CLUB DE GESTION FINANCIÈRE

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« Le Private Equity : une réelle opportunité aujourd’hui ? »

23 mai 2019

Par Dominique Gaillard, Président de France Invest

Ce jeudi 23 Mai 2019, Dominique Gaillard, Président de France Invest, est intervenu au côté de Jean-Pierre Petit sur l’opportunité que représente l’investissement en private equity au sein des portefeuilles d’investisseurs institutionnels et particuliers.

Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l’économie, a lancé le débat en proposant un tour d’horizon macroéconomique du private equity. Cette classe d’actifs alternatifs, qui représente désormais près de 4% de l’actif des portefeuilles mondiaux, a connu un fort engouement depuis une dizaine d’années. Bien que le nombre de transactions soit resté relativement stable depuis 2010 (entre 3 000 et 4 000 opérations par an), le montant de ces opérations et les fonds collectés par les acteurs du private equity sont en forte croissance. Cette tendance est également visible à travers le développement d’un marché secondaire qui a dépassé les 55 Mds$ en 2018 alors qu’il s’établissait à 20 Mds$ en 2010.

L’expansion du private equity s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs, dont l’environnement de taux bas, une hausse de la désintermédiation bancaire, une baisse du nombre d’entreprises cotées, une libéralisation des placements privés, une baisse du levier bancaire ainsi qu’une hausse de la rentabilité des entreprises, notamment américaines. En termes de performance, le private equity affiche une rentabilité intéressante, couplée à une volatilité relativement faible. Il est, avec les T-Bills 3 mois, l’une des seules classes d’actifs qui affiche un couple rendement / risque supérieur à 1. Il convient cependant de relativiser les performances non corrigées du risque, habituellement mis en avant par les acteurs du secteur, en tenant compte du risque et de la relative illiquidité. Enfin, à la vue de sa corrélation relativement faible avec le marché actions américain, le private equity offre une opportunité de diversification intéressante et son poids idéal dans un portefeuille diversifié devrait être de l’ordre de 15% contre 4% en moyenne actuellement.

Dominique Gaillard, Président de France Invest, a ensuite prit la parole en soulignant le rôle du private equity dans le développement du tissu industriel français, notamment en termes de répartition de la création de valeur avec les salariés. Selon un sondage récent, 94% des employés d’entreprises ayant fait l’objet d’une prise de participation par un fonds de capital investissement se déclarent satisfait de la présence d’un actionnaire financier stable et bienveillant a posteriori, alors même que la moitié des salariés étaient réticent au moment de la prise de participation. Un autre levier important de création de valeur passe par la conquête de nouveaux marchés, la transformation de leaders régionaux en leaders nationaux et de leaders nationaux en leaders mondiaux. Pour ce faire, les fonds doivent mettre à la disposition des entrepreneurs tout leur savoir-faire, notamment dans leur développement par acquisition en les aidant à identifier les synergies possibles et les partenaires les plus pertinents.

Parmi les autres avantages, les fonds de private equity ont démontré une forte résilience durant la crise de 2008, ce qui a contribué à attirer de nouveaux types d’investisseurs tels que fonds souverains, et la frilosité des banques à octroyer des prêts a largement bénéficié au développement des fonds de dette privée, qui jouent aujourd’hui un rôle important dans l’environnement du private capital.

Au titre des amélioration possibles, la création de fonds ouverts de private equity sur le modèle des SICAV, au sein desquels les investisseurs pourront entrer ou sortir à leur convenance, va permettre de pallier l’illiquidité des placements, première critique concernant l’investissement en non coté. La loi PACTE devrait également instaurer des améliorations réglementaires pour le secteur, avec notamment un régime fiscal spécifique pour les plus-values redistribuées par les fonds aux salariés des entreprises cédées, ce qui accentuera le partage de la valeur ajoutée entre les différentes parties.

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