CLUB DE GESTION FINANCIÈRE

Un cadre unique de réflexions et d’échanges sur les grands thèmes financiers d’actualité

« Les marchés financiers face aux pressions inflationnistes et salariales et aux risques de guerre commerciale »

21 mars 2018

Par Bertrand Jacquillat, Président d'Honneur d'Associés en Finance, et Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l' Economie

Tous les mois dans le cadre de son Club de Gestion Financière, Associés en Finance organise à l’attention de ses clients investisseurs, émetteurs et évaluateurs, un petit déjeuner au cours duquel est abordé un thème d’investissement. Ce mercredi 21 février 2018, le petit-déjeuner était animé par Bertrand Jacquillat et Jean-Pierre Petit, sur le thème des perspectives des marchés financiers face aux pressions inflationnistes et salariales et aux risques de guerre commerciale.

Bertrand Jacquillat est intervenu sur l’état actuel des marchés financiers, notamment de la Zone Euro, et sur les perspectives de l’année 2018. D’un point de vue économique, le contexte demeure à l’optimisme et les perspectives de croissance se renforcent. Les taux d’intérêt ont continué de légèrement progresser mais restent cependant à des niveaux très bas. Sur les marchés financiers, le début d’année est marqué par un retour de la volatilité sur les actions, qui s’est manifesté par quelques journées de nette baisse en bourse, qui ont ravivé les craintes de certains investisseurs sur le niveau de valorisation des actions. Les analyses d’Associés en Finance sur ce sujet, grâce aux résultats du modèle Trival, aboutissent à un diagnostic assez serein. La prime de marché, sur la base de prévisions prudentes, reste proche de sa moyenne historique, et le marché actions est donc proche de l’équilibre.

Jean-Pierre Petit est ensuite intervenu sur les tendances de conjoncture mondiale pour 2018. La croissance économique mondiale bénéficie de perspectives positives, principalement tirée par une amélioration des perspectives d’investissement. Ces dernières sont notamment encouragées par une baisse des impôts (notamment liée à la réforme fiscale américaine) et du chômage.

La Zone Euro affiche quant à elle une très bonne dynamique conjoncturelle, sans pression à la hausse sur les prix. L’inflation ne devrait, en conséquence, pas remonter sensiblement en 2018, en phase avec les prévisions de la BCE. Cette situation s’explique par les fondamentaux macroéconomiques, notamment une balance commerciale déficitaire et une position extérieure négative des Etats-Unis qui pèse sur la parité dollar/euro. La baisse du taux de chômage n’est quant à elle pas suffisante pour générer des pressions à la hausse sur les salaires, notamment du fait des réserves de main d’oeuvre liées à un taux de participation à l’emploi nettement en dessous de sa moyenne historique. Dans ces conditions, il semble difficile d’envisager une hausse de l’inflation sur l’ensemble de la Zone Euro pour 2018. Le scénario le plus probable est une hausse graduelle de l’inflation dans les pays développés. Cette hausse sera plus progressive en Zone Euro qu’aux Etats-Unis, plus avancés dans le cycle de reprise.

Du côté des grands gagnants de la reprise de la demande mondiale et du commerce international se trouve la Chine, principalement tirée par le secteur industriel et les investissements que le pays a réalisés en matière technologique.

Concernant les risques de guerre commerciale liés aux annonces de certaines mesures protectionnistes de Donald Trump, Jean-Pierre Petit estime qu’ils doivent davantage s’envisager comme une stratégie de négociation que comme un réel risque majeur à court terme.

En effet, les mesures annoncées sur la mise en place de nouveaux droits de douane ne portent que sur une faible partie (3%) des importations américaines, et les exemptions récentes au profit du Mexique et du Canada dévoilent une volonté du Président américain plus axée sur la négociation dans le cadre d’un programme de deals à venir plutôt que sur le protectionnisme à proprement parler.

Jean-Pierre Petit a ensuite évoqué la récente correction de l’ordre de 10% des marchés en février et la montée de la volatilité associée. Une telle correction n’avait pas été constatée depuis deux ans et les marchés financiers n’avaient pas connu de baisse cumulée de plus de -5% depuis le mois de juin 2016 et l’annonce du Brexit, un record depuis 1950. Cette correction s’explique par des craintes sur les anticipations inflationnistes auxquelles Jean-Pierre Petit n’adhère pas. Il estime que les mouvements connus sur les marchés financiers depuis le début de l’année ne signent pas la fin des marchés haussiers : Jean-Pierre Petit n’identifie pas de signe de bulle sur les marchés et anticipe qu’ils devraient se maintenir en hausse pour 2018, même si celle-ci devrait être plus mesurée qu’en 2017.

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