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Juin 16, 2017

Les perles rares boursières du futur : quel secteur, quel pays ?. Par Bertrand Jacquillat

Dans notre précédente chronique, nous mettions en avant tout l’intérêt qu’il y avait à détecter les perles rares boursières du futur suffisamment tôt pour dégager des rentabilités boursières exceptionnelles, sans méconnaître la difficulté d’un tel exercice. Les stars d’autrefois s’appelaient GE, PPG, GM, Coca Cola, Exxon Mobil, Merck, Dupont, IBM. Celles de naguère poussent l’indice Nasdaq vers de nouveaux sommets sans cesse dépassés, les Apple, Amazon, Alphabet, Microsoft et autres Facebook. Quelles seront les superstars du futur ? A quel secteur appartiendront-elles ? Dans quel pays et sur quelle bourse les trouver ? Les inclinaisons, disruptives et désordonnées du président américain fournissent un élément de réponse. Sa décision de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris de 2015 sur le climat, conduit à céder le leadership dans ce secteur à deux régions du monde largement impliquées dans ce domaine, l’Europe et surtout la Chine. Si bien que les investisseurs sont prêts à faire le pari que la grande réhabilitation environnementale de la Chine hyper-polluée donnera naissance au prochain megatrend boursier. Une autre décision, beaucoup moins médiatisée, va dans le sens de ce processus, celle de MSCI, le fabricant d’indices mondialement reconnu, d’inclure à partir du 30 juin 2017 pour la première fois dans ses indices des actions chinoises de catégorie A, c’est-à-dire qui ne respectent pas tous les canons occidentaux de la gouvernance. La dégradation de l’environnement en Chine a créé un véritable momentum vert, galvanisé à la fois par la pression sociale des Chinois qui ne rêvent que de ciel et d’eau bleus, et la volonté réglementaire des autorités chinoises. Cet impératif ressenti par les Chinois, ne serait-ce que pour des raisons de santé publique domestique, a entraîné une véritable avalanche d’investissements au cours des dernières années dans les technologies propres, les transports non polluants et les énergies renouvelables. La Chine dispose déjà de plus du tiers de la capacité mondiale de production d’électricité éolienne, du quart de la production d’énergie solaire. Six des dix premiers producteurs mondiaux de panneaux solaires et quatre des dix premiers fabricants mondiaux d’éoliennes sont chinois. On estime que la Chine investit chaque année l’équivalent du PIB danois dans les énergies renouvelables, tandis que la capitalisation boursière des 350 entreprises chinoises vertes est de l’ordre de 600 Mds$. Les investisseurs devraient être particulièrement attentifs aux thèmes des moyens de transport propres, du traitement des déchets, du contrôle de la pollution de l’air et de l’eau, etc. La décision de MSCI forcera les investisseurs de gestion passive à inclure ces sociétés dans leurs portefeuilles, tandis que les investisseurs actifs feront le tri parmi les sociétés pour essayer de dénicher la ou les stars du futur. Ceci vaut pour la Chine, mais aussi pour l’Europe et la France, depuis que le président Macron, prenant au pied de la lettre le désintérêt implicite de Trump pour ces industries propres a appelé les talents américains à venir y développer ces activités du futur.

Par Bertrand Jacquillat, « Nouvel Economiste » du 9 juin 2017