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Jan 12, 2018

Quels risques pour 2018 ? *

Pour évoquer les risques qui pèsent sur les marchés financiers en 2018, il convient d’épouser la vision du docteur Knock que Jules Romain faisant dire dans le Triomphe de la Médecine que toute personne bien portante est un malade qui s’ignore. Il en va de même des marchés financiers qui bénéficient à l’orée de la nouvelle année d’un alignement des astres presque parfait. D’abord sur le plan strictement économique, l’année 2017 se termine mieux qu’elle n’avait commencé surtout en ce qui concerne la situation en Europe et mieux que le laissaient entendre les prévisions des différents instituts de conjoncture en début d’année. Et sur la lancée de 2017, 2018 se présente sous les meilleurs auspices. La croissance économique mondiale devrait être à la fois très soutenue, autour de 5% et bien répartie dans toutes les grandes régions du monde. Cette dynamique est particulièrement bienvenue en Europe, dont la croissance aura été supérieure à 4% en 2017. Elle est portée principalement par la France, l’Italie et le reste de l’Europe du Sud, et la croissance de ces pays pourrait dépasser 2.5% en 2018.

Les marqueurs économiques sont au vert. Les PMI manufacturières sont au plus haut et la demande des ménages est également bien orientée avec un très net retour de la confiance avec la diffusion de l’effet Macron en France et en Europe. Les marchés financiers ont certes largement tenu compte de cette situation. Exprimées en dollar, les performances de tous les indices boursiers ont été, à l’exception de la Russie et de la Grande-Bretagne, très nettement positives en 2017, 25.8% dans la zone euro, 24.1 au Japon, 31.1% pour le MSCI des pays émergents, et 20.2% aux Etats-Unis. De fait, les commentateurs s’inquiètent des niveaux de valorisation atteints par les marchés boursiers dans le monde.

Les Etats-Unis ont entamé leur 102ème mois de cycle haussier de leur économie et de leur marché d’actions et tout laisse à penser qu’ils pourraient établir un nouveau record et délivrer en fin d’année prochaine le cycle économique et financier le plus long de leur histoire. Selon les indicateurs d’Associés en Finance, les marchés d’actions de la zone euro sont à l’équilibre. La prime de marché donnée par TRIVAL, c’est-à-dire le différentiel de rentabilité auquel on peut s’attendre entre actions et obligations est à sa moyenne historique de 6%. Elle ne donne pas de signal clair, ni dans un sens, ni dans l’autre, et ne représente pas le signal de l’existence d’une bulle. Les taux d’intérêt encore déprimés malgré leur légère remontée récente, rendent les actions particulièrement attractives, comme le suggère la prime de marché relative très élevée, c’est-à-dire le ratio de la prime de marché absolue au taux du Bund (près de 2000 % !). D’autant que ces évolutions ont lieu dans un environnement très serein, comme le suggèrent les différents indicateurs de volatilité des marchés et notamment le fameux indice VIX de la peur. La volatilité des marchés n’a jamais été aussi basse aux Etats-Unis depuis les années 1960 et les années 1970 en Europe.

Quels sont donc les risques et où sont-ils ? Le risque d’une correction et envisageable à court terme. En effet les marchés n’ont pas connu de correction (baisse pouvant aller jusqu’à 10% par rapport à un récent plus haut) depuis deux ans, or de telles corrections dans un cycle haussier …… 15% du temps. Au-delà d’une correction de cette ampleur, les risques restent tout de même limités dans la mesure où aucun marché n’apparaît significativement surévalué. Et aucun marché ne se trouve en situation de bulle même si les performances récentes colossales de quelques sociétés américaines ayant ajouté le préfixe de crypto à leur dénomination sociale, renvoie au phénomène analogue avec l’ajout de dotcom au nom des sociétés avant que n’éclate la bulle internet. Mais il ne s’agit ici que de la bulle circonscrite au bitcoin. Non seulement il n’y a pas actuellement de moment Minsky dans le système financier dont les surprises renvoient au docteur Knock ou à la survenance par nature imprévisible de cygnes noirs.

* En collaboration avec Boursorama