégradée. L’Union Européenne s’est construite sur les fondements des Etats de droit qui la constitue, attachés à une liberté seulement contrainte par les règles du marché commun. Ces bases ont été fortement secouées par les chocs économiques, politiques et sécuritaires du XXIème siècle, qui ont rendu le continent vulnérable, désarmé et isolé face aux nouveaux empires se disputant le leadership politique mondial. Du côté des oppositions extérieures, les Etats-Unis de Donald Trump agitent la menace des taxes sur les importations depuis plusieurs mois. La Chine, qui a investi plus de 145 Mds€ en Europe, a désormais le contrôle de nombreux actifs stratégiques européens, tandis que la Russie se constitue un véritable arsenal militaire et stratégique. Du point de vue économique, dans un monde où la technologie est devenue un des principaux vecteurs de croissance, les entreprises européennes accusent un retard considérable face aux GAFAM et aux entreprises d’état chinoises. Le manque de clairvoyance de la commission européenne sur les questions de préservation de l’industrie n’a pas été sans conséquences, avec un nombre d’entreprises européennes dans les 100 premières capitalisations mondiales qui est passé de 28 à seulement 12 en l’espace de dix ans. Dans ce contexte, la refonte de l’Union Européenne n’est plus un problème d’ordre économique mais un problème politique : il faut fonder un projet commun, alliant souveraineté et sécurité, permettant de répondre à la montée du populisme en Allemagne, en Italie et en Espagne. D’autre part, la règlementation européenne doit évoluer en faveur d’une protection de son industrie et doit être en mesure de répondre aux attaques américaines. Le projet de fusion Alstom-Siemens ou la perte des activités bancaires à forte valeur ajoutée au profit des banque américaines en sont les principaux contre-exemples. Pour mener à bien ce redressement, l’Europe peut compter sur un capital humain qualifié ayant un accès à l’éducation supérieure moins onéreux qu’outre atlantique, sur son marché intérieur de 500 millions d’habitants, ainsi que sur sa monnaie unique. Certaines réformes récentes dénotent d’une amélioration progressive de la direction de l’Union : la taxe sur les géants du numérique (taxe GAFA) instaurée dans plusieurs pays, qui doit cependant être accompagnée d’une véritable politique européenne d’innovation technologique, ainsi que la création d’un fonds européen de la défense, doté de 13 milliards d'euros, qui doit permettre la mise en place d’une stratégie européenne de sécurité. Le renforcement des liens unissant les 27 membres de l’Union Européenne lors des négociations sur le Brexit est également annonciateur d’une prise de conscience européenne sur le sujet. Lors des prochains mois, la recherche d’un nouveau président de la BCE qui poursuive les politiques mises en place par Mario Draghi s’avérera fondamentale. Erkki Liikanen, candidat finlandais présenté comme l’un des favoris pour le poste, semble correspondre à ce profil. Concernant le rôle de la France dans l’Union, celle-ci pourrait devenir un acteur clef de l’Europe post-Brexit, en jouant un rôle de pivot entre l’Europe du Sud et l’Europe du Nord. Enfin, à l’échelle des prochaines décennies, la liberté politique et le questionnement sur l’éventuelle sortie de l’Europe de l’histoire constitueront les deux grands enjeux historiques auxquels sera confronté le Vieux Continent.
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    Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Embellie des Marchés : des fondements robustes » Ce jeudi 21 mars 2019, le Club était animé par Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie. La phase de bull market actuelle a 10 ans ! L’une des plus longues de l’histoire (juste après celle de 1987-2000) : depuis 2009, la performance réelle de l’indice S&P 500 a été de +244%. Ce bull market n’a pas connu de baisse cumulée supérieur à -20%, synonyme de bear market, même si le seuil n’a été préservé que d’extrême justesse lors de la dernière correction (plus de 19% entre le 20 septembre et le 24 décembre dernier). Ce bull market devrait a minima se poursuivre jusqu’au début 2020 car il n’existe pas de vecteur de bear market à horizon un an sur la base de l’expérience historique d’après-guerre (récession américaine, forte correction obligataire générée par un choc de politique monétaire, derating autonome des actions lorsque la valorisation est extravagante, augmentation considérable de l’aversion au risque). Aujourd’hui, le S&P 500 a déjà effacé les trois quarts de la correction depuis son point bas du 24 décembre 2018 et retrouve à ce stade du rebond le niveau observé lors de la vingtaine de corrections boursières connues depuis 1960. Mais il ne faudra pas s’attendre à des fortes performances. Si l’on en croit les précédents cycles haussiers, la performance des actions tend à graduellement décliner avec le temps (sauf dans les cas de bulles actions de fin de cycle comme durant les années 20 et 90). Le marché actions américain restera haussier, mais il sera avant tout un « marché tactique et opportuniste ». Si Jean-Pierre Petit pense que le bull market n’est pas terminé, cela ne l’empêche pas d’être prudent sur le court terme et d’examiner les risques. Il soutient l’idée que la consommation des ménages sera le facteur clef qui permettra au PIB mondial de résister. Il émet également l’hypothèse que la remontée des taux promise par Mario Draghi n’aura pas lieu. Le mandat de M. Draghi arrivera à son terme fin octobre 2019 et son successeur devrait être annoncé à la fin du premier semestre. Pour autant, une certaine passivité règne au sein des institutions européennes puisqu’à ce jour, aucun débat n’a eu lieu sur la nomination de son successeur. En Italie, les nouvelles élections qui devraient consacrer la victoire de La Ligue ne devrait pas avoir un impact négatif durable sur le marché actions. En conclusion, Jean-Pierre Petit suppose que les négociations quant au Brexit devraient se poursuivre bien après le 3 juillet 2019 et que le Front National et d’autres partis dit populistes en Europe ont abandonné l’idée d’un Frexit.
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    Monsieur Le Président Nicolas Sarkozy Débat animé par Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « L’Europe : quelles solutions ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce lundi 11 févier 2019, le Club de Gestion Financière avait l’honneur de recevoir Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République. Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie a lancé le débat en présentant un tour d’horizon sur l’Europe. Il a rappelé que l’année 2017 avait été l’année de la renaissance de l’espoir pour l’Europe tant d’un point de vue économique que politique. La croissance de l’Union européenne, initialement prévue à +1,4% par le consensus, avait finalement atteint +2,5% et la percée attendue des « formations populistes » lors des élections en France ou aux Pays-Bas, ne s’est finalement pas produite. Cependant, l’année 2018 a « douché » ces espoirs, avec un puissant ralentissement économique au 2ème trimestre et la renaissance de risques politiques (victoire des « forces antisystèmes » en Italie, menaces de hard-Brexit au Royaume-Uni, fragilité politique d’Angela Merkel, crise des « gilets jaunes » en France,…). Nicolas Sarkozy a ensuite répondu à une série de questions portant sur l’Europe. L’ancien Président estime qu’il est important de partir du général afin de mieux comprendre ce qu’il se passe au sein des pays européens. Il explique ainsi que le monde a été orienté pendant des siècles autour d’un axe occidental tandis qu’aujourd’hui il tourne autour d’un axe oriental. Selon Nicolas Sarkozy, l’Occident est en train de disparaitre au regard d’une démographie toujours plus importante en Asie et en Afrique. Selon les prévisions, dans 30 ans, la population du Nigéria sera supérieure à celle des Etats-Unis. Le monde n’a encore jamais connu un tel choc démographique. Interrogé sur le Brexit, Nicolas Sarkozy y voit une catastrophe où tout le monde est perdant. Le Brexit est un problème européen car l’Europe va perdre une de ses nations les plus puissantes et le Royaume-Uni va se retrouver relativement seul car ils pourront difficilement compter sur le soutien des américains. Par ailleurs, la sortie du Royaume-Uni pourrait inspirer certains pays ou régions comme la Catalogne qui souhaiterait sortir de l’Espagne, ou le conflit entre les Flamands et les Wallons en Belgique. L’Italie pourrait également se montrer volontaire à une sortie de l’Union Européenne. Nicolas Sarkozy souhaiterait donc que le Royaume-Uni et l’Europe imaginent ensemble les 70 ans à venir et construisent l’Europe de demain. L’Afrique pourrait être un appui de taille pour soutenir l’Europe. Il faudrait instaurer un « plan Marshall » des infrastructures africaines. L’ancien Président pense également qu’il est important de créer un fonds monétaire européen et ne plus dépendre du FMI. En effet, selon lui, la politique budgétaire européenne doit rester indépendante des Etats-Unis. Un autre sujet évoqué est celui du rôle de la BCE dans l’économie européenne. Selon Nicolas Sarkozy, l’immobilisme de la BCE durant son mandat a constitué un frein à l’amélioration rapide de la situation économique de l’Union européenne. La politique de Mario Draghi a ensuite permis d’apaiser la crise relativement rapidement. Le troisième sujet portait sur l’endettement grandissant des pays. Nicolas Sarkozy estime qu’un endettement est très souvent créateur de valeur s’il soutient des projets ambitieux. En effet, le « Grand Emprunt » de 2010 qui a mobilisé près de 60 Mds€ avait permis la construction de la ligne à grande vitesse entre Paris et Bordeaux, il a également permis de connecter le territoire français à la 4G. Cet endettement était nécessaire et a permis de donner du dynamisme à l’économie française car, selon lui, « c’est le projet qui fait l’argent et non pas l’argent qui fait le projet ». Il préconise d’ailleurs de recourir une nouvelle fois à l’emprunt pour un nouveau plan de grands travaux. Enfin, le 4ème et dernier sujet abordé est celui de la relation entre l’Europe et la Russie. Sur ce thème, Nicolas Sarkozy évoque son désarroi de voir la Russie se tourner vers la Chine plutôt que vers l’Europe. En effet, l’Europe a tendance à suivre les directives des Etats-Unis qui ont instauré des sanctions envers la Russie suite évènements en Ukraine. Ces sanctions peuvent sembler contre-productives, car l’Europe a besoin de la Russie pour faire face à la montée en puissance de l’Asie. En conclusion, Nicolas Sarkozy souligne l’intérêt qu’il pourrait y avoir à créer une nouvelle instance supra-européenne regroupant la Turquie, la Russie et l’Union Européenne.
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    Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive « Les Gilets Jaunes, un épiphénomène ? » « Les Gilets Jaunes, un épiphénomène ? » Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique et Opinion chez Harris Interactive Jeudi 17 Janvier 2019 Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 17 janvier 2019, le Club était animé par Jean-Daniel Levy, directeur du département Politique et Opinion chez Harris Interactive. Jean-Daniel Levy estime que le mouvement des « Gilets Jaunes » est loin d’être un épiphénomène : ce rassemblement vient d’un mécontentement plus profond. Emmanuel Macron a été élu sur plusieurs motivations des Français : la première est personnelle, les Français le considérant comme le président idéal, ayant connu à la fois des expériences en politique mais aussi dans le secteur privé et proposant un langage clair et honnête. La seconde motivation était d’empêcher Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon d’accéder au second tour des présidentielles. Cependant, cette élection a fait ressortir quelques points alarmants. Tout d’abord, il est impossible de pouvoir qualifier le vote à l’égard d’Emmanuel Macron, au contraire de celui envers ses prédécesseurs. En 1988, le vote en faveur de François Mitterrand coïncidait avec une « France Unie », en 1995 et 2002, Jacques Chirac prônait une « France rassemblée », en 2007, Nicolas Sarkozy encourageait à « travailler plus pour gagner plus » et en 2012 François Hollande se faisait élire avec son projet «Egalité et Réconciliation». Cette difficile identification de son contrat politique a conduit Emmanuel Macron à n’obtenir que 24% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle contre plus de 28% pour François Hollande en 2012 et plus de 31% en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais, entre le premier et le second tour de la présidentielle, le Front National a progressé de 13 points dans les suffrages, lui permettant d’instaurer une dynamique qui s’est ensuite reflétée dans les résultats des élections législatives où huit députés du Front National ont été élus. Mais le plus inquiétant a été que 57% des Français se sont abstenus au second tour de cette élection, ce qui représente un record absolu d’abstention en France. A la suite de l’élection d’Emmanuel Macron, le premier signe de mécontentement est apparu en juillet 2017 avec la suppression de l’ISF et la diminution du montant des APL de 5€. Cette erreur politique a eu pour effet immédiat de le qualifier de « Président des riches ». Cependant, il parvient à appliquer une partie de ses propositions de campagne pour devenir un président réformateur (avec des réformes telles que Notre-Dame des Landes, le baccalauréat, la SNCF, etc.). Par la suite, plusieurs éléments mineurs ont eu un effet négatif immédiat sur l’opinion des Français envers leur président en 2018 : la construction d’une piscine dans la résidence présidentielle du fort de Brégançon, l’achat d’une nouvelle vaisselle pour l’Elysée, l’utilisation du Falcon pour quelques kilomètres ou encore la Fête de la Musique insolite à l’Elysée ont été mal perçus par les Français dans un contexte où Emmanuel Macron présentait les aides sociales comme représentant « un pognon de dingue ». A cela se sont ajoutés les départs de son ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot et de son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, et surtout la véritable étincelle ayant déclenché ce mouvement des « Gilets Jaunes » : l’augmentation du coût du carburant. De nombreux Français n’ont pas les moyens de pouvoir vivre en centre-ville et sont contraints de s’installer en périphérie. L’utilisation de leur voiture est donc une nécessité et cette hausse des carburants a un impact direct sur leur situation financière. Ces personnes représentent la France qui se considère depuis longtemps abandonnée et se demandent si l’Etat les écoutera un jour. Les « Gilets Jaunes » interviennent dans un paysage politique dévasté où l’ensemble des hommes politiques, hormis Marine Le Pen, ont perdu popularité et crédibilité. Dans la perspective des prochaines élections européennes, les Français se demandent quel sera le projet de l’union, son orientation et si la France et ses députés auront la capacité de se faire entendre.
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    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Patrick ARTUS, Chief Economist, Natixis « Faut-il réinvestir dès maintenant sur les marchés d’actions ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 20 Décembre 2018, le Club était animé par Bertrand Jacquillat et Patrick Artus, directeur de la recherche de Natixis. Bertrand Jacquillat, a tout d’abord présenté la chute des marchés actions depuis le 31 Décembre 2017 et son analyse via le modèle Trival®. Sur fond de ralentissement de l’économie mondiale, les indices actions ont connu un 2ème semestre difficile et une hausse de la volatilité, notamment au mois d’octobre. A mi-décembre 2018, l’indice CAC 40 a perdu plus de 12% par rapport à fin 2017, l’indice S&P près de 3% et le recul est encore plus marqué sur certaines bourses non occidentales (cf. La Chine -26%). Cette baisse de cours des actions a fait remonter la prime de marché Trival® à un niveau proche de sa moyenne plus un écart-type ce qui peut suggérer une certaine attractivité des marchés de long terme. Est-il pour autant opportun de retourner maintenant sur les actions ? C’est probablement prématuré dans un contexte de remise en question de la croissance mondiale, d’autant plus qu’il convient de ne pas oublier que lors d’un mouvement d’ampleur des excès sont notés dans un sens comme dans un autre. Autrement dit, la prime de marché peut s’écarter très sensiblement de sa moyenne avant d’entamer un mouvement inverse de retour. Patrick Artus commence son intervention sur la source du ralentissement économique actuel. Vient-il de la transition d’une croissance forte à une croissance modérée mais stable ? Ou existe-il un véritable risque de récession ? Dans un premier temps, Patrick Artus affirme que l’économie se trouve dans un retournement cyclique en démontrant, tout d’abord, la baisse de la consommation des biens durables illustrée notamment par la baisse de la construction de logements et de ventes de voitures notamment en Chine, où la baisse des ventes de voitures atteint -17%. Par ailleurs, ce retournement économique est alimenté par un taux de chômage très bas aux Etats-Unis. En effet, lorsque tous les américains « employables » ont un emploi cela conduit à une diminution de la création d’emplois et par conséquent à une baisse de la croissance. A cela s’ajoute la réelle difficulté des entreprises à embaucher du personnel qualifié en Europe. Les économistes caractérisent cette situation comme un simple retournement économique avec le retour d’une croissance inférieure à la croissance de long terme. Patrick Artus a ensuite présenté les différents risques susceptibles de transformer ce retournement économique en récession. Au niveau européen, le Brexit provoque beaucoup d’incertitudes notamment sur la probabilité qu’il se fasse sans accords économiques. Mais les Britanniques semblent prendre peu à peu conscience des conséquences d’un Brexit sans traité économique (baisse de -10% du PIB en 15 ans et suppression de près de 3 millions d’emplois selon une étude de la banque d’Angleterre) et recherchent des solutions afin de limiter cet impact. A cela s’ajoute l’incertitude sur le déficit italien qui devait fortement augmenter à 2,4% du PIB mais qui a été revu à la baisse à 2,04% par le gouvernement italien. L’Italie a finalement fait des concessions en se rendant compte qu’une augmentation du déficit impliquait une hausse des taux d’intérêt. L’Italie aurait ainsi perdu plus de croissance avec cette hausse des taux d’intérêt qu’elle n’en aurait gagné en augmentant son déficit. Concernant l’économie française, la crise des « gilets jaunes » aurait pu dégrader l’appétence des investisseurs à investir en France ceux-ci n’ont pas changé leur stratégie pour autant. Un autre risque majeur concerne la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. L‘économie chinoise est pour le moment la plus impactée par ce conflit, tant les Chinois sont persuadés qu’il sera destructeur de croissance. Cette inquiétude des Chinois se reflète dans la baisse de leur consommation, ces derniers préférant épargner. Mais cette guerre commerciale ne devrait pas avoir d’impact majeur pour le moment. En effet, les taxes douanières appliquées par les Etats-Unis portent sur des produits qui ne sont pas fabriqués aux Etats-Unis, et par conséquent, sans transfert de production, les importations américaines ne baissent pas. Par ailleurs, ces taxes n’auront pas d’effet négatif sur la croissance car des importations plus chères conduisent à une recette fiscale plus importante pour le pays importateur. Par conséquent, les Etats-Unis pourront ainsi utiliser cette recette pour rembourser le déficit public ou en rendre une partie à la population. Aussi, Patrick Artus estime que le marché du travail a changé et n’a plus le même impact sur les salaires et sur l’inflation. En principe, lorsque le chômage diminue les salaires augmentent mais l’inflation salariale reste pourtant faible aux Etats-Unis, dans la zone euro et en Chine. Dans ce contexte de faible inflation, les banques centrales ne devraient pas augmenter leurs taux directeurs de manière significative. Le taux de la FED ne devrait pas dépasser +3% tout comme celui de la BCE qui souhaite sortir de la politique de taux zéro et qui devrait monter ses taux à +1%. Il apparaît tout de même nécessaire de faire attention à la baisse de la liquidité macroéconomique venant de la vente des obligations achetées depuis la crise par la FED. Enfin, l’endettement des entreprises en Europe à tendance à baisser sauf en France où les taux d’endettement restent élevés tandis qu’en Italie, la tendance est au désendettement, ce qui conduit à une baisse des investissements. Aux Etats-Unis les niveaux d’endettement sont particulièrement bas, les entreprises préférant se financer en action. La chute actuelle du prix du baril, passé de 85$ début octobre à 57$ le 20 décembre, vient en grande partie de l’augmentation de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. La consommation est en hausse de +1,3% mais la production de pétrole est passée au-dessus de cette consommation ce qui a tiré les prix vers le bas. Mais cette hausse de la production du pétrole de schiste ne devrait pas durer car les petits producteurs éprouvent de plus en plus de difficultés à se refinancer. La baisse de la production de pétrole de schiste devrait conduire à une augmentation du cours du pétrole qui devrait remonter à 70$. Ces différents risques n’apparaissent pas, aux yeux de Patrick Arius, comme les facteurs les plus à même de transformer ce retournement cyclique en une véritable récession. Selon lui, l’argument le plus probable porte sur le cycle des obligations d’entreprises aux Etats-Unis. Au cours des dernières années, les entreprises américaines ont émis beaucoup d’obligations dans le but de racheter leurs propres actions. Mais les investisseurs ne semblent plus acheteurs de ces titres et cela conduit à une baisse des opérations de rachats d’action. Cette baisse a engendré une baisse du marché des actions, expliquant la récente chute des indices américains. En conclusion, il existe beaucoup d’éléments de divergence avec la crise de 2007/2008. L’endettement des entreprises est plus faible dans les pays de l’OCDE et l’inflation ainsi que les taux d’intérêt sont encore très bas. Le plus grand déséquilibre semble concerner le marché actions aux Etats-Unis où la valorisation des actions américaines, notamment pour les entreprises technologiques, a fortement augmenté, suite à la fois aux rachats massifs d’actions par les entreprises et aux achats par les non-résidents. Si ces derniers prenaient peur cela conduirait sans doute à une plus forte correction des marchés boursiers.
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    Philippe Aghion, Professeur au Collège de France « Intelligence artificielle et croissance » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mardi 20 Novembre 2018, le Club accueillait Philippe Aghion, professeur au Collège de France, sur le thème de l’intelligence artificielle et son impact sur la croissance. Philippe Aghion définit l’intelligence artificielle comme étant la capacité à imiter l’intelligence humaine en automatisant des tâches qui paraissaient impossibles à robotiser auparavant. Plusieurs questions se posent sur les effets sur l’économie et la croissance de cette automatisation de la production des biens et des services mais aussi à terme des idées. La première interrogation soulevée porte sur les conséquences de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Philippe Aghion fait le parallèle avec les deux autres révolutions industrielles que le monde a connues, à savoir l’arrivée de la machine à vapeur et de l’électricité. De nombreux économistes prédisaient que ces deux innovations conduiraient à un chômage de masse mais c’est l’inverse qui se produisit puisque ces deux révolutions ont apporté plus de croissance et de travail que de destruction d’emplois. Concernant la révolution technologique de l’intelligence artificielle, Philippe Aghion se montre à court terme plus prudent. En effet, une étude portant sur l’effet de la robotisation sur les destructions d’emplois en France entre 1995 et 2014, montre que plus le taux de robotisation est élevé moins il y a d’emplois. De plus, les entreprises qui ont tendance à moins employer, comme les GAFAM, sont celles qui se développent le plus et qui ont un poids de plus en plus important dans l’économie mondiale. Cependant, Philippe Aghion remarque que ce sont les emplois les moins qualifiés qui sont les plus touchés contrairement aux métiers les plus qualifiés. Il estime qu’à long terme cette révolution pourrait être créatrice d’emploi étant donné que l’intelligence artificielle, en automatisant des tâches existantes, crée de nouveaux besoins. Le problème aujourd’hui est donc la réallocation de ces nouvelles tâches qui nécessite de faire évoluer notre éducation et de rendre les gens adaptables afin de tirer parti de l’intelligence artificielle. La deuxième question que s’est posée Philippe Aghion porte sur les inégalités de revenus que peut engendrer l’intelligence artificielle. La première intuition conduirait à penser que les robots, se substituant aux emplois les moins qualifiés, auraient tendance à valoriser le travail des plus qualifiés, entrainant une augmentation des inégalités de revenus. Philippe Aghion a étudié ce phénomène en Angleterre en comparant la différence de revenu entre les emplois qualifiés et non qualifiés à la fois dans les entreprises high-tech et les autres. L’écart de salaire entre les emplois qualifiés et non qualifiés est d’autant plus réduit que l’entreprise est technologique. Cela s’explique par le fait que ces entreprises high-tech sous-traitent une grande partie de leurs tâches les moins qualifiées et gardent seulement les métiers à forte valeur ajoutée et un petit nombre d’emplois non qualifiés. Ces derniers sont très bien rémunérés car les entreprises de haute technologie ont besoin d’avoir une confiance totale en ces personnes et font donc en sorte de retenir les meilleurs éléments parmi les moins qualifiés. La troisième interrogation porte sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la croissance de la productivité. Philippe Aghion montre qu’au cours de l’histoire, les plus fortes croissances ont été connues au moment des deux révolutions industrielles (machine à vapeur et électricité) mais aussi au moment de la révolution internet à la fin des années 1990 et dont l’intelligence artificielle est la continuité. Mais pourquoi cette croissance de la productivité diminue depuis le début des années 2000 alors que de nombreuses innovations technologiques ont vu le jour depuis. Robert Gordon expliquait que les principaux fruits de la croissance avaient déjà été cueillis lors des précédentes révolutions technologiques et que les idées étaient de plus en plus compliquées à trouver. Philippe Aghion ne partage pas le même avis et ses recherches montrent que la baisse de la croissance de la productivité est la conséquence de plusieurs facteurs. Le premier serait la baisse du nombre d’entreprises à entrer sur le marché, principalement depuis la crise financière de 2008 et la mise en place d’une politique de taux d’intérêt très bas. Ce contexte économique a permis aux entreprises les moins efficaces de rester sur le marché, empêchant ainsi l’entrée d’entreprises plus performantes. Le deuxième argument évoqué est la concentration grandissante des marchés : la part en chiffre d’affaires des quatre plus grosses entreprises dans la plupart des secteurs ne cesse d’augmenter. Cette concentration impacte les marges des entreprises qui semblent, certes, avoir augmenté mais cette progression provient en grande partie des marges très importantes dégagées par les firmes « superstars », telles les GAFAM. Ces dernières, grâce à leur accès à un très grand nombre de données et à des informations que les autres n’ont pas, parviennent à obtenir des marges bien plus grandes. Dans un premier temps l’irruption des GAFAM très productives a eu pour conséquence de favoriser la croissance et d’accroitre la productivité. Mais dans un deuxième temps leur domination, qui peut les conduire à adopter une conduite de rentier, a pour conséquence d’inhiber les autres entreprises dont les marges n’ont pas augmenté. Ces dernières vont avoir tendance à sortir de l’économie, découragées par l’omniprésence des « superstars ». L’ensemble de ces facteurs explique cette baisse progressive de la croissance de la productivité observée depuis plus de 30 ans. Pour conclure, Philippe Aghion insiste sur le besoin d’adapter la législation et les institutions face à la domination grandissante des GAFAM et du développement de l’intelligence artificielle. En effet, cette dernière pourrait causer une explosion des inégalités si elle n’est pas accompagnée par de bonnes institutions, et, à terme, amener une montée du populisme qui trouve un terreau d’autant plus fertile lorsque les institutions n’ont pas été adaptées à temps. 
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    Alexandre BOMPARD, Président Directeur Général – Groupe Carrefour « Comment les entreprises de la grande distribution s’adaptent-elles à la révolution digitale ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 11 Octobre 2018, le Club accueillait Alexandre Bompard, Président Directeur Général du Groupe Carrefour, sur le thème de la transformation digitale dans les entreprises de la grande distribution et son impact sur la stratégie du Groupe Carrefour. Alexandre Bompard a pris la tête du groupe Carrefour en juillet 2017 après avoir replacé FnacDarty dans la course au e-commerce où le géant de l’informatique est passé numéro 3 en France des ventes en ligne seulement deux ans après la fusion entre Fnac et Darty. Le groupe Carrefour, qui compte plus de 100 millions de clients réguliers et réalise un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros, n’a pas su adapter assez vite son business model à la révolution digitale et à l’arrivée des nouveaux concurrents sur le marché de la grande distribution tels qu’Amazon ou Alibaba. La mission du nouveau PDG de Carrefour est donc de rattraper le retard que le groupe accuse sur le canal digital, car les nouveaux géants du e-commerce sont, depuis quelques années, une réelle menace pour la grande distribution. En effet, Amazon et Alibaba se sont lancés sur le segment de l’alimentation avec les acquisitions respectives, en 2017, des supermarchés bio Wholefoods et de la start-up chinoise de repas à domicile Ele.com et ont une stratégie très agressive. En pratiquant des prix attractifs ils gagnent des parts de marché importantes mais peinent à engranger des bénéfices. A titre d’exemple, Amazon a dégagé ses premiers bénéfices l’année dernière, après presque 25 ans d’existence. Selon Alexandre Bompard, les investisseurs d’Amazon misent sur une position largement dominante du groupe à long-terme. Cette stratégie est en passe de réussir puisque aucune sanction ou directive n’ont été mises en place que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis. Ces derniers sont encore moins encouragés à réguler ce modèle car les GAFA portent l’économie américaine et doivent faire face à l’arrivée croissante des entreprises chinoises de grosse taille sur leur marché. Cette nouvelle concurrence et la digitalisation du commerce vont, en plus d’absorber des parts de marché, également imposer un nouveau standard de qualité et d’exigence aux grands groupes français et internationaux. Pour Alexandre Bompard, l’expérience d’achat est à présent essentielle pour un client. En effet, un client mécontent en magasin peut maintenant se tourner vers le e-commerce car il n’est plus restreint par sa localisation. De plus, les clients ont aujourd’hui un pouvoir supplémentaire à travers les réseaux sociaux où ils peuvent faire et défaire l’image d’une marque. Pour ne pas se laisser distancer dans cette course à la digitalisation de l’alimentaire, Carrefour a prévu un plan de 4 milliards d’euros destiné uniquement à sa transformation digitale, avec pour objectif d’offrir à ses clients une expérience équivalente à celle que proposent ses concurrents de l’e-commerce. Selon Alexandre Bompard, Carrefour doit dorénavant se mettre à la place des clients qui sont les détenteurs du pouvoir et non plus les industriels. Le groupe va ainsi revoir le mode de fonctionnement de ses hypermarchés en réduisant leur surface pour qu’ils deviennent des centres commerciaux hybrides avec des activités commerciales, des commerces indépendants et surtout un centre logistique. Les hypermarchés doivent devenir des centres de retrait, de retour et de services pour les clients. Carrefour prévoit également de renforcer son activité dans les drives et dans la livraison à domicile ultra-rapide. Selon Alexandre Bompard, pour mettre en place un tel plan stratégique, il est essentiel « d’avoir la conviction qu’il n’y a aucune autre solution ». Pour cela, le groupe a besoin dans un premier temps de recruter de nouveaux talents notamment dans le digital. Carrefour doit également accepter de travailler avec de nouveaux partenaires, ce que l’entreprise a déjà entrepris en établissant des accords avec Fnac Darty pour l’électronique grand public, Système U pour les achats alimentaires, Google pour le e-commerce ou Tesco pour le commerce international. Pour améliorer son empreinte digitale, Carrefour s’est allié avec Tencent pour développer des supermarchés connectés en Chine ou avec Sapient pour la création de son site internet. Carrefour s’est aussi allié avec les start-up, Quitoque, spécialisé dans la livraison de repas, et Showroomprivé. Enfin, avec l’automatisation de la chaîne logistique, certains métiers historiques de la grande distribution (caissières, manutentionnaires) pourraient se réduire. Le groupe Carrefour ne souhaite pas voir disparaître ce capital humain indispensable et ambitionne de moderniser et d’adapter leur rôle aux besoins actuels. Pour Alexandre Bompard, il ne faut pas, pour autant, tout changer. Le groupe dispose d’un maillage de magasins déployés sur tout le territoire français et étranger et d’un grand nombre d’installations qui correspondent partiellement aux attentes des clients dont les drives, la livraison à domicile ou le drive piéton. D’une part, il est nécessaire d’optimiser ce modèle avec un portail d’e-commerce unique et une révolution de la chaîne logistique, un élément fondamental pour la transformation du groupe. D’autre part, Carrefour, et les distributeurs en général, doivent repenser leurs relations fournisseurs afin de tirer parti de leur expérience et permettre un partage d’information et de données au lieu de s’affronter régulièrement au cours de négociation stériles pour quelques points de base sur les prix. Enfin, Alexandre Bompard explique qu’il n’y a pas encore de modèle qui soit actuellement parfait car selon lui aucun acteur n’a encore effectué toutes les transformations nécessaires. Avec sa stratégie, Alexandre Bompard souhaite faire de Carrefour le leader de l’e-commerce en France.
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    Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Lehman 10 ans après : quelles perspectives de marché pour la rentrée 2018 ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit-déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 13 septembre, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème des perspectives des marchés financiers pour cette rentrée 2018, marquant le 10ème anniversaire de la faillite de Lehman Brothers. Bertrand Jacquillat commence par rappeler les conclusions du précédent petit-déjeuner de juin 2018, qui évoquaient une valorisation raisonnable du marché des actions de la zone euro. Dans les faits, le marché européen des actions a légèrement reculé avec une baisse de -3,5% de l’indice Eurotoxx et de -3,4% de l’indice CAC 40 entre juin et septembre 2018 (dividendes inclus). Ce recul est sous-tendu par (i) les inquiétudes liées à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats Unis, (ii) l’essoufflement de la croissance mondiale, hors Etats-Unis et (iii) les crises dans certains pays émergents (particulièrement la Turquie et l’Argentine). L’ensemble de ces éléments concourent à une dichotomie entre le marché américain et le reste du monde, que reflète la surperformance des actions américaines de +15% en moyenne, par rapport à la zone euro et à l’indice MSCI Monde hors USA, depuis le printemps 2018. Médias et réseaux sociaux mettent aujourd’hui en exergue des risques supposés sur les marchés financiers, qui naîtraient de la durée exceptionnellement longue du cycle boursier actuel. Ce cycle boursier haussier record résulterait du dollar fort et de la bonne performance des grandes capitalisations technologiques (les « FAANMG [1]»), qui représentent 17% de la capitalisation boursière américaine. Cependant, Bertrand Jacquillat souligne que si l’on considère les chutes boursières de 1987, 1990 et 2011 comme des retournements de marché provisoires, le cycle boursier haussier le plus long de l’histoire reste 1982-2000 et la durée du cycle actuel (2009-2018) est moitié moindre. En termes de valorisation, le modèle Trival, qui couvre plus spécifiquement les actions européennes, permet de conclure que le marché actions de la zone euro continue de s’établir à un niveau raisonnable, ce qui est reflété par la prime de risque de marché qui s’établit à son niveau moyen historique. Deux éléments spécifiques ressortent par ailleurs de Trival : la situation des banques et l’endettement global des entreprises de la zone euro entre 2008 et 2018. Dans un contexte de net renforcement de la solvabilité des établissements financiers depuis 2008, les banques américaines, à l’inverse de 2008, ressortent aujourd’hui survalorisées par rapport à leurs consœurs européennes. S’agissant du second sujet, il convient de noter que la situation financière des sociétés européennes hors système bancaire ne s’est pas réellement améliorée depuis 2008, ce qui constituera un facteur de risque lors de la remontée inévitable des taux d’intérêt en Europe. Intervenant à son tour sur la crise de 2008, Jean-Pierre Petit a défini la faillite de Lehman comme une crise multi-actifs, et multi-acteurs débutant par une crise immobilière en 2006 avant de devenir une crise financière en 2007, et finalement se transformer en crise bancaire en 2008, suite à la défiance du marché. Aujourd’hui, 10 ans plus tard, les Etats-Unis affichent une croissance supérieure de +8% par rapport à l’Europe (corrigée des effets démographiques) et continuent de dominer le monde sur le plan économique, commercial, financier et technologique. Au plan mondial, les conséquences de la crise sont multiples. Tout d’abord, les Etats continuent de répondre aux crises de dette par des émissions de nouvelles dettes. Selon Jean-Pierre Petit, la dette n’est pas un problème compte tenu des politiques accommodantes des banques centrales qui conduisent à une diminution du service de la dette dans la plupart des grandes économies. Une exception est toutefois à souligner, celle des pays qui n’empruntent pas dans leur devise, comme c’est le cas pour la Grèce et l’Argentine par exemple, et pour lesquels l’évolution des devises fait peser un risque supplémentaire. Enfin, les dommages collatéraux de cette crise sont la montée du populisme et la poursuite du déclin démocratique. Aujourd’hui la perspective d’un « nouveau Lehman » semble à écarter car (i) les banques sont plus solides, (ii) la titrisation de masse a reculé, (iii) il n’y a pas de bulles sur les deux principales classes d’actifs dans les trois zones économiques majeures et (iv) les régulateurs et superviseurs financiers sont mieux préparés. Jean-Pierre Petit aborde ensuite la conjoncture mondiale qui montre des signes de stabilisation. Le PIB mondial affiche une croissance de +3,7% à +3,8%, un peu inférieure au niveau de +4% il y a 1 an, et surtout plus hétérogène. En effet, à titre d’exemple, certains des membres du G20 sont en récession. L’Europe connait une baisse de la demande en euro tandis que pour les Etats-Unis, tous les indicateurs sont au vert : hausse de la croissance, augmentation de la confiance des ménages et des investissements privés ainsi qu’une amélioration de la croissance potentielle grâce à une meilleure productivité générale et à un taux de participation au marché de l’emploi plus élevé. Jean-Pierre Petit enchaîne avec l’historique et les perspectives de croissance du marché des actions. Aujourd’hui, la vigueur de la hausse du bull market doit être nuancée à la vue de l’ampleur de la chute antérieure (2007-2009). Toutefois, le S&P 500 se situe +55% au-delà du point haut du dernier marché haussier (octobre 2007). Les BPA sont en forte croissance (+25%), notamment grâce (i) aux fortes marges des valeurs technologiques, (ii) à la réforme fiscale américaine et (iii) à la vigueur macroéconomique. Selon Jean-Pierre Petit, il n’y a pas de risques exogènes réellement significatifs, mais qu’il faut être attentif à une éventuelle simultanéité des chocs, qui pourrait entrainer une correction sévère. [1] Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Microsoft, Google
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    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Quels cygnes noirs pour les marchés financiers » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 14 juin 2018, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème « Quels cygnes noirs pour les marchés financiers ». Bertrand Jacquillat commence par rappeler les conclusions du précédent petit déjeuner de mars 2018, qui se sont révélées particulièrement exactes. Après un premier trimestre morose, les indices actions sont en légère hausse dans la Zone Euro. Sur la période du 16 mars 2018 au 8 juin 2018, l’indice CAC 40 a progressé de 5,7% et l’indice Euro Stoxx de +3,0% dividendes inclus. Le marché a connu un certain regain de  volatilité depuis le début de l’année, en raison des tensions commerciales avec les Etats-Unis et d’incertitudes politiques en Italie. Ces dernières ont pénalisé les actions italiennes, et l’indice FTSE-MIB enregistre un recul de -6,6% au 8 juin 2018 par rapport à mi-mars. Cette hausse de la volatilité ne semble cependant pas durable, avec une retombée des volatilités implicites sur les contrats d’options matérialisée par l’indice VIX. Ce dernier s’établit à 10,4 au 8 juin 2018 (contre une moyenne de 14,6 depuis 2009).Un élément particulier est à souligner, il s’agit de la hausse du dollar. Le mouvement de recul du dollar, qui avait pu être enregistré en 2017 s’est inversé sur les dernières semaines et le WSJ Dollar Index a progressé de +5% par rapport à son point bas de mi-février 2018. Sur cette même période, le dollar a progressé de +6% par rapport à l’euro. Enfin, la prime de marché se trouve dans une phase de stabilisation autour de sa moyenne. Ceci permet de conclure à une valorisation sur le marché proche de l’équilibre. Ainsi, même si le marché peut connaître des périodes de stress, les actions demeurent à des valorisations raisonnables, d’autant que la prime de marché relative demeure élevée, ce qui continue de traduire l’absence d’investissement alternatif rémunérateur. Enfin, la valorisation des actions dans Trival repose sur des prévisions prudentes quant aux plans d’affaires des sociétés. Aussi, les actions pourraient absorber des anticipations de croissance un peu révisées à la baisse. Jean-Pierre Petit est ensuite intervenu sur les tendances de conjoncture mondiale pour le deuxième semestre 2018. La croissance économique mondiale bénéficie toujours de perspectives positives, principalement tirées par une amélioration de l’investissement en volume, de la production manufacturière ainsi que de la confiance des ménages. Jean-Pierre Petit commence par souligner quelques déceptions dans le monde émergent. Il rappelle les principaux indicateurs à surveiller qui sont la situation de la balance commerciale, le volume de la dette libellée en dollar (sensible à une hausse du dollar) ainsi que la gouvernance du pays. A l’aune de ces critères, le Brésil et la Turquie sont aujourd’hui en difficulté et l’Afrique du Sud reste à surveiller. La Zone Euro affiche un premier semestre assez décevant avec une multitude de mini-chocs. L’euro est passé de 1,04 $ en janvier 2017 à 1,24 $ en mars 2018 pour refluer depuis à 1,16 $. A ceci s’ajoutent les craintes du retentissement d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis et un choc d’offre pétrolier non négligeable avec un prix du pétrole qui est passé en un an de 45 $ à 76 $ aujourd’hui. Ce choc reste négatif pour la croissance puisqu’il s’agit d’un choc d’offre et non d’un choc de demande. Malgré ces éléments, les vecteurs de la demande en Zone Euro restent présents et le taux d’emploi demeure à la hausse. Au sein de cet environnement économique européen, l’Italie a marqué les esprits au cours des dernières semaines. Au plan politique, il ne s’agit pas de la tenue de nouvelles élections, mais plutôt la dynamique politique tenue par la Ligue ainsi que l’attitude jusqu’au-boutiste à la fois de Sergio Matarella et de Matteo Salvini qui ont été à l’origine des turbulences sur les marchés. Au plan financier, la hausse récente des taux d’intérêt s’approche des niveaux qui sont de nature à « menacer » à moyen terme la solvabilité budgétaire italienne[1]. Malgré cela, Jean-Pierre Petit demeure convaincu que l’Italie ne fera pas défaut, ni ne quittera la Zone Euro. L’histoire récente de l’Europe du Sud montre qu’il n’y a guère d’opportunités réelles pour les solutions aventuristes et improvisées. Et la sanction des marchés joue un rôle régulateur essentiel. Les sondages montrent par ailleurs la volonté des italiens de ne pas quitter la monnaie unique. En revanche, les tensions de marché risquent de durer plus longtemps que ce que l’on attendait. Jean-Pierre Petit a conclu par l’analyse de la situation américaine. La célébration du 9ème anniversaire du cycle expansif US marque une fois de plus l’ère de tous les records. Le taux de chômage américain s’établit à 3,75% et 18,5 millions d’emplois ont été créés en 8 ans (contre 8,5 millions en Europe). Avec des vecteurs de croissance de la production manufacturière satisfaisants et une croissance annualisée qui s’établit autour de 3%, la situation américaine est somme toute plus que satisfaisante. Jean-Pierre Petit souligne qu’il ne faut pas confondre les discours et la réalité du protectionnisme mis en place par Trump. Quand on compare les promesses de hausse des tarifs douaniers contre la Chine annoncés lors de la campagne présidentielle américaine aux mesures effectives, on constate un écart très significatif. Alors que la promesse de campagne consistait à taxer l’intégralité des importations chinoises à 45%, l’effet statistique sur les prix à l’import de produits chinois s’établit autour de 2%. La guerre commerciale reste somme toute relative. Concernant les indicateurs de marché, en prenant ceux des taux directeurs réels, des spreads high yield et de la courbe des taux, les niveaux actuels sont encore loin des moyennes des pics des 5 derniers marchés haussiers. Jean-Pierre Petit souligne enfin une deuxième année de révision à la hausse des BPA sur les marchés actions, confirmant une confiance certaine accordée aux perspectives de croissance futures. Les membres du Club de gestion financière d’Associés en Finance ont particulièrement apprécié la convergence des conclusions des deux conférenciers, qui, avec des approches quelques peu différentes, étaient portées vers un optimisme raisonnable. [1] La maturité moyenne de la dette est aujourd’hui de 6,9 ans
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    Laurent Mignon, Directeur général de Natixis « Comment redresser une banque dans un environnement de transformation réglementaire, économique et technologique » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise un petit déjeuner à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 24 mai 2018, le Club accueillait Laurent Mignon, Directeur Général de Natixis et prochain Président du Directoire du groupe BPCE, sur le thème de la transformation de l’environnement règlementaire, économique et technologique des banques, et leur impact sur Natixis. Laurent Mignon a réussi le redressement spectaculaire de Natixis qui sortait anémique de la crise financière de 2008. La banque d’investissement du groupe BPCE souffrait alors d’une perte de confiance de ses actionnaires, de ses collaborateurs et de ses clients. Elle était devenue le symbole français de la crise touchant le monde bancaire. Arrivé à la tête de la banque le 1er Mai 2009, au moment où l’action cotait moins de 1€ alors que trois ans plus tôt elle avait été introduite à 19,55€, Laurent Mignon mit en place un premier plan de redressement en 2010 : le plan « New Deal », dont l’objectif était de reconstruire l’image de Natixis et de relancer l’activité. Il reposait sur trois piliers : (i) la transparence et la bonne gouvernance, (ii) le recentrage de l’activité sur les clients et (iii) la création d’une colonne vertébrale structurant la banque. La baseline percutante de ce nouveau plan « Un groupe, une entreprise, trois métiers » souligne l’importance donnée à la communication autant à destination des collaborateurs que des clients. La mise en œuvre du plan a été accompagnée d’une réduction du profil de risque par un assainissement des lignes de portefeuilles contenant des titres toxiques et l’arrêt de l’activité de trading pour compte propre, ainsi que d’une refonte de la gouvernance de la société qui s’appuiera désormais sur deux instances de direction : le comité de direction générale et le comité exécutif notamment en charge du suivi du plan « New Deal ». Un second plan intitulé « New Frontier » est lancé en 2013, suite à la crise qui a frappé la zone euro. Ce second plan, qualifié de plan de développement par Laurent Mignon, reposait sur trois leviers : (i) le développement et l’internationalisation des activités, (ii) l’optimisation du modèle d’affaire et (iii) la gestion active de l’allocation du capital entre les trois métiers cœurs. Il avait pour objectif de mettre en œuvre le positionnement stratégique que Natixis souhaitait adopter : « une banque de solutions à forte valeur ajoutée, entièrement dédiée à ses clients ». La ligne de conduite de Natixis était claire : optimiser ses dépenses en risque et en capital grâce à la mise en œuvre d’un modèle asset-light. La banque s’est donc concentrée sur l’Asset Management et la gestion active, peu consommatrice en risque et en capital, qui devient alors son métier phare. Elle ne cache pas son ambition de devenir leader sur ce segment d’activité, en allant à l’encontre des géants américains tel que Blackrock ou Vanguard qui proposent des solutions de gestion passive que Laurent Mignon qualifie de services « low-cost ». Il a orienté la banque vers un service premium qui valorise l’expertise de ses collaborateurs plutôt que la simple mise à disposition de ressources bilantielles et positionne alors Natixis dans un modèle « Originate to Distribute » qui la place dans une situation de meneuse et non plus de suiveuse. La transformation opérationnelle de Natixis entre 2009 et aujourd’hui a été soutenue par un remaniement interne profond que Laurent Mignon synthétise en trois points. Le premier est la simplification de la structure et l’aplatissement de la hiérarchie interne. La suppression des multiples strates hiérarchiques simplifie les prises de décision et améliore la réactivité des équipes sans sacrifier la reconnaissance des collaborateurs qui peuvent désormais être promus expert leader, project leader ou manager selon les goûts et les talents respectifs des intéressés mais correspondant à un même niveau hiérarchique. Le second point concerne la création de valeurs communes, au sein de la galaxie Natixis et son modèle multimarque, nécessaire à l’implication de l’ensemble des collaborateurs dans la création de valeur. Le troisième point porte sur la réorganisation des postes et des métiers induit par les stratégies opérationnelles du groupe avec l’abandon de certains métiers et la pondération des ressources humaines et matérielles entre les trois activités cœurs : la Banque de Grande Clientèle, la Gestion d’Actifs et les Services Financiers Spécialisés. En conclusion Laurent Mignon a évoqué le troisième plan stratégique de Natixis, nommé « New Dimension » planifié sur la période 2018-2020. Il présente ce plan comme celui de la pérennité, de la différenciation et de la digitalisation. Il a conclu en qualifiant la transformation opérée au sein de Natixis depuis 2009 d’une transition « d’une banque de bilan à une banque de talent ».
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    Erik Orsenna, écrivain, Membre de l’Académie Française et Ambassadeur de l’Institut Pasteur « Dernières nouvelles de la santé globale » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce jeudi 3 mai 2018, le petit-déjeuner était animé par Erik Orsenna sur le thème des perspectives de la santé globale. Bertand Jacquillat ne présente que rarement ses invités en raison de leur notoriété. Alors même que cette dernière ne manque pas à Erik Orsenna, son caractère protéiforme rendait sa présentation nécessaire. Docteur en économie, il devient chercheur et enseignant dans le domaine de la finance internationale et de l’économie du développement (Université de Rouen, Université Paris I, Ecole Normale Supérieure, London School of Economics). Il devient ensuite la plume de François Mitterrand, dont il a été conseiller culturel. Il a reçu le prix Goncourt et le prix Goncourt des lycéens en 1988 pour son ouvrage L’Exposition coloniale et est élu membre de l’Académie française en 1998. Aujourd’hui ambassadeur de l’Institut Pasteur, Erik Orsenna croit avant tout à la nécessité de la culture générale pour appréhender les problèmes du monde. Dans le cadre de son ouvrage Géopolitique du moustique paru en mars 2017, l’écrivain Erik Orsenna se sert du moustique comme d’un support analogique à l’explication d’une partie de notre histoire. L’auteur n’est pas à son coup d’essai. Ce travail d’enquête, il l’a déjà mené sous le prisme du coton (Voyage aux pays du coton, 2006), de l’eau (L’Avenir de l’eau, 2008), du papier (Sur la route du papier, 2012) et enfin au prisme des agglomérations (Désir de villes, 2018). Avec ces ouvrages didactiques, Erik Orsenna a pour objectif d’exposer de façon claire et succincte le processus de la mondialisation. Il écrivait ainsi : « L’eau est le miroir de nos sociétés. Dites-moi qui la reçoit, la produit, à quel prix et pour quel usage et je vous dirais quelle société vous êtes ».  Dans Géopolitique du moustique, l’accent est mis sur l’histoire de ce trio : le moustique, le parasite et sa proie (nous, les vertébrés). Les moustiques tuent 750 000 personnes chaque année. La nature diverse et changeante de cette population redoutable que sont les moustiques pousse l’auteur à envisager la relation qu’ils entretiennent avec l’homme comme une histoire retraçant les processus complexes de la mondialisation. Leur capacité d’adaptation rend le combat d’autant plus éternel qu’il pousse à l’arbitrage permanent entre l’avantage direct d’une éradication face à son coût. Les questions sont nombreuses et dépassent l’agacement général de l’homme à l’égard du moustique. Cette présentation de ce quatrième précis de mondialisation a entrainé une série de problématiques comme : la médecine devrait-elle prévenir ou guérir ? L’épigénétique reflète-t-elle une certaine prédestination ? Voilà comment à partir d’un insecte, Erik Orsenna pousse à la réflexion sur les problématiques de la santé globale et des nouvelles perspectives que la science pourrait laisser entrevoir à condition d’être suffisamment armé pour se poser les bonnes questions. Le futur lointain n’a désormais plus le monopole de la science-fiction.
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    Philippe Chalmin, Professeur à Paris-Dauphine et Président de Cyclope « Der Himmel Lacht. Die Erde jubilieret » Bach, cantata BWV 31 Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 12 avril 2018, le Club accueillait Philippe Chalmin comme conférencier, sur le thème de l’évolution des marchés de matières premières. Après une brève introduction sur le choix de l’intitulé de la conférence difficilement prononçable pour les non-germanophones (signifiant «  Le ciel rayonne et la terre jubile »), Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine et Président de Cyclope, a présenté une vision optimiste de l’économie mondiale en ce début d’année 2018. Avec une croissance mondiale de +3,6% et la reprise du commerce international (hausse de +5% en volume sur l’année 2017), « le soleil brille » sur la sphère économique. Les marchés boursiers qui affichent une croissance soutenue depuis janvier 2016 ne sont pas en reste malgré les remous des derniers mois. L’indice synthétique du cours des matières premières élaboré par Coe-Rexecode montre une croissance généralisée de l’ensemble des prix des matières premières depuis la fin du 20ème siècle, interrompue par un choc brutal en 2008, conséquence de la crise économique mondiale. Le marché de l’énergie, fortement touché par la crise de 2008, a connu une étonnante période de stabilité entre 2011 et 2014 avant d’essuyer un ajustement brutal avec la prise de contrôle du marché pétrolier par une alliance entre l’OPEP et la Russie. Les cours du pétrole brut sont finalement repartis à la hausse depuis deux ans pour s’établir aujourd’hui autour de 70$ le baril. Les métaux non ferreux présentent le même profil d’évolution avec une période de stabilité entre 2011 et 2014, suivie d’un ajustement brutal pour repartir à un rythme de croissance soutenu à partir de 2016. Le boom actuel autour des voitures électriques a joué un rôle majeur dans la hausse du prix des métaux notamment pour le cobalt, le lithium et le cuivre, tandis que l’abandon progressif des véhicules diesel au profit des modèles essence tire à la hausse le prix du palladium. Le schéma est différent pour les matières premières agricoles qui connaissent une chute chaotique depuis mi-2012, résultat de l’excédent dégagé sur les marchés agricoles dû à une absence de catastrophe climatique majeure durant cette période. En définitive l’indice Cyclope (indice de prix des matières premières hors métaux précieux et pétrole) ressort en hausse de +8% en 2017 par rapport à 2016, soutenu par la croissance mondiale et un dollar stable. Pour l’année à venir, l’optimisme reste de rigueur concernant les marchés de matières premières malgré une forte incertitude sur la politique commerciale de Xi-Jinping et les réponses aux récentes velléités protectionnistes de Donald Trump. L’accent doit être mis sur le rôle central que joue la Chine dans le commerce mondial des matières premières et l’importance de la stratégie commerciale choisie par Xi-Jinping, dont le mandat vient d’être renouvelé pour une durée de 5 ans, en attendant une possible nomination à vie. Les prévisions de Philippe Chalmin s’appuient sur une hypothèse de croissance mondiale de +3,7% pour 2018 et d’un taux de change euro-dollar à 1,20. Par ailleurs, ses estimations sur l’évolution du prix du pétrole, reparti fortement à la hausse au second semestre 2017, misent sur un fléchissement du cours qui devrait s’équilibrer autour de 60$ le baril en moyenne sur l’année 2018 contre 70$ aujourd’hui. La reprise par les Etats-Unis du leadership dans la production de pétrole, permise par l’amélioration des méthodes d’extraction du gaz de schiste, devrait contrecarrer les restrictions imposées par l’alliance OPEP et Russie. L’extraction de pétrole par le Canada et le Brésil contribuera aussi à faire croître la production pétrolière hors OPEP conduisant à une baisse générale du prix du baril. Parallèlement, les sources d’énergies alternatives comme le gaz liquide et le charbon voient leur cours grimper. Les métaux devraient quant à eux continuer de profiter de l’expansion du marché de la voiture électrique pour lequel la Chine joue un rôle majeur, ce pays représentant près de 50% du marché mondial. Sous l’hypothèse de conditions climatiques et géopolitiques « normales », la plupart des marchés agricoles devraient rester excédentaires en 2018 ce qui engendrerait un nouveau tassement de leur cours. Un doute est cependant émis sur l’évolution du cours du soja qui pourrait profiter d’une sécheresse en Argentine et d’une possible taxation du soja américain par la Chine. La conférence s’achève sur une prévision à la hausse de l’indice Cyclope de +6% pour 2018, toujours soutenue par une croissance mondiale importante (+3,7%). Le ciel semble donc dégagé pour cette année 2018 en dépit d’une menace orageuse provoquée par un début de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Mais Philippe Chalmin conclut en évoquant la signification implicite du titre de sa conférence : c’est quand le ciel économique semble dégagé que les mauvaises surprises ont l’impact négatif le plus grand sur les marchés financiers.
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    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Économie « Les marchés financiers face aux pressions inflationnistes et salariales et aux risques de guerre commerciale » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 21 février 2018, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème des perspectives des marchés financiers face aux pressions inflationnistes et salariales et aux risques de guerre commerciale. Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’état actuel des marchés financiers, notamment de la Zone Euro, et sur les perspectives de l’année 2018. D’un point de vue économique, le contexte demeure à l’optimisme et les perspectives de croissance se renforcent. Les taux d’intérêt ont continué de légèrement progresser mais restent cependant à des niveaux très bas. Sur les marchés financiers, le début d’année est marqué par un retour de la volatilité sur les actions, qui s’est manifesté par quelques journées de nette baisse en bourse, qui ont ravivé les craintes de certains investisseurs sur le niveau de valorisation des actions. Les analyses d’Associés en Finance sur ce sujet, grâce aux résultats du modèle Trival, aboutissent à un diagnostic assez serein. La prime de marché, sur la base de prévisions prudentes, reste proche de sa moyenne historique, et le marché actions est donc proche de l’équilibre. Jean-Pierre Petit est ensuite intervenu sur les tendances de conjoncture mondiale pour 2018. La croissance économique mondiale bénéficie de perspectives positives, principalement tirée par une amélioration des perspectives d’investissement. Ces dernières sont notamment encouragées par une baisse des impôts (notamment liée à la réforme fiscale américaine) et du chômage. La Zone Euro affiche quant à elle une très bonne dynamique conjoncturelle, sans pression à la hausse sur les prix. L’inflation ne devrait, en conséquence, pas remonter sensiblement en 2018, en phase avec les prévisions de la BCE. Cette situation s’explique par les fondamentaux macroéconomiques, notamment une balance commerciale déficitaire et une position extérieure négative des Etats-Unis qui pèse sur la parité dollar/euro. La baisse du taux de chômage n’est quant à elle pas suffisante pour générer des pressions à la hausse sur les salaires, notamment du fait des réserves de main d’œuvre liées à un taux de participation à l’emploi nettement en dessous de sa moyenne historique. Dans ces conditions, il semble difficile d’envisager une hausse de l’inflation sur l’ensemble de la Zone Euro pour 2018. Le scénario le plus probable est une hausse graduelle de l’inflation dans les pays développés. Cette hausse sera plus progressive en Zone Euro qu’aux Etats-Unis, plus avancés dans le cycle de reprise. Du côté des grands gagnants de la reprise de la demande mondiale et du commerce international  se trouve la Chine, principalement tirée par le secteur industriel et les investissements que le pays a réalisés en matière technologique. Concernant les risques de guerre commerciale liés aux annonces de certaines mesures protectionnistes de Donald Trump, Jean-Pierre Petit estime qu’ils doivent davantage s’envisager comme une stratégie de négociation que comme un réel risque majeur à court terme. En effet, les mesures annoncées sur la mise en place de nouveaux droits de douane ne portent que sur une faible partie (3%) des importations américaines, et les exemptions récentes au profit du Mexique et du Canada dévoilent une volonté du Président américain plus axée sur la négociation dans le cadre d’un programme de deals à venir plutôt que sur le protectionnisme à proprement parler. Jean-Pierre Petit a ensuite évoqué la récente correction de l’ordre de 10% des marchés en février et la montée de la volatilité associée. Une telle correction n’avait pas été constatée depuis deux ans et les marchés financiers n’avaient pas connu de baisse cumulée de plus de -5% depuis le mois de juin 2016 et l’annonce du Brexit, un record depuis 1950. Cette correction s’explique par des craintes sur les anticipations inflationnistes auxquelles Jean-Pierre Petit n’adhère pas. Il estime que les mouvements connus sur les marchés financiers depuis le début de l’année ne signent pas la fin des marchés haussiers : Jean-Pierre Petit n’identifie pas de signe de bulle sur les marchés et anticipe qu’ils devraient se maintenir en hausse pour 2018, même si celle-ci devrait être plus mesurée qu’en 2017.
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    Yves Perrier, Directeur Général d’Amundi  « Rôle de l’Asset Management face aux défis économiques européens » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 15 février 2018, le petit-déjeuner était animé par Yves Perrier et portait sur le thème « Rôle de l’Asset Management face aux défis économiques européens». L’industrie de l’Asset Management est relativement jeune en France, puisque sa création remonte à la fin des années 1990. Son objectif est de gérer l’épargne des ménages avec l’optique de placer leur argent sur le long terme. L’Asset Management mondial est dominé par les acteurs américains que sont notamment Blackrock, Vanguard AM ou encore State Street Global Advisors. Amundi, société née de la fusion entre la Société Générale AM et le Crédit Agricole AM, et dirigée par Yves Perrier, est devenue en huit ans d’existence un acteur majeur de l’Asset Management à travers le monde. La société est aujourd’hui leader sur le marché européen et est au huitième rang mondial, avec près de 1 400 Mds€ d’encours sous gestion. L’industrie financière subit un ensemble de mutations, comme la baisse des rendements, la plus faible progression des actifs sous gestion, ainsi que les évolutions technologiques. Il est alors légitime de s’interroger sur la nature du rôle que l’Asset Management doit exercer pour faire face aux défis économiques européens. La zone euro fait face à trois grands défis. D’abord, la croissance économique de la zone euro paraît plus faible et extrêmement fragmentée par rapport aux autres zones. L’introduction d’une monnaie unique voulait unifier et lisser les disparités entre les pays. En l’espèce, la mission n’est pas accomplie. Il existe des disparités entre les pays du Nord et du Sud à l’image de celles entre l’Allemagne (solde extérieur excédentaire) et la France (solde extérieur déficitaire). Les pays du Nord ont une forte propension à l’épargne et les pays du Sud à l’endettement, autant d’exemples qui mettent en exergue les différences qui existent entre les pays. Cette situation correspond à l’état d’esprit et à la culture des différents pays qui composent la zone euro. Ensuite, les entreprises doivent impérativement diversifier leurs sources de financement. Si aux Etats-Unis l’économie est financée à 25% par le système bancaire, l’économie européenne affiche quant à elle un taux de financement par le système bancaire de 75%. Cette situation limite le développement des projets à long terme et le financement de l’innovation, mais fait aussi supporter le risque financier aux banques. Enfin, l’Europe doit maintenir la souveraineté de ses entreprises. Deux évènements, le Brexit et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, ont renvoyé l’Europe à elle-même. L’objectif de l’Europe est-il de devenir un simple marché ouvert au monde ou de conserver sa place de puissance, aussi bien sur le plan militaire que sur la question de la souveraineté entrepreneuriale ? Si des zones géographiques comme l’Asie ou l’Amérique conservent la souveraineté de leurs sociétés, l’Europe observe aujourd’hui une fuite de son actionnariat : 50% de l’actionnariat du CAC40 est américain et cette proportion augmente à 60% hors prise en compte de l’épargne salariale. Face à ces problématiques, l’Europe, et notamment l’Asset Management, doivent mettre en œuvre un certain nombre de mesures. Premièrement, le financement des entreprises doit être de plus en plus diversifié. L’Europe doit passer à un système « non bancaire » afin de diminuer le poids des banques. Si la désintermédiation se met en place dans plusieurs pays comme la France, la Belgique et l’Italie, d’autres pays comme l’Allemagne ou encore l’Espagne font toujours très largement appel aux banques pour le financement des entreprises. La clef de la diversification réside dans la dette privée et le private equity qui permettent de financer des projets à long terme. Ensuite, l’Europe doit régler la problématique de la souveraineté et du poids des actionnaires étrangers dans le capital des entreprises européennes. Yves Perrier croit réellement dans la nationalité des entreprises européennes. L’Europe doit comprendre pourquoi ses sociétés se tournent vers des investisseurs étrangers alors que l’épargne des européens est en excès. Cette question doit être réglée de manière durable pour conserver la propriété de nos sociétés et pouvoir infléchir leurs décisions stratégiques. Enfin, les acteurs financiers, comme les gestionnaires d’actifs, doivent se responsabiliser en matière d’investissement socialement responsable. Cette responsabilisation passe par la politique d’investissement des fonds, ainsi que par l’impact de leur vote sur la stratégie des sociétés. Sur ce point, Amundi intègre un certain nombre de critères ESG pour réaliser un scoring des sociétés en portefeuille. Les sociétés mal notées sont sous-pondérées ou exclues du portefeuille. La prise en compte des critères ESG doit s’intégrer dans un contexte de changement technologique et de taux d’intérêt très bas qui impacte négativement l’ensemble de la chaîne de valeur de l’industrie financière. Les frais de gestion sont désormais sous pression et ce de manière durable. L’industrie doit adopter des stratégies innovantes, face à la concurrence de la gestion passive et faire appel à des compétences multiples pour pouvoir évoluer avec la technologie et faire face aux évolutions réglementaires. Pour conclure, même si l’Europe est à un tournant, face à ces grands défis, elle bénéficie de fondamentaux économiques solides. Elle doit cependant gommer les disparités qui existent entre les pays membres, notamment en termes de politiques économiques. Pour favoriser cette convergence économique, l’épargne doit être réallouée à des investissements de long terme au Nord comme au Sud de l’Europe. C’est sur ce point que l’industrie de l’AssetManagement a un rôle à jouer. Elle doit faire le lien entre d’une part les épargnants de détail et les investisseurs institutionnels à la recherche d’un rendement plus élevé et, d’autre part, les sociétés en quête de financement de long terme pour leurs investissements.
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    Bruno Biais, Directeur de recherche au CNRS, professeur à la Toulouse School of Economics (TSE) et professeur invité émérite à HEC « Blockchain & cryptomonnaies » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 25 janvier 2018, le petit-déjeuner était animé par Bruno Biais, sur le thème de la Blockchain et des cryptomonnaies. « Pas de Bitcoin sans Blockchain » annonce Bruno Biais. Les termes de la conférence sont posés par ces deux mots dont la sonorité, hier encore barbare, est aujourd’hui au centre des réflexions économiques, politiques et sociales. La compréhension du fonctionnement de la Blockchain est indispensable à l’appréhension du Bitcoin et des cryptomonnaies de manière générale. Elle a pour objectif la suppression de ce qui jusqu’alors, permettait aux systèmes monétaires de remplir leur fonction : un tiers régulateur. La Blockchain fonctionne comme un registre à disposition du public enregistrant l’ensemble des transactions. Il faut ici faire la distinction – rarement explicite dans la presse - entre Blockchain publique et privée.  Lorsqu’une entreprise se lance dans la Blockchain, il s’agit d’une Blockchain privée, dans laquelle le tiers régulateur refait son apparition puisque l’entreprise est aux commandes. La Blockchain dont il est question ici est publique.   Ceux qui ont tenté de comprendre son fonctionnement ont dû s’apercevoir que les mineurs y jouaient un rôle central. Concrètement, lorsque les agents économiques s’échangent des cryptomonnaies, la transaction est envoyée au réseau. Les mineurs sont là pour rassembler les messages, vérifier que les transactions sont effectives et rattacher les empreintes de celles-ci à des blocs. S’ensuit alors une ramification de plusieurs blocs constituant l’état du registre. Mais, tandis qu’il existe plusieurs mineurs à l’œuvre, comment décider du registre de référence ? C’est précisément le processus de sélection de celui-ci qui permet la disparition du tiers de confiance. En parallèle de la récolte et de la constitution des blocs, les mineurs effectuent de manière continue la résolution d’un problème numérique assimilable à un tirage aléatoire avec remise dans une urne comportant un très grand nombre de boules noires et une seule boule blanche. Lorsqu’un mineur tire une boule blanche, il l’annonce et propose son état du registre. Celui-ci est adopté à la condition qu’il soit accepté par les autres mineurs. En cas d’accord, les mineurs rattachent leurs blocs à la ramification faisant désormais office de registre de référence, et cela de manière itérative. C’est donc un jeu de coordination, qui implique des équilibres multiples et donc plusieurs configurations de chaînes possibles. Un mineur qui voit son bloc accepté par la communauté est rémunéré … en Bitcoins ! La création monétaire est en marche. Alors que, pour la plupart, il s’agit d’un processus exclusivement informatique, c’est en fait une véritable coordination humaine dont l’analyse est possible par la théorie des jeux. Différentes stratégies sont effectivement à l’œuvre dans ce processus de sélection, avec pour objectif de maximiser la rémunération des mineurs. On comprend alors que des alliances entre mineurs peuvent prendre forme. Par exemple, pour réduire les coûts nécessaires à la réalisation des transactions. Une fois que le fonctionnement de la Blockchain est énoncé, Bruno Biais s’est interrogé sur la faculté du Bitcoin à remplir les fonctions d’une monnaie. Pour ce faire, il se focalise sur des déterminants de la demande de monnaie. Quel est le motif de détention de Bitcoins ? Un moyen de paiement ? Bruno Biais répond que non, dans la grande majorité des cas, les Bitcoins ne sont pas utilisés pour satisfaire cette fonction. Une unité de compte voire une réserve de valeur ? Ce que Keynes appelait le motif de précaution, non plus, et les fluctuations récentes du Bitcoin suffisent à justifier ce point. Il ne  reste que le motif de spéculation. C’est précisément parce que ce dernier est, pour l’instant, l’unique motif de détention de Bitcoins – et des cryptomonnaies en générale - qu’elle ne peut remplir sa fonction transactionnelle ou de réserve de valeur. C’est pour cette raison que Bruno Biais souligne que, selon lui, l’évolution des cours du Bitcoin traduit un phénomène de bulle spéculative. Sans toutefois pouvoir le prouver. En effet, pour prouver qu’il s’agit bien d’une bulle spéculative, il faudrait démontrer que son cours s’éloigne de sa valeur fondamentale de manière significative. Or, la valeur fondamentale d’une monnaie est celle de son utilisation. Ainsi, la valeur fondamentale du Bitcoin ne peut pour l’instant être déterminée. En conclusion, plusieurs leçons sont à tirer de cet échange. Premièrement, accepter le fait que les cryptomonnaies sont un avenir monétaire possible. Celui-ci reflète l’évolution industrielle d’une part, et l’augmentation des échanges d’autre part. Les cryptomonnaies peuvent avoir une certaine utilité, notamment celle de remplacer le tiers de confiance quand celui-ci est défaillant, par exemple, dans certains pays politiquement et économiquement instables. Elles pourraient alors permettre d’assurer la continuité des échanges. Ensuite, rappelons que le fonctionnement des cryptomonnaies repose sur la coordination des agents. C’est donc avant tout un problème de sciences sociales plutôt qu’un problème technologique. Enfin, Bruno Biais a conclu sur le fait que le fonctionnement de la Blockchain n’a de contraintes que celles que la communauté s’impose.
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    Hubert Védrine, Ancien Ministre des Affaires Etrangères  « Quels Black Swans en 2018 ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 18 janvier 2018, le petit-déjeuner était animé par Hubert Védrine et portait sur le thème « Quels Black Swans en 2018 ?». Popularisés par Nassim Nicholas Taleb, les Black Swans désignent les événements extrêmes dont la probabilité d'occurrence dévie des lois statistiques classiquement utilisées pour l'élaboration de conjectures, ce qui les rend particulièrement imprévisibles. Ils sont considérés comme sous-estimés dans la plupart des modèles prévisionnels. Si les risques de marché sont relativement bien pris en compte par les analystes, les risques géopolitiques sont eux largement sous-estimés et rarement considérés. Dans son intervention, Hubert Védrine a centré son analyse sur les risques dans les différentes régions du Monde liés à la géopolitique humaine, modelée et façonnée par des jeux entre anciennes et nouvelles puissances. L’Histoire n’est pas finie, puisque depuis la chute de l’URSS en 1991, aucune communauté internationale n’a été créée. Il n’y également pas de gestion globale du Monde et l’ONU, le G20 ou encore le G7 ne sont finalement que des enceintes de négociation. Ces jeux de pouvoir sont d’autant plus difficiles à analyser du point de vue européen, qu’il existe un fort biais médiatique en Europe, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays. Ainsi la crise de l’Islam dans le Monde est, la plupart du temps, passée sous silence. Quelle est la situation globale actuelle ? D’une manière générale, en Occident, les classes populaires et les classes moyennes ont décroché de la mondialisation et de l’intégration européenne telle qu’elle est conduite actuellement. C’est la raison pour laquelle on voit apparaître des évènements radicaux comme le Brexit ou encore l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Les élites occidentales ont, pendant un temps, mal géré leurs relations avec le reste de la société. Elles se retrouvent aujourd’hui comme une locomotive sans roues pour avancer. En Asie, on observe une montée en puissance de la Chine. La Chine d’aujourd’hui, doit tout à son dirigeant de la fin des années 1970, Deng Xiaoping. Aujourd’hui, avec la nouvelle route de la soie et l’Afrique, la Chine menace directement une soixantaine de pays dans le Monde, dont cinq en Europe. Dans ces conditions, il est légitime de s’attendre à ce qu’elle impose une hégémonie soft sur le Monde. De son côté, H. Védrine ne pense pas que la Chine contrôlera le Monde et ce même si les pays émergents se livrent à une compétition entre eux. Sur le plan diplomatique, un G2 entre la Chine et les Etats-Unis paraît autant improbable qu’une alliance avec les Russes. Si la Chine représente aujourd’hui une puissance mondiale de premier plan, elle est toutefois susceptible de connaître des tensions avec les Etats-Unis à plus ou moins long terme, sur le sujet du contrôle des océans et des mers asiatiques, et qui pourraient déboucher sur un affrontement militaire. Concernant le reste de l’Asie et plus particulièrement la Corée du Nord, une guerre est inenvisageable. Le régime nord-coréen se veut effrayant mais ce comportement sert essentiellement à sanctuariser le dirigeant Kim Jung Un pour contrôler son pays. Depuis sa création, il subsiste un problème majeur pour l’Europe : ce sont les peuples qui la composent. Lors du vote pour le traité de Maastricht, le « Oui » ne l’a emporté que de 1%, ce qui met bien en avant les profonds désaccords qui peuvent exister entre les citoyens européens. Toutefois, une dislocation de l’Europe ne semble toutefois pas possible à l’heure actuelle. Rien n’est encore joué pour le Brexit, le Royaume-Uni pourrait même conserver sa place au sein de l’Europe. L’Europe présente un intérêt pour ses membres puisque même les régions comme l’Ecosse ou la Catalogne qui souhaitent se séparer de leur pays, souhaitent en même temps rester dans l’Europe. L’Europe de manière générale sera très compliquée à réformer à court terme. D’une part en France, où l’on observe un décrochage des classes moyennes, hostiles au projet européen et qui doit continuer son travail de pédagogie initié par Emmanuel Macron. D’autre part en Allemagne, où Angela Merkel est très affaiblie depuis les élections fédérales de 2017. Elle doit composer avec le SPD, dans l’opposition, pour gouverner. Cette situation limite son pouvoir de décision et limite la poursuite des négociations des réformes européennes. Sur le plan géopolitique, l’Europe ne devrait pas monter en puissance pour faire face au reste du Monde et ce même avec le retour du dynamisme économique. Elle doit en revanche faire face à une problématique majeure, celle des flux migratoires. La situation est gérée dans la confusion la plus totale, entre les demandeurs d’asile, d’une part, dont la demande doit être traitée dans les plus brefs délais, et l’immigration économique, d’autre part, qui doit être traité de manière plus raisonnée. Les Etats membres doivent donner un rôle plus grand à l’Europe dans la gestion de Schengen. Il faut instaurer des quotas par métier et accueillir intelligemment l’immigration. Il faut également, et à plus grande échelle, négocier des accords entre les pays de départ et les pays d’arrivée. Le Moyen-Orient connaît quant à lui de grands bouleversements et aucun des camps en présence dans la région n’est en mesure de s’imposer. En Arabie Saoudite, en plus d’un bouleversement culturel et d’une modernisation du pays, Mohammed Ben Salmane, le prince héritier, a réalisé un putsch en enfermant une partie de la famille royale. Cette décision politique lui permet d’asseoir sa puissance à la tête du Royaume. En Iran, les tenants du régime qui ne veulent pas de modernisation font face à une population toujours plus contestataire et en quête de liberté. En Israël, le pays ne parvient toujours pas à gérer la question palestinienne. En revanche, le pays mène une politique extérieure de protection nécessaire dans le contexte actuel. Enfin, au Yémen, l’Arabie Saoudite et l’Iran mènent une guerre tragique par camps yéménites interposés. Sur le plan de l’équilibre régional, cette situation est dangereuse. Aux Etats-Unis, la réélection de Donald Trump n’est pas exclue. Les pays du Monde doivent comprendre qu’il est réellement le président des Etats-Unis et sortir de la phase de stupéfaction dans laquelle ils sont plongés depuis son élection. Comme l’a expliqué Angela Merkel « On ne peut plus compter sur eux, il faut mieux s’organiser entre nous ». De par la position actuelle de Donald Trump vis-à-vis du reste du Monde, les alliés des Etats-Unis, comme l’Arabie Saoudite ou Israël pourraient se voir pousser des ailes contre l’Iran. Pour conclure, s’il n’existe pas de région particulière du globe susceptible de provoquer un traumatisme tel qu’il aurait un impact énorme sur l’ensemble du monde et plus précisément sur les marchés, Hubert Védrine rappelle qu’un ensemble de foyers de tensions existent à l’heure actuelle. S’ils sont aujourd’hui trop petits ou trop isolés, ils ne devraient cependant pas être négligés.
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    Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers verts de l’Economie « Faut-il croire à une surperformance Européenne ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 21 décembre 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit et portait sur le thème « Faut-il croire à une surperformance européenne ?». Dans une première partie, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’état actuel des marchés financiers et sur le bilan de l’année 2017. Dans l’ensemble, les marchés ont connu une très bonne année : le contexte économique est actuellement optimiste et les perspectives de croissance sont bonnes et se renforcent. Les taux d’intérêt continuent d’être au plus bas en Europe et restent faibles aux Etats-Unis. La volatilité est historiquement faible pour les indices, options ainsi que les CDS. Ce contexte économique a permis aux bourses du monde de progresser significativement cette année, le CAC40 (+13,9%), l’Euro Stoxx (+13,3%), ainsi que l’ensemble des autres bourses à l’exception de la Russie ont progressé. Enfin Bertrand Jacquillat a souligné que la prime de marché relative, c’est-à-dire le ratio de la prime de marché absolue au taux du Bund penchait largement en faveur du marché action avec une prime de 1972% en décembre 2017. Dans une seconde partie, Jean-Pierre Petit est intervenu sur l’état actuel de l’Europe et des marchés par rapport au reste du monde. Selon lui, si l’Europe va mieux c’est aussi parce que le monde entier va mieux. Cette dynamique, portée principalement par la France, l’Italie et le reste de l’Europe du Sud, va ainsi permettre à l’Europe d’atteindre une croissance de +4% pour l’année 2017. La croissance française, de son côté, va atteindre +1,9% en 2017, bien au-dessus des consensus de début d’année. Si les prévisions 2018 pour la France sont elles aussi très bien bonnes avec +2.1%, Jean-Pierre Petit les juge faibles et tablerait sur des croissances plus optimistes entre +2,5% et +2,7%. Concernant le reste du monde, la croissance est elle aussi au rendez-vous. Celle-ci devrait atteindre +4.7% pour 2017. Certes, cette croissance ne correspond pas à celle des années 2000 et l’émancipation des émergeants tels que la Chine ou le Brésil mais elle permet de retrouver une certaine stabilité mondiale. Aujourd’hui la croissance est plus homogène, aucun pays du G20 ne connait de difficulté majeure. Les marchés ne connaissent pas non plus de déséquilibres: ils sont très peu volatils, il n’y a également pas de bulle action ni de bulle immobilière dans les trois grandes zones systémiques. Les investissements Corporate, mis à part en Chine et Royaume-Uni, augmentent et même l’industrie mondiale est au plus haut depuis 2007. Avant d’analyser la situation européenne, Jean-Pierre Petit s’est penché sur les Etats-Unis et la Chine. Concernant l’économie américaine, les conditions macro-financières sont très accommodantes pour le pays. Si les taux d’intérêt à 2 ans ont augmenté de 100 points de base, les taux long à 10 ans restent stables et très faibles. Le dollar est également orienté à la baisse et la demande internationale est aussi favorable aux Etats-Unis. Seul bémol, la réforme fiscale ne sera pas aussi profitable aux sociétés par rapport au projet initial. Concernant la Chine, le président Xi va briguer cinq années supplémentaires à la tête du pays. Le président chinois possède un très bon bilan notamment en matière de lutte contre la corruption et la réforme des entreprises publiques. Jean-Pierre Petit rappelle toutefois que l’économie chinoise n’est pas homogène. D’un côté il existe une Chine sous profitable, surendettée et adepte du shadow banking. Et d’un autre côté une Chine qui a su profiter de la dette pour se réformer en profondeur, développer la Tech et se moderniser. La Chine alloue désormais 2% de son PIB en dépense de R&D. Jean-Pierre Petit a ensuite analysé la situation européenne. Selon lui les marqueurs économiques sont au vert. Les PMI manufacturières sont au plus haut depuis avril 2000 et sont très bien diffusées (géographiquement et sectoriellement). La demande des ménages est également bien orientée : la demande en biens durables, c’est-à-dire des biens dont la durée de vie est supérieure à deux ans, est au plus haut depuis 2000. Ce fait marque un retour de la confiance des ménages. Cette conjoncture n’a été permise que par l’action de la BCE et particulièrement de Mario Draghi qui a fait passer la courbe de la croissance nominale au-dessus de celle des taux longs permettant une reprise des crédits. Un pays en particulier tire actuellement avantage de cette situation, la France. Délaissé depuis des années, le pays regagne de l’intérêt à l’international grâce à l’effet Macron. Celui-ci profite de la bonne croissance française et de l’absence d’opposition pour lancer des réformes en profondeur. Emmanuel Macron doit par ailleurs continuer le développement du projet européen avec l’Allemagne notamment sur la poursuite de l’Union bancaire et la mutualisation des nouvelles dettes. Concernant le reste de l’Europe : l’Allemagne doit faire face à plusieurs problématiques notamment sur la transition énergétique et la gestion de l’immigration. Selon lui, l’Europe ne doit pas craindre les élections législatives en Catalogne où les indépendantistes ne sont pas sûrs d’obtenir une majorité. L’éventualité d’une indépendance de la Catalogne est selon lui peu plausible dans la mesure où il n’existe aucun projet concret et viable dans ce sens. Jean-Pierre Petit a souligné le redressement de l’Italie notamment de ses banques avec la baisse de leurs créances douteuses. Existe-t-il donc un rattrapage au niveau européen ? Faut-il croire à une surperformance européenne ? Il y a dix ans, la crise financière a démarré aux Etats-Unis. A l’époque l’Europe expliquait que cette crise n’impacterait pas son économie. Dix ans plus tard, les Etats-Unis ont, grâce à une meilleure gouvernance, réussi à dépasser largement l’Europe : les Etats-Unis ont gagné 15 points de PIB entre 2008 et 2017, quand l’Europe n’en a gagné que 5. Les investissements européens représentent également 20 points de moins que les américains. Enfin, si les marchés européens surperforment, les marchés américains ont fait mieux, principalement grâce à l’action de la FED, plus réactive que la BCE dans la mise en place des politiques de quantitative easing. Pour finir, un risque de correction à court terme est envisageable. Les marchés n’ont pas connu de correction depuis deux ans, Jean-Pierre Petit a rappelé que lors d’un cycle de bourse haussier, les corrections surviennent dans 15% du temps. Ce risque reste tout de même limité puisqu’aucun marché n’est largement surévalué et encore moins en situation de bulle. Seul le Bitcoin est l’actif qui présente toutes les caractéristiques d’une bulle mais son poids dans l’économie mondiale reste très faible.
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    Patrick Artus, Chef Economiste et membre du Comité Exécutif de Natixis « 2017 et 2018, deux bonnes années… Et après ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 23 novembre 2017, Associés en Finance recevait Patrick Artus pour aborder le thème « 2017 et 2018, deux bonnes années…Et après ? ». En introduction, Patrick Artus a souligné l’optimisme actuel sur la croissance économique mondiale. En effet, les valorisations boursières ainsi que les multiples des opérations de LBO atteignent des niveaux très élevés. Les enquêtes conjoncturelles menées auprès des acteurs économiques sont au plus haut et on assiste à une hausse des crédits aux particuliers dans la plupart des pays. Ces éléments sont particulièrement forts aux Etats-Unis. Partant de ce constat, il convient de se demander quelles sont les perspectives économiques pour les années à venir. Tout d’abord, Patrick Artus s’interroge sur l’évolution des prix du pétrole, facteur déterminant de l’économie mondiale. Le cours de ce dernier remonte depuis 2016 et dépasse légèrement 63$ aujourd’hui. Sur les marchés à terme, le prix du pétrole s’élève à 60$, prix autour duquel le consensus estime que le pétrole va se stabiliser. Néanmoins, la tendance de moyen terme devrait être une remontée du prix du pétrole, bénéficiant de la croissance rapide de la demande (environ +2% par an), notamment dans les pays émergents, et du recul de l’investissement en Exploration-Production. Le cours du baril devrait ainsi augmenter de +6/7$ par an et atteindre 77$ d’ici deux ans. Toutefois, cette hausse pourrait être repoussée dans le temps par la remontée de la production en Libye, au Nigéria et du pétrole de schiste aux Etats-Unis (environ +1% par an). Cette dynamique devrait affecter l’inflation et éroder quelque peu la croissance économique mondiale. Ensuite, Patrick Artus s’est intéressé à la croissance économique et aux politiques monétaires des Etats-Unis, de la zone euro et des pays émergents. Concernant les Etats-Unis, la croissance économique et les créations d’emplois restent soutenues, tirées par le redressement du taux de participation à la population active. Le taux de chômage se rapproche de son niveau structurel (4/5%), caractéristique d’un probable ralentissement à venir de l’économie. Le recul des profits et du crédit aux entreprises peuvent également être des indicateurs avancés d’affaiblissement de l’économie. Ainsi, à partir du second semestre 2018, la croissance américaine devrait commencer à ralentir tout comme les créations d’emplois. La croissance devrait toutefois rester proche de +1,5% en 2019. Des gains de productivité pourraient en principe compenser la baisse du goulet d’étranglement actuel de la main d’oeuvre. Mais, selon lui, cela est peu probable, car il ne reste que peu de réserve de productivité dans les entreprises, sept ans après la fin de la récession. Deux corrections éventuelles sont aussi à prévoir : une correction des investissements élevés des entreprises, et une correction de la valorisation boursière des entreprises, consécutive à une baisse des rachats d’actions par ces dernières. Confrontée à un taux de chômage faible et à une inflation sous-jacente légèrement inférieure à son objectif, la Fed devrait progressivement augmenter ses taux : une hausse de +25 points de base est prévue pour la fin de l’année. Elle devrait être suivie de deux hausses en 2018 et une en 2019. En Europe, le cycle haussier des actions est en retard sur les Etats-Unis de trois-quatre années, principalement à cause de la crise des dettes souveraines en 2011-2012, mais il apparaît solidement installé. On observe une hausse de l’investissement des entreprises grâce aux profits, de l’investissement immobilier soutenu par des taux d’intérêt bas, et des exportations. La croissance de la zone euro devrait atteindre +2,5% en 2017 et  poursuivre sa hausse en 2018-2019, mais sera affaiblie par l’augmentation du prix du pétrole. Le taux de chômage reste élevé (9,1%) en zone euro, mais diminue : il devrait être de 8% début 2019 et de 7,5% mi-2019. Cela pousse la BCE à se demander quel est le niveau de chômage structurel de la zone euro, car lorsqu’il sera atteint, la croissance retrouvera un niveau plus faible. Selon les prévisions, ce niveau devrait être atteint au second semestre 2019. Cependant, contrairement aux Etats-Unis, la zone euro pourrait éventuellement bénéficier d’une immigration plus forte. A la différence de la Fed qui tient également compte du cycle économique dans son analyse, la BCE s’intéresse uniquement au taux d’inflation qui stagne autour de 1,4%, de même que les coûts salariaux. Ainsi, il n’y a aucune raison que la BCE décide d’augmenter ses taux avant fin 2019. Cette dernière va en revanche sortir progressivement du Quantitative Easing. Cela ne devrait avoir que peu d’impact : on devrait en effet assister à un basculement des investisseurs vers de la dette moins risquée, jusqu’à présent très rare car rachetée par la banque centrale, ce qui diminuerait la demande des obligations High Yield, et augmenterait les spreads de crédit, qui retrouveront des niveaux plus cohérents. Le marché européen des actions est, quant à lui, attractif, présentant de bonnes perspectives de croissance et une forte liquidité. Toutefois, il reste très corrélé au marché américain, et donc confronté à une éventuelle correction des actions américaines (le coefficient de corrélation est compris entre 0,6 et 0,7). Dans les pays émergents, on observe un retour des capitaux qui entraîne une appréciation des devises et une baisse de l’inflation. Les banques centrales ont ainsi la possibilité de baisser leurs taux ce qui stimule l’investissement et la consommation. Malgré une future hausse des taux aux Etats-Unis, celle-ci devrait être trop faible pour entraîner un rapatriement des capitaux et par conséquent une déstabilisation des économies émergentes. Cette bonne situation économique devrait donc se prolonger dans les années à venir. Patrick Artus est aussi confiant quant à la situation économique chinoise : la croissance y reste forte et la politique monétaire prudente, tandis que les sorties de capitaux sont désormais sous contrôle. Enfin, il s’est demandé si l’on pouvait identifier des Black Swans, ce qui représente stricto sensu un oxymore. Des élections sont prévues en Italie et en Allemagne (suite à l’échec de création d’une coalition) en 2018 et la situation géopolitique dans certains pays (Corée du Nord, Arabie Saoudite, Venezuela…) reste tendue. Toutefois, il n’observe pas de risque imminent. Le retour des subprimes aux Etats-Unis sur le crédit à la consommation peut susciter des inquiétudes mais les taux de titrisation, aujourd’hui à 10%, et de défaut restent très en-deçà de ceux de 2007-2008. En conclusion, la croissance en zone euro et dans les pays émergents devrait se maintenir dans les deux-trois prochaines années malgré la hausse du prix du pétrole. Aucune hausse des taux n’est à prévoir sur le court terme en zone euro. La situation est différente aux Etats-Unis, le cycle haussier ayant débuté plus tôt : la croissance devrait ralentir d’ici 2019, impactée par la baisse de la capacité d’emploi, et les taux augmenter. Patrick Artus recommande de sous-pondérer l’allocation d’actifs en actions américaines et en obligations, avec notamment la sortie du Quantitative Easing en Europe, et de la surpondérer en actions européennes et sur les pays émergents.
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    Nicolas De Tavernost, Président du Directoire du Groupe M6 « La télévision dans le monde digital » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 9 novembre 2017, Associés en Finance recevait Nicolas De Tavernost pour aborder le thème « La télévision dans le monde digital ». En guise d’introduction, Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance, est intervenu sur l’état actuel des marchés qui connaissent leur 101ème mois consécutif de hausse. Ce rally boursier aux Etats-Unis est le second plus long de l’après-guerre et serait en passe de devenir le premier dans les prochains mois. Mais les marchés connaissent une très forte dichotomie entre les GAFA qui tirent vers le haut les valorisations et les autres sociétés. Ces mêmes GAFA et nouveaux entrants bouleversent les marchés par leur disruption qui affecte bon nombre de secteurs d’activité, et notamment celui de la télévision. Nicolas De Tavernost qui dirige M6 depuis le 1er mars 1987 est d’abord revenu sur les mutations du paysage télévisuel français et la nécessité de s’adapter aux changements technologiques, au changement des comportements de consommation et aux nouveaux entrants. Comment la télévision s’adapte-t-elle ? La télévision a connu un nombre considérable de mutations. Les premières mutations ont débuté dans les années 1995 avec le lancement du premier satellite analogique. Il a permis entre autre à M6 de pouvoir lancer un nouveau service, TPS, le 1er janvier 1996, pour challenger Canal +. TPS a été exploité pendant 10 ans avant d’être revendu à Canal+. Au début des années 2000, la loi actant la création de la TNT est venue introduire un changement majeur dans le paysage des chaînes TV en France : elle a  multiplié le nombre d’autorisations d’émettre. Les nouvelles chaînes de télévision via la TNT sont apparues en 2005. Même si les licences d’exploitation ne devaient être données qu’à des nouveaux entrants, la société a finalement obtenu deux autorisations d’émettre et a créé, par croissance interne, deux nouvelles chaînes de télévision, W9 et 6TER. Selon Nicolas de Tavernost, la création de la TNT a eu pour conséquence d’émietter le domaine TV en France, puisque seuls des groupes modestes (Nextradio, AB, NRJ) ont pu émerger et détenir chacun des petites parts de marché et de ce fait empêcher la création de grands groupes. Nicolas de Tavernost est également intervenu sur les comportements de consommation des ménages : l’audience télévisuelle a évolué d’une audience collective (une famille regardait un seul et même programme TV) à une audience individuelle. Elle se fait aussi de plus en plus de manière non linéaire : actuellement, les programmes du groupe M6 en replay représentent 7 à 8% de la consommation totale, avec un chiffre qui s’élève à 25% chez les jeunes. Malgré ce changement de mode de consommation, certains programmes ont vocation à être consommés de manière « linéaire » : c’est le cas des programmes sportifs ou des émissions en direct. Autre évolution, l’émergence des interactions entre les programmes TV et les réseaux sociaux, principalement Twitter. Ces réactions en temps réel ont été rendues possibles entre autres grâce aux Box triple play (internet haut débit, téléphone, TV). Ces box TV permettent aussi de connaitre en temps réel ce que le consommateur regarde, permettant aux groupes TV de s’adapter et proposer des services publicitaires personnalisés. L’accès à ces informations est un sujet clé pour les producteurs, et les rapports sont parfois compliqués avec les distributeurs. Pour Nicolas de Tavernost, les relations doivent être équilibrées sur le plan financier mais aussi technique. Ce n’est pas toujours le cas comme on a pu s’en rendre compte à l’occasion des tensions entre TF1 et SFR. Ces relations sont tout de même moins tendues que dans certains pays comme les Etats-Unis par exemple où des conflits existent régulièrement entre les réseaux câblés et les producteurs qui vont jusqu’à des menaces de coupure de signal. Concernant la concurrence, Nicolas de Tavernost voit plusieurs phénomènes émerger : le premier est le rachat de chaînes TV par les opérateurs télécoms, distributeurs TV via les box. C’est le cas de SFR qui a racheté NextRadio (BFM, RMC découverte, …) pour développer son contenu ou encore Orange qui s’est rapproché du groupe Canal+ sans lien capitalistique. Le second phénomène est l’arrivée des plateformes telles que Facebook, Twitter, Google, qui représentent une menace importante. Des sociétés comme Netflix, avec des capacités techniques très fortes et une exclusivité sur des programmes autoproduits, sont des compétiteurs au niveau mondial très puissants. Nicolas de Tavernost regrette l’existence d’une concurrence déloyale en matière fiscale dont bénéficient les sociétés comme Netflix, et souhaite vivement une harmonisation au niveau européen de ces règles. Nicolas de Tavernost est enfin intervenu sur l’état actuel du marché et les leviers de croissance dont bénéficie le groupe M6. L’écoute TV n’a selon lui pas baissé depuis quelques années. Si la consommation télévisuelle des jeunes a affectivement diminué, celle des 50 ans et plus a augmenté. Le marché de la publicité reste dans l’ensemble stable. Le marché publicitaire sur Internet est quant à lui en forte hausse depuis 10 ans (+7,2% en moyenne par an). Si les chaînes ne connaissent pas d’effet volume positif via les canaux de distributions traditionnels, la loi sur la suppression des publicités sur les chaînes publiques après 20 heures, ainsi que les technologies actuelles de mesures très précises des audiences, permettent le ciblage des publicités. Selon lui, le média TV demeure le plus puissant, puisque la couverture quotidienne de la population française est de loin dominée par la télévision (74% contre 16% pour un média comme Youtube par exemple). Le digital va renforcer la télévision mais ne va pas la tuer.
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    Sébastien Bazin, Président Directeur Général de AccorHotels « L’hospitalité, les enjeux de demain » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Jeudi 19 octobre 2017, Associés en Finance recevait Sébastien Bazin, Président Directeur Général du groupe AccorHotels. Aux commandes d’AccorHotels depuis 2013 et investi dans ce secteur depuis 2005 en tant qu’actionnaire de premier plan au nom de Colony Capital Europe, Sébastien Bazin a livré sa perception de l’évolution du métier de l’hôtellerie à travers les différentes mutations auxquelles le secteur a été confronté depuis quelques années et celles qui impacteront cette industrie (et d’autres) demain. Après avoir identifié quatre grandes mutations tout en présentant quelques exemples de moyens déployés par AccorHotels pour défendre ses positions et s’adapter aux nouveaux enjeux, Sébastien Bazin détaillera en second lieu la stratégie du Groupe autour du thème « comment différencier les acteurs modernes et les acteurs anciens ? ». En préambule, selon une première analyse de Sébastien Bazin, l’industrie hôtelière serait « bénie des dieux » : florissante depuis une vingtaine d’années, le secteur devrait continuer de croître d’ici les douze-quinze prochaines années et ce malgré un bouleversement des « codes ». En premier lieu, la domination des plateformes de réservation (Booking, Expedia, Ctrip) est devenue telle que celles-ci pratiquent depuis quelques années des taux de commission sur le prix de la chambre deux fois supérieurs à ceux demandés à leurs débuts. Malgré cela, Sébastien Bazin constate que la part des réservations en ligne n’évolue pas au-delà d’un tiers des réservations totales depuis plusieurs années, les hôteliers captant encore deux tiers de leur clientèle de manière directe. Deuxième mutation : la mutualisation des logements avec l’émergence, depuis sept ans, de la plateforme communautaire de location AirBnB. L’offre de location est un tiers moins chère pour une surface plus grande, souvent mieux placée géographiquement, et pour une « expérience-client » différenciée (à l’inverse, les groupes hôteliers ont développé pendant trente ans des chambres mondialement standardisées par marques d’hôtels). Aujourd’hui, certaines grandes métropoles (New York, Barcelone, Berlin, Paris…) ont entamé des procédures de plus en plus contraigantes pour les propriétaires-loueurs AirBnB (ou locataires sous-loueurs, ou acteurs intermédiaires) avec des contraintes de référencement et de déclaration des loyers perçus. Sébastien Bazin préfère, quant à lui, s’adapter aux aspirations nouvelles des voyageurs (indéniables chez les jeunes et constatées de plus en plus parmi les générations plus âgées). Pour cela, AccorHotels a consacré des investissements autour de nouveaux concepts pour élargir son offre : création de Jo&Joe (au carrefour des auberges de jeunesse et de l’hôtellerie), acquisition des start-up onefinestay (pionnier britannique de l’hospitalité haut de gamme proposant la location de résidences de luxe incluant des services hôteliers) et Squarebreak (villas haut de gamme en France). Autre mutation qui commence à faire parler d’elle : l’intelligence artificielle, domaine de prédilection de Google (via Google Home Devices), devrait faciliter certaines tâches liées à la gestion des chambres et, donc, réduire le nombre de certains postes de services. Quatrième mutation : le paiement en ligne par mobile au détriment des services traditionnels des acteurs bancaires. Sébastien Bazin observe que l’acteur chinois Tencent qui a développé WeChat (application mobile multi-fonctionnelle) est très en pointe. Le dirigeant se déplace régulièrement en Asie pour suivre en particulier le marché chinois et les acteurs de l’économie digitale. Début 2016, AccorHotels a signé une alliance stratégique avec China Lodging (coté au Nasdaq). Enfin, Sébastien Bazin revient sur la stratégie de son groupe à travers la question posée « comment différencier les acteurs modernes et les acteurs anciens ? ». Le dirigeant fait quatre constats et situe AccorHotels dans chaque cas : 80% des entreprises qui n’existaient pas il y a vingt ans ont été créées par des personnes âgées de moins de 35 ans.Elles ont été bâties sur une technologie moderne, efficace et ergonomique.Elles ont décidé de s’adresser au monde entier.Enfin, ces mêmes entreprises ont toutes une organisation horizontale. AccorHotels a 50 ans, mais depuis deux ans le groupe a créé un shadow comex d’une quinzaine de jeunes trentenaires (parmi les meilleurs talents dans chaque région, hommes et femmes) afin de les consulter sur chaque thème soumis en comité de direction. Le groupe n’oublie pas d’investir dans la technologie. Une équipe dédiée Disruption & Growth identifie dans le monde entier des start-ups dans lesquelles investir selon plusieurs critères (le concept, le management, la technologie, le business model). Un accord de principe (sur les gains à tirer pour l’une et l’autre partie d’une collaboration) est signé avant toute acquisition ou investissement partiel. Les parts de marché d’AccorHotels démontrent que le groupe a su occuper « l’espace Monde ». Mais, au niveau local, alors que le groupe possède trois quarts de ses hôtels au cœur des villes, AccorHotels étoffe depuis peu son offre avec des services de voisinage auprès de riverains et commerçants via une application mobile « AccorLocal » (développée par la conciergerie John Paul, acquise mi-2016). En captant cette nouvelle clientèle, AccorHotels accroît sa visibilité et sa notoriété avec ses hôtels qui ne sont plus seulement que des lieux d’hébergement. Enfin, AccorHotels tente d’atténuer la structure verticale de son groupe, notamment à l’aide de ce shadow comex. Sébastien Bazin répond en même temps à la problématique d’adaptabilité de ses employés et de destruction d’emplois. La part de personnes rétives au changement concerne davantage le personnel du siège social (comme dans le cas des postes chargés du yield management, fonction de plus en plus assurée par des algorithmes). La plupart du personnel travaillant dans les hôtels accepte aisément les changements du métier d’hôtelier du fait que ce personnel est déjà au contact des clients. Sébastien Bazin conclut sa présentation en indiquant que le groupe procède actuellement à la cession de la majorité du capital de son pôle immobilier HotelInvest. La génération de cash sera allouée aux actionnaires, à la croissance organique ainsi qu’à des opérations d’optimisation de bilan et d’acquisitions. Cette opération s’inscrit comme le deuxième volet de la stratégie définie par Sébastien Bazin en 2013 qui avait d’abord séparé les deux métiers historiques du groupe, celui d’opérateur-franchiseur et celui de spécialiste de l’immobilier hôtelier, afin d’accroître le potentiel des deux métiers.
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    Bertrand Jacquillat, Président d’Honneur d’Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers verts de l’Economie « Où va le monde ? Où vont les banques centrales ? Où va le dollar ? Où vont les marchés ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 20 septembre 2017, le petit-déjeuner était animé par Jean-Pierre Petit et Bertrand Jacquillat et portait sur le thème « Où va le monde ? Où vont les banques centrales ? Où va le dollar ? Où vont les marchés ? ». Dans une première partie, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’évolution de la conjoncture économique et financière depuis le mois de juin 2017. A cette date, les marchés actions étaient surévalués mais encore proche de l’équilibre et la plupart des indicateurs était au vert. Toutefois, les niveaux de prime de marché restaient à surveiller. Ces indicateurs ont peu évolué ces trois derniers mois : les anticipations de croissance économique sont stables ou en légère croissance et les taux d’intérêts sont toujours bas. Les anticipations de croissance en zone euro poursuivent ainsi leur hausse assez marquée depuis le début de l’année. Sur les marchés actions, les différents indices ont marqué le pas dans la zone euro cet été après une hausse quasi-continue depuis l’automne 2016. Depuis juin, la rentabilité de l’indice CAC 40 est en baisse de -1,6% et celle de l’indice Euro Stoxx de -1,5% (dividendes exclus). Toutefois, cette baisse  n’impacte pas la hausse quasi générale des indices actions depuis le début de l’année : +23,5% pour l’Euro Stoxx, +11,6% pour le S&P et +27,6% pour le MSCI Emerging Markets. La perception du risque demeure également très faible avec une volatilité constatée modérée des indices et une volatilité implicite faible dans les contrats d’options. Dans la lignée des anticipations de croissance économique favorables, les flux dans le modèle Trival poursuivent leur tendance de révision à la hausse et les bénéfices anticipés sont en croissance modérée (+4,2% entre 2016 et 2030). Cette dernière est principalement soutenue par le secteur pétrolier et dans une moindre mesure, par le secteur financier suite à des résultats décevants en 2016. La prime de marché issue du modèle Trival s’établit à un niveau inchangé par rapport à juin. Celle-ci demeure donc un peu en-deçà de sa moyenne historique. En conclusion, Bertrand Jacquillat a souligné que les Cassandre qui dénonçaient le deuxième rallye boursier le plus long de l’après-guerre et le plus détesté de toute l’histoire pour avoir laissé au bord du chemin nombre d’investisseurs qui, depuis longtemps, avaient pris le risque de ne pas en être. Certes les ratios de valorisation des actions sont au-dessus de leur moyenne historique. Mais ils ne sont le reflet ni d’une bulle ni d’une crainte redoutée par certains économistes d’entrée des économies dans une période de stagnation séculaire. Dans une seconde partie, Jean-Pierre Petit est intervenu sur le thème du risque politique et la conjoncture économique mondiale. Le principal risque politique à court/moyen terme concerne les tensions avec la Corée du Nord. Il s’interroge sur l’impact que pourrait avoir ce choc politique sur le marché actions. En observant la réaction du S&P 500 après des conflits politiques majeurs pour les Etats-Unis (Pearl Harbor Guerre de Corée, Guerre du Viêtnam, 11 septembre 2011), on remarque que, même si, dans un premier temps les marchés réagissent à la baisse, ils sont en hausse, et même en forte hausse un an plus tard. Selon Jean-Pierre Petit, les perspectives de croissance mondiale sont plutôt positives. Au deuxième trimestre, la croissance en volume du PIB mondial, mesuré en parité de pouvoir d’achat, a été d’un peu plus de 4%, soit le taux le plus élevé depuis sept ans. Cette croissance a été particulièrement tirée par l’amélioration des conditions économiques dans les pays émergents : le Brésil et l’Argentine sont sortis de la récession et les pays de l’Europe de l’Est bénéficient d’une forte croissance (+6% pour la Roumanie, +5% pour la Turquie, +4% pour la Pologne). Dans le reste de la zone euro, la croissance est plus soutenue qu’anticipée notamment dans les pays du Sud (Espagne, Italie, Portugal). La croissance de la zone euro devrait atteindre 2% au second semestre 2017. En Asie, les économies se portent bien notamment le Japon qui surperforme le consensus avec +2% de croissance. Bien qu’une bulle subsiste sur de la dette chinoise, celle-ci ne semble pas présenter de risque imminent. Aux Etats-Unis, malgré la longueur du cycle haussier actuel qui dure depuis 100 mois, les conditions financières restent favorables et la création d’emplois soutenue. La baisse du dollar américain par rapport à toutes les devises mondiales (-12,9% par rapport à l’euro depuis le début de l’année notamment) est graduelle et non brusque ce qui réduit fortement son impact sur l’économie américaine et favorisent les entreprises exportatrices. Par ailleurs, on devrait assister à un recul du Quantitative easing (QE) des banques centrales. La BCE devrait annoncer en octobre ses intentions, pour une mise en place en janvier et une probable contraction de bilan à l’automne 2019. Cela pourrait avoir un impact sur la rentabilité des actions et obligations. La Fed a quant à elle reporté son intention de monter ses taux suite à l’Ouragan Harvey mais devrait se prononcer sur un futur « tapering », une contraction de son bilan, prévu pour cette fin d’année. En conclusion, Jean-Pierre Petit estime que le marché action américain est cher, porté notamment pour les GAFA, mais qu’il n’existe actuellement pas de bulle. Toutefois, selon lui, le dynamisme de l’économie européenne et le retour de la croissance dans les pays émergents rendent nettement plus attractifs les actifs européens et émergents sur le moyen-terme.
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    Bertrand Jacquillat, Président d'Honneur d'Associés en Finance et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l'Economie «Fin du risque politique en Europe et perspectives des marchés financiers» Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce jeudi 15 juin 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit et portait sur le thème « Fin du risque politique en Europe et perspectives des marchés financiers » Dans un premier temps, Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’évolution de la conjoncture financière depuis 2016. Dans la lignée de ce qui a pu être observé depuis l’automne dernier, un certain optimisme règne sur l’ensemble des marchés. Cet optimisme s’est notamment transcrit par la hausse des marchés actions, la faible perception du risque reflétée par la volatilité des indices actions ou le faible niveau des CDS, les anticipations de croissance économique et des faibles taux d’intérêt. Sur le marché actions, l’ensemble des grands indices boursiers sont en progression depuis le début de l’année 2017 à l’exception de la Russie. A titre d’exemple, l’indice Euro Stoxx (exprimé en dollar et hors dividendes) a crû de +17,1%, le S&P de +8,6% et l’indice MSCI Emerging Markets de +18,6%. La fin du risque politique en Europe a permis à l’indice européen de réduire l’écart qui s’était creusé avec l’indice américain depuis 2015. L’amélioration de la conjoncture économique induit une révision en légère hausse des flux prévisionnels dans le modèle Trival depuis début 2017. Cela se traduit par une hausse de la croissance attendue des principaux agrégats opérationnels pour les sociétés suivies dans Trival. Après la hausse des actions, la prime de marché mise en exergue dans le modèle Trival est revenue en-deçà de sa moyenne historique. Elle ne s’écarte pas pour l’instant fortement de cette moyenne, mais il convient de surveiller ce paramètre, et de ne pas tomber dans une euphorie inconsidérée. Dans un second temps, Jean-Pierre Petit est intervenu sur le thème du risque politique et la conjoncture économique mondiale actuelle. L’économiste observe un recul du populisme global, notamment porté par les dernières présidentielles en France et la remise en question de la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis. Les élections présidentielles françaises ont offert un regain de confiance dans les marchés financiers européens.  Par ailleurs, l’éventualité d’une destitution de Donald Trump ainsi que la remise en question de la politique de « hard Brexit » par les dernières élections législatives au Royaume-Uni,  réconfortent les investisseurs face au risque politique. Si les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont bonnes, Jean-Pierre Petit tient néanmoins à les nuancer. En effet, l’observation des « shadow rate » au lieu des taux directeurs des banques centrales conduisent à des conclusions plus mitigées. Le « shadow rate » est un taux théorique basé sur une modélisation qui permet de mesurer la véritable orientation d’une politique monétaire. Jean-Pierre Petit observe que le « shadow rate » américain est globalement en hausse depuis mai 2014. A l’inverse, ce taux est en baisse au niveau mondial sur la même période. Il en conclut ainsi que l’économie américaine connaît un rebond depuis le printemps 2014 grâce aux politiques accommodantes de la Fed. La situation sur les marchés européens est quant à elle plus mitigée. Le conjoncturiste souligne l’importance de rester attentif aux décisions des banques centrales, qui pourraient affecter l’ensemble des marchés. Par ailleurs, il note que la hausse du marché boursier américain serait uniquement portée par les GAFA, dont la performance boursière est bien supérieure à celle du S&P 500 depuis 2015. Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit s’accordent pour dire qu’il n’y a pas de bulle comme en 2007 mais que les marchés américains sont sur-évalués. Enfin, Jean-Pierre Petit souligne que le rattrapage des indices boursiers européens sur les américains pourrait être compromis par un effet de contagion en cas de correction des marchés américains.
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    Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard «Comment Pernod-Ricard crée de la valeur par la transformation digitale» Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’actualité. Ce Jeudi 15 mai 2017, Associés en Finance recevait Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard, qui est revenu sur les enjeux liés à la digitalisation du groupe. Alexandre Ricard a commencé sa conférence en mettant en avant les nouvelles opportunités de création de valeur permises par l’accélération digitale, axe stratégique du groupe dès 2011. Pernod Ricard bénéficie de quatre principaux leviers de création de valeur grâce à la digitalisation. Mais celle-ci doit se faire en respectant l’ADN du groupe centré sur le consommateur et le bouche à oreilles avec comme devise depuis la création : « faites-vous un ami par jour ». Le premier consiste en une meilleure connaissance du consommateur grâce à un accès direct à celui-ci. Les réseaux sociaux peuvent désormais grâce au « Social listening » prédire le comportement des consommateurs et mieux comprendre leur logique de consommation. Pernod Ricard a ainsi pu refondre sa stratégie de segmentation non plus autour de chefs de produits (Vodka Absolut, Chivas…) mais autour de responsables d’ « expériences de convivialité » (apéritifs, cocktails …). Ainsi, le moment de l’apéritif sera celui du champagne, du pastis et les moments festifs seront ceux de la vodka et du whisky. En outre, les algorithmes branchés sur les réseaux sociaux constituent désormais la meilleure façon de mesurer la santé d’une marque, avec ses forces et ses faiblesses.   Par ailleurs, le digital permet un gain d’efficacité dans les achats d’espaces médias par la désintermédiation publicitaire et dans le ciblage des consommateurs. Le recours à une succession d’acteurs médias pour acheter et gérer ses espaces publicitaires était très coûteux pour Pernod Ricard. Aujourd’hui, le groupe possède un hub interne « Blue Sky » pour ses achats et ne traite avec les agences que pour ce qui constitue leur spécificité : la créativité. Le digital a amélioré le ciblage des consommateurs (qui, et au bon moment), par exemple les affichages digitaux se développent dans les aéroports et changent de contenu en fonction de la nationalité des flux de voyageurs dans les terminaux à un moment précis. La digitalisation représente un enjeu majeur de croissance du chiffre d’affaires pour le groupe. L’industrie des spiritueux connait un bouleversement des canaux de distribution, autrefois concentrés sur la grande distribution, les cafés-hôtels-restaurants et les ventes duty-free « Travel retail ». De nouveaux canaux ont pu se développer : le e-commerce et le « Hometainment » avec des animations de type conciergerie. Même si les ventes par e-commerce ne représentent aujourd’hui que 3% du chiffre d’affaires de l’industrie, celles-ci sont en forte croissance de l’ordre de 20-25% par an. Enfin, le digital permet de développer de nouvelles dynamiques de marché. Pernod Ricard rassemble par exemple des communautés de consommateurs autour d’une marque phare comme Jameson : les consommateurs donnent et partagent leur avis sur les produits et deviennent les ambassadeurs de celle-ci. Le digital est aussi l’occasion de proposer des expériences inédites aux clients comme le « Distant togertheness » qui permet de se retrouver autour d’un verre avec une personne à plus de 5 000 kms. Enfin, il peut être un moyen d’éviter la contrefaçon des bouteilles grâce à une meilleure traçabilité (bouteille connectée). Engagé dans ce processus de digitalisation, Pernod Ricard est en train de devenir une entreprise technologique avec la gestion de plus de 50 logiciels. La digitalisation permet d’étendre la base de données consommateurs déjà importante grâce aux 30 musées de spiritueux des différentes marques dans le monde qui enregistrent des centaines de milliers d’entrées payantes. En interne, le groupe a su garder son identité dans ce processus : les 18 500 collaborateurs sont au cœur de cette digitalisation. Pernod Ricard a lancé une application interne « Chatter » qui permet aux employés de connaître les dernières news et de les partager. Le digital permet aujourd’hui à Pernod Ricard de voir plus grand sa devise n’est plus « d’un ami fait par jour mais de milliers ».
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    Jean-Daniel Lévy, Directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive « Mesurer ou comprendre la campagne présidentielle ? » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, ce Jeudi 20 avril 2017, Associés en Finance recevait Jean-Daniel Lévy, Directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive, qui intervenait sur le thème « Mesurer ou comprendre la campagne présidentielle ? ». En préambule à l’analyse de la situation actuelle, Jean-Daniel Lévy a commencé son allocution par un rappel de l’élection présidentielle de 2012 : il ressortait alors des enquêtes que la majorité de l’électorat de Nicolas Sarkozy votait non pas pour son projet politique, mais par opposition à son adversaire, François Hollande. En écho à cette situation, quelles sont les motivations des électeurs aujourd’hui ? Quelles sont les thématiques marquantes de l’élection actuelle ? Pour répondre à ces questions, Jean-Daniel Lévy s’intéresse, au-delà des éléments chiffrés sur les intentions de vote, aux thématiques qui ressortent aux yeux des Français lorsqu’on les interroge sur l’élection présidentielle, l’actualité ou les candidats. Il analyse de plus l’impact des évènements forts de la campagne de chacun des candidats sur leur médiatisation, et l’évolution des motivations de vote des électeurs. Des thématiques d’actualité qui transparaissent des enquêtes, force est de constater que l’élection présidentielle n’a pas été au centre des préoccupations des Français depuis le début de l’année. De plus, lorsqu’on les interroge plus spécifiquement sur la présidentielle, les Français évoquent peu les programmes des candidats. Ils ne le faisaient d’ailleurs pas davantage après les primaires de la Droite ou de la Gauche, si ce n’est en évoquant la thématique des fonctionnaires en l’associant à François Fillon, et le revenu universel relié à Benoît Hamon. De ce point de vue, la campagne de Benoît Hamon a connu un pic médiatique au moment de sa victoire aux primaires socialistes, grâce à ce thème du revenu universel. Mais il apparaît, en définitive, que les Français, dans leur ensemble, sont majoritairement défavorables à cette proposition, conduisant à une diminution des intentions de vote pour le candidat socialiste. Par opposition, la campagne de Jean-Luc Mélenchon se distingue et est marquée par une ascension médiatique, particulièrement forte à l’occasion de deux évènements : l’utilisation d’hologrammes lors de son meeting en février 2017 et sa prestation remarquée lors du premier débat télévisé. François Fillon, pour sa part, après une exposition forte lors de sa victoire à la primaire, a vu son exposition médiatique toucher des points hauts lors des soubresauts des « affaires ». De la campagne des cinq principaux candidats, les Français retiennent des éléments très différents : pour François Fillon, ils mettent en avant la clarté de son programme. Pour Marine Le Pen, les Français retiennent de sa campagne non pas tant ses idées concernant l’Europe, qui sont pourtant perçues comme un thème central de la candidate par l’ensemble des électeurs, que sa promesse d’une réappropriation de la politique. De la campagne d’Emmanuel Macron, il semble ne ressortir aucun thème fort, ce qui constitue une zone d’incertitude en ce qui concerne sa perception par les électeurs. Néanmoins, à l’étude des principales qualités attendues par les Français chez un président, à savoir la jeunesse, l’expérience à la fois politique et professionnelle, l’écoute, et l’honnêteté, Emmanuel Macron semble le candidat qui incarne le plus grand nombre de ces qualités. Quant aux motivations des électeurs de tel ou tel candidat, Jean-Daniel Lévy fait ressortir quelques éléments-clés : les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron sont avant tout motivés par l’honnêteté qu’ils confèrent au candidat. Pour l’électorat de Marine Le Pen, la principale motivation de vote est la capacité de la candidate à parler de leurs préoccupations. Ainsi, le vote pour ces quatre candidats est déterminé par l’appréciation des électeurs de l’homme politique. Par opposition, ce qui ressort des motivations de vote pour François Fillon n’est pas tant l’adhésion pour l’homme politique que la volonté de faire gagner le parti politique dont il est issu, son électorat étant principalement motivé par la volonté de remporter les élections. Enfin, Jean-Daniel Lévy observe que l’une des singularités de la présidentielle 2017 est la pluralité des thématiques abordées. Les campagnes précédentes se sont souvent concentrées sur quelques thèmes centraux, tandis que la présidentielle actuelle voit cohabiter pratiquement un thème par candidat. Le travail d’analyse et de prévision des instituts d’études et de sondages s’en trouve d’autant plus compliqué, et, même à trois jours du premier tour du scrutin, les incertitudes ont rarement été aussi élevées.
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    Benoît Cœuré, Membre du Directoire de la Banque Centrale Européenne « La rareté des obligations et le programme d’achat d’actifs de la BCE » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce lundi 03 avril 2017, Associés en Finance recevait Benoît Cœuré, Membre du Directoire de la Banque Centrale Européenne. La Banque Centrale Européenne (BCE) a pour principales missions de veiller à la stabilité financière de la zone euro et de maintenir un niveau suffisant d’inflation. À la suite des crises des subprimes et de la dette souveraine, la BCE a eu recours à des politiques d’intervention « non conventionnelles » afin d’enrayer les impacts de ces crises. L’une des mesures adoptées a consisté notamment en la mise en place de plusieurs programmes d’achat d’actifs : un programme d’achat d’obligations sécurisées de banque (CBPP3, covered bond purchase program n°3) initié le 20 octobre 2014 ;un programme d’achats de titres adossés à des actifs (ABSPP, asset-backed securities purchase program) engagé le 21 novembre 2014 ;un programme d’achat de titres du secteur public (PSPP, Public sector purchase program) initié le 9 mars 2015 ;un programme d’achat d’obligations émises par les entreprises (CSPP, Corporate sector purchase program) de la zone euro engagé le 08 juin 2016 ; Benoît Cœuré a débuté son intervention en analysant la situation actuelle de l’offre et de la demande d’obligations d’État de maturité deux ans dans la zone euro. La comparaison des taux de rendement des obligations allemandes à deux ans avec l’indice des swaps de même maturité a permis d‘observer une forte corrélation entre ces deux indicateurs, les obligations étant souvent utilisées en couverture de swaps. Cependant, depuis 2016, le lien entre ces deux paramètres n’apparaît plus aussi franc. Cela s’explique par la plus forte élasticité des marchés swaps par rapport au marché obligataire. Ainsi, une variation de l’offre et de la demande d’obligations agira plus fortement sur le niveau d’indice swap que sur les taux de rendement obligataire. Une analyse parallèle de ces mêmes paramètres sur un horizon dix ans montre en revanche le maintien de la corrélation entre l’indice swap et le rendement des obligations de la zone euro. L’analyse du spread 10 ans depuis 2010 met néanmoins en exergue une forte réactivité aux évènements politiques. Les grandes variations du spread ont été constatées juste après des évènements politiques majeurs comme la crise politique en Italie de 2011 ou l’annonce du Brexit au mois de juin 2016. Les marchés boursiers semblent quant à eux moins sensibles aux évènements politiques. Il en est de même pour les marchés obligataires hors zone euro. Après avoir observé les impacts que pouvaient avoir les variations de l’offre et de la demande en titres souverains sur le marché, Benoît Cœuré en a analysé les facteurs déterminants et en a dénombré trois principaux : la règlementation, l’aversion au risque de certains investisseurs ainsi que le programme d’achat d’actifs de la BCE. La règlementation va impacter directement les établissements financiers en imposant le respect de certains ratios (ratios de liquidité et ratios de levier dictés par la règlementation Bâle III). Le ratio de liquidité de court terme vise à s'assurer que les banques disposent de suffisamment d'actifs liquides sur une période de 30 jours. Par ailleurs, il incite les établissements de crédit à acquérir de la dette souveraine plutôt que de la dette « corporate », plus risquée et moins liquide. La règlementation Bâle III et EMIR imposent également une collatéralisation croissante des transactions. Cette dernière s’effectue principalement par des titres souverains ce qui influe directement sur la demande. Le faible risque des titres souverains en fait l’un des actifs les plus liquides du marché. Les banques européennes peuvent déposer l’excès de liquidité qu’ils détiennent dans les comptes de la BCE. Cette facilité n’est, en revanche, pas offerte aux investisseurs traditionnels comme les assurances, les fonds de pension et autres institutions financières non bancaires. Par conséquent, ces investisseurs vont privilégier les titres souverains pour investir leurs liquidités. C’est pour cette raison que plus de 90% de la dette souveraine européenne est détenue par des non-résidents de la zone euro. Le dernier facteur mentionné par Benoît Cœuré correspond aux effets directs et indirects du Programme d’achat d’actifs de la BCE. En achetant massivement des titres, la BCE agit sur l’économie par le biais de plusieurs canaux. Le premier canal est celui des taux d’intérêt à long terme qui diminuent et permettent le financement de l’économie. Le deuxième est celui du change, l’Euro aura tendance à se déprécier du fait de la pression baissière exercée sur les taux d’intérêt. Les effets indirects concernent la gestion de la liquidité excessive avec notamment la nécessité d’investir les liquidités dans les actifs les moins risqués et donc d’en influencer la demande. Cette liquidité excessive est passée de 100 Mds € en 2010 à 1500 Mds € aujourd’hui. Elle représente les liquidités non utilisées par les banques et déposées dans les comptes de la Banque Centrale. En guise de conclusion, Benoît Cœuré a précisé que la règlementation et le faible risque des obligations sont des facteurs agissant de manière plus importante sur le marché obligataire que les mesures prises par la BCE. Il a également indiqué que les taux d’intérêt allaient probablement augmenter dans un futur proche et que les entreprises, les politiques ainsi que les institutions financières devaient en tenir compte dans l’élaboration de leurs prévisions économiques. L’exposé s’est terminé par plusieurs questions adressées à Benoît Cœuré. La première concernait les résultats du programme d’achat d’actifs « corporate » entamé par la BCE en juin 2016. Benoît Cœuré a répondu qu’un bilan allait être dressé dans quelques mois mais que les résultats apparaissent pour l’instant positifs. Les dernières questions abordaient le thème de l’harmonisation politique, monétaire, budgétaire et de la règlementation financière. Benoît Cœuré a expliqué que ce processus était en cours d’exécution, et que la BCE intervient en ce sens dans les différents comités de régulation internationaux.
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    Bertrand JACQUILLAT, Co-Fondateur d’Associés en Finance et Jean-Pierre PETIT, Président des Cahiers Verts de l’Economie « Risques politiques et évolution des marchés financiers » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 22 mars 2017, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit. Bertrand Jacquillat a commencé son intervention en dressant un état des marchés actions à partir du modèle Trival d’Associés en Finance. Tout comme en fin d’année 2016, le début de l’année 2017 a été marqué par un regain d’optimisme de la part des investisseurs, avec une poursuite de la hausse des marchés actions à des niveaux qu’ils n’avaient plus atteints depuis début 2015. À titre illustratif, le CAC 40 a augmenté de +26% depuis le mois de juin 2016, point bas des marchés post-annonce du Brexit, et l’indice Eurostoxx de +28% sur la même période. Cette tendance est constatée sur l’ensemble des marchés actions mondiaux, avec cependant une progression plus rapide des indices américains. Parallèlement, la perception du risque demeure très faible avec des indicateurs dont les valeurs sont inférieures à leurs moyennes de long terme. C’est notamment le cas pour la volatilité de l’Eurostoxx, autour de 10%, très inférieure à sa moyenne historique (20%). Cet optimisme est également perceptible sur les anticipations de croissance avec une nette dissipation des inquiétudes liées au Brexit. Bertrand Jacquillat a ensuite analysé la situation des marchés actions de la zone euro à mars 2017 : la rentabilité anticipée sur le marché euro se situe à son niveau historique le plus bas à la suite de cette récente phase de hausse boursière. Simultanément, la prime de marche qui représente l’écart entre actions et obligations est devenue inférieure à sa moyenne de long terme impliquant une variation négative des cours pour un retour à l’écart moyen. Toutefois, les flux prévisionnels dans Trival sont encore prudents et pourraient continuer d’être révisés à la hausse, dans le contexte d’anticipations économiques qui s’améliorent. L’analyse s’est ensuite poursuivie avec l’examen de la notion de « smart beta ». Ce concept recouvre à la fois une industrie et un style de gestion. Pour les investisseurs, il s’agit de privilégier l’investissement dans des actions qui obéissent à des facteurs communs et présentant à ce titre un comportement boursier similaire. La recherche académique a permis d’identifier cinq facteurs qui caractérisent les actions performantes : la valeur, la taille, le revenu, le risque et le momentum. Les universitaires Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton, soutenus dans leurs recherches par le Crédit Suisse Research Institute ont conclu, à partir des données sur longue période (depuis 1926) et multi-pays (23 pays),  que : Les actions surperforment les obligations et les bons du trésorLes petites sociétés surperforment les grandes sociétésLes actions « value » surperforment les actions de croissanceLes actions à fort rendement surperforment les valeurs à faible rendementLes actions ayant connu une forte variation poursuivent cette tendance (effet momentum) Les calculs menés par Associés en Finance depuis 2002 sur son échantillon de sociétés suivies dans Trival font ressortir des tendances similaires. L’ensemble des facteurs mis en valeur dans les études sont toutefois volatils dans le temps. L’intervention de Jean-Pierre Petit s’est articulée autour de l’analyse des marchés actions américains et européens. Le premier constat établi sur le S&P 500 concerne la fin possible du cycle boursier « Bull Market » débuté en mars 2009. Ce dernier correspond au troisième cycle le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale en termes de performance. L’année 2016 représente également l’une des plus longues périodes sans baisse supérieure à -1% pour le S&P500 avec 107 jours consécutifs. L’investiture de Donald Trump, contrairement à ce qui avait été anticipé, a eu un effet positif sur les marchés grâce à l’annonce de son programme budgétaire (réduction des impôts sur les sociétés, taxes forfaitaires des profits rapatriés ainsi que des dérégulations de certains secteurs comme l’énergie ou la santé). L’essentiel des effets ayant déjà été anticipés par les marchés, il ne devrait donc plus y avoir de hausses supplémentaires liées à cet évènement. Les risques relatifs aux situations économiques et politiques aux États-Unis et en Europe ont ensuite été abordés par Jean-Pierre Petit. Concernant les États-Unis, « le risque Trump » n’apparaît pas comme un risque majeur au niveau macro-économique car son équipe gouvernementale semble rester attachée à la bonne conservation des relations diplomatiques et commerciales extérieures. La politique migratoire que pourrait mettre en œuvre Donald Trump ne devrait pas avoir davantage d’influence notable. Les différents risques concernant l’Europe sont, quant à eux liés, aux incertitudes sur l’avenir politique de plusieurs pays membres. L’Italie semble être l’un des pays ayant le risque politique le plus élevé du fait de la précarité du gouvernement constitué. Par ailleurs, la situation économique du pays (croissance nulle) n’apparaît pas comme un facteur de résilience. Le Brexit représente un autre risque majeur en Europe, car le Royaume-Uni représente 17% du PIB de l’Union Européenne. Par conséquent, sa sortie sera nécessairement difficile et pourrait entrainer un affaiblissement non négligeable de l’ensemble de l’Union. Néanmoins, selon Jean-Pierre Petit, le processus de sortie devrait prendre plusieurs années et non pas deux ans comme prévu initialement, ce qui devrait en lisser les dommages. Jean-Pierre Petit a conclu son exposé par le cas de la France. Politiquement, le risque « Le Pen » ne correspond pas à un risque réel en raison de certaines stipulations de la Constitution française. Le risque principal en France est davantage économique. Le PIB par habitant est le même qu’il y a neuf ans. La France se situe désormais à la 28e place mondiale en termes de PIB par habitant et 29e place mondiale en termes de compétitivité (FMI et Banque Mondiale). Toutefois, les perspectives de croissance restent satisfaisantes, en particulier en Europe, même si des risques subsistent accompagnés de possibles surprises macroéconomiques et politiques.
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    Jean-Paul BAILLY, Ancien PDG de la RATP et Président d’Honneur de la Poste « Réformer, c’est possible » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce Jeudi 23 février 2017, Associés en Finance recevait Jean-Paul Bailly, ancien président de la RATP et de la Poste, qui est revenu sur les méthodes qu’il a employées pour réformer ces deux grandes entreprises publiques. De par son expérience, Jean-Paul Bailly a pu témoigner du fait que la France est un pays réformable, à condition que ces réformes soient bien menées avec une vision et une ambition. Toute réforme est possible si les gens en comprennent le sens, et leur rôle dans celle-ci. Jean-Paul Bailly a été le PDG de la RATP (1994-2002) puis de la Poste (2002-2013), où il a mené des réformes profondes en évitant des conflits majeurs. Ces deux entreprises avaient de nombreux points communs : une forte emprise syndicale, des relations souvent conflictuelles avec les élus locaux, une longue tradition de management centralisé et des qualités de services jugées médiocres à l’époque. Mais elles présentent aussi des différences, la RATP est une société très technique sur un marché des transports porteur, et sans concurrent. La Poste est quant à elle sur un marché du courrier déclinant, avec l’arrivée d’internet dans les années 2000, et très concurrentiel sur ses autres activités de livraison et de banque. Avec Jean-Paul Bailly à sa tête, elle a repensé l’ensemble de son organisation et modernisé ses infrastructures. Le groupe dispose aujourd’hui du réseau le plus moderne d’Europe. Par son expérience, il nous montre donc qu’il est possible d’entreprendre de grands changements dans le secteur public en France. La mise en œuvre des réformes ne peut pas être strictement centralisée et suppose plusieurs dimensions. Le temps est une dimension essentielle. Il faut gérer à la fois la durée, l’anticipation, la continuité (des équipes et de la stratégie), choisir le bon moment et trouver le bon rythme. La politique en est l’exemple contraire, les lois arrivent dans un ordre qui ne fait aucun sens, alors qu’il devrait permettre de voir la construction d’un projet où chaque loi est une brique qui y contribue. Pour bien réformer, il faut également comprendre que le but est de transformer l’entreprise tout en gardant son ADN. C’est un moyen de donner du sens à la réforme, en respectant les racines de l’entreprise. Enfin, le dialogue social est essentiel dans la construction d’un projet. Il permet d’inclure toutes les parties prenantes dans la réforme, pour que chacun se sente investi dans le projet. Les négociations doivent pour cela se dérouler à proximité du terrain et l’interlocuteur ne doit jamais changer. A la RATP, l’anticipation et le dialogue social ont ainsi permis de mettre en place la ligne 14 du métro parisien sans conducteur et sans grève. Les négociations ont commencé trois ans avant la mise en service et ont donc pu se terminer un an à l’avance. Ce temps a permis de réaliser des formations et de mettre en place l’organisation future. Les négociations se sont faites sur le terrain avec comme négociateur le futur directeur de la ligne, et non le ministre de tutelle ou le PDG de la société comme le demandaient les syndicats. La philosophie du management se définit par les « 3S ». Un dirigeant doit fédérer son équipe autour d’une ambition et de projets qui donnent du « Sens » au travail de chacun. Le « Soutien » est ensuite le cœur du management, il est nécessaire de créer les conditions favorables au sein de l’entreprise pour la réussite du projet. Enfin, le « Suivi » permet de vérifier la bonne réalisation du projet. Le dialogue et la confiance sont finalement les bases d’une réforme bien menée, et s’enrichissent l’un l’autre. Le dialogue doit permettre de construire ensemble et non d’imposer sa vision des choses. Mais il doit cependant s’accompagner de fermeté. C’est pendant la présidence de Jean-Paul Bailly à la RATP qu’est née la notion d’alarme sociale, qui a fait pratiquement disparaître la conflictualité au sein de l’entreprise. Ces notions de dialogue et de confiance sont au cœur de son ouvrage sorti en septembre 2016 : « Réformez ! Par le dialogue et la confiance ».
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    Jean-David LEVITTE, Ambassadeur de France, Membre de l’Institut « Les risques géopolitiques en 2017 » Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Comme chaque début d’année nous recevons un géopoliticien afin de discuter des enjeux de l’année à venir. Ce Jeudi 19 janvier 2017, Associés en Finance recevait Jean-David Levitte, ambassadeur de France, qui a présenté sa vision des risques géopolitiques en 2017. Jean-David Levitte a commencé son allocution en décrivant le paysage géopolitique très particulier que nous connaissons depuis 3 ans : celui de la montée des populismes en Occident. Celle-ci s’explique par le sentiment d’une perte de contrôle sur l’ordre mondial tel qu’il avait été établi à Yalta et à Bretton Woods et d’un déclassement des pays occidentaux. Dans ce contexte, l’année charnière est 1979, au cours de laquelle quatre évènements marquants ont remis en cause la suprématie occidentale. Le 11 février, le Shah d’Iran est déchu et le pays tombe dans les mains des ayatollahs, ce qui entraine la perte pour les Etats-Unis de leur allié majeur au Moyen-Orient ; s’ensuivent le deuxième choc pétrolier qui fragilise l’économie américaine, le début des réformes économiques en Chine et l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS. Le passage d’un monde bipolaire à un monde unipolaire se traduit par la chute du mur de Berlin en 1989 et l’effondrement de l’URSS. La décennie 1990, qualifiée de « décennie bénie » pour le monde occidental est marquée par deux révolutions : celle des technologies du numérique et de l’information ainsi que celle des conteneurs, grâce à laquelle la Chine a pu s’intégrer à l’économie internationale. En Europe, c’est le début de la paix qui permet une véritable construction européenne. Le 11 septembre 2001 est un  réveil brutal  pour les Etats-Unis qui découvrent leur vulnérabilité. Dans le même temps les pays émergents montent en puissance (Chine, Inde, Russie, Brésil). La crise de 2007/2008 ainsi que les printemps arabes continuent d’affaiblir l’Occident et l’Europe en particulier. Le monde unipolaire laisse place à un monde multipolaire. La situation actuelle est celle d’un monde de plus en plus compliqué où chaque pays veut peser dans la balance. Le G8 est devenu le G20, les processus de décision se sont complexifiés. Le monde d’aujourd’hui est apolaire et sans direction : les Etats-Unis ne veulent plus être les gendarmes du monde. La Russie, la Chine et la Turquie contestent l’ordre mondial établi. Cette contestation a des natures très différentes : la Russie rêve d’un nouvel empire, la Chine se voit comme l’Empire du milieu et réclame sa reconnaissance, et la Turquie se voit revenir à l’époque de l’empire Ottoman. Enfin, ce monde est marqué par la fragmentation de l’Occident que ce soit en Europe (Brexit), à l’intérieur des nations (Ecosse au Royaume-Uni) ou encore au sein du monde politique. Aux Etats-Unis, la population, en particulier les travailleurs, se sent victime de la mondialisation. Les inégalités n’ont jamais été aussi fortes et n’ont cessé de croître. C’est pourquoi, les Américains souhaitent un renouvellement de leurs élites, et c’est ce sentiment qui a permis la victoire de Trump. Ce sentiment de perte de contrôle fait également écho en Europe : tous les torts sont mis sur le dos de l’Union Européenne et de Bruxelles qui sert de bouc émissaire. Alors que pendant des décennies l’Europe était perçue comme un bouclier contre les dangers extérieurs, elle est aujourd’hui vue comme un phénomène les aggravant et paraît incapable de faire face aux enjeux de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme. Un contexte particulier règne aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump. Le nouveau président élu des Etats-Unis est une personnalité politique originale et sans expérience. Il affirme sans tabou être contre l’Europe, l’Alliance atlantique, le Traité commercial Transpacifique, ... Son entourage est également controversé : la nomination du général Mattis à la défense qui considère l’Islam comme le mal absolu a fait scandale. Toutefois, la nomination de plusieurs milliardaires dans les postes économiques clés, empêchera sûrement l’enfermement des Etats-Unis, puisque ces hommes d’affaires sont des globalistes convaincus. La politique que va mener le futur Président est encore imprécise, et beaucoup d’incertitudes subsistent notamment en matière de politique étrangère, où Donald Trump semble pour l’instant prôner un désengagement des Etats-Unis et un rapprochement avec la Russie. Le XXIème siècle pourrait être celui de la suprématie chinoise. Le président chinois XI Jinping s’impose sur la scène internationale depuis l’élection de Donald Trump : la Chine a proposé une alternative au traité Transpacifique dont elle serait le leader. Finalement, l’application du programme de Donald Trump et ses possibles négociations futures avec Poutine aboutira à l’émergence d’un nouvel ordre mondial. Celui-ci sera porté par des chefs d’Etat qui ont une vision du monde divisé en grands blocs : la Chine, la Russie, l’Amérique et l’Europe.
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