ÉTUDES & ÉVÉNEMENTS

Jan 3, 2017

Pour les directeurs financiers, «ça ne va pas mieux»

 

67 % des directeurs administratifs et financiers pensent que la situation économique reste difficile en France, malgré les effets positifs du CICE

Le cabinet Associés en Finance et ABV Group ont réalisé le premier baromètre des directeurs administratifs et financiers, dont l’opinion publie les résultats en avant-première. Les « DAF » restent inquiets pour la situation de leur secteur mais plutôt positifs sur leur propre entreprise car ils escomptent améliorer leur rentabilité dans les prochains mois. Ils ont finalement peu profité de la baisse des taux d’intérêt.

Que pensent les directeurs administratifs et financiers des grands groupes, des ETI et des PME françaises au sujet de la conjoncture, de l’évolution de leurs marges ou encore de leurs investissements ? C’est le sens du premier baromètre des « DAF » réalisé conjointement par ABV Group et Associés en Finance. Le premier est un consultant spécialisé dans le conseil en management des coûts. Le second est un cabinet spécialisé dans la valorisation des entreprises. L’un et l’autre couvrent donc l’ensemble des bilans des entreprises, ce qui leur permet d’avoir un regard complet sur la situation financière des sociétés françaises.

Globalement, à 67 %, les entreprises ne pensent pas que « ça va mieux », comme le martèle François Hollande. Ce n’est pas spécifiquement la faute du Brexit (seuls 29 % prévoient un impact) mais plutôt de l’environnement national. Quand on les interroge pour savoir quels sont les freins susceptibles de les empêcher de mener à bien leur plan d’affaires, les DAF citent en premier lieu « l’environnement juridique et réglementaire » (44 %), puis « l’intensité concurrentielle » (35 %) et « le coût du travail par rapport aux concurrents » (32 %). « Nous savions que le poids de la réglementation était considéré comme un handicap important par les entreprises, mais nous ne pensions pas que ce facteur ressortirait en premier », reconnaît Arnaud Jacquillat, directeur général de Associés en Finance.

fichier1

A cet égard, le choc de simplification promis par le gouvernement depuis cinq ans n’est visiblement pas un grand succès. Ce qui semble être moins le cas que le CICE : 52 % des DAF reconnaissent que le crédit impôt compétitivité emploi leur a permis d’améliorer leur compétitivité. Mais cela reste insuffisant pour éclaircir l’horizon. 43 % des entreprises estiment que leur secteur ne sera pas ou probablement pas en croissance en 2017 ; seules 19 % s’en déclarent certaines. Pour autant, cela ne les empêche pas de demeurer optimistes sur les perspectives de leur propre société. Ce qui est dû en grande partie au fait que les dirigeants misent sur une amélioration de leur rentabilité, grâce à une maîtrise renforcée de leurs coûts.

fichier2

Aversion au risque. « L’enquête livre un certain nombre de surprises sur d’autres thématiques, poursuit Arnaud Jacquillat. Ainsi, la forte baisse des taux d’intérêt a finalement peu modifié les décisions des DAF. Par exemple, 64 % reconnaissent que cela n’a eu qu’un faible voire un très faible impact sur leur aversion au risque. De même, 34 % seulement reconnaissent que cela a eu un impact fort ou très fort sur leurs programmes d’investissement ». Cela démontre que, quelles que soient les conditions de marché, les directeurs financiers ont une appétence particulière pour l’autofinancement.

« Un autre point intéressant est le fait que 58 % des DAF estiment qu’ils auront besoin de davantage de compétences stratégiques dans les prochains mois, poursuit Arnaud Jacquillat. Cela démontre que le rôle du DAF est en pleine mutation : il est de plus en plus sollicité et estime donc avoir besoin de développer ses visions stratégiques ».

Enfin, 62 % des DAF admettent ne pas évaluer régulièrement leur entreprise. « Un résultat un peu surprenant car, si on ne procède pas régulièrement à une valorisation de son entreprise, on est rapidement déstabilisé lorsque des crises surviennent », prévient Arnaud Jacquillat.

Les concepteurs de ce baromètre ont l’intention de le réaliser chaque année pour l’installer dans le paysage.